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#71 18 May 2022 18:09

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Syst√®mes Millevaux] Comptes-rendus de partie

LE MEURTRE DE L'HOMMONDE

Le final de la campagne solo Millevaux / Trilogie de la Crasse par Damien Lagauzère ! Une série de meurtres rituels commis dans différentes réalités va mener l’enquête de Black Rain jusqu’à -presque- résoudre un mystère concernant les dangereux portails qui résident entre les mondes.

(temps de lecture : 38 min)

Joué le 10/07/2019

Le jeu principal de cette séance : Psychomeurtre, par Thomas Munier, les meilleurs des profilers contre les pires des serial killers

Cette partie a été jouée surtout avec Perfect, Cold City, Psychomeurtre et Grey Cells. il y a aussi des bouts de Millevaux (Bois-Saule) et Silent Hill et quelques Vertiges Logiques

Avertissement : contenu sensible (détail après l’illustration)

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ghoguma film, cc-by

Contenu sensible : viol, zoophilie


Parties précédentes de la campagne Millevaux / Trilogie de la Crasse :

1. [La Trilogie de la Crasse] La Reine de la Crasse
Premi√®re partie d‚Äôune nouvelle campagne Millevaux solo-multisyst√®mes, en crossover avec la mythologie de la Trilogie de la Crasse et la ville crapoteuse et hallucin√©e de Mertvecgorod n√©e sous la plume de Christophe Si√©bert. O√Ļ un simple ex√©cutant s‚Äôentiche pour la victime qu‚Äôil doit convoyer et tente l‚Äôimpossible pour la retrouver.

2. [S’échapper des Faubourgs] Tuer Précieuse
Une incursion dans un sous-monde o√Ļ √† la fois l‚Äôunivers de CŇďlacanthes et le th√®me des femmes au destin tragique envahissent tout.

3. [Grey Cells] Le co√Ľt d‚Äôentr√©e
L‚Äôagent-mouche d√©cide de partir dans Millevaux pour sauver le monde m√™me si tout le monde s‚Äôen fout‚Ķ et quoi que √ßa puisse lui co√Ľter.

4. [La Trilogie de la Crasse] La poubelle du multivers
D√©savou√©, l‚Äôagent-mouche Haze se la joue en solo et part en enqu√™te √† l‚Äôaveuglette dans les recoins les plus sordides du multivers, o√Ļ Millevaux progresse toujours plus.

5. La porte de la ruine
Alors que Millevaux a envahi Mertvecgorod, Haze se retrouve baby-sitter d’une femme qui s’avère être une porte entre les mondes… 5ème épisode de la campagne solo multisystèmes Millevaux / Trilogie de la Crasse par Damien Lagauzère. (temps de lecture : 12 min)

6. [Remember Tomorrow] Safe orbit
Quand Millevaux a colonisé toute la planète, une station orbitale aseptisée semble être le refuge idéal… ou pas. Ça vous tente, un saut dans le futur ?

(un √©pisode jou√© sans Millevaux avant ce final, √† retrouver ici¬†: √Čpisode 10, jou√© avec Back to the Beginning et Queen Killer)


L’histoire :

    Berlin, le 29 avril 1952. Il est 20h35. Une pluie fine tombe sur ce qui reste de la Flakt√ľrme de Friedrichshain. Une Pluie Noire, dans le secteur des Rouges. Le d√©but de l'Entropie. Le d√©but de la Fin.
    La victime est un homme entre 50 et 70 ans. √Ä vue de nez, je dirai autour de la soixantaine. Il a les yeux crev√©, le nez et les oreilles arrach√©es. Il baigne dans son sang. Son pantalon et son slip sont baiss√©s jusqu'aux chevilles. Il y a le cadavre d'un porc √† c√īt√©. Les agents de la RPA ne le savant pas encore mais la victime a √©t√© viol√© par ce porc. Les agents de la RPA ne le savent pas non plus mais, pour chaque meurtre, il y a un t√©moin. Je dois le trouver.
    Je m'appelle Corso. Je travaille comme m√©decin l√©giste pour une organisation nomm√©e Black Rain dont le principal boulot consiste √† recueillir un maximum d'informations sur les meurtres comme celui-ci, sur le meurtre m√©taphysique, sur le meurtre de l'Hommonde. J'ai √©t√© envoy√© dans le Berlin de ce monde pour int√©grer en toute discr√©tion l'agence internationale connue sous l'acronyme de RPA (Reserve Police Agency). La mission officielle de la RPA¬†? On s'en fiche un peu. Sa v√©ritable mission consiste √† nettoyer Berlin des Horreurs qu'ils ont invoqu√©es pendant la guerre. Ici, dans ce Berlin, les recherches occultes men√©es par les nazis √©taient s√©rieuses. Ils ont ouvert des portes vers d'autres mondes et des choses vraiment d√©gueulasses en ont profit√© pour venir nous dire bonjour. Mais quand les nazis ont d√Ľ fuir ou ont √©t√© arr√™t√©s, ces trucs l√† sont rest√©s. En r√©alit√©, selon la RPA, il y a trois types d'Horreurs¬†: celles qui ont √©t√© invoqu√©es et viennent d'un autre monde¬†; les mutants, tristes r√©sultats des exp√©riences nazies et les ST (Spezialeinsatztruppen) soit les soldats morts-vivants de l'arm√©e allemande. Et toutes ces joyeuset√©s hantent toujours les ruines de Berlin. Les chefs de la RPA pensent que c'est une de ces choses qui a tu√© cet homme. Mais ils se trompent.
    Black Rain a bien fait les choses. J'ai ici la double casquette de l√©giste mais aussi d'ancien militaire qui me permet de justifier d'un grade et commander les agents de base. Aussi, je leur donne quelques consignes afin, surtout, d'avoir le champ libre sur la sc√®ne de crime. Par d√©finition, je connais d√©j√† cette sc√®ne de crime. Elles sont toutes pareilles. Mais je cherche... le truc en plus, ce truc dont je ne peux d√©voiler l'existence √† mes coll√®gues de la RPA.
    Le tueur a utilis√© un couteau de boucher. Mais on a aussi trouv√© des traces d'explosif √† proximit√©. Est-ce que le tueur avait pr√©vu de s'en servir¬†? A-t-il √©t√© d√©rang√©¬†? Ces explosifs lui appartiennent-ils vraiment¬†? Je fais le tour de la sc√®ne de crime. Je rep√®re des empreintes de pas dans la boue. Il est facile de tendre une embuscade dans ces ruines. Si c'est le cas, cela peut signifier que le tueur connaissait la victime. Il avait d√Ľ la rep√©rer, rep√©rer ses allers et venues. Son acte est pr√©m√©dit√©, √©videmment. La victime ne connaissait pas forc√©ment le tueur. En tout cas,il semblerait qu'elle ait eu quelques habitudes qui ont permis au tueur de voir en elle la cible id√©ale. √Ä moi, donc, de retracer non seulement le portrait du tueur mais aussi celui de la victime. Peut-√™tre que je trouverais l√† aussi des informations utiles.
    Et je me pose cette question, ce crime a un sens √©norme pour moi car je suis un agent de Black Rain mais en a-t-il autant pour le tueur¬†? Sait-il vraiment ce qu'il a fait¬†? Sait-il vraiment qu'il a reproduit l√† meurtre de l'Hommonde, pr√©cipitant ainsi sa r√©alit√© dans l'Entropie¬†? Va-t-il recommencer¬†? Je cherche un indice, un indice √† double sens. Je veux un indice qui me permette d'envoyer les agents de la RPA, mes hommes, sur une v√©ritable piste. Mais je veux aussi un indice qui ait du sens quant au meurtre m√©taphysique.
    Et dans un coin, dans l'ombre, je trouve des restes de nourriture. Le tueur devait donc bien √™tre en planque ici et depuis un moment. Il connaissait donc bien les habitudes de sa victime. Mais peut-√™tre savait-il aussi que l'attente durerait un moment. Pourquoi¬†? Est-ce que quelqu'un l'aurait rep√©r√© s'il √©tait venu se cacher plus tard¬†? En tout cas,il est prudent et pr√©voyant. Selon la cat√©gorisation traditionnelle, je crois pouvoir dire que j'ai √† faire √† un tueur organis√©.
    Je me rel√®ve. J'appelle mes gars pour qu'ils jettent un Ňďil √† ses restes de nourriture. Je commence √† donner des consignes pour que tout √ßa, et le corps, soient √©vacu√©s et ramen√© au si√®ge de la RPA. Je compte bien autopsier le corps moi-m√™me. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que ce tueur-l√† ne s'est peut-√™tre pas born√© √† reproduire le meurtre de l'Hommonde. J'ai le pressentiment qu'il a voulu y ajouter sa touche personnelle. Je dois la trouver. Et alors que je me rel√®ve,je vois comme une ondulation dans l'air, des vaguelettes verticales, un mouvement r√©gulier. On dirait un voile invisible. J'avance la main et la vois traverser ce voile invisible. J'ai la naus√©e. Je suis pris d'un Vertige... Logique...

Avec toutes ces conneries de changements d'univers, de Multivers et de voyage dans le temps, je ne sais plus ce qui est vraiment arriv√©, si c'est vraiment arriv√© et o√Ļ et quand c'est peut-√™tre arriv√©. Mais ce que je sais, c'est qu'il y a au moins un lieu et un moment o√Ļ Haze a tu√© la Reine. Mais comme je ne sais pas quand il l'a r√©ellement tu√©e, je ne sais pas si mes souvenirs d'elle sont r√©els. S'agit-il de souvenirs,de fantasmes, de r√™ves¬†? En v√©rit√© je n'en sais rien. Selon le moment o√Ļ Haze l'a tu√©e, il est possible que je ne l'ai jamais rencontr√©e. Je ne l'aurais donc vu que sur un √©cran d'ordinateur. Non¬†! Pour √ßa, il aurait fallu que je tra√ģne sur des sites d√©go√Ľtants et c'est pas mon genre. Et... et... on ne peut pas vraiment dire que la WIFI fonctionne tr√®s bien √† Berlin en 52. Alors, d'o√Ļ me viennent ces souvenirs, ces visions d'elle¬†? Je ne sais pas si ces images dans ma t√™te sont r√©elles mais je sais que la Reine, finalement, je tenais √† elle.

    Jeudi 4 juillet 2019. Le ciel est bleu. Il est 10h47 du matin et je m'appr√™te √† proc√©der √† l'autopsie de cet homme dont on a toujours pas trouv√© l'identit√©. Je mets un peu de gel sous mon nez¬†; le corps commence √† sentir mauvais. Il fait frais et je remercie l'inventeur du climatiseur. Ici, √† Los Angeles, √† cette heure de la journ√©e et en cette saison, le soleil tape d√©j√† fort.
    Je suis d√©j√† au parfum, c'est le cas de le dire, d'une partie des √©l√©ments que je vais trouver. Personne ici, au si√®ge du LAPD, ne le sait mais ce meurtre est une reproduction du meurtre de l'Hommonde et comme bien des victimes dans bien d'autres univers parall√®les cet homme proche de la soixantaine a √©t√© retrouv√©...
    ...√† Berlin en 1952, les yeux crev√©, le nez et les oreilles arrach√©s, baignant dans son sang. Son pantalon et son slip √©taient baiss√©s jusqu'aux chevilles. Il avait de plus √©t√© viol√© par le porc dont on avait retrouv√© le cadavre sur la sc√®ne de crime.

    Comme pr√©vu, je trouve sur le corps de la victime des traces de ph√©romone de truie¬†; celles qui ont servi √† ¬ę¬†motiver¬†¬Ľ le porc. Les blessures ont √©t√© effectu√©es √† l'aide d'un couteau de chasse ou de boucher. Je prends les mesures de chaque plaie afin d'essayer de d√©terminer la taille de l'arme et, peut-√™tre, son mod√®le. Cela me permettra par la suite √©galement, en fonction de l'angle, d‚Äô√©valuer la taille du tueur par rapport √† sa victime. D√®s √† pr√©sent, je peux dire que le tueur est plus petit. Mais la victime √©tait un homme de grande taille. Aussi, je peux en d√©duire que le tueur est un homme de taille moyenne qui a certainement frapp√© plusieurs fois la victime afin de la faire tomber. Ensuite seulement il s'est acharn√© sur le visage. Puis, alors que la victime √©tait toujours vivante mais plus en √©tat de se d√©fendre, le tueur a fait venir le porc.
    Sachant que les coups ont √©t√© port√©s par un homme de taille moyenne √† l'aide d'un couteau de chasse ou de boucher, la profondeur des plaies me permet aussi de d√©terminer la force mise en jeu par le tueur. Or, il appara√ģt que les plaies sont moins profondes que je ne m'y attendais. Il semblerait donc que le tueur n'a pas c√©d√© √† quelque pulsion sauvage. Il aurait m√™me plut√īt tent√© d'√™tre... efficace. Je retrouve l√† l'esquisse d'un tueur organis√©. L'homme sait ce qu'il fait.
    Je cherche sous les ongles de la victime d'√©ventuelles traces de cheveux ou de poils. Pour son √Ęge, cet homme √©tait plut√īt vaillant et bien portant. Il a certainement tent√© de se d√©fendre. Rien¬†! Soit la victime a √©t√© √† ce point prise au d√©pourvu qu'elle n'a pas pu se d√©fendre, soit le tueur a bien pris soin d'effacer toute trace. Ce dernier point apporterait de l'eau au moulin de la piste d'un tueur organis√©. Mais, si celui-ci s√©lectionne effectivement sa proie, il aurait pu choisir une victime plus ¬ę¬†facile¬†¬Ľ. je pense qu'il a choisi cet homme en fonction de ses habitudes et de ce trajet qui le faisait passer pr√®s d'un lieu propice √† une embuscade mais est-ce vraiment l'unique crit√®re¬†? Je reste de plus convaincu que ce tueur m√©taphysique se diff√©rencie des autres. Lui, il ne cherche pas seulement √† reproduire le meurtre de l'Hommonde. Il veut poser sa marque, sa signature. Il pense qu'il vaut mieux que √ßa, mieux que les autres. Il n'est pas une marionnette du destin et il veut le montrer √† tous. C'est pour √ßa que je suis convaincu qu'il va recommencer. Mais pour en √™tre s√Ľr, je dois trouver cette signature. Et celle-ci se trouve quelque part sur ou dans ce corps.
    Je prends un peu de recul. √Ä tout hasard, je cherche √† voir si toutes ou certaines des plaies forment un motif. Merde¬†! C'est bien le cas¬†! Et ce motif c'est... la rune Hshl¬†! Ce type n'a pas frapp√© qu'au hasard. Il a reproduit sur le dos de la victime le motif d'une rune Hshl. Comment conna√ģt-il ce symbole¬†? Est-ce un ancien agent de Black Rain¬†? Normalement, seules les Mouches peuvent percevoir la pr√©sence de ce motif qui indique l'existence d'un passage entre plusieurs mondes. Les Mouches peuvent alors emprunter ce passage. Moi, c'est un peu diff√©rent. J'utilise un jeu de runes pour acc√©der √† la dimension du Voyeur. De l√†, je peux espionner les autres mondes et m'y rendre. Mais bon, bref... Normalement, la rune pr√©existe. On ne dessine pas une rune Hshl pour cr√©er un passage. On la trouve puis on trouve le passage.
    Je continues √† pratiquer l'autopsie en mode automatique. Je pense √† autre chose. Je me demande ce que cherche √† prouver le tueur avec cette marque. Est-ce vraiment un ancien agent de Black Rain¬†? S'agit-il seulement d'un ennemi, de quelqu'un qui aurait eu vent de l'existence de notre organisation et qui voudrait nous... provoquer¬†? Est-ce un apprenti sorcier qui pense pouvoir ouvrir un portail vers un autre monde¬†? Si c'est le cas, le pauvre type n'a rien compris. En tout cas, je revois mon jugement le concernant. Je pensais au d√©part √† une sorte d'¬†¬ę¬†artiste¬†¬Ľ voulant montrer sa sup√©riorit√©. Je pense maintenant qu'il en sait plus que je le soup√ßonnais. Et s'il pensait profiter du fait d'√™tre l'instrument du destin dans cette reproduction du meurtre de l'Hommonde pour en retirer quelque chose pour son propre compte¬†?
    Je repense aux 7 arch√©types, stigmates et mobiles recens√©s par Black Rain. Mon tueur pourrait donc bien √™tre un tueur en s√©rie. Quant au mobile, peut-√™tre est-il inspir√© par une sorte de rituel satanique ou de d√©lire schizophr√©nique. Il s'agit peut-√™tre d'un toxicomane. Les deux peuvent aller ensemble. Cela ne me dit pas comment il a eu connaissance de l'existence de la rune mais il est fort probable que je me trouve effectivement face √† un tueur en s√©rie organis√© en proie √† un d√©lire de type ¬ę¬†satanique¬†¬Ľ, ou en tout cas occulte, d√Ľ √† une pathologie mentale et/ou la consommation de stup√©fiants. L'homme est visiblement de taille et de corpulence moyenne, je peux donc √©liminer celui des stigmates concernant justement sa taille et son poids excessifs, dans un sens comme dans l'autre.

    Je termine l'autopsie, recouds le corps et le rend aussi pr√©sentable que possible. Je nettoie et range mes outils. Je m'occupe de la paperasse et m'appr√™te √† remettre mon rapport √† l'inspecteur charg√© de l'enqu√™te. J'en ai √©galement fait une copie pour les dossiers de Black Rain.
    Qu'est-ce qui s'est pass√© ici¬†? Il y a eu un d√©g√Ęt des eaux. Les murs suintent. Les plaques au plafond sont molles √† cause de l'humidit√©. J'attire l'attention d'un agent en uniforme passant par l√† et lui demande ce qui s'est pass√©. Il √©clate de rire et poursuit son chemin. Il me prend pour un rigolo, un blagueur. Je ne comprends pas. Je remonte jusqu'au rez-de-chauss√©. Pareil¬†! Je touche le papier peint et celui se d√©colle en partie √† cause de l'humidit√© ambiante. J'interroge l√† encore les agents au comptoir de l'accueil. Ils me regardent puis se regardent, dubitatifs. Ils ne disent rien mais n'en pensent pas moins. L'un d'eux tend la main dans ma direction et me demande si je veux qu'il remette le rapport √† la personne concern√©e. Je lui tends le dossier et quitte le commissariat.
    Dehors, la rue est d√©serte. On y voit pas √† 10 m√®tres √† cause du brouillard. Il n'y a pas un bruit. Je fais quelques pas et me retourne. Je fais face au commissariat de Silent Hill. Je fais de nouveaux quelques pas mais, finalement, renonce √† entrer dans le b√Ętiment.

J'erre au hasard dans les rues de... Silent Hill. Il fait gris. Je n'y vois rien. Il n'y a pas un bruit. Par moment, j'ai l'impression d'apercevoir des ombres au loin mais je n'ose pas m'approcher ni appeler. Au bout d'un moment, je me retrouve dans une ruelle. L√†, sur un tas d'ordure, le corps d'un homme qui doit avoir entre 50 et 70 ans. Il a les yeux crev√©, le nez et les oreilles arrach√©s. Il baigne dans son sang. Son pantalon et son slip sont baiss√©s jusqu'aux chevilles. Il y a le cadavre d'un porc √† c√īt√©.

    Tout est l√†¬†! M√™me le porc¬†! La rue est vide, √©videmment. Pourtant, dans ce monde l√† aussi il doit forc√©ment y avoir un t√©moin. Silent Hill, comme ai-je atterri l√†¬†? On dirait une ville abandonn√©e, une ville fant√īme. Aussi, je ne m'attends pas √† tomber sur des flics et ne me pr√©occupe pas de pourrir la sc√®ne de crime. Je retourne le cadavre. Je cherche et je trouve la rune Hshl repr√©sent√©e √† coups d'entailles dans le dos. La rune indique la pr√©sence d'un passage. Je n'ai trouv√© aucune trace du t√©moin √† Berlin. Est-il possible que, bien que ce soit plus qu'improbable, cette rune indique aussi un passage qu'aurait pu emprunter le t√©moin ou le tueur¬†? Je fouille au hasard. √Čvidemment, je ne trouve rien. Soudain, une sir√®ne retentit. Tout se met √† tourner autour de moi. Le sol devient liquide et s'√©coule √† travers le grillage constituant maintenant la chauss√©e. Les murs d√©j√† d√©cr√©pis s'effondrent par plaques et laissent la place √† de la t√īle rouill√©e. Les cadavres de la victime et du porc sont toujours l√†.
    Cet homme n'est pas celui de Berlin. Je le fouille. Je ne trouve pas ses papiers d'identit√© mais il poss√®de une petite toupie. Et je repense √† ce film, Inception. La toupie de la sc√®ne finale avaient fait pas mal parler √† l'√©poque. Et si je la faisais tourner¬†? Mais j'entends un raclement. Une silhouette √©trange se dessine au loin. Elle se pr√©cise √† mesure qu'elle approche. L'homme, ou la femme, avance comme au ralenti. Ses membres oscillent comme s'ils √©taient plastiques. Il est coiff√© d'une esp√®ce de cr√™te, comme les punks. Mais son √©pingle n'est pas fich√©e dans son oreille. En fait, un √©norme pic noir et tordu est enfonc√© dans son abdomen. Cette chose noire agite les bras dans tous les sens. Ses yeux et sa bouche sont deux trous blancs. J'ai vu des trucs bizarres dans ma vie, notamment depuis que je bosse pour Black Rain. Ce truc en fait partie.
    On dirait que √ßa parle, que √ßa tente de parler. Mais je ne comprends rien. J'entends mal. C'est comme si le son de sa voix √©tait couvert par autre chose, sauf qu'il n'y a aucun autre bruit parasite. Je me concentre et tente de saisir des bribes de phrases.

    ¬ę¬†...la performance de l'ostracisme s'√©vade... des vapeurs du maelstr√∂m... guette la pointe de l'esprit...¬†¬Ľ

    OK, je ne vais m√™me pas faire semblant de chercher. Ce truc raconte n'importe quoi. Comme il est lent, j'ai encore le choix. Je peux m'enfuir et abandonner le corps, en esp√©rant pouvoir revenir, ou essayer de buter cette chose et poursuivre mon investigation de la sc√®ne de crime. Je ne sais pas si c'est tr√®s rationnel mais j'ai envie de me la coller avec ce truc. Je sens que je peux me le faire. Et puis, de toute fa√ßon, je suis d√©j√† mort.
    Je ne suis pas mort mais je fais bien semblant. Les mains de la chose ont chang√©. Elles sont devenues squelettiques et le monstre est devenu bien plus vif et agressif qu'au d√©but. Quand j'√©merge, j'ai mal partout et je suis crev√©. Et je me sens tr√®s con. Au moins, ce truc est parti. Je regarde autour de moi et constate que rien n'a chang√© au niveau de la sc√®ne de crime. Je doute de trouver ici de quoi autopsier la victime. Je l'examine sommairement et tente de reconna√ģtre les angles des entailles. Je veux m'assurer qu'il s'agit bien du m√™me tueur, ou au moins qu'il a la m√™me corpulence. Et √† vue de nez, c'est le cas. Cette victime est plus petite que celle de Berlin. Et les diverses entailles tendent √† confirmer la taille moyenne du tueur. Je n'y crois pas beaucoup mais peut-√™tre qu'ici il a laiss√© quelque chose permettant de l'identifier.
    Et il ne faut jamais cesser d'y croire. Ce doit √™tre la toupie d'Inception. Je suis dans un r√™ve. Et dans un r√™ve, les indices tombent finalement. Pas la toupie. Et √ßa, c'est un des stigmates recens√©s du tueur. Ce masque de cuir avec des cornes de cerf. Que fait-il ici¬†? L'a-t-il oubli√©¬†? L'a-t-il abandonn√© volontairement¬†? A-t-il √©t√© contraint de le laisser l√†¬†? Il est possible que lui aussi ait √©t√© surpris par le truc avec le pic dans le bide¬†? Dans ce cas, contrairement √† moi, il se sera tir√© en vitesse, perdant ou oubliant de r√©cup√©rer son masque. En tout cas, ce masque est une b√©n√©diction car autant il prend soin d'effacer toute trace sur le corps de la victime et la sc√®ne de crime, autant je doute qu'il ne passe son propre masque au peigne fin. Et l√†, justement, je suis quasiment certain de trouver des traces d'ADN. √Ä condition de pouvoir quitter cette ruelle rouill√©e et trouver un laboratoire avec l'√©quipement suffisant.

Je range le masque dans ma poche. Il sera plein de mes propres empreintes mais je saurai faire la différence. Puis, ce rapport ne sera pas destiné aux forces de l'ordre mais à Black Rain. Quand je lève les yeux, la pierre a remplacé l'acier rouillé. Je ne suis plus à Silent Hill. Je suis de nouveau à Berlin. Une nouvelle scène de crime.

    C'est bien ce que je croyais. Ce type est un tueur en s√©rie. Il a recommenc√©. Et si je ne le trouve pas rapidement, il recommencera. Je donne des ordres aux agents de la RPA qui sont avec moi. Je parcours la sc√®ne de crime. Une fois de plus, je reconnais la rune Hshl dans les plaies inflig√©es au dos de la victime. En r√©alit√©, je fais semblant d'inspecter cette sc√®ne de crime car je la connais d√©j√†. Je la connais par cŇďur. En fait, je rassemble mes id√©es.
    L'assassin semble donc √™tre un tueur en s√©rie de ceux qu'on consid√®re comme ¬ę¬†organis√©s¬†¬Ľ. Il est de corpulence et de stature moyenne. Il choisit ses victimes en fonction de la facilit√© √† leur tendre une embuscade. Il doit les espionner pendant plusieurs jours avant de passer √† l'attaque. Ensuite, il reproduit le meurtre m√©taphysique et laisse sur le dos sa propre marque, la rune Hshl. Cherche-t-il par-l√† √† ouvrir un portail vers un autre monde¬†? Est-ce une provocation √† l'encontre de Black Rain¬†? Peut-√™tre les deux, mais j'ai tendance √† croire qu'il agit sous l'emprise d'un d√©lire mystique inspir√© par une pathologie mentale (schizophr√©nie¬†?) et ou une drogue quelconque (la Bille ?). Sur une pr√©c√©dente sc√®ne de crime, j'ai trouv√© des restes de nourriture. Y a-t-il ici, encore, des traces de sa pr√©sence¬†? Est-il encore √† proximit√©¬†?
    Je regarde autour de moi si le corps a √©t√© tra√ģn√©. Il est possible que le tueur lui soit tomb√© dessus un peu plus loin. Aucune trace significative. Pour autant, rien ne prouve que la victime a √©t√© agress√©e l√† o√Ļ on l'a trouv√©e. Je cherche autour de moi le meilleur endroit d'o√Ļ on peut espionner les environs sans √™tre rep√©r√©. Il y a bien une sorte de cache dans des ruines mais je n'y trouve aucune trace de pr√©sence r√©cente. Le tueur sait-il que je suis sur sa piste¬†? A-t-il pris plus de pr√©caution¬†? Et le t√©moin¬†? Il y a toujours un t√©moin. A-t-il, lui, laiss√© des traces¬†? J'√©largis le cercle de mes recherches et finis par trouver des empreintes dans la boue. Sont-ce celles du tueur ou du t√©moin¬†? Je peux peut-√™tre le rattraper.

    Je me mets √† courir aussi vite que je peux en tentant de ne pas perdre cette pr√©cieuse et infime piste. Je ralentis quand j'aper√ßois une silhouette filant aussi discr√®tement que possible. Du moins le croit-elle. Je m'√©carte du milieu de la rue et continues ma filature. Je suis tent√© de le suivre jusqu'√† sa planque mais ce serait prendre le risque de le perdre. Aussi, je lui tombe dessus sans pr√©venir¬†!
    L'homme ne semble pas surpris. Il se d√©fend m√™me. Je pense qu'il m'avait rep√©r√©. Mais heureusement, j'ai le dessus et le tra√ģne jusqu'√† la sc√®ne de crime et mes coll√®gues de la RPA qui l'embarquent sous bonne surveillance. Alors que je le vois s'√©loigner, encadr√© par deux agents de la RPA, j'ai un doute. Je le trouve un peu... petit. Est-ce vraiment le tueur ou est-ce le t√©moin¬†? J'esp√®re au moins qu'il s'agit bien de l'un des deux.

    Les magouilles administratives de Black Rain me permettent de mener l'interrogatoire bien que je ne sois que l√©giste. Plus je le regarde et plus j'ai un doute quant au fait qu'il s'agisse bien du tueur. Il se gratte la t√™te de mani√®re compulsive. Il a pourtant quelque chose d'hostile dans le regard.  Je ne le sens pas de l'accuser de front. Je commence donc plus simplement en lui demandant de d√©cliner son identit√© et de m'expliquer ce qu'il faisait l√†.
    Jasper F√ľnf a 32 ans. Il √©tait coiffeur avant la guerre. Il perd alors une bonne partie de sa contenance et explique s'√™tre retrouv√© l√† parce qu'il cherchait quelque chose, n'importe quoi, qu'il aurait pu √©changer contre de l'alcool. Il confesse un probl√®me de boisson. √áa a commenc√© avec la guerre mais il reconna√ģt aussit√īt que, selon lui, les germes de son alcoolisme sont ant√©rieurs au d√©but du conflit. Il est mari√© mais il vit seul. Son √©pouse est retourn√© aupr√®s de ses parents. Officiellement, il s'agit de prendre soin d'eux. Mais, en r√©alit√©, elle a fui son mari alcoolique et Berlin en ruine. Je suis de plus en plus convaincu qu'il s'agit du t√©moin. Il a vu quelque chose et je dois savoir quoi.
    Je ne lui pose pas la question. J'affirme qu'il a vu quelque chose aujourd'hui. Je lui confirme que ce n'est pas le fruit de son imagination. Il n'avait pas trop bu. Il a vraiment vu un homme avec un masque de cuir et des cornes de cerf agresser un vieil homme. Et il y avait un porc. Mais je veux en savoir plus. Et l√†, √† ma grande surprise, il s'effondre. Il se met √† pleurer. Et je me demande si certes il est un t√©moin mais est-il r√©ellement LE T√©moin¬†? Pourtant, il √©tait l√†. Il a vu le meurtre. Il doit pouvoir me dire quelque chose sur le tueur.
    Je ne devrais pas divulguer trop d'informations sur l'affaire mais j'enfonce le clou en lui disant que ce n'est pas le premier meurtre, ni le dernier¬†! Je dois savoir ce qu'il a vu¬†! Il a forc√©ment quelque chose √† m'apprendre sur le tueur. N'importe quoi, n'importe quel d√©tail qui me mettra sur sa piste. Il sait et je dois savoir¬†!
    Jasper sanglote. Je lui propose un caf√© et une cigarette. Il refuse le caf√© mais accepte la cigarette. Il se reprend, un peu. Je me calme aussi. Je m'excuse si j'ai pu para√ģtre un peu... agressif, mais cette affaire est tr√®s grave. Il fait signe qu'il comprend. Alors, a-t-il quelque chose √† me dire¬†?
    Jasper l√®ve les yeux vers moi. Il a entendu le tueur parler. Il ne sait pas s'il parlait √† la victime ou s'il parlait tout seul. Il n'a pas bien entendu car il √©tait trop loin mais, √† un moment, le tueur a cri√© un pr√©nom¬†: Eurydice. Il y avait comme de la col√®re dans sa voix mais pas seulement. De la tristesse aussi.
    Eurydice... √ßa ne peut pas √™tre un hasard.

Je ne sais pas comment je suis arrivé là. Mais si je suis là, c'est que je suis mort. Le Tas de Merde, la Plage des Cafards. Là, on charrie des ordures pendant toute la journée. Et ça dure des jours, des semaines, des mois... On perd le fil du temps.
Au début, je cherchais un moyen de m'enfuir mais la merde s'étend à l'infini. La seule chose qui nous barre la vue, ce sont ces espèces d'usines qui ressemblent à des temples grecs. C'est là que nos gardes nous guident, les cafards géants.
Je ne sais pas ce que je fous là. Je ne cherche même plus à le savoir.
Je fais mon job et puis c'est tout.

    Los Angeles, le 7 juillet 2019. Environ 11 heures du matin. Je suis appel√© sur une sc√®ne de crime. Derri√®re un fast-food, alors qu'il allait jeter des sacs poubelles, un employ√© a remarqu√© le cadavre d'un porc. Et en s'approchant, il a remarqu√©...

    C'est dingue. C'est la m√™me configuration qu'√† Berlin. Il y a tout juste un instant, j'√©tais en 1952 avec le t√©moin, Jasper F√ľnf. Et l√†, √† peine l'interrogatoire termin√©, je suis sur une nouvelle sc√®ne de crime, la m√™me, √† Los Angeles, en 2019. OK, je ne me pose pas de questions. Enfin, je ne me pose celle-l√†, celle de savoir le pourquoi du comment. Les questions que je dois me poser concernent les indices que je peux trouver ici. Et ici, y a-t-il un Jasper F√ľnf ou un autre indice¬†? Contrairement √† Berlin, en 1952, ici il y a des cam√©ras de surveillance. J'ordonne qu'on les mette de c√īt√©. Je fais mon boulot sur la sc√®ne sans vraiment y penser. Je sais exactement ce que je vais trouver, jusqu'√† la rune Hshl qu'on devine dans les entailles pratiqu√©es sur le dos de la victime. Je pourrais taper mon rapport √† l'avance. En fait, je pense √† ces vid√©os. Je suis plus que press√© de les visionner. J'esp√®re que, m√™me s'il est intelligent et pense √† beaucoup de choses, le tueur aurait n√©glig√© la pr√©sence de cam√©ras de s√©curit√©. Voyageant entre les mondes, il aura peut-√™tre, je l'esp√®re, oubli√© ce d√©tail. Et puis, c'est un des traits caract√©ristiques des tueurs en s√©rie. √Ä force de ne pas √™tre pris, ils se croient tellement sup√©rieurs qu'ils en commettent l'erreur fatale. Je fais donc mes pr√©l√®vements, m√©caniquement, et garde √† l'esprit que le tueur, peut-√™tre, tue et grave la rune pour voyager entre les mondes et retrouver Eurydice. Cela ne change rien au fait qu'il est peut-√™tre un toxicomane et/ou un malade mental en proie √† un d√©lire √©sot√©rique mais, en tout cas, il est bien inform√© pour conna√ģtre l'existence d'Eurydice. Que lui veut-il¬†?

    De retour au LAPD, je fonce au local visionner les bandes. Enfin, ce ne sont pas des bandes car aujourd'hui, tout est num√©rique. Bingo¬†! Le tueur a commis l'erreur que j'esp√©rais. On le voit tra√ģner les corps, celui du porc et de la victime. Le meurtre a eu lieu ailleurs, un peu plus loin. Pas tr√®s loin mais dans un endroit plus discret. Ce n'est qu'ensuite que le tueur a d√©plac√© les corps afin qu'on les trouve. En fait, comme un vrai tueur organis√©, il a op√©r√© dans un lieu o√Ļ il se savait en s√©curit√© le temps de faire ce qu'il avait √† faire. Il savait qu'on ne l'interromprait pas. Par contre, il a besoin qu'on trouve les corps. Or, ce moment l√† ne fait plus partie du rituel. Aussi, il a enlev√© son masque, celui en cuir avec les cornes de cerfs. Je zoome autant que possible sur son visage. Je fais venir en toute urgence un technicien sp√©cialis√© pour qu'il me rende l'image aussi nette que possible. Qui est cet homme¬†?
    Je crois que je le tiens. C'est effectivement un homme de stature moyenne. Cela appara√ģt sur la photo imprim√©e par le technicien, il porte un collier, comme un collier de chien, comme ceux que portent les sadomasos. Ces crimes, ses crimes, seraient-ils commandit√©s par quelqu'un d'autre¬†? Aurait-il finalement un complice¬†? Je pense √† Ant√©ros. Haze a eu affaire √† lui et le SM serait bien son genre. Objectivement, je ne peux rien affirmer mais c'est une piste √† creuser.

La Plage des Cafards. Ça fait combien de temps que je suis là ? Je ne sais plus. J'ai l'impression que ça fait des siècles. Des rumeurs courent. On dit qu'on peut s'enfuir. On dit qu'il y a des Passeurs, des gens qui savent comment faire pour se tirer d'ici. Mais s'ils savent, pourquoi ils ne se tirent pas eux-mêmes ?
Au loin, une sirène de chantier ou d'usine se fait entendre...

    Il pleut. Il y a du brouillard. Je ne suis plus √† LA, ni √† Berlin. Il y a un instant, j'√©tais dans un local du LAPD √† visionner des bandes. Et maintenant, je suis sous la pluie, la Pluie Noire, face √† une nouvelle sc√®ne de crime. C'est toujours la m√™me sc√®ne. L'homme √Ęg√©, le pantalon aux chevilles, le porc, mort, √† c√īt√©. Par acquis de conscience, je retourne le cadavre et retrouve la rune taillad√©e dans le dos. Je ne suis pas une Mouche. Je ne sais pas vraiment comment √ßa marche. Moi, pour voyager entre les mondes, j'utilise mes propres runes. Mais, toutefois, je ne crois pas que la rune Hshl fonctionne comme √ßa. Je ne crois pas que graver une rune Hshl ouvre un passage. Pour ce que j'en sais, le motif de la rune est d√©j√† pr√©sent et indique un passage. Graver un rune n'est pas sens√© ouvrir un passage. Pourtant, j'ai bien l'impression que mon tueur pense que √ßa marche ainsi. Et on dirait que pour lui... √ßa marche¬†! J'ai d√©j√† fouill√© une sc√®ne de crime et n'ai pas trouv√© de passage. Est-ce que √ßa vaut vraiment le coup ici¬†? Il pleut et la pluie a certainement d√©j√† effac√© la plupart des indices que j'aurais pu relever. En plus ici, je suis seul, pas d'√©quipiers du LAPD, pas d'agents de la RPA. Il n'y a m√™me pas de commissariat en r√©alit√©. Mais il y a peut-√™tre un t√©moin et un passage, malgr√© tout. Un t√©moin... Et si ici, √† Silent Hill, je trouvais un Jasper F√ľnf¬†?
    Je sors de la ruelle en courant. Je crois apercevoir une silhouette. Je ne cries pas pour ne pas l'effrayer ou attirer son attention. Je veux juste lui tomber dessus. Je cours. Le paysage d√©file autour de moi. L'air siffle √† mes oreilles, comme une sir√®ne d'usine. Autour de moi - effet de la vitesse¬†? -,  le bitume s'effrite et s'envole en nu√©e de limaille de fer. La pluie devient cendre. Mes pas r√©sonnent sur le sol. √áa sonne creux. Je cours sur des dalles d'acier. Autour de moi, tout devient rouge. Les murs se couvrent de rouille et de t√Ęches brun√Ętres que je sais √™tre du sang. Je rattrape la silhouette. Je veux m'arr√™ter net mais je suis emport√© par mon propre √©lan. Je reconnais ce truc. C'est le truc noir avec le pic dans le ventre. Il tourne vers moi sa figure noire avec ses trous blancs √† la place des yeux et de la bouche. Emport√© par mon √©lan, j'ai peur de m'empaler sur son pic. Mais, je me laisse emporter et lui saute dessus, poings en avant.
    Le truc m'accueille √† bras ouverts et... je m'empale litt√©ralement sur son pic. Je ne crains pas la mort puisque je suis d√©j√† mort mais √ßa fait mal quand m√™me. Et √ßa fait chier. Il me serre fort. Je suis trop mal pour r√©agir. Il me fixe de ses yeux vides et je vois.

Nous sommes chez Haze. Tous les trois. La Reine n'est pas l√†. La Reine est morte. Haze nous a fait venir car il veut savoir qui l'a tu√©e. Et il veut savoir qui de nous va la remplacer. En effet, il s'est av√©r√© que la Reine avait un r√īle √† jouer dans toutes cette histoire avec le Seigneur des Recoins et les Homosantos. Nous ne le savions pas √† l'√©poque mais c'√©tait pour rejoindre Kid et Eurydice qu'elle avait quitt√© la RIM. C'√©tait avant que Haze ne la retrouve et la remette aux Soars qui l'ont ensuite remise √† Lewis-Maria.
Haze est convaincu que c'est l'un de nous qui a tué la Reine. Il a raison. Je le sais car je sais que c'est lui qui l'a tuée. Et je crois qu'il sait que je sais. Je ne sais pas si le Cafard le sait. Peut-être... Après tout, il a violé la mémoire de la Reine. Il y a peut-être trouvé des choses qu'elle et lui seuls savent.
Lors de notre petite r√©union, je n'ai rien dit. J'ai laiss√© entendre √† Haze que je savais mais je n'ai rien dit. Je ne sais pas pourquoi. Nous ne savons pas qui est sens√© reprendre le r√īle de la Reine. Ce n'est pas Haze, √ßa c'est s√Ľr. Alors qui¬†? Le Cafard ou moi¬†?
C'est le moment de choisir. Mais de choisir entre Lewis-Maria ou moi. C'est le moment de choisir entre ces trois dernière scènes de crimes.
Empalé sur le pic du truc noir aux yeux blancs, je suis pris de Vertiges... Logiques ! Avant de m'écrouler, de sombrer dans l'inconscience dont je reviendrai, je le sais, en parfaire santé, je choisis...
Merde¬†! Je choisis quoi¬†? Berlin et son Jasper qui affirme que le tueur a hurl√© le nom d'Eurydice ou  Los Angeles et sa vid√©o laissant penser que le tueur est un maso et que son dominant est peut-√™tre le commanditaire des crimes ou son complice¬†?
Me regard se voile. Je suis de nouveau sur la Plage des Cafards. Je revois le moment o√Ļ j'ai acquis mes premi√®res runes, celles qui me permettent d'acc√©der √† la dimension du Voyeur. S'il y a une raison pour laquelle le Cafard serait plus digne que moi de reprendre le r√īle de la Reine, c'est pour √ßa¬†!

    L'id√©e que le tueur soit anim√© par une sorte d'√©lan romantique, qu'il tuerait pour trouver Eurydice, ne me satisfait pas compl√®tement. Mais qu'il s'agisse d'un masochiste tuant sur ordre de son dominant me satisfait encore moins. Je r√©fl√©chis et finis par penser que s'il reproduit la rune Hshl, ce n'est peut-√™tre pas pour tenter de trouver ou ouvrir un passage vers un autre monde. C'est peut-√™tre pour montrer qu'il sait quelque chose. Et s'il cherche Eurydice, ce n'est peut-√™tre pas motiv√© par un sentiment amoureux. Par quoi¬†? Pourquoi¬†? Je ne le sais pas encore. Mais peut-√™tre qu'en reproduisant le meurtre m√©taphysique, que ce soit √† Berlin, Los Angeles ou Silent Hill, et en marquant sa victime de la rune, il souhaite attirer l'attention d'Eurydice. Il a quelque chose √† lui dire ou √† lui demander. La rune n'est pas une provocation contre Black Rain. Il veut montrer √† Eurydice qu'il est s√©rieux.
    Eurydice, c'est la Reine qui, la premi√®re d'entre nous a fait sa connaissance. Et finalement, que Haze l'ait tu√©e avant ou apr√®s l'avoir remise aux Soars ‚Äď plus rien n'est s√Ľr aujourd'hui ‚Äď √ßa, √ßa ne change pas. La Reine a et aura toujours crois√© la route d'Eurydice et de Kid. Et la menace des Homosantos plane toujours.
    OK, je choisis Berlin¬†!
    Comme la question de l'√©tat du chat de Schr√∂dinger, toutes les possibilit√©s s'√©croulent alors que j'ouvre la boite (de Pandore?) qui me ram√®ne √† Berlin en 1952.

    Mon tueur est un sorcier, un mystique et peut-√™tre bien aussi un malade mental et un toxicomane. Mais il est aussi bien inform√© quant √† la r√©alit√© des choses. Il ne conna√ģt pas tous les secrets (mais qui les conna√ģt?). Il n'est pas aussi bien inform√© que peuvent l'√™tre les agents de Black Rain, les Cafards et les Soars mais il sait des choses et veut en savoir plus. C'est pour √ßa qu'il cherche Eurydice, j'en suis convaincu maintenant. Il ne tue pas par plaisir sadique. Instrument de l'Entropie, il a d√©j√† fait son job. Non, il continue de tuer pour attirer l'attention de celle dont il pense qu'elle a les r√©ponses √† ses questions.

    Et il ne s'arr√™tera pas tant qu'il n'aura pas ses r√©ponses. La preuve¬†? Cette nouvelle sc√®ne de crime. Je regarde, j'observe et donne des consignes. Rien ne me laisse penser qu'il est encore dans les parages. A-t-il eu ce qu'il voulait¬†? Eurydice s'est-elle montr√©e¬†? Arr√™terait-il de tuer si elle se montrait¬†? Accepterait-elle de se montrer si elle savait que cela stopperait cette s√©rie de meurtres¬†? Et si je la cherchais, elle¬†? Mais o√Ļ est-elle dans cette r√©alit√©¬†? Comment la trouver¬†? Comment attirer son attention¬†? Ou comment faire savoir, faire croire au tueur que j'ai compris et que je sais o√Ļ la trouver¬†?
    Alors, je donne de nouvelles consignes. Je ne lance pas les agents de la RPA sur la seule piste du tueur mais aussi sur celle d'Eurydice. Et de nouveau, devant moi, la r√©alit√© ondule. Je la vois comme √† travers une sorte de voile invisible mais agit√© par une brise l√©g√®re. Les silhouettes de mes coll√®gues ondulent elles aussi. J'avance prudemment. Je lis sur leurs visages d√©form√©s que l'expression de mon visage les questionne. Bien que ma vision se trouble, je les entends parfaitement. Ils me demandent si √ßa va, comment je me sens. Je ne sais pas ce que je veux leur r√©pondre. Je ne sais pas comment je me sens.

    J'ai chaud. Il fait d√©j√† tr√®s chaud ce matin √† Los Angeles. On est dans un squat. Une nouvelle sc√®ne de crime. Une nouvelle victime. Un nouveau porc. Une nouvelle rune. Nous sommes le 8 juillet 2019. La victime du 7 n'existe pas puisque j'ai choisi celle de Berlin. D'ailleurs, ce serait int√©ressant de v√©rifier dans les archives s'il y a eu des meurtres √† Berlin en 1952. Normalement non,  mais...
    Je ne peux rien dire √† mes coll√®gues mais j'ai une nouvelle piste¬†: Eurydice. Je fais mon travail de l√©giste, comme d'habitude. Je ne n√©glige rien mais j‚Äôavoue que mon esprit est ailleurs. Comment utiliser cette information pour tendre un pi√®ge au tueur¬†? Et si je pouvait trouver Eurydice avant lui¬†? Et j'ai un flash¬†! Il sait qu'Eurydice existe. Il conna√ģt la rune Hshl. Il sait certainement que d'autres mondes existent et qu'on peut les atteindre. Il est aussi tr√®s probable qu'il se drogue. Dans ce dernier cas, consomme-t-il de la Bille ou de la Noix¬†? Cela expliquerait bien des choses. Aussi, je cherche des traces de ces drogues sur les lieux. Et je trouve... des coquilles de Noix. Et je me rappelle √©galement qu'il y en avait sur une des sc√®nes de crimes berlinoises. J'avais pens√© qu'il ne s'agissait que de nourriture, pour patienter. Mais non¬†! Il est aussi fort probable que le tueur ait pris de la Noix. Et dans ce cas, o√Ļ la trouve-t-il¬†? Il doit √™tre en contact avec la Magicienne. C'est la principale dealeuse de Noix.
    J'ai maintenant deux nouvelles pistes, si on veut appeler √ßa comme √ßa. Je dois trouver Eurydice et la Magicienne. Je demande √† Black Rain s'ils ont des informations sur Eurydice. Non, mais elle doit forc√©ment √™tre pr√©sente dans ce monde-ci. On ne veut pas me dire le pourquoi du comment mais mon interlocuteur affirme qu'Eurydice est l√†, √† Los Angeles. Il ne peut rien me dire de plus si ce n'est que, si je la cherche, je finirais bien par la trouver.
    J'aurais peut-√™tre plus de chance avec la Magicienne. Dealeuse, elle a peut-√™tre d√©j√† eu √† faire avec la police. Aussi, je me mets √† √©plucher les archives. Rien¬†! En v√©rit√©, je ne sais pas si je dois m'en √©tonner.
    Retour √† la case d√©part¬†? Pas tout √† fait. Pas encore.

Elle est là et j'ai toujours su qu'elle était là. Dans ce monde, dans les mondes... La Reine est morte mais pas elle. Elle, elle est folle. Rendue folle par ses visions, la Bille et la Noix.
Si je la cherche, je finirais bien par la trouver. C'est ce qu'a dit le gars de Black Rain. Et je n'ai pas eu √† chercher bien loin en v√©rit√©. Je l'ai finalement vite trouv√©e. J'ai pens√© faire le tour des h√īpitaux et des centres de d√©sintox ou des foyers pour sans-abris. Mais c'est finalement dans un squat pourri que je l'ai trouv√©e.
Elle √©tait l√†, au milieu des ordures. Ordures humaines et m√©nag√®res. D√©chet parmi les d√©chets. Rong√©e par la Bille, la Noix et ses visions. Alors, je l‚Äôai prise  dans mes bras et je l'ai ramen√©e chez moi. Eurydice...
Elle n'est pas folle. Elle croit qu'elle est folle mais je sais que ce n'est pas le cas. A-t-elle rencontré Kid et la Reine dans cette réalité ?
Elle me fait de la peine. Elle est juste submerg√©e, bouff√©e non pas par la drogue mais par le poids de ses visions. Comme la Reine, comme nous tous finalement, elle a un r√īle √† jouer. Mais le sien est √©crasant. Quel √©tait le r√īle de la Reine par rapport √† elle¬†? Est-ce finalement moi qui doit remplir ce r√īle maintenant¬†?
Je n'ai pas fait que ramener Eurydice chez moi. J'ai aussi ramen√© le squat, le caniveau de son √Ęme. Et mon salon, mon appartement tout entier se mettent au diapason de l‚Äôinconscient d'Eurydice.
Pas besoin de la sir√®ne de chantier pour savoir o√Ļ je suis maintenant.

Silent Hill...

    De retour √† Silent Hill, je m'attends √† ce que ce truc avec le pic dans le ventre me tombe de nouveau dessus. Mais si cette ville et son double rouill√© sont des √©manations de la psych√© d'Eurydice, que repr√©sente cette cr√©ature pour elle¬†? Est-ce son ¬ę¬†croquemitaine¬†¬Ľ¬†? ou alors, est-ce une sorte de protecteur¬†? Contre qui¬†? Le tueur¬†? Moi¬†?
    Cet √™tre noir avec ce pic ressemble √† une sorte de poup√©e vaudou. Un truc maudit...Et si je lui √ītais ce pic, qu'est-ce qui se passerait¬†? Est-ce que √ßa aiderait Eurydice √† sortir de sa catatonie¬†? Je m'assure qu'elle va aussi bien que possible et sors. Je n'ai aucune id√©e de comment faire mais j'esp√®re que ce truc vaudou va me trouver. L'espace d'un instant je me surprends √† penser que ce serait peut-√™tre bien lui mon tueur, mais √ßa ne tient pas debout. Mais ce ne serait pas la premi√®re fois que la v√©rit√© ne tiendrait pas debout. Finalement, qu'est-ce qui fait que toute v√©rit√© n'est pas bancale¬†? C'est peut-√™tre parce qu'elle nous permet √† nous de rester stable. Mais si on prend une b√©quille, elle est incapable de rester debout toute seule. Pourtant, gr√Ęce √† elle, nous pouvons tenir debout. C'est peut-√™tre √ßa la v√©rit√©, une b√©quille incapable de tenir debout mais qui nous permet de le faire. En fait, nous nous appuyons autant sur la v√©rit√© qu'elle s'appuie sur nous. Mais ce ne sont pas ces genre de pens√©es qui vont me conduire au truc.
    Je me rappelle l'avoir vu dans une ruelle. Aussi, je quitte au plus vite les grandes avenues brouillardeuses pour m'enfoncer dans un r√©seau de petites rues encore plus sombre. J'entends des bruits √©tranges. Des cliquetis m√©talliques, des raclements, des g√©missements, des cris. Tout √ßa a l'air √† la fois tr√®s proche et tr√®s loin. J'aper√ßois des silhouettes, des ombres √† travers le brouillard. Elles bougent d'une mani√®re √©trange. Leurs mouvements sont saccad√©s. J'ai par moment l'impression d'assister √† une chor√©graphie de danse Buto. Mais je reconnais pas de silhouette avec un pic dans le ventre. Est-ce que ce truc sait que je le cherche¬†? Se cacherait-il¬†? Pourtant, il m'a d√©j√† battu.
    Et il me vient une id√©e compl√®tement d√©bile. √Ä un moment, ses mains sont devenues celles d'un squelette. Un squelette, c'est un mort. Je suis mort. Si ce truc est sens√© √™tre le croquemitaine ou le protecteur d'Eurydice, que se passerait-il si moi, un mort, je me plantais un pic dans le ventre¬†? En v√©rit√©, √ßa ne me tuerait pas. J'ai presque envie d'essayer. Presque... En m'enfon√ßant dans l'entrelacs de ruelles obscures, je cherche quoi que ce soit qui pourrait faire office d'arme. Rien √©videmment. Rien sauf... cette sir√®ne. Et le monde change. Apr√®s avoir √©t√© rong√©e par l'humidit√© ambiante, c'est maintenant la rouille qui s'empare des rues. Et avec la rouille vient le truc.
    Je n'ai pas d'arme. Il m'a d√©j√† laiss√© pour mort. Autant dire que je ne pars pas gagnant. Pourtant, je ne compte pas me d√©filer. Je veux savoir ce qui se cache derri√®re les trous blancs de ses yeux. Je veux savoir ce qui se passe quand on lui retire son pic. Alors, je n'attends pas et me jette sur lui. J'essaye de m'emparer de son pic justement. Au mieux, j'arrive √† le lui retirer d'un coup. Au pire je dois pouvoir le tourner et lui faire assez mal pour qu'il ne riposte pas. Enfin √ßa,c'est si je l'atteins.
    Rien n'est gratuit dans la vie. J'empoigne le pic mais le truc se saisit de moi et m'enserre. Impossible de me d√©gager. Pour autant, je ne veux pas l√Ęcher ma prise. J'essaye de tourner le pic mais il me serre trop fort et je ne parviens √† impulser le mouvement que je veux. Alors, je plonge mes dents dans son cou et tente de lui arracher un bout de chair. C'est caoutchouteux et cendreux. Le truc n'a aucune r√©action et continue de me serrer contre lui. Au moins, cette fois je ne suis pas empal√©. D'une certaine fa√ßon, pour l'instant j'ai de la chance. Mais √ßa ne va pas durer. Aussi, malgr√© tout, je tente de faire glisser, coulisser le pic. √áa vient petit √† petit mais le truc resserre sa prise. √áa fait mal mais √ßa veut dire qu'il n'aime pas. Alors, je continue. Je tente de forcer la chance et ma vue se brouille alors que l'√©tau se resserre. J'entends, je sens mes c√ītes craquer. Je l√Ęche ma prise. Il ne l√Ęche pas la sienne. Est-ce que cette saloperie peut parler¬†? Je sens que je vais bient√īt perdre connaissance. Alors, je joues ce que je pense √™tre un ultime va-tout. Je l√Ęche le nom d'Eurydice en esp√©rant qu'il comprenne et me rel√Ęche.
    Et √ßa marche¬†! Il desserre son √©treinte et me repose doucement par terre. Il me fixe de ses grands yeux blancs mais je n'arrive pas √† comprendre ce que ce regard peut bien exprimer. Alors je continues. Je dis que je connais Eurydice, que je sais o√Ļ elle est et esp√®re pouvoir observer une r√©action qui aurait du sens. Et il se passe un truc de dingue¬†! Sa bouche et ses yeux se mettent √† grandir. Ils deviennent √©normes. Et les trous se rejoignent pour n'en former plus qu'un qui envahit tout son visage, toute sa t√™te. Et sa t√™te devient √©norme. Le trou blanc devient √©norme. De l'autre cot√©, c'est blanc et √©clatant. Je repense √† cette sc√®ne de Fight Club, quand le personnage incarn√© par Edward Norton explore sa caverne int√©rieure. Il y croise un pingouin qui lui dit ¬ę¬†Glisse¬†!¬†¬Ľ. Et j'ai envie de glisser moi aussi dans ce grand trou blanc et √©clatant. O√Ļ √ßa va me mener¬†? Le Multivers est infini mais il y a deux mondes o√Ļ je n'ai pas envie de tomber. Millevaux et Manto√Įd. Et comme on ne peut pas dire que je sois le type le plus chanceux de la Terre. Faites au moins que ce ne soit pas les deux en m√™me temps...

    Gagn√©, perdu, je ne sais pas. Je suis dans Millevaux, pas de doute. Il y a des arbres partout. Mais je suis aussi perdu en montagne. Le sol est escarp√© et rocheux. √Ä travers les arbres, je vois le soleil se lever. Il tombe une pluie fine. L'air de rien, √ßa fait du bien. J'ai encore mal partout apr√®s ce que m'a fait subir le truc dans Silent Hill. Finalement, j'ai perc√© un de ses secrets mais pas celui que j'esp√©rais. Je voulais savoir ce qui le liait √† Eurydice et je vois qu'il est une sorte de porte vers Millevaux. Peut-√™tre qu'il est aussi une porte vers plein d'autres endroits. Mais moi, il m'a envoy√© √† Millevaux. Et je comprends vite pourquoi. Je fais quelques pas et d√©couvre une nouvelle sc√®ne de crime. La m√™me, toujours. Comme √† Berlin. Comme √† LA. Comme √† Silent Hill. Il y a tout. Le type avec le pantalon aux chevilles, le porc, la rune Hshl taillad√©e dans le dos. Tout √ßa a forc√©ment du sens. C'est juste que je suis trop con, trop fatigu√© ou juste trop humain pour comprendre. J'ai besoin de repos. Mais c'est vraiment pas le bon moment. Mes pas font un bruit d'√©ponge en s'enfon√ßant dans des plaques de mousse imbib√©es d'eau de pluie. Je regarde autour de moi. Alors que j'√©tais s√Ľr de rien trouver, je vois¬†!
    Une tablette de bois. Elle n'est pas tr√®s grande. C'est vraiment un coup de chance que je l'ai remarqu√©e. Il me la faut. Je m'en saisis. Elle est couverte de signes que je ne connais pas, mais j'en comprends pourtant le sens. Il y a des symboles g√©om√©triques et des chiffres qui ne trompent pas. C'est un sort. Et je dois pouvoir le reproduire avec les runes que je poss√®de d√©j√†. Mais quels en sont les effets¬†? C'est √ßa que je ne comprends pas.
    Bon, je suis assez stupide pour tenter une combinaison de runes sans en conna√ģtre les effets. Mais je ne suis pas assez stupide pour associer n'importe quelle divinit√© de ce cycle √† cette combinaison. Aussi, je choisis Mantorok, le Gardien. Quel que ce soit ce sort, ses effets devraient m'√™tre b√©n√©fiques. Alors¬†?
    Un voile pourpre (la couleur du Gardien) teint la for√™t autour de moi. Et je vois¬†! J'ai vu¬†! Mais mon cerveau n'a pas imprim√©. Il n'a pas voulu imprimer. Je ne sais pas ce que j'ai vu. Le Gardien a-t-il voulu me pr√©server de la folie qui me fut r√©v√©l√©e¬†? J'ai vu quelque chose que je n'√©tais pas sens√© voir. Et il ne m'en reste aucun souvenir quand les effets du sort s'effacent. M√™me si la montagne et la for√™t semblent d√©sertes autour de moi, il y a ici quelque chose de dangereux. Je dois partir. Je lance un nouveau sort, celui qui me donne acc√®s √† la dimension du Voyeur. Je m'enfuis. Je fuis Millevaux.

J'explore la dimension du Voyeur. Je peux maintenant me rendre √† peu pr√®s o√Ļ je veux. Berlin, Los Angeles. Je peux m√™me retourner √† Silent Hill. Alors, que se passe-t-il l√†-bas.
Et je me vois à LA, en train de tester ce nouveau sort avec chacune des trois autres divinités. Mantorok a voulu me préserver dans Millevaux. Les autres ne prendront pas ces précautions. Que je périsse ou devienne fou les comblera de joie au contraire.
Puis, je suis à Berlin, dans les égouts. Qu'est-ce que je fais là ? Je suis en train de tenir tête à un militaire ; un français on dirait. Est-ce en rapport avec le meurtre métaphysique ? Est-ce qu'une nouvelle piste berlinoise me mènerait dans les sous-sols ?
Je ne m'attends pas √† trouver quoi que ce soit d'int√©ressant √† Silent Hill. Ou plut√īt, je m'attends √† forc√©ment voir l√† quelque chose de dangereux. Alors¬†? Alors c'est le monde √† l'envers. On dirait bien que c'est l√†, finalement, que je suis le plus en s√©curit√©. En fait, je me vois prendre du repos et r√©cup√©rer de mes blessures. Eurydice n'est pas l√† mais je sais que je sais qu'elle va bien. Cette version du futur est tentante. Un peu trop m√™me. Certes, je suis au calme pour l'instant, mais qu'est-ce qui m'attend ensuite¬†?
Je suis tr√®s tent√© d'aller √† LA pour en savoir plus sur ce nouveau sort. Mais je pense plut√īt me rendre √† Berlin. Si je suis dans les √©gouts, c'est forc√©ment qu'une piste m'y a conduit. Si je suis l√†, c'est que je suis sur la piste du tueur. Cet abruti de Fran√ßais me fait perdre du temps mais, sachant cela, je peux peut-√™tre l'√©viter.

    Berlin, 1952, le secteur fran√ßais, une nouvelle sc√®ne de crime. Je n'attends pas. Je n'attends rien. Je cherche imm√©diatement la bouche d'√©gout la plus proche. Elle est ferm√©e mais des traces montre qu'on la boug√©e r√©cemment. Je le tiens¬†!
    Les √©gouts sont sombres mais j'ai pens√© √† prendre une lampe. Je suis tent√© de me mettre √† courir mais je veux d'abord √™tre s√Ľr de prendre la bonne direction, mais aussi de ne pas me jeter dans la gueule des Fran√ßais.
    Je sais maintenant que le tueur est accro √† la Noix. Aussi, je cherche quelques coquilles qui pourraient tra√ģner et indiquer sa pr√©sence. Je sais aussi que taillader la rune Hshl sur le dos de la victime ne cr√©e pas un passage entre le monde. Sinon, il l'aurait utilis√© pour fuir.
    La chance est avec moi. Je rep√®re des traces de Noix. Je cours dans cette direction mais ne per√ßois √† aucun moment quelque signe de sa pr√©sence. A-t-il d√©j√† quitt√© les souterrains¬†? La Noix lui a-t-elle permis de quitter notre r√©alit√©¬†? √Ä moins que... Je sors mes runes et la tablette trouv√© dans la for√™t. Peut-il se rendre invisible¬†? Si oui, c'est peut-√™tre de lui, de sa vue, que Mantorok a voulu me prot√©ger¬†? Mais il est le tueur m√©taphysique. Aussi, pour cette fois, je m'en remettrai √†  Ulyaoth, la divinit√© li√©e √† la magie et √† la spiritualit√©. Un voile bleu recouvre mon champ de vision. Et je le vois¬†! Il est loin. Je me mets √† courir. Le voile bleu s'estompe. La silhouette du tueur aussi. Mais c'est trop tard... pour lui¬†! Je l'attrape par l'√©paule et le retourne pour qu'il me fasse face. Il ne porte plus son masque de cuir. Je ne le connais pas, √ßa me rassure. Je lui flanque une droite en plein visage. Il s'√©croule.
    Personne √† la RPA ne sait que je viens de l'arr√™ter. Aussi, je fonce vers les locaux de Black Rain. Je l'enferme dans un petit bureau et le laisse mariner le temps de n√©gocier les termes de l'interrogatoire avec mes sup√©rieurs. On le tient. Il ne tuera plus. Mais je veux savoir pourquoi il continuait √† tuer et ce qu'il veut √† Eurydice. Il n'est pas non plus exclu que son comportement soit li√© √† sa consommation de Noix. Aussi, la Magicienne est peut-√™tre derri√®re tout √ßa. En fait, j'explique √† mes chefs qu'il n'est pas impossible qu'elle l'ait rendu accroc √† la Noix pr√©cis√©ment pour le pousser √† agir ainsi. Je leur demande donc l'autorisation de piocher dans nos maigres stocks de P√©trol'Magie afin de le contraindre √† parler. Et on pourrait m√™me en profiter pour le gu√©rir de son addiction. Ensuite, il pourrait devenir le 8√® prisonnier de la prison de Spandau, donnant ainsi corps √† la l√©gende. Mes chefs acquiescent.

    J'entre dans le petit bureau accompagn√© de deux autres agents de Black Rain. Ils poussent devant eux une esp√®ce de carcan sur roulette. C'est une structure en m√©tal avec des lani√®res en cuir et de fins tuyaux en caoutchouc. Ils soul√®vent le tueur et l'attachent au carcan. Il se retrouve ainsi d√©bout, reposant inconfortablement sur la pointe des pieds. Son cou est enserr√© par un large collier en acier. Cela contribue √† maintenir son corps dans une posture d√©sagr√©able. De plus, il ne peut d√©tourner le regard quand il voit l'un des agents remplir une poche plastique de liquide noir et y ficher le bout d'un des petits tuyaux. Je lis dans son regard qu'il comprend qu'on va lui injecter ce liquide qu'il ne sait pas √™tre du P√©trol'Magie. Pourtant, il parvient √† se retenir de crier. Je ne sais pas s'il est toujours sous l'influence de la Noix. Il y a un vrai risque d'overdose et, sur le coup, ni mes chefs ni moi n'y avons pens√©. C'est trop tard maintenant. Je dois aller jusqu'au bout. Mais avant, quand m√™me, je lui pose mes questions. Je ne lui demande pas qui il est. Dans l'imm√©diat, cela n'a aucune importance. Je veux savoir pourquoi il cherche Eurydice. √Čvidemment, il garde le silence. Je m'y attendais. Je fais un signe de t√™te et le liquide noir commence √† couler dans le tuyau. Ce n'est pas de l'angoisse que je lis dans son regard. C'est plut√īt une sorte d'h√©b√©tude. J'esp√®re qu'on ne va pas lui griller le cerveau avant de savoir.
    L'effet du P√©trol'Magie est imm√©diat. Le tueur convulse. Je jette un regard inquiet aux deux agents. Mais ils restent calmes. Le tueur tend son cou au maximum et scrute le plafond. Son teint devient jaune. Malgr√© tout, je garde mon calme et repose mes questions. Que veut-il √† Eurydice¬†? Quels sont ses liens avec la Magicienne¬†? Il prend alors un air myst√©rieux. Je me retiens de lui flanquer un coup de poing. Je sens qu'il lutte contre la drogue. Derri√®re lui, de sorte √† ce qu'il ne puisse pas le voir, un des agents me fait signe de patienter. Cela ne devrait plus trop durer.
    Alors, est-ce la Magicienne qui lui a fourni la Noix¬†? Il r√©pond que oui mais que ce n'est pas ce que je crois. La Magicienne n'a jou√© que le r√īle de fournisseur. Elle n'a rien √† voir dans sa qu√™te d'Eurydice.
    Et alors, pourquoi chercher Eurydice¬†? Son regard devient soudain tr√®s triste et il dit ¬ę¬†‚Ķ pour faire cesser les voix dans ma t√™te...¬†¬Ľ Les voix¬†? ¬ę¬†‚Ķ les Abeilles... les bourdonnements...¬†¬Ľ

    L'interrogatoire se poursuit. J'alterne des questions banales sur son identit√©, sa planque, ses relations, ce qu'il faisait avant la guerre, pendant la guerre. Il n'a pas √©t√© victime des exp√©riences occultes men√©es par les nazis. C'est toujours √ßa de pris. Je reviens ensuite sur son mode op√©ratoire. Pourquoi reproduire ce meurtre¬†? Pourquoi ce ¬ę¬†dessin¬†¬Ľ taill√© dans le dos de ses victimes¬†? Et √† chaque fois, c'est la m√™me r√©ponse. Les Voix. Les Abeilles.
    Ce type est un pauvre type. Il n'a vraiment pas eu de chance. Il s'est retrouv√© instrumentalis√© par l'Entropie pour reproduire le meurtre m√©taphysique. Puis, dans la foul√©e, les Homosantos se sont servis de lui pour mettre la main sur Eurydice. Mais Eurydice va bien, je le sais. Elle est en s√©curit√© √† Silent Hill. Cette ville est d√©gueulasse mais je sais qu'un truc bizarre avec un pic dans le ventre veille sur elle. Je repense √† la derni√®re fois o√Ļ j'ai vu Haze et Lewis-Maria. On se demandait qui devait reprendre le r√īle de la Reine. Je ne sais pas si c'est moi. Je ne sais pas si c'est ce r√īle que j'ai jou√©. Mais en tout cas, pour le moment, j'ai quand m√™me r√©ussi √† prot√©ger Eurydice des Homosantos. Pour combien de temps¬†? Je n'en sais rien.


Commentaires de Thomas :

A. Forcément, je suis obligé de faire un lien entre le début de ce CR, un Psychomeurtre / Cold City joué à Berlin, avec L’Idole de Berlin, un de tes premiers CR joué avec mes jeux (mais sans Millevaux dedans, à l'époque). La boucle se boucle !

B. J'adore la bascule entre le cadre Berlin 1952 et Los Angeles 2019, sur la même histoire. Bon effet de vertige logique.

C. Ce masque de cuir avec des cornes de cerf. Que fait-il ici ? L'a-t-il oublié ?
Millevaux se fait discret dans ce dernier épisode. Ce masque en est le premier indice.

D. ¬ę¬†Et le monde change. Apr√®s avoir √©t√© rong√©e par l'humidit√© ambiante, c'est maintenant la rouille qui s'empare des rues. Et avec la rouille vient le truc.¬†¬Ľ
De ce phénomène très silent-hillien, on pourrait aussi lire une prémisse de Millevaux : avec la rouille vient la pourriture, puis l'humus...

E. ¬ę¬†Je dois partir. Je lance un nouveau sort, celui qui me donne acc√®s √† la dimension du Voyeur. Je m'enfuis. Je fuis Millevaux.¬†¬Ľ
Passage hyper rapide dans Millevaux, systématiquement fui par les personnages : soit on se dit que le multivers est une fausse bonne idée parce qu'il permet de quitter rapidement les univers les plus horrifiques, soit on se dit que la rareté de Millevaux en fait sa qualité d'univers-croquemitaine qui serait plus menaçant que les autres.

F. ¬ę¬†Je l'attrape par l'√©paule et le retourne pour qu'il me fasse face. Il ne porte plus son masque de cuir. Je ne le connais pas, √ßa me rassure. Je lui flanque une droite en plein visage. Il s'√©croule.¬†¬Ľ
J'aime bien que le signalement physique du tueur s'arrête à ça, c'est intéressant.

G. Qu'as-tu utilisé de Perfect dans ce RP ?


Damien :

C. Le Masque est un des attributs du Tueur dans la Trilogie de la Crasse. Il y en  d'autres mais j'aime bien celui-l√†. Et puis, c'est vrai qu'il √©voque a for√™t et donc, quelque part, Millevaux. En fait, j'ai m√©lang√© et remis √† ma sauce les BG de Millevaux, Mantra et la Crasse. Ce ne sont finalement plus tout √† fait les uns et les autres mais un mix.

D. Ah mais c'est clairement Silent Hill. Il y a 3 niveaux dans ce scenar : Berlin, LA et Silent Hill.

E. Dans ma vision de Mantra et de La Trilogie de la Crasse, Millevaux devient une autre manifestation de l'Entropie. C'est un peu comme des bulles de putréfactions qui s'échappent du cadavre de l'Hommonde pour venir corrompre les autres univers. Donc oui, c'est vraiment un univers croquemitaine. On l'évite, on cherche à s'enfuir. On s'en préserve autant que possible. Mais il a sa vie propre. Après tout, je le conçois aussi comme un avatar de Shub-Niggurath. Pour moi, Millevaux est devenu autant le domaine de la Chèvre qu'une incarnation de la Chèvre elle-même et elle se répand.

F. Là, j'avais postulé que le tueur pouvait être un PNJ déjà rencontré, voire Haze lui-même. Les D en ont décidé autrement. Et c'est ptete pas plus mal ^^

G. Le Cycle narratif Crime/tentative de capture ou recueil d'indice/sc√®ne de ¬ę¬†torture¬†¬Ľ/XP du criminel.


Auteur de Millevaux.
Outsider. √Čnergie cr√©ative. Univers artisanaux.
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#72 23 May 2022 13:13

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
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Re : [Syst√®mes Millevaux] Comptes-rendus de partie

GR√ÖTMYRSBAN, SECONDE PARTIE

Plong√©e au cŇďur du sc√©nario de Gratmyrsbarn, avec une ambiance gla√ßante dans tous les sens du terme. Un enregistrement de partie par Claude F√©ry.

(temps d’écoute : 1H)

Joué le 05/01/2020

Le jeu¬†: La Sorci√®re de l‚Äô√©corce, un jeu de r√īle su√©dois d‚Äôhorreur folklorique et foresti√®re par Pelle Nilsson et Johan Nohr.

Le scénario : Grätmyrsban, une glaçante histoire d'enfants disparus par Pelle Nilsson et Johan Nohr

Lire / télécharger le mp3

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Lilian D, cc-by-nc-nd


Toutes les photos suivantes sont de Claude Féry (par courtoisie).

Commentaires de Thomas après écoute :

A. Intéressant ces archives sur les expériences de mort imminentes : à Millevaux, les souvenirs d’expériences de mort imminentes sont très recherchés

B. C’est astucieux d’avoir interprété un personnage dans le premier épisode pour le confier à Mathieu lors du deuxième épisode : dans ce type de scénario, l’irruption d’un nouveau PJ en cours de route serait mal passé.

C. Super intéressant que tu précise que le nom de la rivière est sami et non norrois : encore un crossover entre les sami et Millevaux…

D. Là encore tu fais un gros travail d’extrapolation sur le PNJ Anders

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Gabrielle joue Sven

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Mathieu joue Pelle

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Xavier joue Chat-Chat


Auteur de Millevaux.
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#73 26 May 2022 10:33

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Syst√®mes Millevaux] Comptes-rendus de partie

GR√ÖTMYRSBAN, TROISI√ąME PARTIE

La conclusion du scénario sous forme de pinacle horrifique, avec une fenêtre dimensionnelle ouverte sur Millevaux. Un récit et une partie enregistrée par Claude Féry

(temps de lecture : 3 min ; temps d’écoute : 1H49)

Joué le 05/01/2020

Le jeu¬†: La Sorci√®re de l‚Äô√©corce, un jeu de r√īle su√©dois d‚Äôhorreur folklorique et foresti√®re par Pelle Nilsson et Johan Nohr.

Le scénario : Gråtmyrsban, une glaçante histoire d'enfants disparus par Pelle Nilsson et Johan Nohr

Lire / télécharger le mp3

Avertissement : Contenu sensible (voir détail après l'image)

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Alex Berger, cc-by-nc

Toutes les photos suivantes sont de Claude Féry (par courtoisie).

Contenu sensible : maltraitance enfantine



L'histoire :

Nous avons donc joué la suite et la conclusion du scénario Gråtmyrsbarn.

Sven, aidé de Pelle, ont circonscrit le lieu de disparition de Veronika par leurs recherches et sont repartis, à ski cette fois, malgré d'inquiétant présages., (découverte de dépouilles d'animaux autour de leur ponton). Après s'être à demi égarés dans la réserve ornithologique et avoir exploré un vieux bunker désaffecté, ils ont suivi les traces laissées la veille par la motoneige et ont découvert le pick-up de Veronika sous un amoncellement de neige.
Le t√©l√©phone de Chat-Chat a fait de nouveau des siennes, (il avait re√ßu plus t√īt un appel du num√©ro de sa sŇďur o√Ļ une gamine fredonnait des phrases √©nigmatiques), et s'est cal√© sur la page YouTube d'un groupe o√Į russe. L'autoradio s'est mis en marche tout seul pour lui faire √©cho, puis √† nouveau le froid et le murmure de la for√™t.
Alors Pelle a cru discerner un reniflement et des pleurs étouffés par la distance. Ils ont remonté une sente forestière jusqu'à une clairière.
Là, une gamine était suspendue, attachée par une corde au-dessus d'une mare fangeuse, comme dans le snuff movie visionné sur le dark Web. Mais Elle fredonnait.
Sven a coupé la corde à l'aide d'une dague de chasse récupérée dans un vieux refuge de chasseur, ayant appartenu à un psychopathe ayant tué une gamine à coups de couteau et reconnu fou, capitonné dans un asile du sud du pays.
Mais à peine libérée la petite gamine s'est mise à flotter dans l'air, puis son visage réduit à deux puits sur un noir insondable a tenter de dévorer Pelle. Chat-Chat a mis le feu à la houppelande couvrant la créature et tous en en profité pour la fuir. Dans leur fuite, ils sont tombés sur Veronika, un bras cassé, gisant contre un arbre.
C'est elle qui avait suspendu la créature et c'est le seul moyen de contenir sa faim dévorante, son désir de vengeance sur les grands qui l'abandonnèrent au fond du bois lors des famines de 1905.
Après avoir repris le rituel et suspendu la créature, Sven débloque les portières de la voiture.

Millevaux

Lorsque Chat-Chat met la main sur la poign√©e gel√©e, (il avait √īt√© son gant pour utiliser son briquet), il contemple le m√™me pick up tout rouill√© avec sur la plate forme arri√®re une caisse contenant un missile.  Le vieux Monsieur, lui sourit depuis le si√®ge du conducteur.

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Commentaire de l'auteur :

wow fantastic, many thanks¬†¬Ľ

Puis a retweeté sur son compte :
About a year ago we made Barkhäxan - an evil little game about horror in the forests of northern Sweden, not unlike The Blair Witch Project in tone. We only made it in Swedish, but these guys translated it into French (and also played it). We are very humbled.

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Commentaires de Thomas après écoute :

A. La sensation de froid est bien rendue tout du long des trois épisodes

B. Sympa d’avoir prévu un effet sonore pour la sonnerie du portable de Chat-Chat

C. Hé hé à voir Xavier marri de perdre des PV, je pense à mon fils qui ne supporte pas ça non plus :)

D. J’adore le fait que Mathieu cherche une explication rationnelle aux caprices du téléphone de Chat-Chat :)

E. Remarque de game design de scénario : je me dis que ça doit être rarissime que les persos ne coupent pas la corde

F. Hé hé tu fais bien peur quand tu fais l’enfant qui chante:)

G. En écoutant, on réalise bien toute l’horreur du scénar : pour se protéger de l’enfant, il faut à nouveau l’abandonner…

H. C’est super intéressant le cliffhanger de fin avec morphing vers Barbaque ! Bel effet de vertige logique

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Claude :

D. Chez Mathieu la suspension de l'incrédulité est au prix d'une démarche de cohérence immersionniste. Et même si il place des éléments pour se distinguer de son personnage il a beaucoup de mal à ne pas vivre la partie.
C'est un équilibre délicat à obtenir

E. L'auteur est un joueur de la sc√®ne OSR o√Ļ la dimension tactique et les choix de la joueuse priment sur tout le reste.

G. Boule d'Or ?


Thomas :

G. Ah oui je ne m'étais pas rendu compte du parallèle, mais c'est évident. Mélocoton et Boule d'Or sont des enfants abandonnés.
(du moins dans ma vision des choses)

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Auteur de Millevaux.
Outsider. √Čnergie cr√©ative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#74 06 Jun 2022 12:34

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Syst√®mes Millevaux] Comptes-rendus de partie

L√ąPRE NOIRE

Un √©pisode particuli√®rement sombre et cauchemardesque √† la rencontre de trois sorci√®res qui hantent la for√™t, les voies d√©chues et les rizi√®res autour de Little H√ī Chi Minh Ville. Un r√©cit et une partie enregistr√©e par Claude F√©ry

(temps de lecture : 4 min ; temps d’écoute : 1h47)

Joué le 12/01/2020

Le jeu : We Forest Three par Rae Nedjadi : pour qui vous prenez-vous pour vous aventurer dans cette forêt que vos ancêtres ont abandonnée ? (un jeu OSR-Sword dream pour un seul perso, basé sur le folklore philippin)

Lire / télécharger le mp3

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Keith M Avery, cc-by-nc

Toutes les photos suivantes sont de Claude Féry (par courtoisie).


Le bilan :

Nous avons joué avec Xavier et Alex une incursion dans Millevaux.
J'ai choisi de la b√Ętir autour du jeu We Forest Three.
Nous avons jou√© la proc√©dure propos√©e par cet excellent jeu jusqu'√† la rencontre avec la premi√®re des trois sŇďurs.
Nous avions convenu que cette partie est la mise en jeu du trouble ressenti par Albert, Petite et L√©o lorsque Monsieur Cl√©ment, le chauffeur du pick-up leur a offert d'effeuiller l'un de ses almanachs glan√© sur sa route. Assis dans une maison en ruines √† deux cents m√®tres de la voie d√©chue, ils ont brass√© les souvenirs de Hin, Kaluna et Chat-Chat, des gamins d'en bas, une communaut√© foresti√®re alimentant Little H√ī Chi Minh Ville,

La partie fut plaisante même si Xavier a quelque peu tiré la couverture à lui.
Alex a déroulé le fil d'une lèpre mentale dont souffre Kaluma / Petite. Seule Kaluma voit la maladie progresser...une FOLIE ?

Le titre Lèpre noire est inspiré des remarques d'Alex lors du bilan et remet en perspective cette session au sein de notre campagne.

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Xavier joue Leo / Chat-Chat / Kara / Cain


Commentaire de l'autrice

Wow this is so cool! I love seeing WE FOREST THREE used in such a creative way for campaign play


Commentaires de Thomas :

A. √Ä l'√©poque o√Ļ on faisait des donjons, on avait un s√©rieux probl√®me de d√©s√©quilibre entre les joueuses assidues et les joueuses ponctuelles, les premi√®res ayant gagn√© beaucoup plus de niveaux que les autres, elles pouvaient litt√©ralement faire le sc√©nario sans l'aide des secondes. Quelque part avec Xavier tu as peut-√™tre le m√™me probl√®me option narrativiste. Comme Xavier joue le plus souvent, ses personnages sont plus √©toff√©s et aussi il ma√ģtrise beaucoup plus les codes de la table qu'il a activement particip√© √† fa√ßonner. Forc√©ment, en pente naturelle, il va prendre plus de place que le joueur plus ponctuelle qu'est Alex. Si c'est un vrai probl√®me, je suppose qu'on peut le r√©soudre par le dialogue ou par un effort de ta part pour centrer l'intrigue sur les personnages des joueuses ponctuelles.

B. C'est très cool que tu informes les auteurices des jeu de tes parties. ça fait toujours plaisir je pense.

C. Peux-tu nous donner un peu plus de détails sur We Forest Three ?

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Claude :

A. La discussion a été amorcée à l'issue de la dernière session et je pensais leur proposer d'explorer le ressenti de Petite lors de notre prochaine séance.

C. Un jeu solo, o√Ļ sur option, √† plus, pour jouer une chasse aux trois sorci√®res qui menacent notre communaut√©. La for√™t peut √™tre m√©taphore, mais sa progression est menace. Ancr√© dans le folklore des Philippines.


Thomas :

A. Cool

C. Oh là là ça a l'air passionnant. Ça colle tellement à Millevaux, et encore un jeu d'origine asiatique, ça ne mange pas de pain (ça me fait penser que le film Tropical Malady est un film de chevet et je voudrais beaucoup faire un replay de partie dans cette veine pour la version finale d'Inflorenza 2.) Et en plus, c'est dans la vague Sword Dream !

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Alex joue Kaluna


Commentaires de Thomas après écoute :

A. Très intéressant de faire le lien entre l’almanach de Mr Clément et les feuilles poèmes de Central Park. Par ailleurs, on pourrait faire un lien avec les feuilles mémorielles de Métro…

B. Entre son truc de faire moisir le v√©g√©tal et son nouveau passage du c√īt√© obscur, on dirait que Xavier cherche √† se soustraire de l‚Äôhorreur. Quelque part, je me demande si son trip avec les Pokemon lors de la partie de la Sorci√®re de l‚Äô√Čcorce ne proc√®de pas du m√™me √©chappatoire.

C. Sympa le retour de notre Boule d‚ÄôOr fugueur¬†: on doit pouvoir dire qu‚Äôil souffre de l‚Äôappel de la for√™t comme dans le jeu de r√īle Summerland :)

D. Le récit qu’Alex fait de son rêve est vraiment top.

E. Le fait de mentionner les noms véritables évoque les multiples vies de personnages voués à l’oubli

F. Utilise-tu des mécaniques de We Forest Three ou juste son ambiance générale ?

G. Très sympa de demander aux persos comment ils ont déjà pu se protéger du Titan Kalaung par le passé

H. Les diatribes du Titan Kalaung m’évoquent L’Apocalypse selon Millevaux :)

I. Le retour de l’esprit malin de Léo évoque la plongée dans les vies antérieures des personnages

J. Sympa de réciter la vanne sur les quatre saisons de Millevaux :)

K. Les délires de Xavier autour du sang, du bras-lame, de la corde de pendu et du briquet sont saisissants (bien que dans son esprit ça a plus de réalité que ce que tu lui en accordes, puisque tu valides ses propositions comme des visions et non comme des faits)

L. La sorcière est comme une version maléfique de la grand-mère de Boule d’Or :)

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Claude :

B. Oui, de son propre aveu. Toutefois Xavier se plaint du manque d'adversité si il n'y a pas de monstres qui font peur.

C. Il me semble qu'Alex avait émis cette hypothèse (l'appel de la forêt, sans le lier au jeu qu'elle ignore).

F. J'ai commencé la session en utilisant les seules mécaniques de We Forest Three, et à mesure des apports des joueuses, je me suis contenté du décalage de canon produit.

K. Une pomme de discorde entre Gabrielle et Xavier. La toute puissance créatrice que s'accorde ce dernier est vécue comme un déni de jeu, une rupture de cohérence par le second.

L. Oui, c'est Baboushka de la session The Body /Hack  ou la babayaga.
Cette derni√®re acception prendra plus de relief √† priori dans Muddus [√† para√ģtre].

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Thomas :

C. L'appel de la for√™t (The call of the Wild) est aussi un roman de Jack London (adapt√© en film cette ann√©e, avec Harisson Ford) sur un chien domestique enlev√© et int√©gr√© de force comme chien de tra√ģneau, puis devenant chef d'une meute de loups. √ßa pourrait tr√®s bien s'adapter √† Millevaux :)

K. Je suppose que √ßa a √©t√© frictionnant aussi dans la partie Puok Krisd Sasanik [√† para√ģtre] o√Ļ Xavier va jusqu'√† sortir un fusil (√† la balle d√©crite comme tr√®s l√©tale) ainsi qu'un piano √† queue de son Ňďil :)


Claude :

C. Le premier roman qu'ait accepté de lire Xavier

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Auteur de Millevaux.
Outsider. √Čnergie cr√©ative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Hors ligne

#75 09 Jun 2022 08:32

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Syst√®mes Millevaux] Comptes-rendus de partie

LE SECRET DE SAMA√čL FAUCHIN

Vivants, morts, fant√īmes, mourants, marchent de concert dans la for√™t qui s'assombrit. Un r√©cit et une partie enregistr√©e par Claude F√©ry.

(temps de lecture : 3 min, temps d’écoute : 45 min)

Joué le 20/01/2020

Le jeu : Your Dead Friend, par Jeeyon Shim (jdr/gn en duo o√Ļ deux amis se prom√®nent un for√™t la veille de la mort d'un d'eux)

Lire/télécharger le mp3

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netzanette, cc-by-nc


Toutes les photos suivantes sont de Claude Féry (par courtoisie).


Bilan :

Nouvelle incursion en Millevaux avec Xavier cet après-midi, avec pour véhicule Sève la durée du oui.
Xavier joue Sama√ęl Fauchin, je joue Tuuka.
Partie de courte durée, (45 minutes) que j'envisageai, a priori, douce et mélancolique, sous les auspices de Your Dead Friend et qui a changé de tonalité pour devenir sombre et horrifique, sans que nous n'ajoutions d'adversité extérieure, le personnage de Xavier était là pour cela.
Xavier a souligné que cela manquait d'adversité incarnée de monstre à affronter.
Je suis heureux des moments de convergence de la s√©ance, des instants o√Ļ une proximit√©, un embryon d'intimit√© s'est tiss√©e entre nos personnages.
Mes premi√®res instances √©taient impr√©gn√©es de proc√©dures issues de Your Dead Friend et j'ai pu voir les √©motions na√ģtre sur le visage de Xavier.
J'ai mis en jeu mon poème et il a influé nettement sur l'interprétation de mon personnage, Tuuka.

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Commentaires de Thomas :

A. Sama√ęl Fauchin a-t-il un lien avec le premier personnage de Xavier, Sama√ęl ?

B. ¬ę¬†Xavier a soulign√© que cela manquait d'adversit√© incarn√©e de monstre √† affronter.¬†¬Ľ
En effet, ce n'est pas ce à quoi on est censé s'attendre en jouant à Your Dead Friend. Xavier était-il informé à l'avance du caractère contemplatif du jeu ?

C. J'ai cru voir sur votre table des pierres glanées sur un champ de fouilles. Les avez-vous utilisées en jeu ?

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fragment d'obus


Claude :

A. Non dans la phase de création mais il a établi des liens en session et après

B. Oui mais il en a décidé autrement après

C. Oui, les feuilles utilisées lors de la séance ont été créées à partir de celles-ci.

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Commentaires de Thomas après écoute :

A. Un champ lexical forestier très vaste dans ce monologue d’intro

B. O√Ļ se passe cet √©pisode g√©ographiquement¬†? Douaumont¬†?

C. Au d√©but, tu dis qu‚Äôon ne sait pas qui va mourir des deux et je crois que √ßa minimise la port√©e de la proposition de Your Dead Friend (o√Ļ, il me semble, on sait lequel des deux persos va mourir)

D. Xavier est bien à l’aise dans la narration partagée

E. Un opossum : encore une anomalie bio-géographique comme le panda roux :)

F. Super l’image du casque de bouc qui pleure trouvée par Xavier :)

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Claude :

A. Cette introspection de Tuuka pr√©sente le d√©cor et la situation initiale. L'id√©e que j'avais en t√™te c'est la for√™t au cŇďur du parc naturel de Muddus.
Nous avions regardé avec Xavier un documentaire sur les forêts scandinaves.
J'ai tenté de décrire cette forêt en détails, comme si elle nous habitait.
C'est notre milieu. Nous vivons en son sein et elle vit en nous.

B. De fait en Su√®de. Toutefois je l'imaginait comme √©tant la for√™t qui avait enseveli la partie urbaine qui jouxte la for√™t noire actuellement, Ce sont ceux d'en-bas, l'un des groupes qui alimente dans mon imaginaire Little H√ī Chi Minh Ville.

C. On en convient au d√©part effectivement. De fait en nous m√©nageant cette ouverture, Xavier a compt√© la mort de son personnage que je redoutais initialement et j'ai envisag√© que mon personnage questionnait sa croyance et son interpr√©tation de ses r√™ves pr√©monitoires et se trouvait convaincu jusqu'√† ce qu'il trouve le saule que c'√©tait lui qui devait dispara√ģtre et non pas son copain.
Que Xavier n'ait pas joué le jeu ne m'a pas empêché d'enrichir notre partie de certaines propositions de Your Dead Friend même si ce fut a minima.

E. Xavier avait flashé sur une photographie de ballade forestière de Kira Magrann juste avant de débuter la partie.


Auteur de Millevaux.
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