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2 démos au Festival Francilien du Jeu de Rôle – juin 2025 – Ris-Orangis

Chapiteau assailli par la canicule. Vue d'artiste.
Samedi dernier, j'étais invité au second Festival Francilien du Jeu de Rôle, loin là -bas en banlieue parisienne très profonde, à Ris-Orangis. Le lieu est extraordinaire au sens premier du terme : je n'avais encore jamais mené de Sombre dans un chapiteau de cirque. Ambiance squat artistique, qui m'a rappelé Ludicité.
Je n'étais pas vraiment sous la tente parce que trop chaud, plutôt à côté, là où il y avait un peu d'ombre. Samedi, il faisait quelque chose comme trente deux degrés, ressentis quarante douze. Dur pour les organismes. C'est pas compliqué, le lendemain, j'étais KO toute la journée, alors que je n'avais mené que deux fois la veille. Dans ces conditions, je n'ai pas été surpris que le public se soit fait rare. Exactement un pelé et deux tondus. J'ai fait ma première partie en arrivant, pour une poignée de meneurs au chômage technique faute de joueurs. La seconde à la fin, avec trois visiteurs découvrant le jeu de rôle, un couple et une jeune dame überfan d'Alien.
Il y a dix ans, avec une météo plus clémente, je lui aurais déroulé un Deep space gore, mon scénario d'horreur spatiale, celui que j'ai publié dans Sombre 3. En 2025, sous le méga cagnard, j'avais pris la ferme résolution de ne faire que du Camlann durant cet après-midi, et m'y suis tenu. J'attaque donc en me disant qu'avec trois joueurs seulement, ça va être fingers in ze nose, et que même, j'ai deux jokers en cas de déculottée. Dans les faits, j'ai pris une tôle ! Galaad a sauvé la Bretagne. Damned.
J'avais par contre gagné la première partie, qui restera longtemps dans ma mémoire. Par tant pour le jeu que pour l'ambiance. Truc de fou, je vous explique. Donc en arrivant à la conv, je me pose derrière le chapiteau, sur une table à l'ombre. On est dans une sorte zone industrielle plus ou moins désaffectée, en bord de Seine. Au milieu de ma partie, tandis que les preux chevaliers d'Arthur se battent contre la druidesse Morgane pour faire triompher le christianisme en Bretagne, j'entends de fervents alléluias. Cette sonorisation d'enfer ! Pun intended, hein. L'explication ? Une communauté évangélique pratiquant des baptêmes par immersion dans la Seine toute proche. Bon, ça n'a pas suffit. Ce sont les païens qui ont gagné. Quand même, ce fut bien rigolo. Vingt ans que je pose du Sombre un peu partout, y compris dans des endroits improbables. Première fois que je le fais sur fond de chants religieux. Même à Senlis l'année dernière, où j'ai mené deux jours dans une église, y'avait pas le gospel.
Et entre ces deux démos, demandez-vous ? Et ben, papotage rôliste bien sûr. Il y avait une star sur la conv, Ludovic Schurr, alias Xyrop, auteur d'Ultimate Vengeance 3D, un jeu dont la démarche se confond avec celle de Sombre. Ludovic et moi cherchons tous deux à émuler le cinéma, lui d'action, moi d'horreur. Par là -dessus, on s'édite nous-mêmes. Ça nous fait des points communs. Comme cela faisait looongtemps que nous ne nous étions croisés en convention, on a pris le temps de causer. Ce fut ultra sympa.
Les mercis
+ Super merci Ă Iago et aux MJ Mercenaires pour l'invitation, l'accueil chaleureux et l'orga.
+ Merci à Guillaume, qui est venu me chercher à la gare. Chacun de nous a raté son jet de TOC, mais on s'en est quand même sortis. Quelle aventure !
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2 parties, 8 joueurs, 7 morts
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11 démos à Etrange Grande – septembre 2025 – Hettange-Grande

Que. Faites. Vous.
photo Doniphan Caio pour Etrange Grande
Etrange Grande quatrième édition. Festival littéraire et ludique, cette année pile-poil dans mon créneau puisque le thème est les créatures de la nuit. J'étais venu avec mon scénario Dracula sous le bras, mais n'ai pas eu l'occasion de le mener. Je me suis rattrapé avec du Camlann. Beaucoup de Camlann.
Samedi, cagnard. Genre 24 degrés ressentis 52 dans le gymnase municipal où se déroule la partie du festival qui me concerne (il y a trois autres lieux, je crois. Jamais eu le temps d'y jeter un œil). Au rez-de-chaussée, chaud mais sans plus. À la mezzanine, là où se trouve le pôle ludique, juste en dessous du toit en tôle pas isolé, on rôti. Et en période d'affluence, c'est bruyant. Conditions de jeu difficiles, mais je suis rodé. Plus de vingt ans de convs, et c'est mon troisième Etrange Grande. Je sais où je mets les pieds.
En arrivant, je serre des pognes. Il y a des stars sur le pôle ludique. Johan (j'adore ton prénom, il est trop swag) Troianovski, qui dédicace son Trouilleville, un jeu soft horror tout mimi, et Vincent (je miaule dans la nuit pour qu'on m'ouvre la porte) Mathieu, qui enchaîne du Cats dans le box à côté du mien.
Allez, au taf. Recrutement, démo, promo. Puis rebelotte. Puis re-rebelotte. Sept fois dans la journée. Cette année, je n'ai pas eu besoin de descendre au rez-de-chaussée pour trouver des joueurs. Je n'ai recruté que sur la mezzanine, ce qui était très cool. Plus facile et a priori plus ciblé, les gens qui montent étant potentiellement plus intéressés par le jeu que ceux qui restent en bas, où la littérature est reine.
Un bon gros tunnel de Camlann, vous vous en doutez bien. Le public est très familial et, même en ce qui concerne les adultes, assez hétérogène. Plein de grands débutants et de gens qui n'ont jamais fait la moindre partie de jeu de rôle. Du coup, on sauve la Bretagne encore et encore et encore. Ou pas. Quatre TPK le premier jour + trois parties perdues, dont une déculottée. Vache, trois survivants sur cinq, c'est sale.
Du gros taf, néanmoins ultra plaisant. Les gens sont sympas et ouverts à la découverte. Qui plus est, j'ai des émotions ludiques. Dans plusieurs parties, je pars super mal, genre premier Tour cataclysmique, mais parviens à renverser la vapeur au midgame. Découvrant le scénario, les joueurs ne se rendent pas compte à quel point je reviens du Diable Vauvert. Moi, j'en suis très conscient, et c'est top fun.
À 18h, le festoche est censé fermer. Comme il y a encore du public, les orgas décident d'une heure de rab, ce qui me permet de pousser jusqu'à mon septième Camlann. J'ai encore un peu de jus, et avec moins de monde dans le gymnase, les conditions de jeu sont bien meilleures. On s'entend plus facilement parler. Cette dernière partie fut très cool.
Le soir, je m'écroule à l'hôtel, et ne suis qu'à moitié frais le lendemain. Aïe aïe aïe, je n'ai plus vingt ans. Heureusement, la journée est moins chargée. D'abord, c'est dimanche. Ensuite, il pleut. Aaaah, on a moins chaud sous la tôle. La matinée est très calme, ce qui me permet d'attaquer en douceur par un Overlord. Ouais ouais, à Sombre, on a notre propre définition de la douceur. Ce fut mon seul Overlord du week-end. J'ai profité que la table était globalement rôliste pour me délasser un peu de Camlann.
À midi, je m'en vais manger. La restauration est sur le parking, devant le gymnase. Un ami, que je ne nommerai pas mais qui miaule dans la nuit, m'arrête. N'es-tu pas fou, me dit-il, de sortir sans parapluie ? Prends donc le mien. Ah mais bon sang, cette invention est géniâââle ! Je ne connaissais pas. Dans ma banlieue, on n'a que la capuche. Alors que ce truc là , tu peux tenir une barquette de frites dessous et ça reste une barquette de frites, même quand il pleut sa mère et que normalement, ça devrait virer en trois secondes à la soupe de pommes de terre. Trop bien le parapluie, faut absolument qu'on importe ce concept en région parisienne. Je surkiffe.
Quatre démos dimanche, trois Camlann après mon Overlord matinal. J'aurais peut-être pu pousser à quatre parce que je termine la dernière à 17 h, mais le public s'était tellement raréfié que le recrutement m'aurait sans doute pris près d'une demi-heure. Il aurait fallu que je rushe la partie pour tenir mes horaires (je devais attraper un train juste après), et vu l'état de fatigue avancé dans lequel je me trouvais, le risque de faire de la merde n'aurait pas été négligeable. Plutôt que de bâcler la partie de trop, je joue la sécurité et décide de finir tranquille. Je convertis ma table de démo en stand et papote avec des gens.
Les mercis
+ Merci à Johann, François, Doni, Anne-Loraine et Karine pour l'orga en amont et sur le festival. Du sérieux, de la disponibilité et de la réactivité, un sans faute.
+ Merci aux bénévoles, tous ces gens en t-shirt rouge aimables et rendant service.
+ Merci à Vincent pour la chaleur humaine et le véhiculage final. Deux jours de colocation avec un gros chat qui ronronne, je le recommande à tout le monde. Copain, ce fut super cool de passer ce week-end en ta compagnie.
Mon body count
11 parties, 55 joueurs, 56 personnages, 50 morts
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2 démos à la Nuit du Jeu de Rôle – janvier 2026 – Les Pavillons-sous-Bois

Johan contre la horde des gens à lunettes (allégorie)
photo Walter Stefano pour À Table !
Le Nain Porte Quoi, un club de jeux du 93, a une longue tradition de nocturnes ludiques. Il y a près de quinze ans, j'en avais fait deux.
+ En 2012, j'avais mené du White trash (le survival forestier de Sombre 4) et improvisé un survival spatial, dont je me suis ensuite inspiré pour écrire Deep space gore, l'Alien-like de Sombre 3. Son crabe de l'espâââce vient de là .
+ En 2014, j'ai mené pour la première fois en public Not another slasher movie, le méta slasher que j'ai ensuite publié dans Sombre 8. Il était encore en développement à l'époque.
+ En 2026, le Nain est toujours vaillant, et il team-up avec À Table !, une autre asso ludique du 93. Les locaux ont changé, pas le principe de la nocturne. Deux créneaux en soirée, la nuit à suivre pour qui veut, des parties matinales pour les acharnés. La conv ouvre à 18 h, ferme à midi le lendemain. Entre les deux, jeu non-stop. Je me suis engagé sur les deux créneaux de soirée, et ai mis une option sur la matinale. L'event étant pur rôliste, je ne peux pas y enchaîner mes démos flash habituelles. Les créneaux sont beaucoup trop longs (3 heures).
Donc pour le premier, semi quickshot. Quinze ans plus tard, j'ai plus de bouteille dans l'impro et du matos qui va bien, en l'occurrence le nano deck, petite aide de jeu funky publiée l'année dernière dans Sombre HS17. Elle permet de monter facilement des Evil Dead-like, survivals forestiers avec supplément de cabane au fond des bois. Je récupère quatre joueurs au premier tour de la bourse aux scénars, tous vétérans mais qui ne connaissent pas Sombre et n'ont pas l'habitude de l'impro. Résultat, on explose le créneau. La fin était prévue pour 22 h, heureusement repoussée à 22 h 30 par Djez (le boss du Nain) quand il a constaté que toutes les tables étaient à la bourre. Je termine pour ma part à 22 h 45. 15 minutes de débord, ça vaaaaa. La partie fut très cool. J'en ferai le compte rendu un de ces quatre sur Tipeee et Patreon.
Pour le deuxième créneau, pas question de remettre le couvert car je suis rincé. L'impro en conv, même assistée par une aide de jeu qui fait le café, reste exigeante. J'ai beaucoup donné sur le premier créneau, suis incapable de rééditer l'exploit. En 2012 ou 2014, j'aurais peut-être pu, mais j'avais quinze ans de moins. J'ai anticipé bien sûr et annoncé du Zéro en flash et/ou du Dozen en Max pour le second créneau. Des parties courtes, voire très courtes, pour des gens qui ne voudraient pas rentrer chez eux zaux zaurores.
Ne m'attendant pas à soulever l'enthousiasme des foules avec ce genre de proposition, je ne suis pas du tout surpris d'aller au second tour de la deuxième bourse aux scénarios. Mais contre toute attente, carton plein. Je récupère in fine six joueurs, dont l'un de ceux qui avaient participé à mon impro de SF horrifique en 2012. Le monde rôliste est petit, mais c'est normal, il s'agit d'un Nain (qui Porte Quoi, on se le demande ?). Je propose du flash ou du Dozen. On me répond flash, donc je déroule un Overlord. Excellente partie, malgré ma fatigue, mais Overlord est de ces scénars que je mène les yeux fermés.
Le lendemain, je me repointe demi frais quelques heures avant la fermeture. Je pose mes zines sur une table en manière de stand et papote avec une poignée de rôlistes. Très sympa. De façon générale, la conv fut excellente. J'en repars fourbu mais enchanté. Longtemps que je n'avais participé à un événement core rôliste de cette nature. Excellent esprit, putain. La passion, la pure, la dure, la vraie.
Les mercis
+ Merci à Walter pour l'invitation, l'orga bien carrée et l'accueil chaleureux.
+ Merci à Djez (maître de cérémonie, vannes à l'appui), à Sébastien (barman), à Aurélien (VTC nocturne), à Bogdan (VTC diurne), et aux autres aimables bénévoles dont j'ignore le nom.
Mon body count
2 parties, 10 joueurs, 9 morts
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9 démos au Festival du Jeu de Stratégie – avril 2026 – Vert-Saint-Denis

Réfléchissement Jean-Pierre
photo Aurélien pour Durandal
De retour parce que je reviens, et inversement. Deuxième année consécutive au Festival du Jeu de Stratégie (FJS). Même lieu (une ferme rénovée), mêmes pommes. Jusqu'à mon voisin de stand (Michel), qui était pareil de chez pareil, sauf que cette fois, il donnait dans le zomblard urbain plutôt que le med-fan. Tout est bon pour pousser de la figouze. Question météo par contre, rien à voir. L'année dernière, grand soleil, limite trop. Cette année ciel gris, fond de l'air ultra frais et petite pluie. Hey, j'ai mené en pantalon (et non en short. À quoi pensiez-vous donc ?).
Pour ne rien arranger, galère dans les transports, genre travaux partout, RER nulle part. J'arrive un poil plus tard que je ne l'avais prévu, mais les conséquences sont minimes. En ce début d'aprème pluvieux, il n'y a pas grand monde. Je me souviens que l'année dernière, malgré le beau temps, j'avais également galéré pour mettre en route ma première partie, au point que j'avais mené un Overlord pour des durandalais (de Durandal, l'assoce ludique organisatrice). En vérité, c'est un bon paquet d'entre eux qui s'est assis à ma table au FJS 2025. Un an plus tard, mes scénarios de démo n'ayant pas changé, les t-shirts noirs ne s'y bousculement plus, ce que je comprends. Un Camlann suffit au rôliste biclassé figuriniste. Deux serait trop de bonheur.
Le résultat est que cette année, malgré deux démos de moins au compteur (onze en 2025), j'ai en réalité fait jouer plus de visiteurs. Deuxième conséquence, gros tunnel de Camlann. Huit dans le week-end. Pas même un Overlord parce que j'ai mené pour des familles, des gamins et des adultes novices. De temps à autre, un rôliste paumé au milieu d'un groupe de grands débutants. J'ai même eu une table de trois mômes + un skater (ouais ouais, un gars avec un skate), qui a découvert que le JdR avec des enfants est un autre genre de sport. On s'est marrés.
Sur huit Camlann, j'en gagne sept. Strike samedi, quatre victoires en quatre parties (4 joueurs à chaque fois, mais j'ai donné Perceval en joker à la troisième). Dimanche, trois victoires sur quatre. Je remporte toutes mes parties à 4 joueurs, mais me fait défoncer sur celle à 5. Que dis-je, à 6. Deux gamins jouaient Gauvain. C'était durant le pic de fréquentation de la conv. Il y avait un peu de brouhaha et trop de volontaires pour la démo (une famille élargie avec la patate de mômes), donc j'ai assigné un perso à deux jeunes joueurs. Les garçons en question s'en sont hyper bien tirés. Ils effectuaient leurs jets d'attaque à tour de rôle, routine maligne qu'ils ont adoptée sans même que je le leur suggère. J'ai préféré cette option à celle qui consiste à donner un antago au joueur surnuméraire car dans Camlann, les bad guys passent leur temps à sortir de ma pioche et à y retourner, ce qui ne facilite pas leur transmission à titre de joker.
Bref, ils jouent Gauvain. À la fin, la Table ronde décimée, il reste tout seul dans Camlann, mais est en position de win. Un déplacement lui suffirait à rejoindre la reine et gagner la partie pour toute la table. J'explique aux deux jeunes joueurs que rien ne les y oblige. S'ils le veulent, ils peuvent rester en jeu pour nettoyer la Bretagne de ses derniers chevaliers noirs. J'ai encore les pires d'entre eux (Mordred et Morgane) dans ma pioche, tous deux morts-vivants parce que j'ai claqué leur Résurrection. Gauvain, certes Blessé, porte le Graal. La victoire totale (kill de tous les antagos) est possible, mais risquée. Gauvain n'est que Niveau 3, contre 4 pour Mordred. Or s'il meurt, la Bretagne est perdue.
Les gamins tentent le coup. Dans la même situation (ce cas se présente de temps en temps), peu d'adultes le font, mais eux sont joueurs. Ils parviennent à re-tuer Mordred, mais ce re-kill leur coûte cher. Gauvain est désormais Mutilé, de sorte que le Graal ne lui sert plus à rien. Reste Morgane. Je repose ma question : rester sur le board pour la finir ou assurer la victoire ? Les conditions sont (encore) moins bonnes car une seule Blessure de part ou d'autre suffirait à plier le game. L'unique bonne nouvelle est que Morgane n'est que Niveau 3. Les garçons et moi aurions le même stat block.
Hésitation. Looongue hésitation. Finalement, ils tentent à nouveau le coup. PJ oblige, à eux d'attaquer en premier. Leur jet réussit, Morgane est morte, mais j'ai encore le mien. Si je réussis à mon tour (50 % de chances), j'arrache un TPK bilatéral que je présente dans mon texte (le scénario est paru dans S6) comme un match nul, mais qui serait stricto sensu une victoire de meneur. De fait, mes conditions de victoire n'incluent pas la survie. Ce sont les joueurs qui doivent atteindre le générique de fin en vie pour gagner. Moi, comme je le leur ai expliqué durant mon briefing, je gagne si je tue tous les PJ. Si cela me coûte mon dernier PNJ, c'est dommage mais indifférent. Sauf que je sors un 6. Victoire de Gauvain avec du putain de panache !
En début d'après-midi de dimanche, tandis que (bis repetita) je me galère à monter des parties, Guillaume se repointe à ma table. Il a joué hier, était intéressé par la revue, surtout par S9 car il aime les actioners et Lovecraft, mais n'avait pas de sous sur lui. Il revient avec un portefeuille garni. Je lui deale du zine et on cause. Au fil de la conversation, je me dis que puisqu'il est tout seul et qu'il n'y a pas un pélo dans la conv (les gens sont en train de manger chez eux), je lui monterais bien comment tourne Max avec un petit Darkly Dozen de derrière les fagots. Il a du temps et de l'envie, donc on s'y met. Je sors mes cartes de mon sac (je les amène toujours en conv désormais) et commence à lui expliquer les règles du format cartiste à 2 joueurs.
Mais soudain, Patricia et sa fille Élina débarquent. Tout à l'heure, faisant le tour de la conv à la recherche de joueurs, j'ai profité qu'elles étaient entre deux parties de jeu de société (sur les tables animées par la médiathèque locale, près de la buvette) pour les solliciter. Mon baratin habituel, sur lequel elles n'ont pas accroché. Can't win 'em all, me suis-je dit. D'où ma proposition à Guillaume. Sauf qu'elles changent d'avis. Par un prompt renfort, voici donc que nous nous retrouvâmes quatre en arrivant toport. Divine surprise, qui me contraint à m'adapter. Quoi que je fais ? Je pourrais basculer au format rôliste, ce qui serait en vérité plus approprié à Patricia, qui ne cesse de nous répéter que les jeux compliqués ne sont pas pour elle parce qu'elle est casual. À côté de ça, Élina semble avoir un profil ludique plus pointu. Et puis, j'ai déjà déballé tout mon matos cartiste devant Guillaume. Alleeez, je tente le coup. Je distribue des BG aux deux joueuses, sort un set de PRO supplémentaire de ma boîte, et repars dans mes explications.
Pour simplifier la mise en place et ne pas trop perdre de temps dans ma journée de démos, j'avais prévu de jouer en hybride monochrome avec Guillaume. Un demi-set par personne, lui les bords noirs, moi les blancs, ou l'inverse. Comme il serait déraisonnable de tenter un draft avec Patricia, et que même si on y arrivait, cela nous prendrait des plombes, j'étends l'hybride monochrome à 4 joueurs. Ce faisant, je réalise que c'est sans doute une première. En tout cas, je ne me rappelle pas l'avoir déjà playtesté. Pur cool.
On joue donc, et la partie est over sympa. Guillaume kiffe, ça se voit. Moi, je suis super content de jouer à Dozen (j'aime trooop ce scénar) et de me délasser les neurones de Camlann. Ce d'autant qu'en cartiste, la maîtrise est light. Je mouille la chemise pour l'explication des règles, mais deviens simple facilitateur durant le jeu. Vachement moins fatiguant. Je prends cher bien sûr. Celui qui connaît le mieux les règles est la première menace identifiée. Guillaume mange aussi car il a du sens tactique et de l'expérience de gaming, au point qu'il doit jouer le renfort pour revenir dans la partie. Il nous sort tous les deux, Élina et moi, en entrée d'endgame, mais c'est Patricia qui gagne haut la main. Il lui reste deux PJ en jeu, dont Iceman en assez bon état.
L'explication ? Le table talk. Elle nous a tellement répété durant toute la partie qu'elle jouait à la pifette parce qu'elle ne capte rien au jeu expert qu'elle est passée sous notre radar à tous. Le plus marrant est qu'elle s'est effectivement fourvoyée sur certains points avec des déclarations pas forcément optimales et d'autres petits couacs. En particulier, elle a oublié d'appliquer l'Avantage permanent de protection qu'elle avait associé à Iceman. C'est moi qui le lui ai rappelé à quelques Tours de la fin, lorsque je m'en suis rendu compte. Mais du coup, tout le monde, à commencer par Guillaume, a sous-estimé la dangerosité dudit Iceman, qui s'est ainsi retrouvé en position de force à l'endgame.
Comme Guillaume nous a priorisé, Élina et moi, nous nous sommes naturellement alliés contre lui avant de nous faire éjecter, ce qui a bien amoché son line-up à un moment où il ne pouvait pas se le permettre. Mais même s'il l'avait jouée un poil plus fine, Iceman était en trop bon état pour être prenable dans de bonnes conditions en 1v1. Et même en 1v2, il aurait eu un peu de marge. Il aurait fallu le travailler au corps (pardon, au Corps) bien avant l'endgame. En clair, on a trop laissé jouer Patricia, et elle en a profité pour nous souffler la victoire. « C'était pas mal », déclare-t-elle après la partie. Je souris et le prends comme le meilleur compliment de la journée.
Savez-vous quoi ? Cette partie m'a enchanté. Pas seulement parce que j'aime Dozen, que l'enthousiasme de Guillaume m'a fait plaisir à voir, et que toute la table s'est vite prise au jeu, mais aussi parce que c'était un vrai bon moment de détente, qui m'a regonflé pour le reste de la journée. Supra sympa, vraiment. Cela me donne très envie de rééditer l'exploit, mais il faudrait que j'optimise mon matos. L'hybride monochrome à quatre n'est pas ultime car on y perd beaucoup au niveau des alliances puisqu'on ne peut binômer qu'avec un seul adversaire (contre trois habituellement). Et aussi, les sets de PRO que j'avais choisis au pur hasard ne mettaient pas bien en valeur l'intégralité des règles. Le score notamment fut sous-employé.
Vous voyez où je veux en venir ? Ouais, il me faudrait des decks PRO préconstruits, que je pourrais distribuer aux joueurs pour qu'ils les placent directement sur leurs PJ. Pas de draft, mais pourvu que je me débrouille bien dans la sélection de ces PRO, des équipes équilibrées et variées (bords noirs + blancs), qui plus est dotées de stat blocks susceptibles de montrer toute la richesse technique de Dozen, tout en restant accessibles aux joueurs casual, certains Avantages étant plus simples que d'autres. Pour réussir ce mix délicat, je sélectionnerais des PRO dans tous les sets publiés, ce qui produirait un joyeux bordel thématique, que je kiffe d'avance.
Ce projet m'enchante follement (dirait Venkman). Je m'y colle toutes affaires cessantes parce que j'ai Ludiverse, une conv parisienne, en ligne de mire. Je vais y assurer des démos le week-end prochain, et aurai du Dozen dans mon sac. Avec un peu de bol, optimisé pour les démos cartistes.
Les mercis
+ Merci aux bénévoles de l'association Durandal. Les gars et les filles, vous faites du super taf.
+ Merci en particulier à Clément pour l'invitation, l'orga, les véhiculages et la plaisante compagnie.
+ Merci à Steven pour le table swap. Lorsque j'arrive samedi, je me rends compte qu'on m'a attribué une table blanche, comme l'année dernière. Or je vois sur le stand de mon voisin (qui fabrique des dioramas) que lui en a des grises. Je lui demande s'il veut bien échanger parce que cela m'arrange de pouvoir mener sur un plateau foncé. Lorsqu'il est blanc, mes aides de jeu papier deviennent transparentes, ce qui n'est pas cool lorsque je fais tirer des tuiles face cachée. Steven accepte volontiers, ce dont je le remercie. Deux heures plus tard, durant la mise en place d'un Camlann, un jeune joueur essaie de zieuter mes tuiles en transparence avant d'en choisir une. Sans succès grâce à ma table grise. Gotcha !
Mon body count
9 parties, 38 joueurs, 55 personnages, 52 morts
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10 démos à Ludiverse – avril 2026 – Montreuil

MĂŞme pas de photo de ma table, cette lose
Tout commence sur les réseaux sociaux. Ludovic me tague sur une publication en rapport avec une convention et me demande si j'y participerai. Je lui réponds que j'ai entendu parler de Ludiverse, mais qu'en ce qui me concerne, rien n'est prévu. Méli enchaîne en me proposant de me mettre en contact avec Nana de la Ligue Ludique, l'assoce qui gère l'espace consacré aux animations rôlistes (la bien nommée Fosse JdR, j'y reviens dans un instant). Ils ont plein de tables et recherchent des meneurs. Je réfléchis puis réponds que pourquoi pas, vu que Montreuil n'est pas loin de mes bases.
Si j'ai un peu cogité, c'est parce que le week-end précédent, je me suis engagé pour le Festival du Jeu de Stratégie de Durandal. Assurer des démos en conv deux week-ends de suite est exténuant, mais dans cet ordre, cela me semble gérable. Le FJS est un petit event municipal, Ludiverse s'annonce comme une grosse conv. J'ai déjà mené au Paris Montreuil Expo, où elle se déroulera (la dernière fois, c'était en 2013). Il y peut pas mal de monde. Or plus il y a de people, plus les conditions de maîtrise se dégradent. Tout bêtement, le brouhaha est une fonction de l'affluence.
Si je fais Ludiverse et que l'event cartonne, je vais me retrouver ensuite sur les rotules pendant plusieurs jours. Dans ces conditions, je n'ai pas envie d'enchaîner le week-end suivant. Je ne voudrais pas être un zombie à l'event d'après. Mais puisque le JDS a lieu avant, ça peut le faire car la récup' après ce petit festoche sera plus courte. Cela va quand même piquer un peu à Ludiverse, mais puisque tout se déroule en région parisienne, donc sans trajet long, je devrais pouvoir assurer. Biliève, croire en ses rêves.
Quinze secondes après être entré dans Ludiverse, je comprends que ces deux jours vont effectivement être sportifs. La conv est super cool. Des stands et des joueurs dans tous les sens. Beaucoup de fig (pas eu le temps de tout visiter), et un petit pôle rôliste avec quelques éditeurs (j'y ai serré des pognes, il y avait des stââârs). La Fosse JdR est à l'étage, dans un coin du hall supérieur, lui aussi surtout occupé par des figurinistes. Et putain, c'est bruyant. L'équivalent d'une Japan, par bonheur sans K-pop. Pas d'animations musicales, quasi pas d'annonces micro (deux en fin de dimanche), et la scène est au rez-de-chaussée. Il y a juste que ce hall est sonore, et qu'on est un paquet à causer dedans.
Pour ne rien arranger, on m'a collé pile-poil au milieu de la Fosse. Autour de moi, huit (oui, huit) tables où sont prévues des démos. Et la densité est effarante pour du JdR. J'entends par là que les tables sont très proches les unes des autres. Lorsque les gens sont assis, passer entre deux d'entre elles est difficile. L'enfer, y'a pas d'autre mot. La Fosse porte bien son nom. Voyant cela, je fais aussitôt mon chieur et essaie de négocier un emplacement plus confortable. Genre, n'y aurait-il pas moyen de déplacer ma table contre un mur ? Nan qu'on me dit. Question de sécurité, évacuation incendie, ceci cela. Rhâââââ. Donc contre mauvaise fortune, bon cœur. Allez, au taf.
Mais avant, détour par les toilettes. Il fait une chaleur de taré, un trip équatorial à la Predator. Or je suis venu en pantalon parce que dehors, la météo est en mode demi beau (combo printemps + fond de l'air frais). J'ai prévu le coup et pris un long short avec moi. Je me change donc, et tout de suite respire mieux. Mais quelques minutes plus tard, twist. Un quidam décide de brancher la clim' à fond les ballons, mais vraiment. Le vent froid est si fort là où je mène que le chevalet en papier que je pose sur ma table pour indiquer que j'assure des démos à la demande, ne tient plus debout. La tempête arctique. Hé mais The Thing, c'est pas la même franchise !
Forcément, re-toilettes pour me re-changer. Pantalon 2, le retour du fils de la vengeance. Et petite laine. Je passe mon hoodie. À la fin de la journée, j'ai carrément mis mon écharpe. Ouais, je suis venu équipé. Le pexage, what else ? Je crains pour ma gorge. Hé, il faut que j'assure les deux jours. Malgré ces précautions, je termine avec un growl digne d'un groupe de brutal death metal. Le soir, je parle le moins possible pour reposer mes cordes vocales. Et encore, je m'en sors bien. D'une, j'ai au fil des convs appris à ne pas trop forcer sur ma voix. De deux, les huit tables jouxtant la mienne n'ont pas toutes été utilisées durant la journée. Petit bonheur.
Mais quand même, ultra rude. Donc avant de partir, je négocie une translation pour le lendemain. À défaut de pouvoir mener dos à un mur, ce qui serait de loin le plus confortable, je demande à migrer du centre du stand vers sa périphérie. Si je n'ai personne qui cause juste derrière mon dos, c'est déjà vachement mieux. Nana valide, de sorte que dimanche, je me retrouve excentré, ce qui me change la vie. Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée car les tables maudites, celles du centre du stand (aka le Mordor), resteront pour la majorité vides durant tout l'après-midi.
Quid du ludique, demandez-vous ? Ben, gros tunnel de Camlann. Dès le samedi en arrivant, je savais que je ne mènerais rien d'autre. Les conditions étaient trop dures pour de l'Overlord. J'aurais pourtant pu dimanche, à mon avant-dernière partie. La table était, par exception, intégralement constituée de rôlistes expérimentés. Malheureusement, je n'avais plus assez de jus pour les soldats. Plutôt que de me carboniser, j'ai déroulé un Camlann. J'avais aussi du Dozen dans mon sac, mais n'ai pas trouvé le moyen de l'en sortir. Dommage parce que j'avais bossé les jours précédents sur mon idée de decks préconstruits. Le crash-test attendra, ce n'est pas grave.
Dix Camlann, cinq par jour. Un par heure de 13 h à la fermeture, en petites foulées. J'aurais pu pousser à six samedi car je termine ma cinquième partie à 19 h, une heure avant la fin de la conv, mais il n'y a plus grand monde dans les allées, de sorte que je renonce à monter une ultime table. Vu que je renchaînais le lendemain, faire le forcing aurait été déraisonnable. Je suis beaucoup plus efficace dimanche puisque je fais autant de parties en une heure de moins (ce jour-là , la fermeture est à 18 h). C'est pas dur, après ma troisième, je zieute ma montre et suis surpris de la voir afficher 15 h 30. Wow, je suis de l'avant ! J'hésite à faire une pause longue, sortir du bâtiment pour me délasser, mais décide de maintenir la cadence jusqu'à la fin, dans l'éventualité où une démo me prendrait plus de temps que prévu. Cela arrive parfois, et dans ce cas, avoir un peu de marge évite de perdre un créneau. Bien m'en a pris car en réalité, tout le monde devait terminer avec un quart d'heure d'avance sur l'horaire officiel, ce que j'ignorais.
Recrutement, démo Camlann, promo, dix minutes de pause, rebelote. Le cycle me prend quarante-cinq à soixante minutes, et je l'ai répété dix fois en deux jours. Nana m'avait proposé d'annoncer mes parties à l'avance pour que des volontaires puissent s'y préinscrire, mais je lui ai répondu que j'allais les enchaîner à un tel rythme que ce ne serait pas pratique. Recruter directement sur place est bien plus simple. J'ai donc passé le week-end à faire de la retape dans les allées autour du stand.
Ce fut agréable car les gens étaient réceptifs. Un Oui pour deux ou trois Non, ce qui est un très bon ratio. À certains moments, je suis même descendu à un pour un, alors que souvent en conv, je suis plutôt à un pour quatre ou cinq, voire plus dans les events très généralistes. Pas du tout la même vibe. Le recrutement est si facile que je me paie le luxe de blinder ma table à chaque démo. Camlann est jouable de 3 à 5 PJ, et s'il est très rare que je le mène pour 3 (même en utilisant les prétirés de rab comme des jokers, ces parties sont trop courtes à mon goût), il arrive souvent que je me contente de 4. À Ludiverse, j'ai pris le temps de recruter systématiquement 5 joueurs. En deux jours, cela fait une différence notable : dix de plus à ma table.
Pour ce qui est du ludique, le full cast est la configuration la plus défavorable au meneur. L'adversité restant identique de 3 à 5 PJ, mieux vaut pour moi qu'il y ait moins de chevaliers dans le sanctuaire. Du coup, plutôt très content de mon bilan. Sur dix parties, sept victoires. Et sur les trois défaites, j'en concède une à une Blessure près. Ultime survivant de la Table ronde et Mutilé, Provençal le Gaulois délivre Guenièvre et devient roi. Ce pur hold-up !
Ludiverse fut vraiment très cool. Bonne ambiance, bonne orga, bonnes parties. Au global, de la bonne fatigue. Très sympa qu'un événement ludique de cette nature se monte à Paname. Je lui souhaite longue vie. Et m'en vais de ce pas hiberner trois jours.
Les mercis
+ Merci à la Ligue Ludique pour l'accueil et l'orga. En particulier à Nana, qui a géré avant et pendant.
+ Merci à Ludo pour le ping, et à Méli pour la mise en contact.
+ Merci Ă Ianis. Supercool de te voir mener du Max samedi, Ă deux tables de la mienne.
+ Féloches à Mr Tentacle, qui tente le triple Axel.
Mon body count
10 parties, 50 joueurs, 50 personnages, 46 morts
Hors ligne
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