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#1 16 Nov 2021 13:52

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

[Psilozone] Comptes-rendus de partie

Psilozone, le jeu de rôle pour vivre des états de conscience altérés dans les tréfonds inextricables de Millevaux

* : parties enregistrées

Comptes-rendus par Thomas Munier :

1. La réalité
Une lente dérive humaine hors de soi et du monde. Une partie solitaire jouée en compagnie de deux oracles : les générateurs aléatoires de Chartopia et l’intelligence artificielle Cédille ! (temps de lecture : 8 min)


Comptes-rendus sans l'auteur :

1. Je suis le coquelicot fragile et la main qui le broie, hélas *
Où Léon lisse ses ailes sous le ciel étoilé de sa chambre. Où Léon mange des myrtilles et boit le thé amer des souvenirs. Où Léon foule la tourbe des anciens et rencontre Ours Esprit. Où Chumani porteuse de peau lui dit la prophétie des sept feux. Où Tyee devient William la Mère du Cercle. Où Huyana aux jambes moussues répand sa bile sur le front de Léon deux esprits.Un récit et une partie enregistrée par Claude Féry. Temps de lecture : 2 min. Temps d'écoute : 1h22

2. Je ne sais pas *
Où Léon craint Akani. Où Léon laisse un message au répondeur de la forêt des forêts. Où Léon s'enfonce dans la terre à Goupil. Où Léon invite Ours à son repas. Où Tyee, retrouvée, ne sait pas. Un récit et une partie enregistrée par Claude Féry. Tps de lecture : 2 mn, Tps d'écoute : 1h58

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Tuomas Puikkonen, cc-by-nc & Duncan Toms, Tomás Castelazo, Walter J. Pilsak, cc-by-sa & Claire Munier, par courtoisie


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Hors ligne

#2 19 Nov 2021 11:50

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Psilozone] Comptes-rendus de partie

LA RÉALITÉ

Une lente dérive humaine hors de soi et du monde. Une partie solitaire jouée en compagnie de deux oracles : les générateurs aléatoires de Chartopia et l'intelligence artificielle Cédille !

(temps de lecture : 8 min)

Joué du 15 au 19/11/21

Le jeu : Psilozone, états de conscience altérés dans les tréfonds inextricables de Millevaux

Avertissement de contenu : voir après l'image

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Philip McErlean, cc-by-nd

Contenu sensible : sexe (sans description explicite)

Le contexte :

Vous vous rappelez peut-être de mes expérimentations surréalistes de RP Millevaux sur AI Dungeon. L'amie kF m'a fait découvrir une autre IA, cette fois en français, Cédille. Contrairement à AI Dungeon, Cédille n'est pourtant pas une IA dédiée au jeu de rôle. C'est simplement une IA pour faire des conversations ou co-écrire des articles.
Mais je trouve que Cédille complète beaucoup plus harmonieusement mes propositions qu'AI Dungeon. Elle passe beaucoup mieux le Test de Turing et je la soupçonne de se nourrir par des requêtes google, vu sa capacité à coller au contenu que j'amène, et notamment à coller au canon esthétique de Millevaux :) Le fait tout simple que Cédille soit en français apporte aussi toute la différence ! Il est fort possible que mon faible niveau en anglais me pénalisait quand il s'agissait de jouer avec AI Dungeon.
Cédille a quelques défauts cependant, déjà elle est peu endurante, puisqu'au bout de trois paragraphes, elle ne peut plus générer de contenu, donc il faut supprimer les deux paragraphes les plus anciens, ce qui fait que Cédille perd l'historique.

J'ai décidé assez vite que cet échange s'inscrirait dans une partie de Psilozone, et donc j'ai de plus en plus utilisé le générateur Chartopia de Psilozone, en essayant de garder le premier tirage plutôt que de re-rouler jusqu'à avoir le résultat le plus cohérent. Ceci a créé une double altérité : Chartopia + Cédille, qui était tout à fait dépaysante.

Çà, plus la musique psychédélique de Robedoor, je dois dire que j'étais plus ou moins en transe à la fin de cette expérience. Donc objectif atteint !

Je vous laisse maintenant avec l'histoire, en vous laissant deviner quels sont mes apports, ceux de Chartopia et ceux de CĂ©dille ;)


L'histoire :

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Primal Sphere, par Robedoor. Entre psyché-drone et power electronics, une messe noire à la recherche de l’antimatière.

J'erre dans le bois de Millevaux depuis des jours Ă  la recherche d'une drogue transcendantale. On le dit hantĂ© par des monstres. C'est ce qu'on entend le plus, par des rumeurs d'ĂŞtres humains et d'animaux qui se transforment. J'ai trouvĂ© un Ă©difice, un ancien cairn Ă©rigĂ© par une civilisation antĂ©diluvienne. Il s'y trouve des peintures rupestres exĂ©cutĂ©es par des ours. Elles racontent l'antique guerre qui les opposa Ă  l'humanitĂ©. L'homme y est dĂ©crit comme un prĂ©dateur qui les chassa, puis, après le cataclysme, ils finirent par le haĂŻr et le combattre. Les goupils, des hommes-renards, devinrent les vassaux des gours. Ils employèrent leurs pouvoirs mentaux Ă  leur service. J'entends soudain une voix dans ma tĂŞte : « La drogue est dans les profondeurs du cairn, loin du monde des mortels. Si tu veux la trouver, tu dois te rendre dans les royaumes souterrains. » Je ne devrais pas me fier Ă  cette fĂ©lonie, mais le manque est plus fort que moi. Je fabrique une torche et m'aventure dans les entrailles de la terre. Je m'attends Ă  trouver un labyrinthe de tunnels oĂą je suis censĂ© me perdre. Mais il n'en est rien. Ce qui m'attend n'est pas un labyrinthe, mais un mausolĂ©e oĂą reposent les cendres d'humains sacrifiĂ©s aux dieux ours. Je me dĂ©cide Ă  sniffer la cendre, et voilĂ  que j'ai une vision des souvenirs qu'elles contiennent : deux enfants qui jouent, un couple qui se dispute, des luttes pour la nourriture, une femme dans une chambre close, etc. Je me rappelle les mots de la voix de la femme. « Aidez-moi ! Aidez-moi ! ». Mais je ne sais pas pourquoi, cet appel Ă  l'aide sonne faux.  Je deviens fou, je prends le risque de me faire mordre par un ours. Mais je n'en ai pas le temps. Une forme s'approche : c'est un homme. Il ressemble Ă  celui du souvenir. Il me dit : « Tu n'aurais pas dĂ» revenir. » J'ai l'esprit troublĂ© par l'intoxication aux cendres. J'hĂ©site entre le frapper et fuir. Je choisis de fuir, et je me sens soudain plus rapide, plus souple, plus agile.  Je m'Ă©loigne Ă  travers les mondes souterrains, en quĂŞte de la drogue ultime, dont ces cendres n'Ă©taient qu'un avant-goĂ»t. On m'a parlĂ© d'une personne mystĂ©rieuse qui connaĂ®t le secret des voyages chamaniques, elle s'appelle Passage. Se cache-t-elle dans ces souterrains ? Ou bien suis-je en train de rĂŞver?

Tout ce que j’ai vu, tous les endroits où j’ai été, toutes les personnes que j'ai croisées, cela a-t-il vraiment existé ? Un sentiment d'irréalité croît en moi à mesure que je gratte les racines dans ce terrier gigantesque sous la forêt de Millevaux. Je sens l'odeur musquée des goupils et des grours. Serais-je leur jouet ? Ou bien les suivrai-je dans leurs déplacements nocturnes? Et si quelqu'un de mon espèce se réveille, à quoi ressemblera-t-il ? C'est bien cela la raison pour laquelle je recherche cette drogue transcendantale. Vérifier si le monde est réel. Je dois trouver Passage, qui porte la drogue. Pour cela, je m'enfonce encore plus dans les terriers. Je cherche les goupils. Je me sens faiblir. Je voudrais disparaître.

Tout ce que j'ai vu, tous les endroits où j'ai été, toutes les personnes que j'ai croisées, j'ai le sentiment qu'elles ont disparu. Le passé s'est effondré, et je sens que les parois du tunnels menacent de s'effondrer au-dessus de ma tête. J'appelle à l'aide. Où sont les goupils? Où sont les goupils? Est-ce que j'ai réussi mon voyage? Je n'en sais rien. J'aurais dû trouver un renard, il aurait dû me guider jusqu'à Passage, mais au lieu de cela mes ongles grattent la terre et mes yeux cherchent en vain en refuge. Quand soudain, j'entends un glapissement. Un goupil gris et blanc se précipite sur moi. J'arrivais à peine à le voir lorsqu'il disparut dans l'obscurité, mais j'emploie mes dernières forces à le suivre. J'aboutis dans son antre, une vaste caverne aux parois couvertes de champignons géants. Le goupil danse autour d'un grand feu. Que dois-je faire ? Il m'explique comment utiliser la drogue, mais il devient très agressif quand je demande comment je peux sortir du tunnel.

J'ai réussi à m'évader malgré tout. Je suis revenu à la surface, au milieu d'un bocage aux arbres qui se meurent. Je veux mettre du champ entre le goupil et moi avant de prendre la drogue. J'aperçois les bornes d'une civilisation disparue. En les démoussant, je découvre des fléchages que je suis. A bout de forces, j'arrive à un village de cabanes témoins d’une époque. Il y a du linge pendu aux fenêtres des maisons en torchis. Les murs sont recouverts de chaux. Des hommes et des femmes en treillis avec des cheveux en dreadlocks fument des pétards. Certaines réparent des fourgonnettes et d'autres bidouillent de gigantesques amplis. On me dit que ce soir, aura lieu la mère de toutes les teufs. Une nana au visage couvert de tatouages me passe un énorme joint : « Tu arrives pile au bon moment. »

La mère de toutes les teufs

Il y a beaucoup de filles et de mecs. Il y a des tas de guitares. Des groupes qui jouent tous ensemble. Un maelstrom bruitiste qui me plombe le corps et la nuque. Je danse Ă  en perdre toute notion du temps.



C'est alors qu'iel se présente à moi. Passage. Quelles sont ses motivations invisibles ? Je ne saurai le dire. Je ne cherche pas à comprendre. Je vais à la rencontre de cette personne délicate. Avec elle, je lui fait partager mes envies de consommer la drogue transcendantale. On s'entend à peine, on est sûrement en train de crier. J'ai bu énormément de vodka. Passage me tire par la main. Il m'entraîne dans un réduit éclairé par une maigre ampoule. Le son de la teuf fait vibrer les cloisons. Allongés, une goupil, un corax et une maletronche, complètement stone. Ils marmonnent des choses. Maintenant, je comprends mieux les motivations de Passages : iel veut que je fasse l'amour à sa copine.

Avec elle, je lui fait partager mes envies de consommer la drogue transcendantale. On s'entend à peine, on est seulement en train de baiser, moi et la maletronche, ma main caresse les sillons absurdes de son visage, les crocs de sa bouche mordent ma langue. Tout est très fort. Passage regarde, sans paraître manifester de curiosité ou d'excitation. Iel a disposé la drogue sur un chiffon et chante et répand des poudres fumantes autour. La goupil et le corax se réveillent un peu de leur coma, semblant convoiter la drogue. Je regarde Passage. Sa silhouette ronde, son odeur de sueur, son parfum d'encens, me fascinent, me rassurent et me font aussi un peu flipper. Je tends ma main vers ellui.

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Eric Parker, paulo brabo, cc-by-nc, sur flickr

Mais ce qui me retient de lui prendre la drogue, c'est la peur. La peur de l'Ă©chec, la peur de la perte de contrĂ´le, la peur de ne rien apprendre de satisfaisant.



« Attends. Je sens que t'es pas prête. »

Passage guide ma main. J'enlève son énorme t-shirt. J'enfouis mon visage dans ses chair. Iel me laisse toucher partout où je veux. Iel prend ma tête entre ses doigts et m'embrasse. Je sens son piercing contre ma langue. Nous faisons l'amour comme s'il n'y avait pas de lendemain. Passage apprend de moi tous mes doutes et ma vulnérabilité. Et moi j'apprends d'ellui qu'iel n'a pas peur de moi, qu'iel ne veut pas de moi, qu'iel ne m'aime pas.

Mais iel m'aime. Iel me dit que je viens d'apprendre la première leçon :



« Toute chose et son contraire coexistent. »



Iel me représente la drogue dans son chiffon. L’herbe du diable. Le datura. Une herbe folle dont la consommation du fruit provoque des hallucinations cauchemardesques. Elle est utilisée en sorcellerie et dans certaines pratiques mystiques. Elle pourrait, tout comme l’opium jaune, être liée au Roi en Jaune.

Cette plante est en effet associée aux sorciers du Moyen Âge. On raconte que certains d’entre eux se seraient rendus en Inde pour s’entraver à la merci d'un gourou divin en oripeaux ocres, et qu'ils auraient dans leur sacrifice et leur folie atteint les secrets de l'univers.



« Je suis prête. »



Passage met le fruit de datura dans ma bouche et m'embrasse à mesure que je le croque. Je dévore littéralement la plante, mais ce goût est vivifiant, il me donne l'impression de me connecter à ma force vitale.

« Tu sais, je voulais depuis si longtemps qu'on connaisse ensemble ce moment. »



J'ai un flash. Passage Ă©tait lĂ , dans ce souvenir de dispute. Quel rĂ´le jouait-iel ?



Passage recommence à jouer avec mon corps, et moi avec le sien. Mais je ne sens plus ses caresses. Je sens les miennes. Je suis dans son corps. C'est à la fois une sensation qui est voluptueuse et terrifiante au-delà de ce que les mots peuvent dire. Je perçois aussi très fort les vibrations des sons de la fête, de la musique techno qui a remplacé les guitares doom, et ces vibrations me permettent de ressentir aussi très fort les corps des autres junkies. Je ne sais pas si c'est un phénomène connu, mais il y a des personnes qui sont plus sensibles que d'autres aux vibrations.


Certaines peuvent entendre même des sons que seuls les horlas peuvent émettre. Et voilà que je l'entend, comme en entrefilet au milieu de mille épaisseurs de bruit, j'entends le chant fluet et hypnotique de horlas qui me poussent à m'aventurer dans les tréfonds de la traversée alors qu'il aurait mieux valu faire demi-tour. Mais je me laisse aller. J'ai l'impression de me mouvoir dans le corps de Passage et dans toute la superbe de ma nudité, je me lève et je quitte la cabane pour aller vers les confins du bois, alors même que je me sais immobile.


Auteur de Millevaux.
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