Le forum officiel de SOMBRE
Terres Etranges

Sombre Cthulhu DDR Millevaux Hotline Inviter Johan Scipion Conseils d'achat Tipeee

Vous n'êtes pas identifié(e).

Annonce

HOTLINE ++ ACHETER ++ CONSEILS d'achat ++ S'ABONNER ++ SOUTENIR sur Tipeee ++ INVITER l'auteur

#11 01 Aug 2018 19:10

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : [S6] Les Grimmies

Sur CasusNO, Virgile a Ă©crit :

Hier, soirée "double feature" avec une thématique Contes Sombres. On commence par un Grimmies, un scénar Sombre Zero où l'on joue Chaperon rouge, Poucet, Hansel et Gretel. Même si ce n'est pas prévu, j'ai confié le rôle du Petit Bonhomme Pain d'épice à ma plus jeune fille et c'était assez drôle...Première fois que je menais ce scénar assez linéaire, mais qui offre une ambiance bien sympa. Sans trop spoilier, les enfants ne sont jamais sortis vivants de cette forêt...

/.../


Je modère en gras. Lisez la charte svp.

Soutenez Sombre sur Tipeee.

Hors ligne

#12 26 Aug 2019 12:20

Aellle
membre
Lieu : PO
Inscription : 26 Aug 2019

Re : [S6] Les Grimmies

CR Grimmies

Test de Sombre avec 4 inconnu-e-s. Première session de Sombre pour tout le monde, votre serviteur compris.
Overlord, puis Grimmies, puis Fastfood Massacre, pui Brako.
Après-midi : salle du club de jdr.

Grimmies en flash.

Résumé rapide :

La cabane. Tout le monde se méfie, sauf Hansel qui se précipite pour toquer à la porte et entre après avoir entendu une voix chevrotante : « Tire la bobinette et la chevillette cherra » (c'est un gentil garçon). Rouge et Poucet se tiennent à l'écart sans trop savoir où se planquer, Gretel lève les yeux au ciel et suit son frère, vite transformé par un « Abracadabra » fulgurant mais éphémère. Elle le met dans sa poche et fuit, la vieille croûtée aux basques. La poche se perce, Poucet et le petit bonhomme en sortent. Ce dernier essaye de se faire la malle, pendant que le premier reprend ses esprits et fonce sur la sorcière. Double 6 : duel à la starwars soviétique, les faucilles font des étincelles ! Pendant que Gretel rattrape son petit pain, un caillou magique explose la clavicule et arrache le bras de la méchante dame. Un autre enfant achève le monstre par égorgement et Rouge commence à se faire un scalp. Débat : on se planque dans la maison ? Non, il faut tuer tous les monstres.
Il reste 11 minutes.


Le pont. Poucet teste la solidité du passage, quand ils apprçoivent le Loup. Il ne parle qu'à Rouge et tout le monde comprend pourquoi. Cette dernière tente de gagner du temps pendant que Poucet en profite pour tenter une manœuvre (que je n'ai pas trop comprise, mais qui semblait intéressante et tactique). Le Loup propose le marché que vous connaissez et Rouge n'est pas dupe. Cependant Hansel trempe petit bonhomme dans la rivière et le donne au monstre, qui tient parole et s'en va dans les bois.
Il reste en gros 6 minutes.

La pierre levée. Interraction avec le cadavre quand la terre et la table se mettent à trembler ! C'est l'horrible Ogre qui arrive, il est affamé. Le combat est bref mais violent. La courageuse Gretel parvient à blesser légèrement le cannibale mais ce dernier la fracasse sur la pierre qui tremble du choc. Une seconde trop tard : Poucet, d'un tir magistral de caillou magique, transforme la tête de l'immonde géant en pastèque-pignata. Pendant ce temps, planqué-e-s derrière la pierre, Hansel et Rouge ont vu surgir le Loup : « J'ai menti ! », jubile-t-il. Rouge tente de balancer son compagnon à la bête pour s'en sortir (ou par tactique, vu que son obsession est connue), mais il parvient à croquer les deux, avant de succomber à ses blessures, réduit en charpie.
Il reste trois minutes.

Final. Poucet a les pieds dans le sang et les cadavres de tous les protagonistes l'entourent, si l'on compte le scalp. Poucet est choqué, mais Poucet est en vie. Un vent d'espoir, en cette presque soirée, souffle depuis la cabane jusqu'à la sortie, toute proche. Un terrible son se répend derrière lui : les tissus sanglants du Loup se cherchent et se lient tandis qu'il se relève, blessures scarifiées et regard revanchard. Il reste un dernier caillou magique : un pour chaque ennemi. Le Tueur de Monstre a foi en sa bonne étoile, il va le cueillir comme il l'a fait des autres. Ce pauvre loup, qui s'élance la bave aux babines et sans même se méfier, ne sait pas ce qui l'attend, et ne perd rien pour attendre. Mais la vie est ainsi faite : Poucet lâche l'une des brides de sa fronde un poil trop tôt, le caillou vole haut dans le ciel, et c'en est finit de lui.

Il restait presque deux minutes pourtant.

Remarques :

Briefing. J'ai fait le briefing en racontant une histoire : « Il était un fois, il y a bien longtemps, dans une contrée lointaine […] et jamais, jamais, jamais, jamais un seul enfant n'était revenu ».
C'était assez cool, à mieux rôder et ce sera parfait. A noter deux choses. Premièrement, on avait joué Overlord juste avant donc les règles à expliquer étaient minces. Peut-être que le côté histoire pour le briefing perdrait son sel s'il fallait toutes les expliquer. Secondement, j'ai pris soin de parler avec le même ton, la même voix et surtout la même bienveillance que lorsque l'on raconte une histoire à de jeunes enfants ("Dans ce cas-là, vous ne faites qu'une blessure, parce que les petits enfants ne sont pas très forts, ce que vous savez, bien sûr. Tu as compris ? C'est bien. Tout le monde a compris ? Parfait. Et les monstres, à votre avis?"). Effet garanti selon mon ressenti. Note pour plus tard : garder ça durant la partie!


Scénario, maîtrise.
On était à moitié dans la déconne et à moitié dans l'horreur, ce qui m'a beaucoup plu. J'aurai pu (dû?) plus crier, plus varier mon ton de voix, et insister sur les descriptions, notamment des monstres et des blessures. Je pense que c'est une habitude à prendre, mais bien connaître le scénario nous libère mentalement pour cela. Mon conseil : le connaître par cœur, c'est pas bien compliqué, pour se concentrer sur le reste. Autre chose, déléguer la description des blessures infligées par les enfants au fur et à mesure que la violence se déchaîne a donné un côté glauque et jouissif à la partie.
Le temps qui défile ne les a pas trop stressé-e-s. Les prochaines fois, j'essaierai de faire plus que de discrètes allusions/rappels.

Scénario, divers. Un joueur fan de craft a essayé tout un tas de choses (interagir avec la pierre levée, combiner des bûches avec du feu, tenter d'empoisonner le Loup en trempant petit bonhomme dans la rivière etc.). J'ai l'impression que ça lui a plu, mais comme toutes ses tentatives étaient vouées à l'échec, je n'en suis pas certain, et nous n'avons pas eu le temps d'en parler au débrief (il est vite parti). Cela semble délicat d'adapter quelque chose pour répondre à ces envies vu l'équilibrage du scénar... mais peut-être il y a quelque chose de « cosmétique », sans influence sur l'aspect règles, à trouver.
Je confirme, perdre le pain d'épice semble vraiment sceller le destin de la table, j'avais l'impression, côté meneur, que leur destin se jouait là. C'est une décision importante, qui amène une question. Sur 4 personnes, la probabilité que l'une d'entre elles accepte ce marché de dupes est importante, malgré l'apparente évidence de la tromperie. Aurai-je dû considérer que les autres enfants ne comprenaient pas le Loup, ainsi que je l'avais prévu au départ ? J'essaierai la prochaine fois.
Enfin, Poucet qui s'est battu (de loin) a presque survécu. Gretel qui n'a jamais fui est morte la première, vite suivie des deux autres qui avaient tendance à se cacher autant qu'à combattre. Sans surprise. Je pense que le côté « pas de fuite possible », dont on prend conscience peu à peu, a bien pris à cette table.

Retours joueur-euse-s. Trop court ! Cela fait plaisir. La version courte est donc à tester, bien qu'elle ne me fasse moins envie (pas assez de pression, et que faire si un PJ meurt au bout de 10 minutes?). Ils ont évoqué l'idée d'une suite. Sans connaître la fin où au moins un enfant survit, en restant coinçé dans la forêt. Voici la principale idée : Poucet survivant devient un genre de roi de la forêt après avoir libéré les enfants et notamment ses frères et sœurs. On joue les adultes, tranquilles au village, quand, par une nuit sans lune...

Hors ligne

#13 29 Aug 2019 13:57

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : [S6] Les Grimmies

Hello Aellle,


Merci pour ton feedback, il carrément super cool. Et désolé de ne pas y avoir répondu plus tôt, mais j'ai une rentrée hyper chargée. Ça attaque fort, cette année.

Allez, retour sur ton retour. Pas grand-chose en vérité car quand une partie se passe bien, y'a trop rien d'autre à dire que bravo au meneur.


Aellle a Ă©crit :

Rouge commence Ă  se faire un scalp.

Pas maaal.


Secondement, j'ai pris soin de parler avec le même ton, la même voix et surtout la même bienveillance que lorsque l'on raconte une histoire à de jeunes enfants ("Dans ce cas-là, vous ne faites qu'une blessure, parce que les petits enfants ne sont pas très forts, ce que vous savez, bien sûr. Tu as compris ? C'est bien. Tout le monde a compris ? Parfait. Et les monstres, à votre avis?"). Effet garanti selon mon ressenti.

Très intéressant.

Perso, je briefe en mode rôliste standard, mais l'approche conte pour enfants fait clairement sens. Et effectivement, dans cette perspective, s'affranchir de la plupart des explications techniques par un double feature est pertinent. C'est forcément plus dur de tenir le ton conteur lorsqu'on cause roll high under.


Note pour plus tard : garder ça durant la partie!

Là par contre, chaud patate. Parce que du coup, le déroulé narratif des Grimmies est pur rôliste. Mais il doit y avoir moyen de naviguer entre le ton conte (les descriptions des décors) et le ton JdR (les combats).


On était à moitié dans la déconne et à moitié dans l'horreur, ce qui m'a beaucoup plu.

C'est assez fréquent à Sombre, surtout en flash. Le jeu sérieux est exigeant, et il est difficile à obtenir d'une table sur une partie de 20 minutes. Difficile et pas forcément souhaitable. Les formats très courts ont un gros besoin de rythme et de dynamisme. De ce côté, la déconne aide pas mal.


Mon conseil : le connaître par cœur, c'est pas bien compliqué, pour se concentrer sur le reste.

Clairement.

De manière générale, mes scénars sont hyper carrés, donc les préparer sérieusement paie. On peut faire de bonnes parties de Sombre en lisant mes textes de traviole, genre « Je garde le pitch, les prétirés et les plans. Le reste, à la grâce de Dieu », mais cette optique YOLO suppose un très bon niveau de maîtrise. Faut une grosse capacité d'impro et beaucoup de réactivité. L'autre méthode consiste à s'appuyer massivement sur mon texte pour sécuriser et booster sa maîtrise, mais cela impose de le potasser un minimum. On n'a rien sans rien, évidemment.


tenter d'empoisonner le Loup en trempant petit bonhomme dans la rivière

Oh bien, ça ! Jamais vu à ma table, me semble-t-il. Du coup, je me pose la question de savoir comment j'aurais géré :

+ La trempette attaque le Bonhomme (l'eau est acide, S6 p. 57) : 1 Blessure par brûlure chimique, il fond.

+ Le résultat est qu'il devient toxique. Il change de couleur et de goût. Maintenant, c'est le gâto Tcherno ! bcbig_smile Si un PJ le consomme, le booster fonctionne normalement, mais il subit également 1 Blessure. Le Bonhomme l'empoisonne.

+ Quant au Loup, le texte précise qu'il se fiche du Bonhomme (S6 p. 55), mais peut feindre l'intérêt par calcul (S6 p. 60). Par contre, le gâteau empoisonné n'a aucun effet sur lui. Le booster ne lui sert à rien, il inflige déjà des dommages ordinaires. Quant à l'eau de la rivière, il en boit tous les jours sans souci. La forêt n'est pas toxique pour les monstres, ils en font partie (S6 p.46).


J'ai l'impression que ça lui a plu, mais comme toutes ses tentatives étaient vouées à l'échec, je n'en suis pas certain, et nous n'avons pas eu le temps d'en parler au débrief (il est vite parti). Cela semble délicat d'adapter quelque chose pour répondre à ces envies vu l'équilibrage du scénar... mais peut-être il y a quelque chose de « cosmétique », sans influence sur l'aspect règles, à trouver.

De mon expérience, le crafting est sa propre récompense. Pour les joueurs qui aiment, le seul fait de pouvoir bricoler des trucs leur fait leur partie. Si lesdits trucs ont un impact fort sur le jeu, en particulier s'ils facilitent la survie, ce n'en est que mieux. Mais même si l'effet technique est nul, ils sont contents. Sur un format flash/court s'entend. Sur une partie longue, c'est sans doute moins vrai. Là, la frustration a plus le temps de s'installer.


Je confirme, perdre le pain d'épice semble vraiment sceller le destin de la table, j'avais l'impression, côté meneur, que leur destin se jouait là.

Les boosters sont importants. Sauf moule exceptionnelle, se priver de l'un d'eux conduit au TPK. Mais l'inverse n'est pas vrai : les utiliser à bon escient n'est pas l'assurance de survivre. Encore doit-on avoir de la chance : il faut réussir les jets. L'usage des boosters est une condition nécessaire, pas suffisante.

Pas facile d'ĂŞtre une victime dans un film d'horreur.


Enfin, Poucet qui s'est battu (de loin) a presque survécu.

Oui. Il est des quatre prétirés celui dont les chances de survie sont a priori les meilleures (S6 p. 58).


que faire si un PJ meurt au bout de 10 minutes?

Lui donner le Bonhomme à jouer (S6 p. 52). Pas idéal, mais faute de grives, on mange des merles. Note que le décès précoce ne devient un gros risque que si l'Ogre sort en premier car il n'y a pas moyen de causer avec lui. Et effectivement, un Ogre prems, ça arrive. Shit happens, hein. Mais on peut contourner le problème en trichant un peu (S6 p. 60).


Voici la principale idée : Poucet survivant devient un genre de roi de la forêt après avoir libéré les enfants et notamment ses frères et sœurs. On joue les adultes, tranquilles au village, quand, par une nuit sans lune...

Fun !


Je modère en gras. Lisez la charte svp.

Soutenez Sombre sur Tipeee.

Hors ligne

#14 29 Aug 2019 17:30

Aellle
membre
Lieu : PO
Inscription : 26 Aug 2019

Re : [S6] Les Grimmies

Oui, pour le Bonhomme trempé dans la rivière j'ai géré comme ça. Le Bonhomme a hurlé et pris une blessure, tandis que le Loup était bien content et a dû s'en débarrasser dans un buisson avant de suivre discrètement les bambins.

C'est la première fois que je croisais un crafteur, étrange mais sympathique espèce. En effet, il ne s'en est pas plaint, plutôt le gamin qui touche à tout, c'est lui qui a frappé à la porte d'aillleur et a eu le plaisir de faire choir la chevillette.

Pour le ton pendant la partie, j'essaierai et ferai un retour ici. Au contraire de toi, je pense que ça peut le faire pour les scènes gores de combats. Après, faut voir l'épreuve du feu. Seulement c'est plus long, peut-être me faudra-t-il ajuster la durée, on verra.

En effet, j'avais oublier qu'on pouvait donner le Bonhomme! C'est dans le ton de croquer le voisin en plus.

Hors ligne

Pied de page des forums