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#61 25 Jan 2019 14:01

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : Inflorenza, prĂ©sentation du jeu

Inflorenza : un classique contemporain

Une critique d’Inflorenza par Felondra sur une Pincée de Fel !

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materijafolle & thorinside & abyreedd, cc-by-nc, sur flickr.com


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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#62 14 Feb 2019 10:57

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : Inflorenza, prĂ©sentation du jeu

[Extraits] Inflorenza, 2ème édition, version bêta

La bêta de la deuxième édition est également disponible en anglais (traduction par Côme Martin).

"Conflit multiple, exemple 3 : Anselma, Torchemort et Crucifix se braquent mutuellement, un pistolet dans chaque main. Anselma veut tuer Torchemort et Crucifix, Torchemort veut tuer Anselma et protéger Crucifix, Crucifix veut que tout le monde dépose les armes."

"Une joueuse peut déclencher un duel pour demander en objectif l’élimination du personnage de l’adversaire, mais l’adversaire doit donner son accord. Si elle est d’accord, elle peut demander en contre-objectif l’élimination du personnage de la joueuse qui a déclenché le duel. Si cette dernière refuse, elle doit reformuler son objectif. "

"Utilisation des phrases, exemple : Quatre personnages en jeu : Parsifal (en instance), Lise, Ambrose, Clovis. Parsifal et Lise s’affrontent en conflit duel pour gagner l’amour de la Reine Fougère (figurante). Objectif : Parsifal séduit la Reine Fougère. Contre-Objectif : Lise séduit la Reine Fougère. Parsifal utilise sa phrase J’aime la Reine Fougère (motivation), il prend un dé. Lise utilise la phrase Des roses poussent sur mon sang (ressource) pour offrir une rose à la Reine Fougère. Parsifal utilise Mon visage est défiguré (handicap) : sa laideur repoussera ou attendrira la Reine Fougère. Ambrose déclare qu’il s’allie à Lise, et utilise Je suis aux ordres de Lise (motivation). Il va colporter des ragots sur le compte de Parsifal. Parsifal n’a plus de phrase à utiliser. Il se tourne vers Clovis, qui lui avait promis une alliance, mais Clovis se rétracte. Le camp de Parsifal ne peut donc plus prendre de dé, mais le camp de Lise continue. Lise utilise J’ai promis à Parsifal de ne pas lui faire de mal (phrase obsolète) car elle trahit cette promesse en entrant en compétition avec lui (motivation). Lise et Ambrose ne veulent pas utiliser de phrases supplémentaires. Clovis parachève sa trahison en s’alliant à Lise. Il utilise sa phrase Les poèmes des siècles passés résonnent dans ma tête (ressource) pour composer un poème que Lise lira à la Reine Fougère. Le camp de Parsifal a pris deux dés, le camp de Lise quatre dés."

"Compromis et statu quo, exemple : Anselma, Torchemort et Crucifix se braquent mutuellement, un pistolet dans chaque main. Anselma veut tuer Torchemort et Crucifix, Torchemort veut tuer Anselma et protéger Crucifix, Crucifix veut que tout le monde dépose les armes. Anselma obtient trois sacrifices, Torchemort en obtient également trois, Crucifix obtient une souffrance. Il est impossible de déterminer de vainqueur. Les trois camps ont le choix entre se mettre d’accord sur un compromis (la mort des trois personnages ou la mort d’Anselma et Crucifix serait un bon choix) ou un statu quo (personne ne meurt pour l’instant, mais des coups physiques ou mentaux ont été échangés : avec trois sacrifices chacun pour Anselma et Torchemort et une souffrance pour Crucifix, personne ne s’en sort indemne)."

"Des animaux. Mammifères préhistoriques, choses grouillantes échappant à la logique de l’histoire naturelle. Dans le ciel grumeleux et toxique, les oiseaux se cachent pour pourrir. Chauves-souris. Squelettes de bêtes que rongent scolopendres et asticots. Larves et parasites forent, piquent, sucent les chairs, véhiculent des maladies. Gangrène, peste, chienlit. Faisant des organes humains leur propre forêt. Œil, foie, viscères, cerveau sont leurs berceaux. Toute la forêt pousse sur un charnier de choses mortes. Ruines, nécrose, pourriture."

"Amour : Je voulais seulement qu'elle m'aime. Et maintenant elle ne respire plus. Pauvre de moi !"

"Cette nuit au fond des bois, j'ignore si j'ai participé à un happening artistique,
   une hystĂ©rie collective, un rituel paĂŻen ou une orgie."

"Auto-envoûtement : Certains sorciers sont leur cible d'envoûtement privilégiée.
   Chance, santĂ©, changement du corps, protection anti-malĂ©fices, rĂŞves lucides."

"Les personnes disparues sont surtout des jeunes autochtones. Ils n'ont ni transport en commun ni véhicule. Pour se rendre en ville ou visiter leur famille, ils doivent faire du stop. Et on n'entend plus reparler d'eux. Des dizaines de disparitions sur l'Autoroute des Larmes, peut-être des milliers sur toute la Province. Un quasi-génocide."

"Chamane Effraie est le protecteur des femmes et des enfants. C’est aussi le médecin du village. Il est celui qui sait et qui enseigne. Il connaît les herbes qui protègent et sait où fouiller pour trouver les racines qui font tomber la fièvre. Il vit dans un nid géant, dans un arbre au sud du village." (extrait du théâtre "Au nord, sous les étoiles silencieuses", par Julien Delorme)

"Technologie d’un autre âge : L'électricité a rendu la vie à des artefacts étranges, parfois inoffensifs, parfois mortels. Des érudits sont obsédés par toutes sortes d'expériences (fabrication d'hommes de fer, recherche de nouveaux carburants à base de sang, de souffle ou de chair)." (extrait du théâtre "Zone Cancer", par Eugénie)

"Mais le muletier est un pingre. Il refuse et il dit « Oh la vieille, si je te donne, ça sera un peu, ça ne t’aidera pas, alors je ne te donnerai pas ». Mais la vieille c’est une stragga, une borgne, elle lui donne son œil qui le suit partout. Ghjuvani partout où il va, l’œil le suit. Et alors, le monde entier devient amer. Les mules ne veulent plus de lui. Elles s’éloignent, ruent. Personne ne l’embauche. Ghjuvani se fait chapelier mais les hommes naissent sans tête. Veut-il travailler dans un champ que rien ne pousse, parce que celui qui est maudit, ni homme, ni bête, ni plante ne veut l’aider. Alors il se fait ramasseur de sel, mais le marais le noie, le tue. Depuis, il est mort. " (extrait du théâtre "Isula Di Suspiriu", par Orlov)

"Estonie. Les inondations successives ont transformé le pays en une gigantesque mare de boue. Constructions, cités et monuments ont été avalés par marécages et tourbières. Quelques personnes tenaces, attachées à leur terre, arpentent la région sur des radeaux improvisés ou des épaves reconstituées. La forêt s’y est adaptée, ses racines plongeant dans des profondeurs insondables, donnant une allure particulièrement étrange à la forme des arbres. Les troncs se lovent les uns sur les autres comme s’ils cherchaient à s’embrasser sans jamais pouvoir s’atteindre." (extrait du théâtre "La Carlingue", par Arjuna Khan)


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crédits : lorenzoclick, nicholas hilliard, british library, angela7dreams, Bob Jagendorf,
Community Eye Health, animalrescueblog, oliver.dodd, kurafire, licence cc-by-nc, galeries sur flickr.com


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#63 20 Mar 2019 08:43

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
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Re : Inflorenza, prĂ©sentation du jeu

GrĂĽnwalding

Un théâtre pour le jeu de rôle Inflorenza, inspiré du comics Chilling Adventures of Sabrina, et réalisé par Seb Lenoir pour le webzine Rôle & Roll !

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crédits : Shauna Leigh Robinson, cc-by-nc, sur flickr.com


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#64 03 May 2019 16:05

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
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Re : Inflorenza, prĂ©sentation du jeu

Une critique d’Inflorenza par Nitz sur l’Auberge Virtuelle !

Assorti d’un instructif échange d’opinions.

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Martin Peterdamm Photography, Simon Whitaker, cc-by-nc & Raphaël Maître, par courtoisie


Nitz a Ă©crit :

Je voudrais écrire ici un petit billet de respect et d’amitié à Inflorenza et à son auteur Thomas Munier, et, ce pour plusieurs raisons. Ce que je dis ici n’engage que moi, c’est ma vision subjective.

Inflorenza est un jeu de rôle narratif écrit par Thomas Munier. Il vous propose d’incarner des héros, des salauds et des martyrs dans l’enfer forestier de Millevaux. Dans un monde post-apocalyptique cauchemardesque, une forêt malsaine envahit tout, la pourriture et la corruption s’insinuent, la mémoire n’est pas fiable, l’esprit au bord du goufre, et la chair sujette aux mutations les plus grotesques.

Premièrement, c’est une œuvre d’art. Inflorenza n’est pas totalement parfait, mais c’est aussi ce qui fait sa beauté. C’est une œuvre d’art, parfois un peu aride, foisonnante, qui accepte sa punkitude et sa fragilité. Inflorenza résoud aussi parfaitement une idée chère à Thomas Munier : être un laboratoire d’énergie créative. C’est un objet de game design total. C’est un des meilleurs recueils de trucs de meneuse que j’ai jamais lu (en complément d’inflorenza minima). Cerise sur la gâteau, c’est un jeu jouable !

Deuxièmement, l’univers d’Inflorenza est diaboliquement original. Glauquement inspirant. C’est potentiellement un jeu à secrets, mais les secrets sont suggérés, distillés, vous en faites ce que vous voulez. Tous les délires sont permis, et tout peut arriver.

Troisièmement, le système repose sur quelques idées fortes qui sont brillantes de cohérence. Au titre des meilleures selon moi :

les fiches de personnages sont des feuilles blanches, on crée son personnage en le jouant, en harmonie avec les autres. On n’écrit que ce qui est important.
Si tu gagnes tu te sacrifies, si tu perds tu apprends.
Les conflits entre personnages sont un moteur essentiels du jeu.
Enfin, Thomas Munier fait un pied de nez au monde de l’édition et du crowdfunding rôlistiques. Tout ce temps économisé sur le marketing, la communication et les réseaux sociaux, c’est du temps gagné pour faire jouer et rejouer et rerejouer son jeu, le paufiner avec amour. Pour le distribuer gratuitement - ou relié à la main à prix libre. Cela lui laisse du temps pour avoir une vie, mais aussi pour publier des podcasts d’une longueur et d’une densité qui rendrait jaloux Fidel Castro et Pierre Bourdieu tout à la fois.

Disclaimer : nonobstant les odieux partis-pris de ce billet, je déclare sur l’honneur que je n’ai aucune action dans le consortium Thomas Munier International ni la joint venture Shub Niggurat Inc. Promis.

Mat a Ă©crit :

Je vais faire mon avocat du diable… On m’a souvent dit et j’ai souvent lu sur des sujets de forum que ce jeu n’était jouable que lorsque c’était son auteur qui le menait. En gros que Thomas Munier a fait le jeu qui s’adapte parfaitement à sa manière de mener, mais que dans les faits beaucoup passent leur chemin, le jeu étant trop intimidant et les mj potentiels ne se sentant pas les épaules pour faire aussi bien que l’auteur ?

Je n’ai jamais joué avec Munier, jamais joué à Inflorenza ( seulement Minima et l’expérience ne fut pas très concluente) et je suis donc très honnêtement curieux d’une contre argumentation.

Pierreuh a Ă©crit :

Pour avoir eu la chance de partager ça table je pense comprendre ce que tu veux dire par

"ce jeu n’était jouable que lorsque c’était son auteur qui le menait"

Thomas c’est quelqu’un qui arrive à te plonger dans son settings avec 3 gestes et un sourire :slight_smile:
Quand j’ai découvert “Marche branche” avec lui il est arrivé tout sourire les présentations passent et il sort de son sac une boite avec plein de feuille ramassé en forêt avec encore un peu de terre et il étale tout ça sur la table puis il te décris la forêt enchanteresse un poil onirique dans laquelle on va jouer.

Je pense qu’avec un peu de sensibilité et un brun de poésie c’est plus facile de se plonger dans ses univers.
J’ai toujours trouvé ce que faisais Thomas très inspirant et original avec des système de jeu qui se font facilement oublier pour lancer place à la narration.

marotp a Ă©crit :

J’ai déjà joué (une fois ou deux, je sais plus) une partie de Minima très satisfaisante sans Munier, comme quoi c’est possible !

Magimax a Ă©crit :

J’ai joué une fois à une table de Thomas et j’ai trouvé le gars très sympa et plutôt doué comme MJ. Il s’agissait d’un playtest d’un de ses projet, ne me demandez plus lequel. Autant je n’ai rien retenu des règles qui ne m’ont pas frappé par leur originalité, autant son monde était d’une poésie surréaliste rare. J’ai adoré et pourtant je ne suis pas le client habituel de ce type d’univers. On en ressort avec une impression douce-amère Pas sûr par contre que tout le monde puisse se l’approprier facilement.

Come a Ă©crit :

Je n’ai vraiment pas le temps pour développer (peut-être ce week-end ?) mais

1. Les règles d’Inflorenza sont absolument géniales dans leur simplicité et leur originalité (les personnages sont définis par des phrases qui sont aussi leurs points de vie, d’expérience et de compétences) ;
2. J’ai fait plein de parties sans Thomas et ça se passe toujours super bien. Le seul prérequis, c’est d’avoir des joueurs à l’aise avec l’impro totale (y compris sur le caractère des personnages).

Nitz a Ă©crit :

Comme Côme, toutes mes parties se sont toujours bien passées, au contraire de nombres d’autres jeux où il me faut souvent un brouillon. Pour moi c’est le seul jeu “sans préparation” qui soit aussi jouable, tout de suite, puisqu’on construit les personnages en jouant. Le concept de théâtre (personnalisable) est vraiment inspirant et performant en jeu : à chaque fois qu’il t’arrive quelque chose de signifiant, tu inventes un truc mais dans une liste thématique raccord avec l’univers. Du coup pas besoin de faire un laïus de trois heures avant la partie. Cerise sur le gâteau, ça roule avec un MJ, mais ça roule hyper bien sans. Enfin, j’ai parfois du mal avec les jeux Perso Versus Perso, c’est un peu trop drama pour moi, mais là il y a une dimension épique et horrifique qui me parle. Bien sûr, comme beaucoup de jeux à la frontière du story game et du jeu de rôle, j’imagine que ça marche d’autant mieux avec des non rôlistes : il faut aimer les histoires, les persos et leurs relations, si tu cherches la tactique, les XP et les tableaux de progressions, ou les enquêtes, passe ton chemin. Autre défaut, le système de résolution de conflits est un peu abscons (moi j’ai dû le traduire en algorithme pour arriver à le comprendre et l’appliquer).


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