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#1 21 Sep 2018 14:53

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

[Les GN Millevaux] Comptes-rendus de partie

Une section réservée aux comptes-rendus de jeux de rôles grandeur nature réalisés dans l'univers de Millevaux, sous toutes les formes.


(J) : règles du jeu disponibles (les autres GN sont potentiellement reconstituables à partir du compte-rendu, mais demanderont peut-être plus de travail de réappropriation)

Comptes-rendus de partie par Thomas Munier :

1. C-Day, le jour de la Crise (J)
Un GN en huis-clos où l'on joue les grands de ce monde la veille de l'apocalypse forestière

2. Rouge (J)
joué sous Millevaux Sombre en réalité augmentée dans les Vosges, au Bois du René.

3. Balade pour un Missile, en réalité augmentée au Bois du René
joué sous Millevaux Sombre Zéro en réalité augmentée dans les Vosges, au Bois du René.

4. Les Buttes-Sludgecore
Une promenade hallucinée dans les Buttes-Chaumont pour cette expérience de Millevaux en jeu de rôle grandeur nature, sans orga et sans costume et dans un lieu public !


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darkismus, cc-by-nc


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Hors ligne

#2 21 Sep 2018 14:53

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Les GN Millevaux] Comptes-rendus de partie

LES BUTTES-SLUDGECORE

Une promenade hallucinée dans les Buttes-Chaumont pour cette expérience de Millevaux en jeu de rôle grandeur nature, sans orga et sans costume et dans un lieu public !

Joué le 26/11/2017 dans le cadre de la Tournée Paris est Millevaux 6

Le jeu : jeu de rôle grandeur nature, sans règles.

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crédits : Pierre Metivier, cc-by-nc, sur flickr.com

Le contexte :

Dans le cadre des tournées, je laisse aux personnes qui m'hébergent le soin de définir l'animation. C'est ainsi qu'on m'a proposer de faire une "promenade hallucinée" intitulée "Les Buttes-Sludgecore" et qui se passerait dans le parc des Buttes Chaumont qu'on imaginerait plongé dans le futur post-apocalyptique de Millevaux.

Nous nous sommes donc retrouvés à 5 dans ce parc. Nous avons défini quelques règles de départ :
+ Charge Ă  nous de "millevaliser" notre environnement par nos descriptions.
+ On peut utiliser tous les objets qu'on porte sur nous comme étant aussi des objets détenus par notre personnage.
+ Nous sommes dans un lieu public (et en l’occurrence très fréquenté). J’ai pourtant dit quelque chose du genre : « N’ayez pas peur de faire les pitres, tout le monde a l’air bizarre à Paris donc on passera inaperçus ». Dans la pratique, on s’est quand même un peu autocensurés. On a souvent mimé ou décrit nos actions plutôt que de les faire vraiment, on a aussi évité de crier, de faire de grands gestes, ou de parler directement aux passants.
+ On dit oui à toutes les propositions... sauf quand on dit non (pour des raisons scénaristiques ou de sécurité émotionnelle).
+ On fait un premier atelier de 1/4 h de mise en jambe (une sorte de mini-partie oĂą on tente les trucs les plus fous et oĂą on s'exerce Ă  dire non) puis on joue environ 1h1/2, suivi d'un debriefing de 1/4 d'h.


Atelier :

On part d'une des entrées du parc. Je ne me rappelle plus quel objectif on s'était fixé pour nos persos mais déjà il est question d'aller au Belvédère qui surmonte le parc (je crois que c'était une sorte de temple corrompu). On tente des trucs foutraques, nos corps mutent, on fouille dans les poubelles, on joue avec les feuilles, on s'insulte, on s'empoigne, je trippe sur les pigeons et les corbeaux, je demande à un joueur de franchir une grille derrière laquelle seraient parqués des mères truies (il n'escalade pas la grille, il raconte jusqu'il le fait) et je raconte que la mère truie lui mange une jambe.
A l'issue de cet atelier, on reprécise un peu la corporalité. On se met d'accord pour limiter les contacts physiques entre nous à des gestes peu invasifs. Pas de grandes embrassades ou de grandes bousculades.
On se met aussi d'accord sur le fait qu'il faut composer avec le grand nombre de passants, leur trouver un rôle dans notre imaginaire partagé.


La Partie :

Les Buttes-Sludgecore sont devenus un purgatoire où errent les défunts en attente de leur jugement. Les passants sont des fantômes, nous des fantômes gardiens, chargés de repérer les sorciers, des humains vivants cachés parmi les fantômes et qui capturent des fantômes pour les besoins de leurs sortilèges. Nous avons une confrontation avec un chien renifleur de fantômes qu'il nous faut fuir. Nous trouvons une rivière de mémoire, F. y plonge ses mains, et il lui revient à la mémoire qu'il était un tueur, il a des mains d'étrangleur désormais. Il enterre un de ses doigts à l'attention d'un fantôme. Nous voyons des sorciers qui prennent l'un d'entre eux en photo : c'est une attitude de mortel utilisant des artefacts mémoriels. Mais nous ne voyons pas comment l'attaquer.

Nous voyons une statue totalement déformée par l'emprise, monstrueuse. Je ne résiste pas à la tentation de la toucher et mon bras se met à muter. On trouve d'étranges fruits contre l'emprise mais ils sont trop hauts dans un arbre, impossible de les cueillir. On me tend un artefact fait de feuilles agrafées, ça me guérit.

Nous voyons le belvédère qui abrite les seigneurs fantômes qui vivent de la collecte des souvenirs. Un tuyau passe sous la rivière pour atteindre le bas de la colline des seigneurs, mais il est gardé par des oiseaux anthropophages. Huldu se penche au bord et se fait attaquer par un kraken. Mais il arrive à passer dans le tuyau, au prix d'une perte de mémoire. Nous arrivons à chasser le kraken, F. conserve un de ses tentacules comme arme qu'il porte sur son épaule. Nous élaborons un stratagème pour réattirer Huldu vers nous. Il revient avec un artefact qui est tombé du haut de la colline : il appelle ça un miroir des âmes mais en réalité c'est un vieux smartphone.

Nous aperçevons un sorcier en planque dans un tunnel, j'envoie F. le tuer avec ses mains d'étrangleur, il revient sans préciser ce qui s'est passé dans le tunnel.

Nous trouvons un arbre à feuilles d'or, ce sont les meilleurs souvenirs. Ils sont récupérés par des récolteurs qui sont censés les ramener aux seigneurs, qui ont le monopole sur ces souvenirs. Je ne peux m'empêcher de ramasser des feuilles d'or pour me shooter aux bons souvenirs, les autres parviennent à me maîtriser avant que je ne fasse une overdose. T. attaque un récolteur et lui pique sa hotte : il peut ainsi se faire passer pour un récolteur.

F. a perdu une partie de sa mémoire. Il nous confie alors qu'il a laissé filer le sorcier sans le tuer, ainsi qu'un plan qu'il a avec P., mais nous comprenons à peine, préoccupés que nous sommes par nos propres soucis.

Nous devons franchir un ruisseau d'oubli à gué, je glisse et tombe dans l'eau, je deviens très-amnésique, il faut tout me réexpliquer. F. voit un corbeau nous espionner, sans doute un Corax. Il le fait fuir.

F. ramasse une feuille de souvenir nécrosée, ça peut être utile. Un mauvais souvenir, très sale, genre le souvenir d'avoir fait beaucoup de mal à une personne qui avait totale confiance en nous.

Nous arrivons à une terrasse où des sorciers sirotent des cafés faits avec les bons souvenirs des fantômes. Nous comprenons alors que sorciers et seigneurs sont de mèche. Ivre de rage, je me précipite sur les buveurs et j'en tue un net, les autres fuient à l'intérieur du café pour demander protection.

Nous arrivons devant le pont, il y a un gardien qu'Huldu neutralise avec son miroir. Nous passons le pont, le vent est fort et il charrie des rumeurs de souvenirs, le pont tremble. A la fin du pont, encore une épreuve qui nous voit victorieux. Nous marchons parmi les seigneurs repus de souvenirs, sur le chemin du belvédère nous nous interrogeons mutuellement sur ce que nous ferons une fois les seigneurs renversés. Je rappelle à F. que la carte à jouer qu'il détient, le Valet de Cœur, aura sûrement un rôle.

Arrivés au belvédère nous y trouvons des seigneurs alanguis autour d'un narguilé qui contient les meilleurs souvenirs. Je vois Paris, non pas le décor de ruines qu'on voyait à d'autres points culminants des Buttes, mais le Paris tel qu'il fut, les immeubles intacts, baignés de lumière, un paradis terrestre. Je saute pour trouver ce paradis et mon corps s'échoue dans la rivière. F. défausse son valet de cœur qui tue les seigneurs. Il abandonne alors l'idée de sa propre liberté pour libérer les fantômes. Alors que les fantômes émergent d'une sorte d'éveil à la conscience et quittent un à un les Buttes, F. sera un concierge pour les nouveaux arrivants.

P. et T. renoncent Ă  leurs projets de succession des seigneurs et quittent les Buttes, en paix.

Huldu contamine le narguilé avec une feuille pourrie...


Commentaires :

Mise en jeu :

+ Un certain nombre d'éléments n'étaient que décrits (le kraken, mes mutations) sans support réel, mais beaucoup de choses partaient de la réalité : le chien renifleur de fantômes était un vrai chien, les sorciers infiltrés de vraies personnes, les oiseaux anthropophages et les Corax de vraies oiseaux (F. a vraiment fait fuir un corbeau :), de même qu'il a vraiment trempé ses mains dans une rivière (et l’eau était très froide :) ), le fruit était un objet accroché dans un arbre, les feuilles des meilleurs souvenirs étaient des feuilles jaunes de gingko, les rivières de vraies rivières, idem pour le pont et le belvédère...

Retour personnel :

+ Cette promenade roleplay hallucinée dans les Buttes-Chaumont a été une belle réussite. Une expérience de GN/réalité augmentée très concluante, ça a monté en puissance jusqu'à un final très émouvant sur la vue d'un Paris post-apocalyptique : à ce moment-là on a vraiment une vue superbe sur Paris et ça nous a inspirés. Cela aurait marché encore mieux si j'avais pris la peine de redéfinir les axiomes de Millevaux au départ et être plus clair sur la corporalité. Mais ça m'encourage à poursuivre mes incursions en terre GNistique.

+ Tous les joueurs n'étaient pas moteurs au même niveau, mais ça monté en puissance au fur et à mesure, vers la fin j'ai eu l'impression que tout le monde s'était approprié la formule et participait au même niveau. Dès fois, je complotais dans mon coin avec un joueur ou deux et je voyais les autres se concocter leur petite fiction de leur côté, c'était très intéressant, on arrivait vraiment sur du jeu sans orga, multipolaire.

+ Le Parc des Buttes-Chaumont est un site intéressant, parce qu'avec son parcours ascendant vers le belvédère, il est à la fois ludique (les escaliers, les détours par des tunnels, les ponts...) et narratif : ça a donné du corps et une direction à notre GN improvisé.

+ On s'est très peu dit "non", une fois l'atelier passé. J'ai lutté personnellement contre ma pente naturelle à faire le PJ-MJ que j'ai dans beaucoup de jeux sans MJ auxquels je participe. J'ai essayé quand j'y songeais, de faire plutôt des appels du pied, comme par exemple, quand je suggère à F., que j'avais vu par ailleurs sortir une carte à jouer un peu avant sans avoir eu l'occasion de s'en servir, que sa carte tiendra un rôle une fois arrivée au Belvédère. C'est F. ensuite qui a validé mon appel du pied, en se servant de sa carte et en disant pourquoi.

+ On m'a demandé quelle agentivité il y avait dans ce GN (i.e quelle était la liberté d'action des personnages). Je crois que la notion d'agentivité manquait de pertinence vu qu'on était sur du jeu sans MJ. on était plutôt sur de l'intercréativité, sur du "on répond toujours oui", sur de l'interaction chorégraphiée, etc.

Retour à froid d’un des joueurs :
A lire sur son blog

Retour à froid de P. :
Je ne sais pas si tu souhaites mettre en avant le "non" du premier atelier quand tu as parlé de la Mère Truie qui attaque T.. Pendant le jeu, tu avais dit qu’elle lui attaquait la jambe et des génitoires. Le joueur a donné un oui pour la jambe mais pas pour ses parties génitales, ce qui a permis de poser des limites de jeu et de voir la limite de chacun sans pour autant que ça ait été un élément "interrompant" le jeu. J'ai trouvé ce moment marquant, voyant que chacun avait sa propre sensibilité et qu'on était là dans une ambiance bienveillante (non que ce soit malveillant de base, mais plutôt que le non était aussi accepté que le oui). J'aime aussi le détail de cette proposition qui avait spécifiquement pour but de mettre dans une situation délicate, en tant qu'outil permettant de définir des bornes pour la fiction à venir.
J'espère être plus présent / prendre plus de décisions avec l'ensemble du groupe à ton retour sur Paris si une promenade sludgecore est reprogrammée haha.


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