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#251 31 Oct 2013 11:51

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

UN PASTAGA POUR L’ETERNITÉ

Joué le 18/10/13 avec Raphaël (Chichois) et Alex (Louisette)

4ème et dernier playtest de ce scénario Sombre Zero, avec Raphaël, qui a vécu deux ans à Marseille ! Ce fut aussi l’occasion d’initier Alex au jeu de rôle et de montrer qu’un déambulateur peut être une arme mortelle ! C’était d’ailleurs amusant de constater qu’Alex voulait souvent créer des éléments de décor et faire des actions héroïques. Le pauvre, j’ai dû le brider un peu, mais ce fut pour la bonne cause !


Les PJ

Chichois (joué par Raphaël)
Dette : doit remplir le bar de Jeannot

Louisette (jouée par Alex)
Dette : doit donner le valium à Mémé Cunégonde (la mémé d’un des PNJ de l’expédition)

Les PNJ

Piqueboufigues
PNJ 3

Jeannot (membre de l’expédition)
PNJ 3

Mémé Cunégonde
PNJ 3
Mémé Cunégonde était en fait la mémé d’un membre de l’expédition. La logique des dettes veut que ce sont les membres de l’expédition qui reviennent se venger des PJ pour leurs dettes non acquittées, mais la Mémé faisait un antagoniste nettement plus sympa ! En l’occurrence elle devient une psychokilleuse parce que Louisette ne lui a pas donné son valium.

Système :

J’ai testé les marelles au format Sombre zero. J’écris sur la marelle le nom de la zone ou j’y dessine un plan, et je place les tuiles des personnages dessus ou à côté. Ça marche très bien, et j’ai renouvelé l’expérience pour tous mes autres playtests Sombre zero !

Fiction :

L’inconvénient des playtests précédents, c’est que je ramenais beaucoup les choses sur la dette de Piqueboufigues. J’ai essayé de me faire davantage violence pour exploiter les dettes des PJ.
Je commence comme d’habitude, sur une partie de boules sur le vieux port avec Piqueboufigues.  Une boule part au fond du port, Chichois va la chercher. En attendant, Louisette va chercher du pastaga au bistrot. Elle dĂ©couvre des projections de peinture jaune et un seau vide Ă  l’intĂ©rieur, puis rejoint Chichois au fond du port couvert de vase sĂ©chĂ©e. La boule a roulĂ© le long d’un tunnel d’égout assez grand pour qu’on puisse y marcher mais c’est sombre et le sol est constellĂ© de milliers de rats crevĂ©s. Louisette et Chichois vont rĂ©cupĂ©rer un briquet (et des cigares) dans un bar-tabac abandonnĂ© du vieux port et retournent explorer l’égout. Ils trouvent la boule mais entendent un bruit mĂ©tallique qui se rapproche d’eux rapidement.
clonc-clonc.
clonc-clonc.
clonc-clonc- clonc-clonc- clonc-clonc- clonc-clonc- clonc-clonc !

C’est Mémé Cunégonde, elle a pas eu son valium et elle est furax !
Louisette imagine un instant de la bloquer en improvisant une barricade à base de rats crevés, mais doit se rendre à l’évidence que c’est impossible.
Alors Louisette et Chichois prennent la fuite. Apparemment, Mémé ne les suit pas.
De retour au boulodrome, Piqueboufigues a disparu. Louisette et Chichois se replient vers le bistrot. Ils découvrent le comptoir miraculeusement regarni de bouteilles (dette dont Chichois devait s’acquitter), et Piqueboufigues enfermé dans les toilettes, couvert de peinture jaune, en calbut et avec un rouleau de peinture enfoncé dans la bouche en guise de baillon. Une fois libéré, il leur explique que c’est Monique qui l’a agressé. Les PJ s’improvisent des armes avec des tessons de bouteille. Ils inspectent l’arrière-boutique et tombent nez à nez avec Jeannot qui trucide Chichois en le traitant d’enculé. Piqueboufigues (devenu le PJ de rechange de Raphaël) s’enfuit. Mais dehors, il trouve Monique armée d’une raclette à peinture et qui promet de lui escagasser les roubignolles avec.
Repli de Piqueboufigues dans l’arrière boutique et montage de barricades avec des caisses de pastaga. Louisette a fait un escalier avec des caisses pour atteindre la vitre du soupirail. Mais derrière la vitre, elle aperçoit 4 tubes de metal… Le déambulateur de Mémé !
Et là, grosse boucherie. Pour une raison qui m’échappe, Louisette et Piqueboufigues échangent leur poste, ce qui laisse le temps à Mémé de péter la vitre du soupirail avec son déambulateur et à Monique de pousser la porte de l’arrière-boutique malgré les caisses qui bloquent. Piqueboufigues se mange des éclats de vitre dans la gueule, Louisette improvise une arme de guerre avec son briquet et ne parvient qu’à se brûler le visage. Piqueboufigues tente de passer à travers le soupirail et se fait massacrer à coup de déambulateur, et Louisette est achevée à coup de raclette à peinture…
Il s’en est fallu de peu pour que les PJ ne survivent ! À mon humble avis, leur erreur a été de se barricader dans l’arrière-boutique, et aussi de miser sur des expédients à la Mac Gyver quand la fuite ou l’attaque directe auraient été plus payantes !

Enfin, ce dernier playtest d'Un Pastaga… m’a permis de finaliser le paradigme du scénar. Au départ, les membres de l’expédition étaient morts, les PJ jouaient aux boules avec leurs crânes sans s’en rendre compte et les antagonistes étaient les fantômes des membres de l’expédition… Maintenant, les choses sont plus élégantes et encore plus teintées d’humour noir : Les membres de l’expédition ont survécu mais ils ont pété un câble en voyageant dans le désert, et ils reviennent trucider leurs amis restés à Marseille, pour des prétextes complètement futiles. Une grande leçon de morale puisque ce scénar nous enseigne qu’il ne faut pas être paresseux et toujours tenir nos promesses en temps et en heure !


Auteur de Millevaux.
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#252 07 Nov 2013 09:02

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

LE TRESOR DU VORGNE

Joué le 19/10/13 à la Convention Scorfel à Lannion avec Clément (Sylveric) & Cyril (Miel)

Je suis dyslexique des dates. Une maladie grave qui m’a souvent porté préjudice quand j’organisais des évènements associatifs et qui a m’a encore frappé durement cet automne. Je croyais dur comme fer que la convention Scorfel avait lieu le 12/13 octobre, une semaine avant le Festival de l’œil Glauque dont je suis un inconditionnel. J’avais donc répondu à la sympathique insistance de Kirdinn (dont on doit un CR de Sombre sur ce forum) et d’Elodie, l’organisatrice de la convention (qui a très aimablement relu mon inextricable scénario Eux pour Millevaux Sombre). L’occasion rêvée de sortir de mes lieux de convention habituels, tout en restant en Bretagne (je ne me déplace pas en dehors. Oui, Nantes c’est en Bretagne), et de me retrouver sur une convention avec des auteurs de roman ! (parce que bon, même si la moitié des auteurs de JDR ont un roman dans leur tiroir, ce n’est pas trop l’occasion d’en parler en convention JDR pur). Je m’étais même tellement engagé que je me suis proposé pour organiser un débat avec les dits auteurs. J’ai d’ailleurs fait non pas un mais deux débats, et ce fut une super expérience. Le souci, c’est qu’à un mois de l’évènement, j’ai réalisé que la convention Scorfel n’avait pas lieu le 12/13 octobre comme ma dyslexie des dates me l’avait fait accroire, mais le 19/20 octobre… en même temps que le Festival de l’œil Glauque. Gros dilemme. J’adore le Festival de l’œil Glauque, j’y ai plein d’amis, mais la convention de Lannion s’est tout autant engagée à mon égard. Finalement, j’ai du faire mon choix sur la base de ma programmation : j’avais prévu une conférence sur le jeu de rôle d’horreur au FOG, qui n’engageait que moi, alors qu’à Scorfel j’avais engagé plusieurs auteurs dans deux débats. J’ai donc annulé le FOG.

Si l’on omet cette ombre au tableau, je garde un très bon souvenir de la Convention Scorfel, programmation exemplaire pour un premier opus, équipe très sympa, du goulasch à volonté, des super échanges… Je reviendrai l’année prochaine si ça ne tombe pas en même temps que le FOG ! Je remercie encore Elodie et toute son équipe qui ont fait du super boulot.

Mais revenons à notre playtest. En théorie, j’avais déjà playtesté Le Trésor du Vorgne 4 fois, mais Johan m’avait signalé que le plan posait problème, car ne tenant pas sur une tuile. J’aurais pu réduire le plan mais l’idée m’est venu de plutôt gérer avec des marelles (vous savez, le concept pour gérer facilement des bastons tactiques que vous pouvez retrouver dans le Livre Source de Millevaux Sombre). Congruence avec le format Sombre Zero oblige, il ne fallait pas des marelles grandes et rondes, mais des petites marelles carrées, format tuile. Il fallait donc que je teste Le Trésor du Vorgne une nouvelle fois, avec des marelles.

Ce qui m’amène à une deuxième idée : la démo flash sur le stand. Sombre Zero permet des démos flashs et, je n’ai pas peur de le dire, dynamite l’idée qu’on se fait d’une partie de jeu de rôle. Avoir une partie de vrai jeu de rôle, fun, en un quart d’heure, ça me botte, parce que c’est infiniment mieux que pas de partie du tout et parce que ça, plus le format des fiches de perso, plus l’absence de stylo, ça donne vraiment à réfléchir sur ce qu’est un jeu de rôle, et ça ouvre plein de portes pour l’avenir. J’en parle parce que ma façon de jouer et de designer des jeux a sensiblement évolué depuis les démos courtes en Sombre classic puis les démos flash.

A Eclipse, j’avais vu Johan monter des démos flash d’Overlord, puis de Deep Space Gore sous Sombre Zero. J’avais observé qu’à chaque fois, ça démarrait sur une proposition à un rôliste isolé à qui il demandait de recruter 2 à 5 joueurs supplémentaires. Ensuite, Johan quittait son stand et se mettait en quête d’une table pour jouer. Maintenant que j’avais mes propres scénarios Sombre Zero, je voulais faire pareil, mais sans quitter mon stand. Ce que j’ai donc fait, à Scorfel, puis la semaine suivante aux 24 H du Jeu, c’est que je lançais la démo directement sur le stand, avec les joueurs qui se présentaient à moi. Nettement plus rapide. L’avantage, sur Le Trésor du Vorgne, c’est que les gens de passage sur le stand regardaient et analysaient la partie. Et rien de tel qu’une démo flash bien speed pour montrer à la populace que Sombre, et Millevaux Sombre, ça dépote grave.

Là où j’ai loupé le coche, c’est que j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’intégrer des joueurs en cours de route, et je ne l’ai pas fait. C’est dommage car j’avais du supporting cast, voir des antagos, à confier aux curieux. Et là, la boucle serait bouclée. On arrive au jeu de rôle en table ouverte, tel que le concevait Imaginez.net, ce qui est le parangon de la démo. A creuser pour les prochaines conves !

Les PJ

Sylveric (Clément)
C’est Sylveric qui détenait le sac d’or.

Miel (Cyril)
Miel Ă©tait le complice de Sylveric.

Les PNJ

Carbonnier
PNJ 3
L’Amanite
PNJ 3
Le Vorgne
PNJ 5

Fiction :

J’ai conservé toujours la même intro, en confiant à mes deux PJ les rôles du voleur d’or et de son complice. Miel et Sylveric ont joué coop pendant la première partie, ce qui leur attiré la haine et les coups de pioche de l’Amanite et de Carbonnier, comprenant la complicité des deux PJ. Miel a sans doute été un peu bonne poire : il s’est précipité vers le cercle intérieur pour aider Sylveric et a tenté de tuer le Vorgne alors que Sylveric a fui la zone dès qu’il a pu. Au final, Miel est mort sous les coups du Vorgne et de ses acolytes !
Une partie très nerveuse, avec des spectateurs, dont mes voisins de stand, Gabriel Féraud et Romaric Briand. L’essai de la démo sur stand est transformé, je le referai. L’emploi des marelles simplifie la gestion des déplacements (on passe de 16 cases à 4 cases) et donc le jeu tactique (c’est toujours plus facile de jouer tactique quand on comprend bien les possibilités de jeu qu’on a), donc je conserve et valide ce scénario pour la rédaction finale ! Un seul regret toutefois : ne pas avoir pu tester avec plus de deux joueurs.

A noter pour rédaction finale :

J’ai permis les attaques rapprochées d’une marelle adjacente vers l’autre. C’est une entorse par rapport à ce que je préconise dans le Livre Source mais j’ai considéré que les marelles étaient de petite taille dans ce cas. Ça permet de rendre le scénario vraiment meurtrier en favorisant le PvP.

Autre entorse, cette fois-ci aux règles de Sombre, je ne compte pas la parole comme une action parce que je veux que les persos vident leur sac tout en se battant. Je vais le noter comme une routine dans la partie feedback.

Le rôle de la pelle et celui de la pioche n’ont jamais été devinés par les joueurs. Je dois prévoir qu’il soit annoncé dès le briefing, sinon ces instruments ne seront jamais utilisés comme autre chose que des armes (rappel : la pelle permet de s’enterrer en bordure de la fosse, la pioche permet de s’amarrer à la carcasse de chevreugne et à la souche dans la fosse).


Auteur de Millevaux.
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#253 09 Nov 2013 09:11

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
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Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

UN TRAMWAY NOMME MARTYRE 3

Joué le 19/10/13 à la Convention Scorfel à Lannion avec Elodie (servel) et Gabriel Féraud (rhaaa je me souviens plus du nom de son perso)

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Thomas Hawk, licence CC BY NC, galerie sur flickr.com


Suite des parties à la Convention Scorfel avec la nuit « Perdus dans les Forêts Zero ». Au programme, il était prévu d’enchaîner autant de scénars Millevaux Sombre Zero. Bon, ça n’a pas démarré sur les chapeaux de roues. Alors que nous nous régalons avec le goulasch préparé avec amour par les orgas, Elodie, la maîtresse de cérémonie de la conv, fait un dernier appel pour les parties du soir. Et là, alors que j’avais annoncé 6 places disponibles, je n’ai que deux inscrits. Cyril qui ne répond pas à l’appel… et Elodie, qui me fait l’honneur de soutenir Millevaux Sombre à donf’ en ayant été relectrice pour « Eux », en m’ayant invité à Scorfel et en ayant négocié avec les autres orgas pour se libérer pour jouer avec moi.

Je sais pourquoi je n’ai pas eu de monde à ma partie. Autant beaucoup de choses étaient cool à Scorfel, autant les inscriptions se limitaient à une liste de noms de jeux. Certes, j’avais préparé un synopsys et un visuel pour le site, mais sur place, pas de visuel pour le scénar. Dans ces cas-là, les joueurs se dirigent préférentiellement vers les jeux connus. Bon, rien de grave ! De un, je sais que Scorfel fera mieux la prochaine fois, de deux j’aménerai un visuel de secours pour les prochaines conv, de trois je crois que je demanderai à ce qu’on dise bien Millevaux Sombre, et pas juste Millevaux, histoire de profiter de la réputation de la licence.
Au final, Gabriel Féraud (Manga Boyz, les Princes d’Ashora), qui m’a fait le plaisir d’être mon voisin de stand, est assez aimable pour se joindre à nous et rendre cette nuit Sombre Zero possible ! Le temps qu’Elodie soit disponible, nous avons commencé assez tard, mais ce fut d’autant plus appréciable d’avoir du matériel aussi léger pour jouer.

Les PJ
Servel
PJ 3
Le perso de Gabriel
PJ 3

Les PNJ
Sanglier
PNJ 3
Tribu
Groupe, tire des sagaies, cause une Blessure par Tour Ă  tous les humains en dehors du tramway

Fiction :

Je me rends compte d’un truc marrant. Personne ne monte dans l’arbre pour rĂ©cupĂ©rer la massue. C’est d’autant plus marrant qu’il n’y a pas de piège ! Il faut que je note qu’être dans l’arbre protège des tirs de sagaie, histoire de le rendre plus appĂ©tant. Dois-je aller jusqu’à faire dans le choix informĂ© ? (i.e. dire Ă  voix haute : il n’y a  pas de piège dans l’arbre !).

Sinon, comme d’habitude, ce scénar a été très court, je dirais une demi-heure.
Pas de PvP entre joueurs, c’est Servel qui est mort sous les coups du Sanglier, bien avant d’avoir le temps de comprendre le principe de l’initiation. Dans ce scénar, il faut comprendre que les gars de la tribu font subir une initiation aux PJ, et ce sera le dernier survivant qui sera accepté au sein de la tribu. Le truc, c’est que pour le comprendre, il faut soit récupérer le parchemin sur la massue (et réussir un jet de Niveau pour le lire -> ok, ça fait de l’échec forcé, il faut que j’admette une lecture automatique), soit attendre quelques Tours que la tribu perde patience et leur crie ce qu’ils doivent faire. Finalement, personne n’a jamais lu le parchemin, et l’avertissement verbal de la tribu n’a eu lieu que dans un playtest. Il faut que je me mette un compte à rebours pour y penser. Genre, l’avertissement de la tribu arrive au bout du troisième Tour à partir du moment où quelqu’un est sorti du bus.

*
**



UN TRAMWAY NOMME MARTYRE 4

Joué aux 24 H du Jeu (Morbihan) le 26/10/13 avec Anaïs (République) & Hugo (Trafalgar)

Aux 24 H du Jeu, je remets le couvert de la démo Sombre Zero sur stand avec un dernier Tramway Nommé Martyre ! Je venais tout juste d’initier Hugo au jeu de rôle avec Marins de Bretagne, ce fut l’occasion de tester son éclectisme en passant sans transition dans l’impitoyable univers de Millevaux ! Hugo s’est avéré un excellent néophyte et a d’ailleurs enchaîné le soir avec brio en participant à mon scénar long, «Cuisine aux Orgones ».

Je retiens la propension des néophytes à s’accorder de grandes libertés créatives. C’est à la fois appréciable et déroutant. Dans le tramway, le sol est jonché de débris visqueux. Lorsque République enlève les planches des fenêtres, Trafalgar peut voir ce que sont les débris. Hugo déclare alors que son personnage crie car il s’agit d’une bête crevée. J’ai dû lui expliquer que c’était au MJ de dire ce qu’il découvrait (et en l’occurrence, ce sont des restes humains en bouillie). Il faut dire qu’on sortait juste de Marins de Bretagne, qui est en narration partagée, pour passer à du tradi de chez tradi, dur la transition ! Cela dit, je maintiens que Sombre fonctionne parce qu’il est tradi (encore que Sombre quickshot, c’est un peu tangent… Mais je m’égare.)

Pas de surprise avec ce dernier test, partie à nouveau très courte, cette fois je crois que c’est République qui meurt, à nouveau sous les coups du Sanglier.

J’avais remplacé les tirs de sagaie par des tirs de flèche, c’était mieux car les sagaies pouvaient être recyclées en armes.

note pour scénar final :

limiter les armes improvisée à une du même genre. Une arme à base de planche, une à base de tubulure métallique, etc…
Possibilité d'espacer les tirs de flèches à un tous les deux Tours pour faire durer la partie ?


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#254 09 Nov 2013 11:20

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

Elodie a Ă©crit :

Je précise juste que j'ai bien pensé à un piège dans l'arbre (massue et parchemin en évidence, ils ne sont pas arrivés là par hasard), mais vu la situation j'ai quand même vraiment essayé de les attraper ou même de grimper dans l'arbre. Mais je n'ai juste pas réussi... mauvais jets de dés ! ;)


Bonne mise en bouche, mais j'ai très largement préféré le deuxième scénario, je suis un peu comme un diesel, il me faut du temps pour entrer dans l'ambiance d'un jeu et 1/2 c'était un peu court...


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#255 13 Nov 2013 18:50

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

CROMLECH

Joué le 19/10/13 à la Convention Scorfel avec Elodie (Eilin la fouine), Gabriel Féraud (Tewennog Tête d'Ecorce), Cyril « Spacek » (Duncan Mc Cimwair)

Cromlech était mon scénar mal-aimé de ma série Sombre Zero, c’est maintenant mon petit chouchou.
Pour la suite de la nuit Millevaux Sombre Zero, Cyril nous rejoint au cours de la première demi-heure de jeu de Cromlech. Je lui confie alors un membre du supporting cast.
C’est parti pour une heure et demie de jeu dans les archipels désolés de l’Ecosse.

Les PJ

On joue en Sombre Zero rédux (comme tous mes scénars) avec l’option qui permet de donner un Avantage à chaque PJ, histoire de les typer et d’allonger leur durée de vie.

Eilin la Fouine (joué par Elodie), espionne
Avantage : vigilante.

Tewennog Tête d'Ecorce (joué par Gabriel Féraud), druide
Avantage : artefact. Pour coller avec l’idée que Tewennog est un druide blanc, je lui ai donné comme artefact un serpent guérisseur. Si on donnait une blessure à mordre au serpent, il en absorbait le mal, ce qui permettait de guérir d’un cran (passer de mutilé à blessé, ou de blessé à indemne). Il était à usage unique (le serpent fuit ensuite pour digérer le mal). C’est peut-être un chouïa contre l’esprit de Sombre de permettre une guérison, mais ça reste très limité et donne lieu à d’intéressants dilemmes pour le druide.

Duncan Mc Cimwair, fils du chef
Avantage : ambidextre. Je le gérais de cette façon : tant que Duncan avait ses deux épées, il pouvait jeter 2d6 en attaque et choisir le meilleur. (c’est un tout petit moins bourrin en Sombre zero redux qu’en sombre zero de base puisque l’avantage permet seulement d’avoir plus de chance de frapper mais ne maximise pas les dommages).

Les PNJ

(ils sont tous PNJ 3)
Beatrix Mc Allister, guide
Avantage : Tir
Ewinor, pĂŞcheur
Morag, sorcière
Le Corax Albinos
Troupe de Bouches Pourries
(Groupe, inflige 1 dommage Ă  chaque perso dans la mĂŞme marelle que lui.)

Fiction :

L’intro au village avec l’évasion de Morag de son bûcher sous forme de corbeau, s’est passée comme d’habitude. Les PJ n’ont pas jugé utile d’enquêter dans le village (je me demande si je ne vais pas skipper cette possibilité) et sont partis de suite.

Sur leur voyage, j’ai innové en leur faisant traverser le territoire des McKinley, guerriers braves et farouches réfugiés dans leurs tours de guet sur pilotis à flanc de falaise. Les McKinley reçoivent les PJ dans la tour car ils respectent leur clan. Ils expliquent que Morag a survolé leur territoire, que leur druide a voulu la combattre en prière et qu’elle a gagné le duel et que le choc en retour a tué leur druide de la plus horrible des façons. Mes PJ, habiles négociateurs, demandent à ce que des guerriers du clan McKinley les accompagnent. Ils refusent mais offrent des poissons et un bouclier (usage unique, permet d’ignorer une blessure et casse ensuite) que le pleutre Tewennog s’empresse d’accepter.

Les PJ remontent vers le nord et atteignent une rivière qui charrie des milliers de poissons morts. La nuit tombe. Les PJ croisent une barque de pêche du clan des pêcheurs qui trie les poissons morts dans leurs filets pour en dénicher quelques uns qui seraient encore vivants et consommables. Les entrailles des poissons morts sont nécrosées, ils sont immangeables. Ceux-ci sont vêtus de gros gilets de laine et de chaussures en peau de poisson. Ils se méfient des inconnus mais la bonne réputation du clan des PJ finit par les calmer. Ils acceptent de parlementer avec les PJ si ceux-ci abaissent leurs armes et montent à bord du bateau pour les aider à trier les poissons. Les PJ acceptent et ce faisant apprennent que Morag est sûrement retourné sur l’île du Clan des Bouches Pourries. Ils demandent de l’aide et les pêcheurs acceptent de les convoyer jusqu’à l’île, mais ils n’iront pas plus loin. Les PJ demandent des habits pour se vêtir comme les pêcheurs, amarrent leur barque à celle des pêcheurs et la camouflent en la recouvrant de filets (parce que la barque des PJ a un look de mini-drakkar très va-t-en guerre pas adapté pour une approche discrète).

L’embarcation remonte alors vers l’île et se fait accoster par une barque de Bouches Pourries armés de lances. L’un d’eux passe sa lanterne pour inspecter le contenu de la barque des pêcheurs. Les pêcheurs font mine de trier les poissons et baissent la tête. Eilin la Fouine, fière et curieuse, tente de fixer les Bouches Pourries, mais sentant qu’ils sont animés de colère et de suspicion à ce geste, finit par baisser les yeux. J’ai vraiment beaucoup la tension de cette scène. J’avais improvisé l’inspection par la barque des Bouches pourries (dans les deux premiers tests, on n’en rencontrait pas avant d’être dans leur village) pour l’ambiance, mais les PJ ont été avisés de ne pas déclencher un combat qui aurait plombé leurs forces avant le climax, voire aurait pu se solder par un Total party kill, il aurait alors fallu repartir avec des PJ pêcheurs.

Les pêcheurs donnent au PJ le choix entre accoster sur la plage en vue du village ou sur la crique reculée, les PJ choisissent la crique. Les PJ insistent pour avoir plus d’aide de la part des pêcheurs. L’un d’eux, le brave Ewinor, harmé d’un harpon à poisson, se dévoue pour rester avec eux. Eilin et Beatrix escaladent en premier, et Beatrix se propose d’aller en éclaireur, ce qu’Eilin accepte. Plus tard, on entend Beatrix crier, elle a du se faire choper. Tewennog, Duncan et Ewinor escaladent la falaise à leur tour. Sauf que l’escalade de la falaise ne se passe pas très bien, Duncan fait une chute et passe d’indemne à blessé. Tewennog fait alors preuve d’abnégation en sacrifiant son serpent guérisseur pour ramener Duncan à indemne.
Eilin se propose d’aller en avant retrouver Beatrix. Je lui demande si elle emprunte le sentier côtier qui va vers le village (plus direct, mais pas discret) ou passe par les bruyères (lent, mais discret), Eilin opte pour les bruyères, donc je sais qu’elle ne sera pas assez rapide pour empêcher les Bouches Pourries de dénuder Beatrix et de la ligoter au Cromlech.

Eilin arrive au village. Elle tombe sur un garde Bouche Pourrie isolée et le tue avant qu’il ne puisse donner l’alerte (j’applique son trait Vigilant, et je gère la baston en narratif pur). Duncan, Ewinor et Tewennog la rejoignent bientôt. Depuis la bordure du village, ils peuvent voir le cromlech avec les Bouches Pourries attroupées, les corbeaux perchés sur les trois pierres levées, Beatrix prête à être sacrifiée par Morag en l’honneur du Corbeau Albinos. Déjà j’ai posé mes marelles et on va lancer la situation de stress extrême. Ils réalisent que ça va être coton d’arriver jusqu’au Cromlech. Tewennog, contredisant l’image de lâche qu’il donnait jusqu’alors, court vers l’autre extrémité du village et se met à jouer de la cornemuse pour attirer les Bouches Pourries à lui. Les PJ n’ont pas de feuille de matériel dans ce scénario. En théorie, il eut fallu l’avantage Objet pour que je valide la cornemuse, mais c’était vraiment trop beau ! De surcroît, c’était assez cohérent de la part d’un druide écossais, peut-être cumulant la fonction de barde, de posséder une cornemuse. En tout cas, félicitations à Gabriel pour cette super idée.

Le plan fonctionne, les Bouches Pourries convergent vers Tewennog et le massacrent (j’ai géré en narratif). Je redonne Ewinor à jouer à Gabriel et il fonce vers le cromlech avec Duncan et Eilin. Je lance un chrono de trois tours, à l’aide de la tuile de perso d’Eilin : à mesure que Morag lui ouvre le ventre, elle encaisse une Blessure. (Je me rends compte que ça coince parce que j’ai permis à Morag d’attaquer les PJ en même temps. Je devrais plutôt dire que Morag ouvre le ventre de Beatrix avant l’arrivée des PJ et que les Blessures sont des pertes de sang). Les PJ ne sont pas assez rapides au combat pour sauver Beatrix. Le rituel est alors presque achevé. Shub-Niggurath commence à apparaître au sommet du Cromlech. (et là on est content d’être sous Sombre Zero, pas de cochage d’esprit !). Là, je suis obligé de dire aux joueurs qu’il est encore temps d’empêcher le pire, il suffit pour cela de réussir à tuer l’un des deux officiants. Je ne précise pas qu’il s’agit du Corbeau Albinos. (en terme de scénarisation, c’est pas top, il faudrait que je puisse le faire comprendre par le roleplay. A cogiter). Du coup les PJ restent dans le combat et parviennent à tuer Morag et le Corbeau Albinos. Shub-Niggurath disparaît faute d’avoir pu fusionner avec le Corbeau Albinos. Je ne me rappelle plus du body count, mais je crois qu’un autre PJ est mort pendant cet ultime combat. Après, il va de soit que l’avenir des PJ survivants est fort compromis à la fin du climax, car il reste les Bouches Pourries et les corbeaux à gérer… L’aspect horrifique du scénar est dans le fait que l’expédition est un aller sans retour. Survivre au climax ne signifie pas survivre tout court.

Note pour rédaction finale :

En fait, il faut que je trouve un nouveau nom pour le clan des PJ. Il s’appelait le Clan des Pierres levées mais c’était ultra confusant avec le cromlech des antagonistes. Je vais sûrement dire que c’est le clan des macfarland, celui qui la meilleure réputation dans l’archipel, ce qui met un peu d’huile dans les négociations avec les PNJ des autres clans.

Gabriel a joué, jusque à l’arrivée sur l’île des Bouches Pourries, un druide particulièrement lâche, suggérant à maintes reprises de renoncer à retrouver Morag. Je ne l’ai pas trop rappelé à l’ordre parce qu’Elodie le faisait à ma place par l’intermédiaire de mon perso, et parce que lors du climax, le comportement du druide s’est complètement inversé, puisqu’il a d’abord sacrifié son serpent de guérison pour soigner Duncan et qu’ensuite il s’est littéralement suicidé pour aider le groupe en attirant les Bouches Pourries à lui. Mais je dois quand même noter dans le briefing que, comme dans le scénario La Guerre des Miasmes, les PJ ont une mission et qu’ils ne doivent pas faillir. Sinon, impossible de les amener au climax.

+ rajouter une cornemuse dans l’équipement des PJ !


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#256 14 Nov 2013 17:39

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

Pikathulhu a Ă©crit :

Si on donnait une blessure à mordre au serpent, il en absorbait le mal, ce qui permettait de guérir d’un cran (passer de mutilé à blessé, ou de blessé à indemne). Il était à usage unique (le serpent fuit ensuite pour digérer le mal). C’est peut-être un chouïa contre l’esprit de Sombre de permettre une guérison

Oh tu sais, je le fais dans DSG...

Les variantes sont pile poil l'endroit pour faire des trucs qu'il ne serait pas opportun/pratique/intéressant de faire dans Sombre classic. C'est même un peu beaucoup pour ça qu'elles existent.

L'intérêt de la guérison en Sombre zéro, c'est que le gameplay s'y prête bien, vu que y'a pas de cochages à effacer (ce qui est le Mal absolu).

Bon, ce n'est quand même pas quelque chose que je systématiserais. Ça tirerait trop vers l'aventure. Mais je ne me l'interdis pas comme en classic.



il pouvait jeter 2d6 en attaque et choisir le meilleur. (c’est un tout petit moins bourrin en Sombre zero redux qu’en sombre zero de base puisque l’avantage permet seulement d’avoir plus de chance de frapper mais ne maximise pas les dommages).

Ouais. En SZ de base, ce serait monstrueux.



Shub-Niggurath commence à apparaître au sommet du Cromlech. (et là on est content d’être sous Sombre Zero, pas de cochage d’esprit !).

bcbig_smile


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#257 15 Nov 2013 07:16

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

Elodie a Ă©crit :

Merci pour ce compte-rendu !
De mémoire, je vois juste deux points à préciser :
1. C'était pas gagné avec les pêcheurs, ils étaient presque agressifs... Mais on a proposé de leur laisser de la bouffe, et immédiatement leur attitude a changé jusqu'à nous aider franchement.
2. C'est Duncan qui a proposé de "sacrifier le druide"... ce qui ne retire rien à l'héroïsme d'avoir accepté, d'autant plus plus ça a vraiment été présenté comme ça ^^'


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#258 16 Nov 2013 09:26

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

BARBAQUE !

JouĂ© le 19/10/13 Ă  la Convention Scorfel avec Gabriel FĂ©raud (Delco),  Cyril « Spacek » (Starter) et ClĂ©ment (Bielle)

Telle Cendrillon, Elodie doit nous quitter après les douze coups de minuit pour s’acquitter de son devoir d’orga. Mais Clément, qui avait joué au Trésor du Vorgne dans l’après-midi, rejoint notre table au débotté ! C’est cool ! J’aurais d’ailleurs pu gérer encore mieux, car Clément était dispo une demi-heure avant. Si je lui avais confié un PJ de rechange, il aurait pu participer au climax de Cromlech. Next time l’esprit total table ouverte !

Avec cet équipage recomposé, nous poursuivons cette nuit « Perdus dans les forêts zéros » avec le troisième playtest de Barbaque !

LES PJ

Jadis, c’était les PJ d’un Tramway nommé martyre qui avaient des noms en lien avec le garage et les PJ de Barbaque ! des noms en lien avec le voyage. Comme finalement, les PJ d’un Tramway nommé martyre ont des noms de station de bus/métro/tram, les PJ de Barbaque ! ont maintenant des noms en lien avec le garage. Plus stylé que le voyage comme thème et plus en lien avec un scénario très motorisé, presque un Mad Max à la Millevaux.
Ça donne :
Delco (joué par Gabriel)
Bielle (joué par Clément)
Starter (joué par Cyril)

Supporting cast

Julio Essuie-Glaces
PNJ 3
(j’ai oublié de mettre en scène son chien Enrique !)

Les antagonistes

Desireless, chef des Expiatistes
PNJ 4
2 Expiatistes
PNJ3
Monsieur Clément
PNJ3
Papa ours zombie
PNJ 5
Maman ours zombie
PNJ 4

Fiction :

Je crois qu’on avait besoin de décompresser après l’ambiance pesante de Cromlech. Surtout Gabriel, que je soupçonne d’être un boute-en-train. Le nom du scénar, cumulé à l’amorce ambiance restoroute cradingue, nous a tous fait basculer en mode déconne. Je veux dire qu’on a joué le scénar normalement mais on s’est bien marré tout du long, hormis lors du climax où la tension est bien montée. Excellent souvenir !

L’amorce à l’Auberge de la Grande Barbaque est l’occasion pour les joueurs de camper des antihéros cradingues et de faire connaissance avec Julio, le convoyeur aussi filou que naïf. Gabriel, homme de calembours s’il en est, l’affuble aussitôt du sobriquet de Julio Essuie-Glaces, proposition que je reprends à mon compte en décrétant que Julio porte des essuie-glaces en guise de cravate.

Désireless et sa clique d’expiatistes font irruption dans l’auberge. Alors que Starter affronte héroïquement Desireless, Bielle et Delco jouent la fille de l’air par les échafaudages-dortoirs. Delco veut pousser un dormeur sur Desireless mais ce dernier ne se laisse pas faire (jet de Niveau raté pour Delco). Alors, Delco le repousse contre le vitrail. Le dormeur le traverse et s’écrase au sol à l’extérieur. Delco et Bielle s’en servent alors comme matelas pour sauter dehors sans se faire mal. Ça vous pose des héros pour commencer !

Starter tue Desireless et tente de prendre la fuite avec Julio. Il doit encore se friter avec un autre Expiatiste, mais rompt le combat avant d’y passer et prend la fuite, à Mutilé.

Nos PJ et Julio foncent vers le parking et Julio démarre le buggy. Je sens les joueurs nettement plus pressés de décarrer que lors du playtest précédent. Je les sens aussi en mode pas naïf. J’oublie mon idée de Monsieur Clément qui fait du stop au bord de la Voie Déchue et je le fais apparaître parmi la foule et sauter direct dans le buggy. Mais mes PJ, mi-méfiants, mi-salauds, le dépouillent de sa besace et le rejettent dans la boue (deux PJ contre un PNJ plutôt mou le jour, j’ai géré en narratif). Exit mon deuxième antago ! Je ne me démonte pas. Plutôt que de chercher à replacer mon Monsieur Clément à toutes forces, j’apprécie la chance et la prudence des joueurs et je me réjouis d’avoir une opportunité de placer mon troisième groupe d’antago, encore jamais testé.

Le buggy s’élance sur la Voie Déchue en direction de la Saxe. Il y a toujours cette malle noire sur la plateforme mais les PJ n’auront pas l’occasion de découvrir ce que c’est. Après avoir traversé les bouchons, il se retrouve bientôt seul, traçant dans le soleil couchant. Julio met la CB et on apprend par d’autres routiers qu’il y a des zonards en quad qui attaquent les bivouaqueurs. Ces zonards, récupérés de la campagne « Balade pour un Missile » qui est la suite de ce scénario (à lire pour savoir ce qu’il y a dans la malle), ne sont pas de vrais antagos mais des repoussoirs qui m’aident à faire aller les PJ là ou je veux, c.-à-d. vers mes vrais antagos.

La nuit tombe, Julio pique du nez au volant mais on ne veut pas bivouaquer à cause des zonards, alors Bielle prend le relais (jet de Niveau pour vérifier qu’il sait conduire). Il roule deux ou trois heures, et pense à un moment à remettre la CB. Il entend crachoter : « Ils sont là. ».

Je ne donne pas plus d’explication. Dans ma tête, c’est quelqu’un qui signale un troupeau de cerfs traversant la Voie Déchue. Rencontre tout aussi dangereuse pour un véhicule, cela dit. Croyant que la CB signale l’arrivée des zonards, Bielle déroute le buggy vers la forêt. Il s’enfonce de 500 mètres et s’arrête au pied d’une maison de pierre abandonnée. Elle n’a plus que le batî en pierre. Toits, portes et fenêtres ont disparu depuis longtemps et les herbes folles et les ronces tapissent l’intérieur.

Ça semble être l’endroit idéal pour bivouaquer. Bielle enlève le démarreur et le fourre dans sa poche histoire que personne ne vole le buggy. Sur les instructions de Julio, les PJ descendent la malle noire. Ça fait clonc-clonc dedans. Bizarre, on dirait un truc métallique d’une seule pièce, avec des cales. Ils n’en sauront jamais plus.

Les PJ rentrent dans la maison. Ils n’ont allumé aucune lumière et se fient sur leur nyctalopie latente de millevalien. Le seul meuble, c’est une grosse table en bois avec trois bols posés dessus. Il y un escalier de pierre qui monte à l’étage et une porte qui donne en face. Starter et Julio glissent la malle sous la table tandis que Bielle et Delco montent à l’étage en reconnaissance.
Alors que Bielle est en retrait dans l’escalier, Delco arrive sur le palier et découvre trois chambres. Il a le temps d’en visiter une. Le seul meuble c’est un lit de bois hyper mastoc, avec un sommier mais pas de matelas.

On entend un long grognement.
Par réflexe, Starter et Julio se planquent sous la table. Bielle voit ce qui se passe par les ouvertures. Julio aussi parce que, cédant à la curiosité, il a remonté la tête au dessus de la table. Il s’exclame, presque en murmure : « Sainte – marie – mère – de – Dieu ! ». Starter reste planqué, tétanisé de peur, ignorant de ce qu’est la menace exacte (j’ai décrit l’ours à Bielle en aparté).
C’est un ours noir immense, qui avance à quatre pattes vers la maison et rentre par la porte d’en face. Il a les yeux vitreux et sent la mort.

Delco regarde par la fenêtre de la chambre, qui donne sur le buggy. Il voit une femelle ours debout qui s’avance vers la porte d’entrée. Elle aussi a les yeux vitreux.

Papa Ours donne une grande baffe à Julio. Starter voit juste Julio valser deux mètres en arrière dans une gerbe de sang, il se fait le plus petit possible.

Bielle tente de frapper l’ours mais la bête est coriace et rend les coups. Delco saute par la fenêtre, Maman Ours le rate de peu et Delco se barre dans la forêt. Ben oui, impossible de repartir avec le buggy vu que Bielle a enlevé le démarreur ! Finalement, Starter sort de sa planque. A la vue de Papa Ours, il tente de se barrer vers le buggy… pour se retrouver face à Maman Ours !

Finalement, Starter et Julio périront sous les griffes des ours zombies. Quant à Bielle et Delco, ils se sont enfuis dans la forêt, blessés, sans buggy, sans malle, sans matériel ! Encore une fois, ça ferait un bon début de campagne !


PS :
Si Delco avait eu le temps d’explorer toutes les chambres, il aurait découvert un lit d’enfant à bascule dans lequel gisait un ourson mort…


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#259 16 Nov 2013 18:22

Thomas Munier
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Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

ClĂ©ment a Ă©crit :
Pikathulhu a Ă©crit :

LE TRESOR DU VORGNE

Joué le 19/10/13 à la Convention Scorfel à Lannion avec Clément (Sylveric) & Cyril (Miel)
Miel a sans doute été un peu bonne poire : il s’est précipité vers le cercle intérieur pour aider Sylveric et a tenté de tuer le Vorgne alors que Sylveric a fui la zone dès qu’il a pu. Au final, Miel est mort sous les coups du Vorgne et de ses acolytes !

Le rôle de la pelle et celui de la pioche n’ont jamais été devinés par les joueurs. Je dois prévoir qu’il soit annoncé dès le briefing, sinon ces instruments ne seront jamais utilisés comme autre chose que des armes (rappel : la pelle permet de s’enterrer en bordure de la fosse, la pioche permet de s’amarrer à la carcasse de chevreugne et à la souche dans la fosse).

Il y a juste un truc les noms des persos c'Ă©tait l'inverse. Mon perso s'appelait Miel et je m'en suis bien sorti.

Après c'est pas bien grave.

Autre chose par rapport au rôle de la pelle: "la pelle permet de s’enterrer en bordure de la fosse".
Je ne vois pas son interrêt: a priori si tu peux creuser c'est que le vorgne ne t'a pas attrapé donc plutôt que de passer une action à creuser, autant sortir du jeu. A moins que ça t'évite de prendre une attaque. De plus je pense que deviner son rôle est beaucoup moins aisé que celui de la pioche. En effet j'ai du mal à imaginer que quelqu'un va penser que creuser un trou pour s'enterrer ça va prendre juste une action. Donner un coup de pioche pour s'accrocher à une souche en une action c'est plus envisageable.

Voilà, voilà c'est juste pour débattre un peu.


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#260 23 Nov 2013 09:23

Thomas Munier
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Re : [Millevaux Sombre] Comptes-rendus

CUISINE AUX ORGONES

Joué le 26/10/2013 aux 24 H du Jeu avec Corentin (Ombre), Hugo (Versailles), Fabien (Yawiko), Louis (Klaus), Tristan (Vitello), David (Montserrat), Gurvan (Mask)

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crédits : adaptorplug, licence CC-BY-NC, galerie sur flickr.com

Cette année, le thème des 24 H du Jeu était l’Asie. J’ai toujours eu à cœur de respecter les thèmes des conventions quand il y en avait. Aussi j’ai sorti de la naphtaline mon scénario Millevaux Sombre « Cuisine aux Orgones ». Pas qu’il fasse partie de mes priorité de playtest ou de publication, mais c’est le seul que j’avais dans le thème, et même à fond dans le thème, puisque de Blade Runner au Festin Nu, Cuisine aux Orgones est un scénario futuriste, culinaire, biopunk et panasiatique à la fois complètement exotique dans ma collection de scénars Millevaux, et en même temps complètement représentatif du chaos post-racial de Millevaux que je décris dans l’Atlas, actuellement en relecture.

On ne peut pas dire que je partais la fleur au fusil. « Cuisine aux Orgones » est un scénario particulièrement difficile d’accès : c’est un scénar de commando hi-tech qu’on gère sous Sombre (pas spécialement le monstre simulationniste qu’on attendrait pour ce genre de contexte), sans même l’aide d’une feuille de matériel. On mélange des références toutes aussi obscures pour les rôlistes : les cultures asiatiques, le roman Le Festin Nu de William Burroughs, le film Blade Runner de Ridley Scott et la BD Le Sommeil du Monstre du Bilal, qui si elles parlent à ceux de ma génération, parle déjà beaucoup moins aux 18-20 que j’avais le plaisir d’avoir à ma table ce soir-là.

Pour ajouter de la difficulté à la difficulté, par la magie d’un système d’inscription doublé (un à mon stand et un au stand jeu de rôle), je me retrouve avec 7 joueurs pour un scénar prévu pour 6. Parmi eux, Hugo, Fabien et David, trois débutants complets ! J’avais juste initié Hugo l’après-midi même avec Marins de Bretagne et Millevaux Sombre Zero. J’avais aussi quatre joueurs, Corentin, Louis, Tristan et Gurvan qui avaient joué avec Johan lors des précédentes 24 H du Jeu (enfin, peut-être pas tous si j’en crois le compte-rendu de Johan, mais ils m’avaient pourtant l’air de bien connaître). Si de leur côté, j’étais certain de l’adhésion à Sombre, j’étais moins certain de l’adhésion au style de ce scénario (très différent du quickshot « From Russia with blood » joué avec Johan). Mais surtout, je n’étais pas satisfait de la structure de mon scénario, pas assez horrifique, avec un méchant cousu de fil blanc, et des personnages pas évidents à prendre en main.

Je dois bien avouer que je ne partais pas trop confiant. J’ai multiplié les disclaimers en briefing, invitant chaque joueur à se désister s’il était trop largué. Je monte un 7ème perso pour David en 5 sec. Ce qui me paraissait important, c’est que son prétiré ait une compétence qui le rende utile au groupe et soit lié à au moins deux autres persos. J’improvise donc Montserrat Butterfly, chanteuse lyrique célèbre, dont les cordes vocales modifiées permettent de donner des ordres. Célèbre, séduisante et persuasive, Montserrat est donc la « sociale » du groupe. Elle est mariée à Vitello, mais si ce dernier lui a sorti le grand jeu pour la séduire, il l’a rapidement délaissée après leur mariage éclair pour se concentrer sur la cuisine. Par orgueil et par passion, Montserrat veut reconquérir l’amour de Vitello. Elle sait que Vitello est le réel commanditaire de la mission et l’accompagne dans sa quête de la Viande Noire en supposant qu’une fois qu’il aura atteint son graal culinaire, il la regardera enfin. Elle est aussi en bisbille avec Yawiqo, à qui elle projette d’acheter un philtre d’amour qui pourrait s’avérer utile quand toute autre manœuvre de séduction aura échoué.

Les PJ

Vitello Manzeleini
Gastronome Passioné
E10 C12
A : Notable
D : Cauchemars

Ombre
Ninja Impulsif
E10 C12
A : Vigilant
D : Dévoué (Vitello)

Versailles Cixi Lin Chu
Généticienne égocentrique
E11  C12
A : Objet (décoction)
D : Droguée (sérum de mémoire cellulaire)

Klaus Tenh Lao
Roboticien docile
E12 C12
A : Artefact (machine molle). C’était une machine molle tueuse, capable d’instakill un humain sans jet de dé. Usage unique, la machine se dissout aussitôt après.
C’est très gros bill pour le coup mais il y a de fortes chance que ça soit utilisé en PvP (ce fut le cas dans ce playtest) et ça redonne du poids à un personnage très effacé et inefficace en combat (cf désavantage Chétif).
D : Chétif

Yawiko Wang N'Guyen
Officier des Triades cynique
E10 C12
A : Tir (Pistolet Lance-Scorpion)
D : Possédée (Scolopendre)

« Mask » Tao Leung N'Guyen
Sarcomantien rusé
E9 C12
A : Exorciste
D : Damné (le maître du culte sarcomantien)

Montserrat Butterfly
Diva passionnée
E 12 C 12
A : Notable
D : Chagrin

Les PNJ

Maître Liu Khân
Gourou illuminé
PNJ 12


Fiction :

Je vais clore le suspense aussitôt : la partie s’est très bien passée. Je vais essayer de décortiquer les raisons du pourquoi du comment. La première est simple et je n’y suis pour rien : les joueurs ont été super impliqués. Quelques techniques de maîtrise issues des conseils de Johan pour Sombre et de mon expérience perso m’ont également permis de maintenir le bateau hors de l’eau. Et je dois les implémenter dans le scénar si je veux que ça marche pour d’autres MJ.

+ Je crée une dead line :

Les PJ sont tous membres d’un même commando à qui Versailles donne pour mission de voler un mystérieux artefact, la Viande Noire, au Temple du Singe du Besoin. L’un des joueurs demande alors quelle est l’échéance de la mission, chose que je n’avais pas prévue. Hugo, le joueur de Versailles, répond du tac au tac qu’il faut avoir récupéré la Viande Noire dans 4 jours. D’office, cette dead line courte a dynamisé le jeu. Suffisamment long pour se sentir libre d’élaborer un plan au long cours (comme celui de Yawiqo de soulever la Triade Shaolin contre le Temple du Singe du Besoin), juste assez cours pour maintenir la pression. Au final, la mission aura été effectuée en deux jours.

+ Je donne les clés de leur environnement aux PJ :

Pour marquer le fait que les personnages avaient un grand potentiel et étaient équipés, je laissais aux joueurs le soin de décrire l’environnement de leurs PJ. En précisant toujours qu’ils pouvaient me redonner la main s’ils étaient largués. Ainsi, Hugo a décrit l’atelier de Versailles qui servait de QG. Louis a décrit l’atelier de Klaus (avec mon aide). Ça a, je pense, encouragé les PJ à imaginer qu’ils puissent posséder tel ou tel lieu. Tristan a ainsi décrit le restaurant de Vitello à Little Ho Chi Minh Ville, Fabien a décrit la planque de Yawiqo. À un moment, j’ai demandé à Tristan de décrire le repas que préparait Vitello pour les convives et il a préféré me passer la main. J’ai pensé aux plats exubérants produits dans le jeu de rôle culinaire « La saveur du ciel » de Fabien Hildwein, et j’ai décrit un grand wok de pieds de porcs aux fougères marinées avec en guise de pâtes de fins tentacules gris toujours vivants.

+ Je demande des apartés dynamiques :

Comme c’est un scénar de complot, je savais que j’aurais beaucoup d’apartés avec les joueurs. Lors du précédent playtest, les joueurs se sont ennuyés à cause de ça. J’ai donc bien insisté sur le principe d’aparté dynamique décrit par Johan. Le jeu continue même quand je suis en aparté avec un joueur, les joueurs font un effort pour roleplayer entre eux.

+ J’utilise les Traits :

En fait, je ne voulais pas tout miser sur une fiction entraînée par les joueurs. Je l’avais fait lors du précédent playtest et c’était mou. Si j’étais tout disposé à réagir sur les propositions des joueurs, je me la suis jouée proactif. Objectif : ne pas leur laisser une minute de répit. Il faut qu’il se passe toujours un truc. Et là, j’utilise ce que j’ai lu dans Sombre 3 sur l’utilisation des Traits. Je me sers des Traits comme de véritables machines à fiction. J’ai sous les yeux les stats-blocs des PJ. Je pèche un Trait et j’en fais quelque chose, et ainsi de suite. Et si possible, je fais une utilisation des Traits la plus cohérente possible avec la fiction. Quand Vitello fait des Cauchemars, il rêve qu’Ombre viole et éventre Montserrat pour assouvir les désirs secrets de son maître. Quand Versailles coche des séquelles parce qu’elle est Droguée au sérum de mémoire cellulaire et ne peut assouvir son manque, elle a des flachebacques d’elle faisant l’amour à Klaus lors de leur nuit de noces. Mais le visage de Klaus s’efface parce qu’elle est en train d’oublier ce souvenir. Le Vigilant Ombre déjoue forcément une embuscade d’un membre de la Triade Shaolin venu assassiner son maître dans l’Hôtel des Maharadjahs. Il le tue et je gère ça en narratif pur, montrant qu’Ombre ne peut retenir sa violence et arrache la tête du ninja et repeint le couloir de l’hôtel avec son sang. A ce moment, je sais qu’il est trop tôt pour faire une situation de stress extrême, je préfère mettre en exergue la violence et la puissance d’Ombre. La plupart des Avantages ont été très bien autogérés par les joueurs.
Au rayon des Traits joués en demi-teinte, le Trait Possédé (Scolopendre dans le ventre) de Yawiko. Je lui ai rappelé deux fois que son parasite lui faisait mal au ventre, lui infligeant de l’attrition, mais personne du Temple n’a utilisé le scolopendre contre elle. Je me rends d’ailleurs compte que je devrais trouver un autre Trait. Le scolopendre peut juste infliger des dommages, il ne contrôle pas Yawiqo. Finalement, le Trait qui conviendrait le mieux ne serait-il pas Cardiaque ? Je n’ai qu’à déplacer le scolopendre du ver vers son cœur.

Au rayon des Traits oubliés, le Trait Damné de Mask. Lors des deux précédents playtests, je gérais Mask comme complètement à la botte de Maître Liu Khân, mon grand méchant patron du Temple du Singe du Besoin. Ici, j’ai voulu voir ce qui se passait si je laissais le joueur de Mask plus libre de se prononcer sur sa loyauté. Grand bien m’en a pris, car le joueur a choisi d’être loyal au commando tout en satisfaisant au plus possible les requêtes démentes de Maître Liu Khân. Le Trait Damné était ma soupape de sécurité si le joueur de Mask la jouait trop gentil, je savais qu’à tout moment Maître Liu Khan pourrait lui donner un ordre. Autrement dit, j’avais prévu de gérer ce désavantage avec un usage unique, un peu comme Écervelé. Au final, je n’en ai pas eu besoin car j’étais tout à fait satisfait du roleplay de Mask !

Je dois aussi mieux faire comprendre au joueur de Mask le potentiel de son Avantage Exorciste. Il lui permet, au choix car c’est à usage unique, de libérer Vitello de l’emprise de Montserrat (cas où elle aurait pu lui faire boire le philtre d’amour), de tuer Ombre, de se défaire de son Trait Possédé (Maître Liu Khân), ou de défaire Yawiqo de son scolopendre parasite. Quatre choix, une vraie tension ! Au final, je ne crois pas que le joueur de Mask ait entrevu ces possibilités et du coup, il n’a pas utilisé son Trait.

Autre gros oubli : le Trait Chagrin de Montserrat. L’idée était que le désamour de Vitello la tuait à petit feu. Je ne me rappelle pas l’avoir utilisé…

En conclusion, les Traits m’ont servi à plusieurs choses : créer de l’histoire, mettre en exergue les problèmes des PJ, créer de l’attrition de Corps et d’Esprit pour faire monter la pression et préparer le climax.

+ J’encadre la création d’artefacts :

Les persos avaient un potentiel énorme. Versailles pouvait préparer des décoctions, Klaus pouvait fabriquer des machines molles, Yawiqo pouvait se procurer tout et n’importe quoi par l’intermédiaire de sa Triade, Montserrat pouvait exiger presque n’importe quoi d’un homme… Pour brider ce pouvoir, je suis parti sur la base un nouvel item = une demi-journée de travail. Versailles s’en est servi pour fabriquer un gaz incapacitant, Klaus une machine molle espion. Versailles a fourni des masques à gaz à toute l’équipe (mais en s’assurant que seul le sien et celui de Klaus étaient efficaces), ça je l’ai donné gratos. Yawiqo a fourni des téléphones portables avec un réseau privé (qu’elle avait bien sûr tous placés sous écoute), ça je l’ai donné gratos.

+ Je pense panasiatique tendance sludgecore :

J’ai toujours été fan de descriptions, mais je le suis d’autant plus depuis ma campagne d’Arbre et la finalisation de l’Atlas. Je me donne un crédit-temps illimité pour les descriptions, qui participent entièrement de l’expérience de réalité virtuelle. A chaque fois qu’un nouvel élément fictionnel apparaissait en jeu, je m’attachais à ce qu’il soit SF, bizarre, panasiatique, sludgecore. Cela allait de restaurants en terrasse sur le toit d’une colonne chimique où des geishas et des choses drapées mangent au même immonde chop suey, à des taxis volants aux câbles pendants, conduits par des sikhs taciturnes, en passant par des rues sombres encombrées de gens costumés en dragons, de passants portant des filtres à air sur la bouche et de marchands ambulants de nourriture et de serpents cybernétiques. Blade Runner, quoi.

+ Je veille à rester cohérent :

L’inconvénient quand on part dans tous les sens… est de partir dans tous les sens. Par exemple, lors des précédents playtests, le Temple était plus que foutraque. J’y casais tout et n’importe quoi sans chercher à faire le tri. Ça se ressentait notamment dans sa déco, très baroque. Au début de cette séance, j’ai tilté sur le nom du Temple : le Temple du Singe du Besoin. Référence au singe qui suce la moelle des camés dans Le Festin Nu. Je décide de limiter les rituels du temple à deux choses : le corps (nudité, sexe, sarcomantie) et la came. En l’occurrence, pour la came, je choisis l’Opium Jaune. Opium pour l’aspect asiatique et Jaune pour l’associer au Roi au Jaune, qui pourrait bien être derrière tout ça. Nettement plus logique que le Temple soit associé au Roi au Jaune plutôt qu’à Shub-Niggurath. Pour la déco du Temple, je fais ultra dépouillé. Il y a juste des vasques de liquide sarcomantique et de grandes statues-colonnes représentant un singe mandrill infernal, écailleux, épineux (stylisé à la mode statuaire chinoise) juché sur un pauvre humain dont il suce la moelle épinière par la nuque. Paf, ça y est mon Temple fait enfin peur.

+ Je pousse les PJ dans leurs derniers retranchements :

Je sentais venir le fait que les PJ allaient éviter de mettre les pieds dans le Temple avant la grande réunion finale. Alors, j’ai pris les devants. Alors que Mask et Klaus sortent de la maison de Klaus où ils ont fait l’amour, ils croisent un prêtre du temple (ça par exemple). Le prêtre demande à Mask si ça intéresserait Klaus de devenir un fidèle du Temple. Pour ne pas éveiller ses soupçons, Klaus accepte de tenter une initiation. Mask le sent mal, mais il la joue poker face. Le prêtre les entraîne tous deux dans une antichambre du Temple. Il fait consommer de l’opium jaune à Klaus et demande à Mask de lui faire un petit rituel sarcomantique des familles. Il propose qu’on ouvre un trou dans la nuque de Klaus, qui se ferme avec un bouchon. Du genre que si on enlève le bouchon, la moelle de Klaus se déverse hors de lui. Mask arrive à négocier. Prétendant que ce serait plus sympa d’y aller par étapes, il obtient de lui faire un simple tatouage sarcomantique sur le dos. Le prêtre propose que ce soit une tête de singe. À l’issue de cette expérience, Klaus et Mask sont trop mal à l’aise pour en parler au reste du groupe.
Bien sûr, plus tard, la tête de singe commencera à bouger d’elle-même, elle fera souffrir Klaus lors d’une réunion, le forçant à hurler de douleur. Klaus réussira à empêcher les autres PJ d’inspecter son dos, mais le mal est fait. En refusant de se laisser examiner, il ruine la confiance que les autres lui portent.

+ Je pense soirée enquête :

On jouait dans les vestiaires comme Johan l’année dernière. Un endroit bien chauffé et très scénographique parce qu’il est divisé en deux compartiments et communique par des portes avec deux couloirs. L’écriture des personnages est déjà construite comme pour une soirée enquête, j’ai trouvé intéressant de prolonger la ressemblance en utilisant l’espace. Ainsi, quand les PJ sont rassemblés dans le restaurant de Vitello, la pièce devient le restaurant. Quand Maître Liu Khân vient frapper à leur porte pour présenter ses hommages à Vitello et Montserrat, je frappe sous la table pour faire le bruit à la porte, puis je me déplace carrément à la porte pour jouer le Maître debout. Alors Corentin, le joueur d’Ombre se lève et va ouvrir la porte, parfait dans son roleplay de garde du corps revêche. Mask, qui n’a pas intérêt à ce qu’on papote trop avec son Maître, court aussi à la porte pour s’interposer. Puis on fait rentrer le Maître mais on transforme le deuxième compartiment en salle d’attente. Vitello s’y rend pour causer discrètement avec le Maître quelques minutes avant de faire rentrer le Maître dans la salle à manger où sont tous les PJ. Evidemment, la table où sont les joueurs devient la table où Vitello leur a servi leur repas. Plus tard, j’interprète un nouveau PNJ, cette fois-ci un membre de la Triade Shaolin irrespectueux qui vient racketter le restaurant de Vitello. On poussera le passage en soirée enquête presque trop loin quand Corentin, très impliqué dans son personnage de garde du corps méfiant et violent, me repoussera d’une tape dans la poitrine. (je dis presque trop loin, parce que Corentin ne m’a pas fait mal.)

Je réitère l’opération quand les PJ sont dans la planque de Yawiqo, puis dans le Temple, attroupés autour de la table où le Maître orchestrera des rituels de sarcomantie avant d’y faire servir de la Viande Noire. Je crois que ces passages en réalité augmentée, sinon en soirée enquête, ont beaucoup fait pour booster l’implication des joueurs.

+ J’encourage le soft PvP :

Les persos sont écrits pour que ça se barre en quenouille entre eux, mais pas trop vite. L’idée c’est d’éviter que le groupe splitte ou s’entretue au bout d’une heure de jeu, mais entretenir un climat de méfiance. Je le fais en proposant dès le départ que les PJ se séparent pour préparer leur part de leur mission puis en proposant que les PJ se regroupent à intervalles réguliers pour des debriefings. Évidemment, quand les PJ sont séparés, je les mets dans des situations délicates dont ils n’auront pas envie de faire le rapport détaillé. C’est le cas quand Klaus et Mask sont emmenés dans le Temple du Singe du Besoin : ils n’ont pas envie d’en parler pour qu’on ne soupçonne pas leur liaison où les risques que Mask a fait courir à Klaus. Assez rapidement, les PJ vont jusqu’à cacher des infos qui n’ont rien de compromettant. Quand Versailles et Klaus montent à bord d’un taxi sikh, ils réalisent qu’un prêtre du Temple est déjà à bord. Ils décident de ne pas quitter le taxi pour ne pas éveiller les soupçons du prêtre. C’est alors qu’un membre de la Triade Shaolin attaque le taxi et paralyse le prêtre en le frappant sur des points sensibles, laissant à Versailles et Klaus le soin de ramener sa victime au Temple et de faire passer son message de déclaration de guerre. Et bien, Versailles et Klaus n’en ont pas reparlé aux autres, je crois. De même que Yawiqo a gardé longtemps secret qu’elle était à l’origine de la guerre entre les Triades Shaolin et le Temple.
Forcément, l’ambiance devient pourrie. Quand Yawiqo reçoit les PJ dans sa planque, une épicerie chinoise qui ne reçoit aucun client, elle demande à un de ses serviteurs de renverser du bouillon thai bouillant sur Klaus pour l’obliger à enlever sa veste et ainsi révéler le tatouage sarcomantique qu’il a dans le dos. Mais Ombre, qui se méfie à donf de Yawiqo, parti vérifier les coulisses, surprend le serviteur et l’empêche d’amener le bouillon. Le pauvre serviteur sera d’ailleurs exécuté par Yawiqo pour s’être défilé.

Cette ambiance pourrie aura de fortes répercussions sur le climax.

+ Je montre les conséquences des actes de chacun :

Quand un membre de la Triade Shaolin vient racketter le restaurant de Vitello et qu’Ombre le reçoit très violemment, ça aura des conséquences plus tard : le gars reviendra la nuit dans l’Hôtel des Maharadjahs où dorment Vitello et Montesserat. Certes, Ombre va l’intercepter et le massacrer, mais cela rendra Vitello et Montserrat à l’évidence qu’Ombre est incontrôlable.
Quand Klaus reçoit un tatouage sarcomantique, il se mettra à hurler de douleur lors des rassemblements de debriefing.
Quand Yawiqo attise le feu entre les Triades Shaolin et le Temple, Versailles et Klaus seront témoins aux premières loges d’un attentat Shaolin contre un prêtre dans le taxi sikh.
Bref, quand un PJ allumait une mèche, je m’assurais que la mèche brûlait bien et venait péter à la gueule des autres PJ. Ça met en valeur le jeu de chacun et ça me fournit du scénar sans effort. Du pur jeu de basse, idéal dans ce scénario où on met en valeur la compétence, les actions en douce et l’orgueil des PJ.

+ Je twiste mon antagoniste :

Lors des deux précédents playtests, l’antagoniste, Maître Liu Khân, Prêtre Suprême du Temple du Singe du Besoin, détenteur de la mystérieuse Viande Noire que convoitent les PJ, était 100 % méchant. J’en avais fait une sorte de fu manchu très caricatural, qui manipulait Mask contre les PJ et offrait une résistance forte à l’intrusion des PJ dans le Temple. J’ai commencé cette partie de la même façon, en ne changeant rien au dispositif de sécurité du Temple : on ne sait pas où est la Viande Noire, il y a des caméras, des portes blindées et des robots tueurs qui protègent le cœur du Temple.
En revanche, je ne sais par quelle épiphanie, j’ai entièrement improvisé un nouveau look et une nouvelle attitude pour Maître Liu Khân. Fini le vieux chinois avec une robe brodée et une barbiche d’un mètre de long, le Maître est maintenant plutôt jeune, habillé très sobrement, imberbe, les cheveux courts. Il se montre toujours paternaliste avec Mask mais à aucun moment il ne lui demande d’espionner ou de trahir les PJ. Il semble même ne pas se douter de la duplicité de Mask et du projet des PJ. Comme avant, il ambitionne de faire de Mask son disciple privilégié et lui explique qu’il va prochainement lui apprendre un ultime secret de sarcomantie, le Supplice du Double Visage. En attendant, il lui montre quelques tours, comme le fait d’échanger la peau de ses mains avec Mask. Je n’ai pas tellement exploité ça par la suite, laissant juste planer le doute sur la raison de cette opération bizarre. Je pense que ça devrait permettre à Mask d’ouvrir les portes blindées du temple. J’avais prévu une identification rétinienne, mais c’est peut-être à changer. Ou alors le Maître peut contrôler les mains de Mask (ce qui explique le Trait Possédé de Mask. Problème, l’échange de mains vient après la création de perso. Dois-je capitaliser sur le fait que Mask ne peut pas refuser ou intégrer cette opération au background de Mask, me privant d’une bonne cinématique ?)

Tout au long du scénar, j’ai joué Maître Liu Khân comme s’il ne se méfiait pas des PJ, au contraire comme s’il faisait tout pour favoriser leur venue au Temple, les invitant un par un avec une humilité outrancière. Parallèlement, j’ai rendu les choses plus chelou en mettant pas mal de prêtres sur le chemin des PJ (le prêtre qui rencontre Mask et Klaus, celui dans le taxi sikh).
Il m’a fallu tout le scénar pour comprendre exactement là où je voulais en venir. En fait, Maître Liu Khân sait dès le départ que les PJ convoitent la Viande Noire. Et il compte bien leur offrir sur un plateau, au cours d’une cérémonie dantesque et orgiaque au sein du Temple qui se clôturera par la dégustation de la Viande Noire. Et là, c’est nettement plus cohérent, nettement plus surprenant, nettement plus fun.

+ Je crée de la tension :

Si Maître Liu Khân se montre bien plus coopératif que prévu, les prêtres qui semblent suivre les PJ, le mystère autour de la Viande Noire et la réputation sulfureuse du Temple font que les PJ ne savent pas sur quel pied danser. Faut-il accepter l’invitation de Maître Liu Khân au Temple ou au contraire s’infiltrer dans le Temple par effraction ? Quand arrive le climax, c’est-à-dire l’entrée dans le Temple, Maître Liu Khân va mener la danse. Mais il est hors de question que j’en fasse une cinématique. Je vais ponctuer chaque étape d’un « Que faites-vous ? » pour affirmer le libre arbitre des joueurs. J’aurai le plaisir de constater qu’ils vont suivre la marche sans broncher, de peur de tout faire capoter, jusqu’à la dégustation de la Viande Noire.
VoilĂ  comment monte la tension :
Au départ, seuls Montserrat, Vitello et Ombre sont invités au Temple. Le Maître veut entendre la voix sublime de la diva et goûter la cuisine de Vitello. Ombre est bien sûr présent en tant que garde du corps de Vitello. Mais quand Versailles et Klaus ramènent au Temple le prêtre paralysé, Maître Liu Khân les invite également pour exprimer sa gratitude. Mask, quant à lui, est forcément de la partie en tant qu’assistant sarcomantien du Maître. Car oui, une cérémonie privée est prévue.
Seule Yawiqo a prévu de la jouer infiltration. Elle sait que Klaus dispose d’une machine molle qui va invalider les caméras, elle a fait miner l’étage de l’immeuble qui supporte le Temple et sait que les Triades vont attaquer ce soir là. Un max de diversions et de dispositions préventives. Au moment où les autres PJ entrent dans le Temple par la grande porte, Yawiqo entre par la porte d’ambassade, où les personnes neutres peuvent recueillir des infos sur la secte. Mais un prêtre lui fait signe que Maître Liu Khân l’invite, en tant que frère de Mask et représentante locale de la Triade du Grand Timonier, dont le Temple recherche le support contre la Triade Shaolin. Question au joueur : « Que fais-tu ? ». Yawiqo décide d’accepter l’invitation. C’est bon, j’ai réuni tout le monde.

C’est parti pour le climax au sein du Temple. Les PJ entrent avec un chariot d’ingrĂ©dients prĂ©parĂ©s par Vitello. On les place au milieu de zĂ©lotes, jeunes  hommes et femmes nus, dĂ©foncĂ©s Ă  l’Opium Jaune. Le MaĂ®tre invite Montserrat Ă  venir chanter entre les deux colonnes-statues de singe, tandis que des zĂ©lotes se couchent Ă  ses pieds dans une chorĂ©graphie lascive. Ensuite, le MaĂ®tre entraĂ®ne Mask dans l’antichambre derrière la porte blindĂ©e. Il y a lĂ  un chariot sur lequel git le prĂŞtre paralysĂ©. Ils reviennent avec le chariot qu’ils placent entre les deux colonnes et invitent les PJ Ă  prendre place autour. Je retrouve alors la mĂŞme configuration que ma table de jeu, ce qui me permet de faire mon climax en mode soirĂ©e enquĂŞte. Le prĂŞtre est agitĂ© et suppliant, mais le MaĂ®tre lui pose la main sur le front et lui murmure doucement de se calmer. MaĂ®tre Liu Khân tient alors sa promesse Ă  Mask puisqu’il lui propose qu’ensemble, ils fassent subir le supplice du Double Visage au prĂŞtre devant les PJ invitĂ©s. Mask et les PJ se demandent un instant s’il ne serait pas temps de passer Ă  l’action, mais prĂ©fèrent temporiser. Mask et le MaĂ®tre opèrent le prĂŞtre. Supplice intolĂ©rable qui coĂ»te des sĂ©quelles Ă  tout le monde, surtout Ă  Mask. Bien que c’était son rĂŞve d’opĂ©rer ce supplice, passer Ă  l’acte le fait basculer très près de la folie pure.
C’est l’heure de passer à table. On retire le pauvre prêtre, et le maître invite Vitello à apporter son chariot à ingrédients. Il se retire avec Mask et ils reviennent avec un nouveau chariot qui supporte un plat sous cloche. Pour mettre tout le monde en bouche, le Maître offre une pipe d’Opium Jaune. Klaus et Vitello acceptent, Ombre insiste alors pour goûter avant son maître.
À ce moment là, tout le monde est dans les chaussettes au niveau de la jauge d’Esprit.

Complètement stone, Vitello ouvre la cloche. C’est la Viande Noire. Un putain de gros paquet de Viande Noire.

Vitello en saisit un gros morceau à pleines mains et dévore ce pourquoi il s’est tant battu. C’est comme manger du fumier brûlant et acide, mais alors que sa mâchoire inférieure tombe au sol, détachée de sa tête, Vitello sent enfin l’arrière-goût, ce délicieux goût qui ne se rapproche que d’une seule autre chose sur terre : ce poisson de vase qu’enfant, il avait capturé dans les canaux asséchés de Venise, le dernier poisson de vase de son espèce qu’il avait frit dans l’huile d’olive et mangé avec les doigts, et qui lui avait procuré son premier et seul vrai émoi culinaire et fait parcourir tout Millevaux pendant le restant de ses jours pour retrouver un plaisir équivalent.
Maître Liu Khân part d’un rire dément. La cérémonie a atteint son pinacle.

+ Je laisse le système faire tout partir en couille :

Pendant tout le scénario, on n’a pas lancé les dés. J’ai uniquement sollicité le système de résolution en faisant cocher des cercles de Corps et d’Esprit au fur et à mesure, et en gardant un œil sur les Traits. Les joueurs de leur côté n’ont eu qu’à surveiller leurs Avantages et leurs cartes de Personnalité.
Une fois que Vitello a dĂ©gustĂ© la Viande Noire, je lance une putain de situation de stress extrĂŞme. Alors, lĂ  toute la tension accumulĂ©e aboutit Ă  une explosion PvP. Vitello prend un morceau de Viande Noire et le fourre de force dans la bouche de Montserrat : « GoĂ»te, mon amour, c’est dĂ©licieux ! ». Puis il bombarde tout le monde avec de la Viande Noire. Yawiqo appuie sur son dĂ©tonateur et le sol sous le Temple se met Ă  trembler. Versailles, Ombre et Yawiqo s’acharnent sur MaĂ®tre Liu Khân, qui fort d’un kung fu parfait, rend coup sur coup. Klaus essaye de se barrer avec le chariot de Viande Noire, ne rĂ©alisant pas qu’il est dĂ©sormais vain de vouloir s’acquitter de la mission. Mask vire barjo et fait joujou avec la vasque de liquide sarcomantique. Yawiqo flingue Vitello avec son pistolet Ă  scorpions, Klaus bute Yawiqo avec sa machine molle tueuse (Artefact Ă  usage unique pouvant instakill sur une simple action Ă  rĂ©ussite automatique). Alors que mon seul antago est mort (ni les autres prĂŞtres ni les robots tueurs ne se manifesteront), les PJ survivants s’entretuent. 
Alors que les Triades donnent l’assaut au Temple à coup de fusils automatiques, seules Versailles et Montserrat (atrocement défigurée par la Viande Noire) parviennent à s’échapper.

Rideau.


Note pour prochain playtest :

+ Je crée une dead line :

Graver dans le marbre une dead line de 4 jours. Si je pouvais trouver une justification à cette dead line, ce serait encore mieux. Je peux éventuellement décréter que d’ici 4 jours, la Viande Noire sera consommée lors d’un rituel du Temple du Singe du Besoin (un rituel sans doute très proche de ce qu’ont vécu les PJ dans ce playtest). Le risque n’est-il pas alors que les PJ attendent forcément cette occasion spéciale, m’obligeant à délayer l’action sur 4 jours ? Réduire la deadline à 3 jours, à 2 jours ?

+ Je donne les clés de leur environnement aux PJ :

Préciser aux joueurs dans le briefing qu’ils ont tous un domicile typé comme leur perso ?

+ Je demande des apartés dynamiques :

Le noter dans le briefing

+ J’utilise les Traits :

Expliquer le Trait DamnĂ© (MaĂ®tre Liu Khân) de Mask. Pendant le playtest, le MaĂ®tre avait Ă©changĂ© la peau de ses mains avec celles de Mask. Je pourrais toujours dĂ©crĂ©ter que le MaĂ®tre peut prendre contrĂ´le des mains de Mask. Mais je crois que ça deviendrait plutĂ´t un  Trait PossĂ©dé… Ou alors le MaĂ®tre a une vĂ©ritable emprise idĂ©ologique sur Mask son disciple et peut lui donner un ordre en cours de partie ?
Changer les traits suivants : Yawiqo est Cardiaque et non Possédée. Mask est Possédé et non Damné.

+ J’encadre la création d’artefacts :

Proposer les portables sous écoute comme matériel de base dans la feuille de perso de Yawiqo.

+ Je twiste mon antagoniste :

Et si je prévoyais dès le départ que Maître Liu Khân a cerné les intentions des PJ ?

+ Je crée de la tension :

Bien noter dans la rédaction du scénar : demander à chaque étape si les PJ passent à l’action.

+ Divers :

J’avais prévu une identification rétinienne pour la porte blindée. A changer pour une identification palmaire ?
Il faut que je trouve un terme pour désigner les membres de la Triade Shaolin. Je disais moine, mais c’est trop confusant avec les prêtres du Temple.


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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