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#31 01 Feb 2013 12:42

Gauvain
membre
Inscription : 02 Apr 2012

Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Pikathulhu a écrit :

Je crois que toutes les sentences ne sont pas aussi signifiantes les unes que les autres.

C'est vrai que c'est normal, ça ne doit pas être évident de construire des sentences à la volée. Il faudrait peut-être un guide formel, ou tout du moins un ensemble de conseils, pour faciliter le boulot des joueurs.


Pikathulhu a écrit :

J'admets que la création de perso in game peut perturber les joueurs. C'est logique, c'est très rare en jeu de rôle !

Oui, mais je pense que c'est pour une raison : c'est très dur d'imaginer une fiction à partir de rien. Cela dit, je n'ai pas testé (si tu m'envoies tes règles j'essaierai de programmer une partie d'ici la fin février), et l'idée de la création in-game me plait bien. C'est quelque-que chose que j'ai plusieurs fois utilisé, mais toujours de façon partielle. Hystoire de fou, par exemple, propose d'acheter les compétences de son PJ en cours de jeu, mais les caractéristiques, le nom et l'apparence doivent être déterminés au préalable. Cette approche mixte me plait bien car elle permet de poser des bases claires mais ne ferme pas le concept du PJ.

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#32 01 Feb 2013 13:44

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Du coup je viens de te mailer les règles de base. Vraiment, merci beaucoup pour ton intérêt !

Je ne pense pas que ce soit dur de créer une fiction à partir de rien (ou plutôt pas grand chose). C'est juste effrayant. Il faut lâcher prise pour pouvoir jouer à Inflorenza. Et bien sûr, s'accorder le temps de la réflexion quand c'est nécessaire.

Je ferai bien sûr un guide pour la rédaction des sentences dans les conseils de jeu. Mais j'insiste sur le fait que ce n'est pas grave si toutes les sentences ne sont pas hénaurmes (du genre "c'est la tête du duc de Nantes" ou "les chevalier noirs m'ont arraché un bras"). C'est le signe qu'on prend le temps de tricoter la fiction.


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#33 03 Feb 2013 12:13

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Pikathulhu a écrit :

Je ne pense pas que ce soit dur de créer une fiction à partir de rien (ou plutôt pas grand chose).

Si ça l'est.

Si ça ne l'était pas, l'industrie du jeu de rôle n'existerait pas. Car au final, tout le matos publié depuis Gygax n'a qu'une seule fonction : donner des billes aux meneurs et aux joueurs pour que, justement, ils n'aient pas à créer de fiction à partir de pas grand-chose. Et c'est évidemment pile poil ce à quoi sert Millevaux (et Sombre aussi bien sûr).

Je pense que si tu ne perçois pas (plus ?) la difficulté, c'est parce que 1/ tu as pris l'habitude de ce type de création (inventer des histoires est un sport intellectuel. Indépendamment de la question du talent, le bête entraînement aide grave à être performant) et que 2/ tu crées dans le cadre de Millevaux, un univers que tu maîtrises parfaitement (et qui pour le coup remplit vachement bien sa fonction de soutien à la création).

Cela dit, je suis bien d'accord avec toi : créer de la fiction à partir de pas grand-chose est avant tout intimidant. Cela paraît plus difficile que cela ne l'est en réalité. Surtout que dans le cadre d'une partie de jeu de rôle, la fiction n'a pas besoin d'être d'une excellente qualité pour être fonctionnelle. Autour d'une table, on peut grave s'éclater à bricoler une histoire bancale de partout. Pourvu qu'il soit un minimum en confiance, et c'est là qu'un (pseudo) meneur s'avère utile, ce genre de délire est à la portée de n'importe quel groupe de rôlistes. Je le constate à chacun de mes quickshots.


Je modère en gras. Lisez la charte svp.

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#34 03 Feb 2013 13:50

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Bien dit.

C'est pour cela que si les règles de base sont simples, je proposerai tout un panel de règles avancées et de conseils  (sans parler de tout le setting) pour que les joueurs qui ont besoin de matière puissent se lancer.

Je suis à 1000 % d'accord sur le fait que la fiction n'a pas à être absolument cohérente ou digne d'un roman. D'ailleurs, dans mes playtests, il y avait souvent des incohérences, même si la cohérence finit par se tricoter à la fin ou lors du compte rendu. En fait, le principal obstacle au fun de ce jeu pourrait être que les joueurs se mettent la pression. J'en causerai en détail dans les conseils.


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#35 04 Feb 2013 08:04

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Le Bagne Rouge
Ou l'aventure du jeu de rôle en solo.

Joué en solo le 25/01/2013

Pour ce compte-rendu, je ne m'apesantirai pas sur le système, il est largement obsolète depuis. Néanmoins, la fiction produite reste canonique d'Inflorenza, et m'intéresse parce que j'ai pu vérifier que le système rend possible le jeu de rôle solo et aussi parce que les conflits duels et les béances s'y avèrent une mécanique essentielle pour la dramaturgie d'Inflorenza.

Avant de relater la fiction, j'explique mes conclusions. Dans Inflorenza, le jeu de rôle en solo est rendu possible. J'avais déjà testé avec un seul personnage, ça s'est avéré plus stimulant en contrôlant plusieurs personnages, ici 4. Cela vient du fait que le système propose une résolution aléatoire des actions (lancer de dés pour voir si l'on emporte l'enjeu d'un conflit) mais aussi introduit des effets aléatoires sur la narration (tableau des inflorescences pour déterminer le thème lors de l'écriture d'une sentence). Ce me semblent deux conditions suffisantes pour conserver ce que je veux trouver dans ce jeu de rôle : ne pas savoir ce qui va vraiment se passer.

Force est de constater que si j'avais avant de commencer à jouer quelques idées préconçues (je voulais que la fiction commence dans le Bagne de Saint-Aguirre en Andalousie, et mettre en scène un personnage de chasseur de bakemono que j'avais trouvé dans un manga med-fan sur les bakemonos : Gagoze), l'essentiel de la fiction m'a surpris et j'ai toujours avancé à tâtons.

Dans cette séance, conflits duels et assistances ont été des ressorts cruciaux. Au sein du groupe, chaque relation entre chaque personnage a été malmenée entre haine, amour, collaboration et trahison. Plusieurs objectifs et mac guffin ont apporté leur lot de rebondissement : s'évader du bagne rouge, négocier puis échapper aux maléfiques corbeaux Corax, se battre pour la possession de l'insidieuse Fleur Rouge, hésiter entre deux destinations tout autant porteuses de promesses que de dangers : les sauvages forêts du Pays Basque ou la sublime cité de Grenade en proie aux troubles séditieux.
Le conflit duel le plus passionnant fut un conflit entre Ismaïl et Chasseur pour se disputer la fleur rouge. Ismaïl obtient l'assistance d'Horacion et de Saul pour ce conflit. Mais les trois personnages ligués limitent leur prise de risque en investissant peu de sentences chacun. Chasseur fait presque tapis. Il remporte le conflit, et utilise la règle du don de puissance pour offrir à Horacion la fleur rouge qu'il a protégé des mains d'Ismaïl. C'était une scène forte encouragée par le système et bien que jouant tout seul, j'ai vraiment ressenti la tension au moment de ce conflit.

Fiction :

Bagne de Saint-Aguirre, Andalousie. Situé en plein désert, ce bagne sert de dépotoirs pour tous les prisonniers politiques d'Espagne. Le bagne est géré par des gardes apatrides cruels et corrompus. Le désert dissuade toute tentative d'évasion. Dans le ciel, les Corax, des corbeaux sentients, se jouent du destin des humains.

Les personnages sont de deux camps : des habitants des forêts du Pays Basque raflé par la Reine Alexandra la Catholique, ou des protagonistes de l'insurrection populaire qui a renversé le calife à Grenade.
Le décor est campé pour cette séance violente et hallucinée à l'arrière-goût de Monostatos.


La geste d'Ismaïl le calife déchu.

J'étais le calife de Grenade. Ma ville et mon empire d'Andalousie étaient sublimes. J'étais un tyran éclairé. Au faîte de ma puissance, mon vizir, Chasseur, un être fantasque au visage toujours caché derrière un masque de loup, s'est enfui avec une grosse part de mon trésor pour les forêts du Pays Basque pour assouvir sa passion morbide : chasser des Horlas. Il m'a laissé démuni et les troupes anarchistes de Saul l'Insurgé en ont profité pour me renverser de mon trône.
J'échoue dans cet horrible endroit, avec pour seul effet une tunique en loques. Mais à mes propres yeux, je serai toujours le calife, l'être plus précieux qui existe sous le soleil. J'ordonne aux gardes de s'agenouiller devant moi. Ils rient et me maltraitent. Alors qu'ils prévoyaient de me conduire dans les geôles communes, ils me font monter dans une des cages en boies qu'ils suspendent contre le mur sud pour faire griller au soleil les prisionniers trop rebelles.
Quelle n'est pas ma surprise de découvrir ce félon de vizir dans la cage d'à côté ! Je le déteste mais lui propose une alliance pour nous évader. Nous essayons de balancer les cages mais les gardes repèrent notre manège. Pour notre insubordination, ils nous condamnent tous les deux à être crucifiés au sommet de la tour centrale du bagne.
Ligotés à nos croix, nous nous retrouvons avec ce que le bagne compte de plus scabreux comme prisonniers, ils sont là comme nous à se dessécher au soleil dans la souffrance, puis à pourrir. Je reconnais Saul l'Insurgé ; ses propres hommes de main l'ont trahi à son tour et le voilà dans le même sac que moi. Une femme sauvage, Horacion, est couverte de corbeaux qui martyrisent sa chair à coups de bec.

Au cours de la nuit, l'accumulation de corbeaux sur Horacion prend une proportion biblique. Les gardes prennent peur et quittent la tour. Horacion tombe de sa croix et nous libère.

Je me sens béni d'Allah. Cette libération réveille toutes mes ardeurs de commandeur. Je descends de la tour et subjugue les gardes qui se mettent à mon service ou meurent de la main des gardes qui me sont soumis. Les gardes m'ouvrent les dortoirs des prisonniers, j'en sélectionne les plus robustes pour constituer ma nouvelle armée.

Avec les gardes soumis et mon armée de prisonniers, nous formons une caravane qui part du bagne en direction de Grenade. Nous faisons escale dans un minuscule avant-poste construit autour d'un puits, qui s'appelle Miseridad. Chacun se construit une tente pour se reposer. Je sais qu'Horacion a ramené une sublime fleur rouge du bagne. Je sais aussi que ses blessures ont tourné en gangrène. Son corps est déjà presque celui d'un cadavre. Chasseur lui a volé cette fleur. Je pressens que la fleur rouge est un chose surnaturelle et miraculeuse qui m'assurera le pouvoir suprême. Je monte une alliance avec Horacion, à qui je promets les meilleurs soins de Grenade. Je m'assure aussi le soutien de Saul, à qui je promets la grâce s'il m'aide à reprendre le pouvoir et châtier les insurgés qu'il déteste autant que moi.
Horacion séduit Chasseur par je ne sais quel subterfuge contre nature. Je fais irruption dans sa tente avec mes gardes et Saul quand je suis assuré qu'il est nu dans son lit avec Horacion, sans allié et sans arme. Je lui ordonne de me céder la fleur. Il grogne son désaccord. Un de mes gardes veut lui arracher de force, il le tue en lui montront son visage de monstre. Horacion, Saul et moi lui adressons nos invectives les plus haineuses, mais il les contre toutes. Pour finir, il avoue son amour inconditionnel à Horacion, lui donne la fleur, ce qui guérit Horacion de sa gangrène. Ecoeuré et vaincu, je me retire dans mes appartements.

Le lendemain, je constate que mes troupes ont perdu le moral suite à mon humiliation de la veille. Chasseur et Horacion refusent d'aller à Grenade. Je me résigne à renoncer à mon projet de reprendre ma ville et accepte que la caravane parte vers les montagnes du Portugal, avec pour ambition de remonter jusqu'aux forêts du Pays Basque. Je me promets de fonder un califat basque duquel je monterai le projet de conquérir toute la péninsule ibérique et d'accéder à la gloire immortelle tel qu'Allah l'a voulu pour moi.

Mais dans un canyon à l'entrée des montagnes, un vol colossal de corbeaux fond sur nous. Je hurle ma colère aux corbeaux, les ordonne de se soumettre. Ils se jettent sur moi par centaines, m'arrachent les yeux, la langue et le coeur. Je reste malgré tout à hurler mon désir de suprématie, jusqu'à m'être vidé de mon sang et mourir. Sans avoir pu revoir ma Grenade bien aimée et les sublimes jardins de l'Allhambra.


La geste de Chasseur

Je suis un horsain : un homme avec du sang de Horla. Mon visage est monstrueux. ma mâchoire est hideusement développée, comme celle d'un loup. Les humains qui voient ce visage meurent de peur ou deviennent mes ennemis jurés. C'est pour cela que je le cache derrière un masque de loup blanc. Je me nourris de la corruption, c'est pour cela que je chasse des gros Horlas. je me nourris de la corruption qu'ils contiennent. A Grenade, j'ai failli par tous les tuer. La corruption m'a donné tellement de pouvoir que je suis devenu le grand vizir. J'ai alors volé une partie du trésor califal et je suis parti vers les forêts sauvages du Pays Basque, où je trouverai de nouveaux Horlas pour assouvir ma faim de corruption.

Au Pays Basque, j'ai traqué et tué un magnifique cerf-Horla qui était le dieu tutélaire d'un village. Mais ensuite j'ai été pris dans les rafles des soldats catholiques et j'ai échoué à Saint-Aguirre.

Comme j'y ai refusé d'enlever mon masque, on m'a mis dans les cages suspendues pour me punir. J'y ai retrouvé ce mégalomane Ismaïl, qui a perdu le pouvoir sitôt que mon bagage de corruption n'était plus là pour l'aider à se maintenir sur son trône. Il m'a proposé une nouvelle alliance. N'ayant plus rien à perdre, j'ai accepté sans me faire d'illusion sur sa loyauté.

Mais notre première tentative d'évasion a échoué. Pour nous punir, les gardes nous ont conduit à la tour des crucifiés. Sur le chemin, un garde m'a enlevé mon masque de force. Il est mort de terreur en voyant mon visage et j'ai pu remettre mon masque.

Une fois crucifiés, j'ai reconnu parmi les autres suppliciées, Horacion, une jeune sauvage basque. Elle était la sorcière du village dont j'ai tué le dieu tutélaire. Elle me déteste sans doute et moi je déteste son peuple qui est faible et superstitieux. Beaucoup se sont suicidés quand j'ai coupé la tête de leur dieu cerf.

Il semble qu'elle a passé un violent pacte de sang avec les Corax, ce qui a permis de nous libérer. Intrigué par ses pouvoirs, je l'ai suivi pendant notre baroud d'honneur dans le bagne. Elle est allé voir dans son bureau le Capitan du bagne, un officier gros, vulgaire et moustachu. J'avais volé une lance et j'ai abattu les gardes sur son chemin. Elle a ouvert la poitrine du Capitan d'un coup de couteau. A la place du coeur, il avait une magnifique fleur rouge, une fleur de la passion, une fleur charnue et sensuelle, gorgée de plus de corruption que je n'en ai jamais senti dans un Horla. Elle a volé la fleur pour en faire son nouveau dieu tutélaire.

Sur le chemin vers Miseridad, les blessures infligées par les corbeaux à Horacion se sont infectées. Elle a voulu se guérir avec la fleur rouge mais je lui avais dérobée. Tout son corps a été pris de gangrène. Je l'ai trouvé si belle et si sauvage dans son agonie, j'ai oublié qu'elle était mon ennemie. Sa souffrance était si pure que je suis devenu tragiquement amoureux d'elle. Quand elle est venue me trouver dans ma tente pour que nous fassions l'amour, j'ai baissé ma garde et nous l'avons fait.
Ismaïl a fait irruption avec Saul et des gardes pour me voler la fleur. J'ai tué l'un des gardes en lui montrant mon visage, ça a fait fuir les autres. Puis j'ai humilié Ismaïl et redonné la fleur rouge à la seule d'entre nous qui la méritait ; Horacion. Alors le miracle s'est produit, sa gangrène s'est arrêté et sa chair a retrouvé la pureté de celle d'un enfant.
Les conjurés ont quitté ma tente, penaud. Horacion est resté et nous avons à nouveau fait l'amour.
Je me suis endormi.
Quand je me suis réveillé, Horacion était en train de retirer mon masque, la curiosité avait été trop forte pour elle. J'ai eu le choix. Si je gardais mon sang-froid, elle mourrait de peur ou au contraire ne serait pas effrayée. mais moi, je me sentirais obligée de la tuer un jour. Alors, j'ai sacrifié l'amour que je lui portais, j'ai sacrifié notre avenir, j'ai sacrifié toute chance de vivre encore un jour de plus parmi les humains. J'ai lâché la bête qui était en moi. Je me suis montré sous mon jour le plus monstrueux, mordant, hurlant, écumant. Horacion s'est enfui de ma tente, et je suis parti dans le désert, devenu une bête, devenu un monstre, idiot, féroce et sans but. A jamais.

La geste d'Horacion

J'étais la sorcière d'un village basque dans la forêt quand Chasseur est venu couper la tête de notre bienveillant dieu-cerf. Mes frères n'ont pu le supporter et la moitié d'entre eux se sont donné la mort. J'ai voulu retrouver Chasseur et le tuer pour venger mon dieu et mon peuple. Mais les catholiques m'ont capturée dans la forêt et je me suis retrouvée au bagne. Comme j'étais une sorcière, les catholiques ont même payé un bacquechiche pour que je sois crucifiée dès mon arrivée.

Les corbeaux sont venus se poser sur mes épaules. L'un d'eux, le Corbeau Noir, m'a parlé. Il était en empathie avec moi car j'étais une sorcière et proposait de m'aider si je lui offrais mon sang. J'ai accepté car je voulais vivre pour un jour retrouver mon peuple.

Alors les corbeaux sont venues par dizaines et m'ont meurtries de leur bec et ont bu mon sang, me transmettant une partie de leurs pouvoirs surnaturels. Ils ont détruit mes liens. Saul l'insurgé et les autres crucifiés ont insisté pour que je les libère également. J'ai accepté car j'avais besoin d'aide pour m'en sortir. J'ai même libéré Chasseur car je voulais l'observer pour savoir comment me venger de lui.

Corbeau Noir m'a choisi comme sa soeur de sang. Il m'a dit d'aller tuer le Capitan et de lui arracher le coeur ; que c'était une offrande que le Corbeau Noir me faisait. Je l'ai fait et ce coeur était une fleur rouge qui exsudait de divinité comme le faisait mon dieu cerf tutélaire.

Sur le chemin de Miseridad, cet immonde Chasseur m'a volé la fleur. Corbeau Noir n'a pas pu m'aider car Saul, qui se méfie des corbeaux, l'a tué au couteau. sans la fleur et sans mon frère de sang, mes plaies ont commencé à s'infecter.

Ismaïl m'a promis les meilleurs médecins de Grenade si j'acceptais de séduire Chasseur. En proie au délire et à une souffrance surnaturelle, j'ai accepté. C'est quand Ismaïl est venu dans la tente exiger la fleur rouge et que Chasseur me l'a offert pour me guérir que j'ai abandonné ma haine de Chasseur. Nos premiers ébats étaient mensongers, nos seconds ébats furent sincères et passionnés. Au petit matin, j'ai voulu voir le visage de Chasseur dans son sommeil. Je me disais que notre amour dépasserait tout ce que je pourrais y voir. Mais aussitôt que j'ai retiré le masque, Chasseur s'est réveillé. Il avait cet atroce visage de loup écumant et imberbe, si hideux dans ce qui lui restait de traits humains. Il s'est jeté sur moi pour m'arracher la gorge, j'ai juste eu le temps de faire un bond de côté, je me suis rué au dehors. Les corbeaux se sont attroupés autour de moi pour me protéger, et mon bienaimé Chasseur est parti hurler dans le désert, devenu pour toujours une bête sauvage. Par ma faute.

Sous mon insistance, la caravane a bifurqué vers les montagnes du Portugal. il restait un espoir de regagner le pays basque, tant qu'Ismaïl et Saul croyaient possible d'y constuire un nouvel avenir là bas. Mais en franchissant la première passe dans les rochers, des milliers de corbeaux ont fondu sur nous pour venger la mort de Corbeau Noir. Autour de moi les hommes mouraient par dizaines sous les coups des corbeaux. J'étais la seule épargnée au milieu de cette tornade de plumes noires et sanglantes. Alors un grand Corbeau Albinos s'est posé sur mon crâne et j'ai su qu'il serait mon nouveau frère et mon maître.


La geste de Saul l'Insurgé

Je suis un insoumis ! J'ai mené une insurrection contre le calife car je ne supporte pas qu'on me prive de ma liberté. mais mes frères d'armes n'étaient que des rats avides de pouvoir. Aussitôt le calife chu de son trône, ils m'ont vendu au bagne pour ne pas m'avoir dans leurs pattes quand ils se répartiraient le pillage du califat.

Au bagne on m'a condamné à la croix, c'est le sort qu'on réserve à ceux qui crachent au visage de leur maître. L'ironie a voulu que le calife et son vizir soient mes voisins de croix !

le pacte de sang d'Horacion avec les corbeaux a été le premier éléments d'une conjonction favorable à mon évasion grandiose. J'ai persuadé Horacion de me libérer et j'ai même fait alliance avec le Calife, lui promettant que nous nous vengerions ensemble contre les insurgés. Je me promettais bien sûr de faire la peau de ce tyran ensuite.

Sur la route de Miseridad, j'ai vu que les corbeaux nous suivaient partout, ils suivaient Horacion. Cela m'a inquiété alors j'ai tué leur meneur, un corbeau très noir, avec mon couteau, et les autres corbeaux se sont alors enfuis.

Par la suite, une série d'éléments lamentables ont causé la déchéance du Calife auprès de ses hommes. nous avons dû nous résigner à faire cap vers le Pays Basque. Ce serait peut-être une nouvelle terre de liberté !

Mais quand les corbeaux ont fondu sur nous dans la passe des montagnes, j'ai compris que mon crime allait causer notre perte à tous. J'ai alors fui cette bataille perdue d'avance, me perdant dans les montagnes, perdant tout espoir de revenir un jour à Grenade, Grenade la belle, Grenade la cruelle qui ne pardonne jamais aux insoumis.


Les feuilles de personnage

Ismaïl le calife déchu (mort)

Je veux retrouver mon royaume volé de Grenade
Je retrouve mon ancien vizir dans les cages suspendues
Un garde pris de crise de soumission m'ouvre la porte du dortoir
Mon ancien vizir m'a humilié devant témoins, refusant de me donner la fleur rouge
Je veux bâtir un nouvel empire de forêts au Pays Basque pour me venger

Chasseur

Je veux dissimiler mon apparence de vizir derrière un masque
Un garde est tombé raide mort en voyant mon visage
(barré) J'aime Horacian même si je déteste son peuple
(barré) J'ai révélé mon amour en chassant le corbeau d'Horacion
(barré) Des gardes soumis m'ont donné une lance
(barré) J'ai oublié qu'Horacion était mon ennemie
(barré) Je convoite la fleur rouge, je pense qu'elle m'a appartenu
(barré) J'ai volé la fleur rouge à Horacion
(barré) Je suivrai Horacion jusqu'en Enfer, mon ancienne ennemie
(barré) La fleur rouge me donne de la colère (Essence)

Horacion

Chasseur a tué le cerf tutélaire qui protégeait le village basque dont j'étais la sorcière
(barré) Les corbeaux on mangé ma chair, je suis liée à eux (Essence)
(barré) Mes blessures saignent à grands flots
Le corbeau a bu mon sang, je suis en son pouvoir
(barré) J'ai plongé ma main dans le coeur du Capitan
(barré) J'ai pris une fleur rouge emplie de désir sauvage
(barré) La fleur rouge a guéri ma gangrène
Le Corbeau Albinos m'a choisi si je rejette les humains

Saul l'Insurgé

(barré) Je suis un disciple des Lumières
Je veux sortir de cette prison où m'ont jeté mes frères de l'insurrection
Mon verbe a persuadé les gardes de s'enfuir et Horacion de me libérer
(barré) avec le couteau que j'ai volé, j'ai fait un pacte de sang avec le corbeau
Je sens que les frères du Corbeau que j'ai tué s'attroupent
Je fuis en abandonnant tout espoir de retourner à Grenade.


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#36 07 Feb 2013 19:45

Thomas Munier
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

L'interdiction de l'Océan
Ou comment finir chaque conflit en cliffangher.

Joué le 25/01/2013 au local de l'association La Ligue des Rôlistes Extraordinaires, à Vannes. Avec Jérôme (Pietro), Catherine (la matrone du village / la sorcière) et moi (Aldus / l'ermite / Van Helsing)

Un petit playtest de moins d'une heure, particulier et enrichissant ! Il a eu deux particularités : chaque conflit se finissait en cliffangher, et le taux de mortalité à été élevé (jérôme a perdu un perso, catherine un perso et moi deux persos). Cela a fait un renouvellement complet de cast lors de la séance. Pour le coup, on aurait dit du Sombre ! Ou une séquence de prégénérique avec des persos jetables. Le taux de mortalité élevé était dû à un réglage haut du seuil de béance, chose qui est corrigée dans le système actuel. Mais les règles avancées proposent de changer le seuil de béance, il est tout à fait envisageable de revenir à un tel seuil pour obtenir une ambiance enquête criminelle / horreur.

Lors ce playtest, nous avons procédé à des narrations très brèves qui laissaient énormément de choses dans le vague pour le joueur qui enchaînait l'instance suivante. Cela nous a permis d'élaborer une fiction d'enquête horrifique  avec complots et disparitions mystérieuses. Si en tant que confident et joueur de la première instance, j'ai bien sûr pas mal cadré, cette pratique de narration floue m'a quand même permis de lâcher un maximum de contrôle, pour au final obtenir une fiction qui m'a moi-même tenu en haleine et étonné.

La geste d'Aldus.

Je veux traverser la forêt à la recherche de l'Océan pour atteindre le Mur de la Honte. Mais quelque chose m'en empêche et je disparais.

La geste de la matrone

Je suis la matrone du village. Je sais qu'au delà de la forêt il y a l'océan et au delà de l'océan le Mur de la Honte et au-delà il y a un monde meilleur. je ne veux surtout pas que les villageois s'y aventurent car je les tiens en mon pouvoir par la peur et l'obscurantisme. Je leur dis que la forêt est maudite. Tous ceux qui proposent d'explorer la forêt et tout simplement d'apprendre quoi que ce soit sont jugés comme des hérétiques. Quand Aldus vient se confier à moi de ses projets d'exploration, je l'enferme dans ma cave et commence à le torturer. C'est alors que je meurs.

La geste de Pietro

Je suis un villageois qui s'inquiète de la disparition d'Aldus. En enquêtant auprès des autres villageois et proposant de faire une battue dans la forêt pour le retrouver, la matrone me  fait accuser d'hérétique et je suis banni du village. A la nuit tombée, je reviens dans le village espionner la matrone. Je découvre qu'elle torture Aldus dans sa cave. Alors je tue la matrone. Avec Aldus [devenu PNJ], nous emportons le corps dans la forêt pour l'enterrer à l'abri des regards indiscrets.
Arrivé dans la forêt, nous nous faisons repérer par un ermite. mais c'est un ami d'Aldus alors il se propose de nous prêter main-forte. Alors que nous discutons, le corps de la matrone disparaît ! Nous repérons des traces, signe que quelque chose l'a traîné au fond de la forêt. sans doute un Horla.
Nous nous enfonçons dans la forêt en suivant les traces. Nous tombons nez à nez avec le supposé Horla et ils nous tue tous les trois Aldus, l'ermite et moi.

La geste de la sorcière

Je suis une ancienne habitante du village, j'ai été chassée pour sorcellerie et hérésie. Depuis, j'ai rejoint un convent de sorcières. Elles sont ma nouvelle famille. Je sais qu'un Horla sème la terreur dans la forêt. Au cours de ma pérégrination, je tombe sur son repère ; un arbre ensanglanté jonché des têtes de ses victimes ; une porte entre ses racines mène on ne sait où. Je veux m'en aller, l'endroit est dangereux, le Horla peut revenir à tout moment. C'est sans doute le Cavalier sans Tête dont parlent les légendes.
Mais alors que je m'apprête à fuir, je suis arrêté par un ténébreux chasseur de Horla du nom de Van Helsing, aussi suréquipé que stupidement déterminé. Il m'ordonne de rester ici et de répondre à ses questions. Il me jette même de l'eau bénite au visage pour me soumettre. mais l'eau bénite ne me fait rien et je lui fais comprendre qu'il n'est pas chez lui ici et qu'il ne saurait me donner des ordres. En revanche, je viens d'apercevoir, à mon grand effroi, qu'aux branches de l'arbre infernal est accroché le pendentif de ma meilleure amie sorcière, Magda : est-elle une victime ou une complice du Horla ?

La geste de Van Helsing.

[rien moins que le Van Helsing du film éponyme avec Hugh Jackman dans le rôle titre]. Aventurier ténébreux et suréquipé, je dois travailler pour le Vatican à cause de certaines obligations que j'ai envers eux. Ils m'ont envoyé en Aquitaine enquêter sur un mystérieux Cavalier sans Tête. je viens de trouver son repère et une sorcière que j'essaie d'amadouer. mais la sorcière ne se laisse pas faire et surtout je commence à comprendre que je suis devenu un boulet pour le Vatican. Et que cette mission est une mission suicide. Vu la tête de l'arbre infernal, le Cavalier sans Tête est certainement un ennemi redoutable et j'aurai bien du mal à conserver mon crâne sur mes épaules bien longtemps si je reste dans la région !


Feuilles des personnages :

La geste d'Aldus (mort)

Je veux traverser la forêt à la recherche de l'Océan pour atteindre le Mur de la Honte

La geste de l'ermite (mort)

Je suis ermite qui vit en pleine nature
J'étais l'ami d'Aldus
Un Horla nous a dérobé le corps de la matrone (Essence = détection de la corruption)

La geste de Van Helsing

J'ai découvert l'arbre infernal et la sorcière
(barré) J'ai une bandoulière d'eau bénite
J'ai une arbalète à répétition
Je veux disséquer le Horla pour les besoins de la science
Je pense qu'il serait profitable de s'associer à cette autochtone archaïque
J'ai été envoyé en mission suicide par le Vatican

La geste de la matrone du village

(barré) Je veux anéantir les hérétiques comme Pietro

La geste de la sorcière

Je suis une sorcière
(barré) et j'ai été bannie du village
Je reconnais le pendentif de Magda dans l'ombre

La geste de Pietro

J'enquête sur la disparition d'Aldus
J'ai été banni du village comme hérétique car je posais trop de questions.


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#37 11 Feb 2013 19:05

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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

LE TOTEM DU ROI DES VOSGES

Ou : nous sommes nos propres monstres.

Joué en solo le 01/02/2013



Encore une partie solo pour rôder la version actuelle des règles de base, qui devrait être la version définitive, à moins d'un gros crash lors des playtests prochains.
Le seuil actuel de béance provoque peu de béance (une seule sentence barrée chez le personnage survivant). C'est peut-être ce seuil que j'ajusterai si au cours des playtests suivants je n'obtiens pas plus d'effet.
Si aucun personnage n'est mort à cause des béances, j'ai en revanche développé un antagonisme fort entre les personnages et fait plusieurs conflits avec la mort des personnages pour enjeu. Le prisonnier du totem est mort en premier, remplacé par un nouveau personnage, le Horla. L'ange gardien de la forêt et le Horla sont morts à la fin. Ambiance tendue et horrifique à souhait malgré qu'aucune mort était accidentelle (pas de béance) mais voulue par les protagonistes.
Cette partie suivait les règles de base à la lettre, pas de préparation, pas de création de personnage, pas de setting. J'ai juste décidé que ça se passerait dans les montagnes de mes Vosges, zone pour laquelle je ne décris rien dans l'Atlas. Au final, la séance n'a exploité aucune caractéristique des Vosges et aurait pu avoir lieu un peu n'importe où. J'ai joué une heure.

Fiction :

La geste du prisonnier du totem.

Je reprends connaissance. Il fait nuit, il fait froid. je suis nu. Au pied d'un totem de bois hideux et mythologique. Que fais-je ici ?
Un chamane s'approche. Il veut me scarifier. je me débats et alors je constate que ma main droite est prisonnière à l'intérieur du totem. je chose des choses qui grouilles et remontent le long de mes doigts. Le chamane prend le dessus, il ouvre de larges entailles dans mon corps et boit mon sang.
Sous la douleur, J'ai des flashes horribles. Je vois des dizaines de morts au pied du totem.
Le chamane repart. Un scolopendre à l'intérieur du totem me mord. je hurle. Le scolopendre traverse mon bras puis se soude à ma colonne vertébrale. la douleur et l'intrusion sont si violentes que je m'évanouis.

Quand je reprends mes esprits, il y a des dizaines de morts au pied du totem. Exsangues. Le chamane est agenouillé au milieu d'eux, visiblement en proie à la peine. J'arrive à retirer ma main. Devenu l'esclave du scolopendre, je me sens ivre de puissance, j'engage le combat avec le chamane.

Mais il est plus rapide et me tranche la gorge avec son couteau déjà imbibé de mon propre sang.

La geste du chamane.

Notre tribu vénère le totem du Roi des Vosges. Il est sur un sommet dans la forêt depuis le début des temps. Nous capturons des hommes et nous les livrons au totem car il a faim de sacrifice.

Je suis venu assister à l'agonie du dernier prisonnier. C'était un homme barbu et puissant. J'ai été fasciné par sa lutte contre la mort. Cela m'a tellement fasciné que j'ai eu envie de goûter son sang. Une envie qui remontait du fond des âges. J'ai bu son sang et j'ai compris à la fois que je devenais un mage du sang et que j'aurais désormais un besoin continu de boire le sang, comme une drogue.

J'ai eu peur de ce que j'ai fait et je me suis éloigné du totem. En partant, le sang m'a parlé. J'ai eu la vision que j'étais appelé à devenir le Roi des Vosges.

Je suis revenu vers le totem pour avoir des réponses.

Alors j'ai découvert tous les membres de ma tribu, morts, exsangues, au pied du totem !

Au milieu d'eux, le prisonnier était hagard, libéré. Un scolopendre du totem s'était fusionné sa colonne vertébrale. Nous avons engagé un bref combat. La puissance du sang était avec moi, j'ai tranché sa gorge d'un coup net. J'ai bu son sang et j'ai aussi bu le sang du scolopendre.

J'ai senti que l'ancien Roi des Vosges revenait à la surface. J'ai me suis ouvert le bras et avec ma magie je me suis téléporté loin d'ici.

De mon refuge, j'ai réfléchi et je suis revenu au totem affronter le Roi des Vosges. C'était un être abject de chair rance et de terre, déformé par les âges. Un gros scolopendre noir lui tenait lieu de colonne vertébrale. J'ai demandé au sang de ma tribu morte de l'aider et j'ai vaincu le Roi. J'ai pris son scolopendre et je l'ai incrusté dans ma propre colonne vertébrale.

Je suis maintenant le Roi des Vosges, immortel souverain d'un peuple de morts.


L'ange gardien de la forêt.

Je suis une femme farouche qui a grandi dans la forêt, loin des hommes cruels. J'ai un enfant mais il n'a pas de père. Je suis vêtu de peaux de bêtes et je protège la forêt. je suis son ange gardien aux cheveux noirs décorés de feuilles mortes.

Je lutte contre la tribu et leur culte du totem. Le totem est un dieu maléfique, mauvais pour la forêt. Ils ont fait un nouveau prisonnier, je sens que ce dernier rituel aura des conséquences terribles. J'erre aux abords du totem, n'osant m'approcher plus loin, observant. je découvre que la colline du totem est percée de conduits dissimulés par des buisson. j'entre dans un de ces tunnels sans lumière qui descend dans les profondeurs, juste sous le totem.

Je perds connaissance.

Quand je me réveille, j'ai un goût de sang dans la bouche. J'ignore ce que j'ai fait pendant tout ce temps. Ce lieu maléfique a sans doute une influence néfaste sur moi. Malgré ma peur, je continue d'explorer. Un mal antédiluvien règne ici, je dois le comprendre pour pouvoir lutter contre. Je découvre au centre du labyrinthe de conduits un ancien abri antiatomique, juste sous le totem. Il y a toute une famille, sauf le père. Ils sont morts, vidés de leur sang, momifiés. Je comprends qu'ils ont été tués par une même personne, leur père. Je découvre son journal expliquant qu'il était un homme politique, il y a plus de cent ans. je vois son portrait, un cinquantenaire en costume-cravate très souriant. Il a tenté de reconstituer une unité dans les Vosges après le cataclysme. Une monarchie constitutionnelle. Mais son peuple s'est rebellé contre lui, il a dû se cacher dans cet abri avec sa famille. Je pense qu'il a perdu la raison ou qu'il a été victime de quelque chose, c'est lui qui a tué sa famille. Prisonnier dans ce souterrain maudit, il est devenu un monstre.

Je fuis hors des conduits qui sont son domaine, je me sens trop vulnérable. Au dehors je me dirige vers la grotte où je vis. Alors je découvre le corps de mon enfant, exsangue ! Le Roi des Vosges lui a pris son innocente vie !

Je n'ai plus rien à perdre. je retourne dans les conduits affronter ce monstre fou. Je trouve de l'essence et un briquet, je mets le feu à tout ce qui lui est chair, sa petite comédie de maison souterrain, les corps de sa famille. Alors que l'air devient irrespirable, je l'attends et il vient à moi, horrible créature. Nous nous jugeons et nous hurlons notre haine mutuelle. Je me rue à l'assaut mais il est plus fort que moi. Rideau.

La geste du Horla (ou Roi des Vosges)

J'étais un homme politique visionnaire et un père de famille aimant. Mais les hommes frustres et barbare des Vosges n'ont pas voulu de ma monarchie bienveillante. Ils ont juré ma mort et j'ai dû me réfugier dans cet abri avec ma chère famille. Des jours et des mois ont passé, je tentais de maintenir le moral de tout le monde à flot, mais vivre en sous-sol est terrible pour les nerfs. Nous avions constamment peur des rebelles, mais aussi peur de ce qui pouvait hanter cet endroit.
Un jour, je me suis réveillé d'une longue inconsciente et j'ai découvert toute ma famille exsangue ! Je les ai nettoyés et pleurés, je les ai laissé comme ils étaient, attablés, heureux, et je me suis enfui dans les conduits, ivre de douleur.

Quelque chose me grattait le dos, ma colonne vertébrale me faisait mal. mais je n'avais pas le courage de regarder ce que c'était.

Le temps a passé. Des tonnes de temps. Je suis devenu un monstre, un être du sous-sol. De temps en temps je remonte à la surface et je dévore les prisonniers du totem. Si on me donne ces offrandes, c'est que le peuple est peut-être prêt à se soumettre. Je redeviendrai le Roi des Vosges.

Je n'ai plus aucune notion du temps.

Je cours dans la forêt. Je sens un être qui palpite de vie, qui m'attire. Un enfant, tout beau. Il ressemble à mon jeune fils. Je veux l'étreindre mais le scolopendre me dit de le tuer. Alors je lui arrache la gorge et je bois son petit sang chaud en pleurant. Maudit soit le peuple rebelle qui m'a infligé cette souffrance.

Je reviens dans l'abri, et je découvre une femme furieuse qui incendie ma chère famille ! Je hurle, nous échangeons des plaintes violentes et nous combattons. Je la tue. Elle me fait de la peine alors je l'assois à la table avec ma famille. Je lui noue une serviette autour de son cou ensanglanté, je mets des couverts dans ses mains et je pose une assiette devant elle. Puis je quitte les lieux avant que les flammes ne dévorent tout.

Je remonte vers le totem. Un chamane me défie en duel, me dispute mon titre de Roi des Vosges. Je me rue sur lui avec férocité, mais c'est un mage puissant et moi mon ardeur au combat s'émousse de seconde en seconde. je suis fatigué. Fatigué d'être le Roi d'un peuple qui me déteste. Alors c'est presque avec soulagement que je baisse ma gorge et offre ma gorge à ce chamane illuminé.


Feuilles de personnage

Le prisonnier du totem (mort)

Je veux savoir pourquoi je suis au pied d'un totem hideux et mythologique
Ma main est prisonnière du totem. ça grouille à l'intérieur.
J'ai des flashes horribles. Des dizaines de morts au pied du totem.
Un scolopendre du totem vient de me mordre.
Le scolopendre s'est soudé à ma colonne vertébrale.

Le chamane

(barré) Je veux sacrifier la victime du totem
Je m'abreuve du sang de la victime du totem et deviens accro
J'ai un flash me révélant que je serai le Roi des Vosges
Je découvre ma tribu morte au pied du totem
Je suis devenu esclave du sang et mage du sang en tuant le prisonnier du totem et en buvant le contenu du scolopendre (Essence)
J'ai perdu la raison pour accepter le scolopendre et devenir le Roi d'un peuple mort.

L'ange gardien de la forêt (morte)

Je suis l'ange gardien de la forêt et je veux éradiquer les rites du totem
Je découvre des conduits répartis autour du totem. Noirs conduits.
Je me rappelle être descendu dans le conduit. je suis au fond. J'ai un goût de sang dans la bouche.
Je découvre un abri antiatomique. Tous les occupants ont été vidés de leur sang. Momifiés.
Je fuis avec en tête le vrai nom du Horla.
Je découvre le corps exsangue de mon enfant !

Le Horla (mort)

Je suis le fruit du massacre de l'abri.
Je suis un être du sous-sol
Je deviendrai le nouveau Roi des Vosges
Mon peuple m'a trahi, il est mauvais
Je vais tuer le peuple
J'ai aspiré le sang de cet enfant qui me rappelle le mien
L'ange gardien a mis le feu à ma famille


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#38 18 Feb 2013 18:34

Thomas Munier
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

PARASITES

Ou le premier test sans filet

Joué le 09/02/2013 chez Antoine Ruins avec Antoine (Schliv), Miriam (la sorcière), Rozanne (la sœur ou l’amante), Vianney / sangohan457 (la Mort) et Malvina (La sœur parasitée).

Pour ce playtest, je voulais profiter de mon casting. Antoine Ruins est fin connaisseur de l’univers de Millevaux. Les autres, Miriam, mis à part, ont déjà joué à Millevaux Sombre avec moi, Vianney / sangohan457 est un fin connaisseur de Sombre, il a déjà mis plusieurs CR sur ce forum. Aussi je leur ai proposé de lire les règles et de jouer sans que je ne dise rien. Au bout de 15 minutes, Antoine Ruins jette l’éponge. Miriam reprend la relève mais abandonne au bout de 10 minutes. Las ! L’ambiance n’était pas au sit and play et visiblement les règles ne s’y prêtent pas. Qu’à cela ne tienne. Je veillerai à ce que mes règles de base permettent de jouer en ayant consacré ½ heure à la lecture avant le début de la soirée (comme Sombre, Lacuna, On Mighty Thews, Barbarians of Lemuria…), mais elles ne seront pas sit and play. Pas grave.

Lors de ce test de lecture des règles, les joueurs ont commencé une création de personnage (une sentence) avant la première instance. Problème de clarté dans les règles. Corrigé. Cela m’a permis de constater que la création de personnage avant de jouer ne fonctionne pas avec Inflorenza. Malgré la règle du lien, chaque joueur est parti dans un trip très perso et si tous les persos étaient liés entre eux, ils étaient trop détaillés pour qu’on arrive à tricoter facilement une cohérence in game, surtout que je me reposais sur les joueurs pour gérer la cohérence, limitant mon rôle de confident à celui de juriste des règles.

Je reviens donc dans la partie en tant que Confident. Je n’incarne pas de personnage et essaye de me contenter au maximum d’être un juriste des règles. Je laisse aux joueurs le soin de bâtir leur Millevaux. Antoine démarre très fort avec un perso amnésique qui se réveille dans une mare de boue. Miriam et Rozanne sont des sorcières chamanes bienfaisantes. Vianney est un parasite mental du perso d’Antoine, qui se réincarne ensuite dans un homme accouché par un arbre, incarnation égrégorienne de la Mort. Malvina est une prédatrice sexuelle porteuse d’un parasite organique qui ne demande qu’à se répandre. Si Malvina a émis le regret de ne pas avoir exploré l’univers écrit, la partie était pourtant tout à fait canonique de Millevaux. Surnaturelle, sale, sexuelle, égrégorienne, organique, chamanique, hermétique.

Je retiens une chose à mettre en forme dans les conseils de jeu : Dans cette partie, j’ai joué le juriste des règles et pas l’animateur. Ça a manqué. Le confident doit avoir un rôle de chef d’orchestre : il doit s’assurer que les tubas (Antoine, Malvina, un imaginaire dopé aux hormones de croissances, un flow narratif violent, des sentences très amples) n’étouffent pas les clarinettes (Rozanne, paumée, n’arrivant pas à comprendre ce que voulait son perso, trop de mystères, surtout concernant les liens qui l’unissaient aux autres persos. Or, les liens doivent être francs pour que ça roule). C’est déjà vrai en maîtrise classique, ça l’est encore plus vrai pour Inflorenza. Le chef d’orchestre doit aussi s’assurer que la mélodie soit claire : ici les joueurs ont apporté tellement de matériel que les choses étaient hyper confuses, et les arcs narratifs n’ont pas été bien clôturés. Quand le confident ne pousse pas à la cohérence globale, voilà ce que ça donne. Pour avoir vu ce que ça donnait quand on ne le produisait pas, ce travail d’animation, de modération de la fiction commune, me paraît essentiel au moins pour les premières parties.


Slibh

Je veux retrouver la mémoire de mes années passées
Dépersonnalisation
J'ai oublié que je désirais ma soeur
J'ai fait une tentative de viol sur ma soeur
Je n'accepte pas l'intrusion dans mon espace vital
Le corps mutant m'excite
je me rends comptes que mes désirs sont contre nature
Je prends conscience de la malédiction qui m'entoure
La Nature se réveille

La Sorcière

je veux trouver un rituel pour rendre la mémoire à Slibh
Sa soeur l'a poussé du haut d'un arbre
Il sent mauvais
Slibh est maîtrisé
Le parasite commence à l'investir, je l'observe et étudie la chose puis l'arrache
le frère et la soeur étaient des habitants du village d'à côté et ils doivent savoir ce qui s'est passé
je repère que la soeur (Luchra) émet une odeur spécifique
je commence à ritualiser
Le frère et la soeur (Slibh et Luchra) retrouvent leur mère (la Sorcière)

La soeur ou l'amante

(barré) je veux trouver un lieu à l'égrégore adéquate pour le rituel
mon frère (Silbh) est un maître religieux pour qui je voue une haine sans merci !
Il pue
Je suis amoureuse d'un fantôme
On m'a volé mon amant

La Mort

Je veux cacher mes aptitudes à la sorcellerie
(barré) je suis dans la tête de Slibh
Je me rappelle que je suis mort
Je ne suis pas seul
J'ai une mutation / parasite
j'ai perdu mon bras gauche

Luchra, la soeur

/Je voulais me débarasser de mon parasite mais plus maintenant... maintenant, je veux transmettre ses petits à d'autres êtres humains/
/Morsh [le parasite] permet de mieux survivre : il injecte une substance qui génère des phéromones de danger en cas de stress négatif ou de séduction si stress positif (Essence)/
/L'interruption pour la seconde fois de jos ébats et de ma tentative me rend hystérique/
/Luchra attire Sheba dans ses rets et lui transmet deux "petits"/
/j'ai un moment de lucidité et je me prostre/
/Slibh a perdu la mémoire à cause de (la soeur ou l'amante)/
/tentative de viol sur la soeur, interrompu par Sheba. L'autre corps est son jumain : il l'a tué et Luchra a poussé Sheba du haut de l'arbre. Sheba est mort et l'esprit de Slibh a pris possession du corps de Sheba/
/corps décomposé/


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#39 18 Feb 2013 20:16

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Pikathulhu a écrit :

juriste des règles
chef d’orchestre
cohérence globale
animation
modération de la fiction commune

Je ne voudrais pas avoir l'air de faire du mauvais esprit, mais à ma table, ça porte un nom : meneur. bccool

Je veux dire, est-ce que tu fais un blocage sur la fonction de meneur pour de vraies bonnes raisons techniques ou ne s'agit-il finalement que d'une question de vocabulaire ? Serait-ce le mot « meneur » qui te paraît trop tradi pour Inflorenza et est-ce pour cette raison que tu te sens obligé de l'euphémiser en Confident ?

Ct'une vraie question, hein. Moi par exemple, je refuse « maître », trop connoté Donj seventies et qui, selon moi, ne correspond pas à la manière dont je mène mes parties.


Je modère en gras. Lisez la charte svp.

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#40 18 Feb 2013 22:26

Gauvain
membre
Inscription : 02 Apr 2012

Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Je ne veux pas parler au nom de Pika (surtout du haut de ma partie !), mais je pense vraiment  qu'Inflorenza peut se passer de meneur. On créé l'histoire collectivement, chacun son tour et avec le même pouvoir narratif. C'est possible. Mais c'est chaud ! Parce que ça nécessite 3 choses :
# Que tous les joueurs maitrisent les règles (le point le plus simple à obtenir).
# Que tous les joueurs aient un imaginaire commun : Millevaux. Moi pour ma partie j'ai triché en utilisant une lecture commune pour structurer la partie car la personne ayant joué avec moi ne connaissait pas Millevaux.
# Que tous les joueurs "s'entendent" sur la narration, qu'ils aient des façons concordantes de construire l'histoire.

Bref, c'est jouable (même si le point 3 est ardu), surtout avec le développement des Inflorescences que nous a fait parvenir Pika (super inspirant d'ailleurs ! yes), mais pas en playtest avec des néophytes de Millevaux.

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