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#51 20 Mar 2018 23:55

ça
membre
Inscription : 19 Mar 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Ça, le Dormeur
Quête : réunir les fragments
Symboles :Triglav, poupée de porcelaine

nox album acte I
bande son : Nox badi

L’ongle de son index effleure, avec un soupçon d’hésitation le toupet de cheveux qui poudroient de poussière dans la pénombre. Elle refrène son désir d’étreindre l’objet de sa convoitise.
Ma poupée se tient droite sur ses jambes d’étoupes.
La toile de son pantalon est tachée de sanies.
Le vernis du bois de ses sabots est recouvert d’un fin duvet de moisissures. Elles dispensaient leur bienfaisante lueur avant qu’elle ne se déplace.
Lorsque la porte a joué sur ses vérins, comme au jour ou mon tombeau fut scellé dans l’attente de ma renaissance, elle s’est figée, comme interdite.
Elle a cessé de se mouvoir, sinon pour parfaire sa posture de jouet abandonné par un enfant inconséquent.
L’enfant est face à elle. La main recouverte de la confiture qu’elle a dérobé dans le pot de l’oubli.
Ses pupilles singulières sont dilatées. La sueur coule sur son front.
De même, une enfant, la mère qui m’a engendré, se tient au dehors hésitante, les mains encore serrées, non sur son cœur qui palpite, attentive à l’émergence des sentiments évanouis qui, là resurgissent, mais anxieuse, sa main telle une langue sinuant imperceptiblement vers l’oreille consumée de désir de Boris.
Le bâton de paroles des hommes déchus, les petits qui ont engendrés notre tombeau, la sépare de celui qui lui offre, par sa seule obstination, la lueur d’un faible espoir.
Elle, la femme prisonnière des mots érigés en cage autour de son corps d’enfant contrefaite, pourtant comblée d’un amour inconditionnel, délaisse ses pairs, renie son appartenance au présent. Elle renie les maletraits, elle rejette la famille que lui a donnée la forêt aux murmures.
Elle hésite encore, à se laisser submerger par l’espoir. Elle serait soulagée si le choix lui était ravi.
Si le liquidateur, qui tĂŞte nue la regarde Ă©perdu.
Ils sont tous les trois dans l’instant. La femme, le père et la colombe voilée d’esprits.
Toutefois, le moment n’est pas encore venu.
Je savoure le moment ou la main de la fille se détend telle la vipère et saisie sa poupée de porcelaine par la taille, avant que quiconque ne lui dérobe.
Elle siffle de contentement.
La sagesse des hommes qui ont libéré le feu et asservi la Terre, la déserte.
Les émotions la submergent. Les émotions que l’oubli lui a dérobé, elle les recouvre.
Je ressens sa joie vive, il inonde mon enveloppe, la réchauffe.
Je sens la chaleur de rad cuire le peau de Bellérophon, et toute l’intensité de son indécision.
Il voudrait se détacher du regard qui n’est pas celui de son aimée. Il voit l’avenir, il est l’homme passé, qui toujours dominé les éléments, pour dompter jusque la radioactivité. Il porte son regard au loin, toujours passé, pour ne succomber à ses émotions et ses désirs.
Mon jardin fleurit. Son silence se peuple de pépiement d’oiseaux charmants.
La force de la haine grandit et submerge l’homme-fer. Lui imprime sa résolution. Je suis le pus qu’il doit faire jaillir. C’est son désir.
Elle doit être, ma mère une vrai mère, pour se réunissent les fragments et que rien ne s’oppose à l’avènement d’un homme nouveau.
L’homme passé est désormais révolu.
Sa poupée tourne ses têtes vers moi. Elles me scrutent.
***
Je ne peux plus dire
pourquoi un oiseau ferme ou sépare
une boîte ou un cheminent

Il est des jours où l’oiseau laisse
toute ouvert la pierre la porte
sa cage fermée

D’autres jours ou l’oiseau ferme les yeux
la chemise la bouteille de neige
et  sa cage ouverte.

D’autres encore
où l’oiseau fait parler
ensemble ce qui est fermé et ouvert
Le tombeau neuf et le vieux berceau

L’oiseau visse le couvercle du sel
l’oiseau éteint la lumière

Dernière modification par ça (21 Mar 2018 00:12)


La vie est une goutte d'eau suspendue.

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#52 21 Mar 2018 08:57

Morjana
membre
Inscription : 08 Mar 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Morjana, horsaine présumée. Quête : trouver un foyer stable. Symboles : rejet, papillon de nuit

Playlist : Murmure du charnier, par BĂŞte Lumineuse, noise post-nuk

"Et si je plantais une balle dans le ventre de mon maître ?", s'interroge Boris. "Ce serait délicieux..."

Mais Morjana abaisse la garde et cède le fusil à Bellérophon.

"Tu n'es qu'un salaud. Tes hommes sont morts depuis longtemps. Mais puisqu'il en est ainsi, on va faire une descente dans ce foutu sarcophage et toutes tes illusions tomberont en Ă©clats et nous pourrons partir de cet enfer. Si nous survivons."

Elle revient vers Vouivre, abandonnant son projet de faire passer Bellérophon pour mort. Cette mascarade n'a plus grand intérêt.

Sans se retourner, elle rentre dans le sarcophage.

Et ce qu'il contient dépasse tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Les minces bribes télépathiques émises par çà et Vouivre n'étaient qu'un aperçu.

Et dire que le sarcophage n'est que l'enveloppe qui entoure le réacteur ! Personne ne pourrait imaginer ce qu'il y a dans le réacteur.

D'abord, c'est toute la puissance des vibrations du nuk qui transpercent Morjana et la condamnent à mort à brève échéance.

Ensuite, c'est le son, ondulation d'égrégore à vibrer les timpans. Les murmures de la forêt viennent de là, le sarcophage en est le creuset, fusion des soupirs et des plaintes des morts, des disparus, des souvenirs qui nous hantent.

"Idiote - Naïve - Meurtrière - Perdue"

Puis c'est l'odeur, le remugle du fond des âges, le natron des tombes trop longtemps inviolées, la fumure de siècles d'emprise accumulés.

Puis, c'est la température, ce ni chaud ni froid qui vous transporte sur une autre planète.

Puis, c'est le sixième sens qui nous fait dire aux tréfonds de notre moelle qu'on n'aurait jamais dû venir ici et que c'est pourtant notre destin qui nous y a donné rendez-vous, cet enfoiré.

Enfin, c'est la vue, c'est le pandémonium végétal qui s'est développé ici, ces mangroves d'obscurité d'où s'échappent des oiseaux, ces racines - ce sont les arbres qui ont percé le sarcophage - blanches et charnues aux bourgeons en polypes, c'est la vérole vivante qui court sur les parois, et ce sont enfin les habitants du sarcophage. Monstres parmi les monstres, abominations - terminus radieux de l'humanité. A leur tête, Iouri, l'ancien fidèle de Bellérophon, amas de chairs distendues et de mains tendues, visage en fusion, grappes de cheveux et de dents, avec son ostie d'iode en sautoir, symbole des liquidateurs et de leur folie.

Et ça, c'est juste une putain de poupée abandonnée par terre à qui Vouivre a donné une quelconque importance, parce que si on ne trouve pas de l'importance aux choses, on devient fou de comprendre sa propre folie.

Et par dessus-tout, il y a cette distorsion de la réalité que provoque l'effet nuk.

L'intérieur du sarcophage est construit sur notre mémoire.

Folie.

Folie que d'avoir voulu garder ces souvenirs.

Morjana sait qu'elle va crever. Peut-ĂŞtre pas dans une minute, pas dans un jour, mais si peu davantage.

Elle porte sa main sur celle de Bellérophon.

"Flingue cette poupée !"

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#53 21 Mar 2018 16:10

Vouivre
membre
Inscription : 27 Feb 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Vouivre, chasseuse de horlas. Quête : retrouver l’Indicible et l’emprisonner dans une cage de mots. Symboles : serpents, émotions.

Dans un coin de la tête de Vouivre, le sage qu’elle a fait taire rumine en silence.

Le langage est une prison.

Il l’a appris très tôt.

Le spectre du réel est jalonné de barreaux.

En sortir, c’est mourir. Retourner au grand tout, au sauvage, à ce qui ne pense pas. Mais certains êtres ont trouvé la sortie. Le vide de l’a-symbolique. Certains supportent le vertige et survivent au grand saut.
Iouri est de ceux-lĂ .

Il a transcendé l’égrégore. Il a surpassé l’univers du définissable. Il n’y a plus de mots pour lui.

Ils furent amis, il y a longtemps. Lorsque Pripiat appartenait encore au domaine du sens.

Il faut l’enfermer, désormais. Le ramener dans la prison. Les hommes ne sont pas faits pour sortir de cette cage.

Le sage savait qu’il n’aurait pas la force de le piĂ©ger lui-mĂŞme. Trop d’affect. Iouri a toujours Ă©tĂ© sa faiblesse. Il savait que la petite et la vipère reprendraient le contrĂ´le dès la porte du sarcophage passĂ©e.  Qu’il se recroquevillerait au fond de l’esprit partagĂ©.

Voilà pourquoi il a attiré Morjana et Bellérophon dans ce piège.

C’est ici que tout prend fin.

Ils mettront des mots sur l’Indicible. Et l'Indicible rejoindra le monde.

Vouivre s’assied par terre, tournant le dos à l’abomination, et se met à bercer doucement la poupée de porcelaine. Un liquide noir suinte entre les écailles de sa peau squameuse et se répand peu à peu sur le sol, soulevant des volutes de poussière qui viennent la nimber d’une aura lumineuse. Les rads chassent le poison qui habite son corps, et cela lui va très bien. Au fond de son ventre, la vipère se tord de douleur. Elle la fait taire.

Lorsque Morjana fait son entrée, elle lève la tête vers elle, radieuse. Sa voix est celle d’une petite fille ravie de trouver une amie ; elle n'entend pas son injonction guerrière.

Elle tend le bras et pointe Iouri du doigt sans le regarder.

« Il veut que tu poses un mot sur la chose, Morjana ! Fais-le vite, qu’on puisse jouer. »

Puis elle sent la pulsion de mort impérieuse de Boris, et fronce les sourcils en voyant le double canon la toiser.

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#54 21 Mar 2018 18:15

Bellérophon
membre
Inscription : 27 Feb 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Bellérophon, chaman radioactif.
Quête : achever la décontamination des lieux.
Symboles : radioactivité, totems et colifichets.

***

Oui Morjana, je tuerai la poupée comme tu me le demandes. En souvenir de notre complicité, de nos instants d'insouciance, s'ils ont jamais été, ils existeront au moins comme ça.

J'ai l'impression de profaner un lieu saint - ou le ventre d'une mère ignoble - lorsque j'entre à la suite de Morjana dans le fond de la Terre-rad. Je sens Boris entre mes mains, son poids rassurant, son mécontentement certain de n'avoir pas pu cracher la mort à mon intention. Je vais te donner de la mort Boris, des raisons de te réjouir.

J'épaule mon vieux brave fusil et avance en joue, cherchant des yeux la petite poupée au visage de porcelaine. Dont je voudrais éparpiller le teint aux quatre coins de la pièce. Je cherche ça dans les ténèbres palpables, qui se renferment sur moi comme meurt mon espoir de ressortir d'ici vivant : peu à peu.

Je dépasse Vouivre prostrée, en train de chialer ?, dans un coin. Elle parle de je ne sais quoi, n'essaie pas de comprendre, je n'ai jamais rien pigé à ce que raconte cette folle. "Pose un nom ! Pose un nom !" Ne pas chercher à comprendre.

... -..- --  - .  . . .... .  . BAA*MMH !* !**  . !! . ; .- !

Le coup part comme toujours : un peu trop tôt pour être vraiment dû à mon doigt sur la gâchette. Foutue arme désobéissante, je rate le jouet d'un poil, soulevant une volée de grenaille dans le béton derrière.

/clac...
sainte merde

.plus de balle.


Antoine St. Epondyle
http://saint-epondyle.net/blog

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#55 21 Mar 2018 23:06

ça
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Inscription : 19 Mar 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Ça, le Dormeur
Quête : réunir les fragments
Symboles :Triglav, poupée de porcelaine

pochette rut chez odd size records défunt label de Laurent Perrier
bande son : Nox copulator sur l'EP rut Indus tribal poisseux gorgé de semences

Sa poupée de porcelaine me regarde de l’une de ses faces. Son œil hors de proportions est teinté d’un sourire malicieux.
Elle est satisfaite.
Un clin d’œil facétieux tord un peu plus le visage chiffonné.
La seconde tête observe la pauvre enfant submergée par les émotions surgies de temps enfouis.
Elle pleure des larmes d’un amer pétrole.
Le rad irradie son corps et chasse l’ophidien qu’elle devint le temps d’un songe rassurant de certitudes forgées aux mensonges des craintes.
Toutes les peurs palpitent sur les murs, suintent, perlent au plafond.
Iouri la contemple d’un ravissement béat. L’enfant prodige est de retour dans son berceau de radioactivité.
Alors, Le Sage, La Vipère, L’enfant, tout le saint-frusquin, cette joyeuse trinité se détourne de la poupée de porcelaine, pour se saisir de l’instant et contempler une autre trinité : l’homme enfermé dans sa cage de maux, la femme-enfant et le verbe acéré de l’Homme, Boris.
Un fugace instant.
Ils sont magnifiques...non, sublimes !
La main droite de la poupée étreint une effigie de Triglav.
La ronde de désirs confrontés à l’ordure pourrissante s’emballe.
Toutefois, des éléments demeurent dissociés, épars, hors du cadre de possibles, qui dénient aux fragments la réunion attendue...
Boris, en digne représentant de l’engeance honnie décharge hâtivement sa semence.
La mort, la graine de l’Homme, fuse, mais se fracasse lamentablement sur le fronton de notre temple de vie. Nous sommes parés pour la douleur.
L’homme frénétique a toujours semé aux quatre vents son énergie, sans jamais se soucier des rejetons merveilleux que lui accordait la nature inventive.
D’autres graines germeront encore de l’oubli. Leur union doit être consacrée dans le stupre. Ils doivent s’abandonner à tous les désirs et aux plus fous des espoirs. Quitter ma nef pour semer mes mots, et disperser mes maux hors du sarcophage ou mes pères m’ont condamné.
Ma voix égraine les paroles sages comme les perles d’une rosée qui dissipent les affres d’un séjour mortuaire et mortifère:

Les fourmis de la neige mangent un enfant blanc.
Un arbre fait l’arbre, car il est le témoin unique de la mort de la mort.
Ici dans l’arbre et la mort,

Perdre de l’eau dans le sable,
Puis laver une ombre avec un vieux baiser.

Main qui recule devant les lèvres d’un mort.

Cercle suffisant,
Qui comprend le mouvement et le retire.

Main qui avance les lèvres d’un mort,
Deux yeux pour marcher dans l’air,
Deux yeux pour marcher dans le feu,
DĂ©sosser un cheval
Et bâtir la maison des spirales ;
Boire le nom d’un puits profond.

Deux yeux pour semer dans la Mort

Le cercle accroche les yeux du vide
Ou l’oreille de l’oiseau
Lapide l’air avec des fleurs.

Cercle qui dort dans la cendre de son Cercle
Puis coule un berceau de cendres
Plus grand que le cercle
Je perds un œil fermé
Je pers un Ĺ“il ouvert

La corde qui pend de l’arbre
est la prière de l’oiseau qui réunit les arbres

Couchons-nous dans les phalènes mortes
Et buvons la Mère du Cercle.

Mon souffle porte.
L’énergie dormante des éons passés dans ce cénacle putride s’insinuent dans mes mots et leur insufflent force et puissance.

Dernière modification par ça (21 Mar 2018 23:07)


La vie est une goutte d'eau suspendue.

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#56 22 Mar 2018 09:17

Morjana
membre
Inscription : 08 Mar 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Morjana, horsaine présumée. Quête : trouver un foyer stable. Symboles : rejet, papillon de nuit

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Des veines à l'eau creuse, par Enord, un dark-ambient drone avec des cuivres rituels, mantras caverneux et prières insectoïdes, marécageux et incantatoire.

"Je pensais que la réserve de balles de ce fusil était infinie.", s'étonne Morjana

"Ou alors... [l'égrégore des lieux la pousse à réfléchir beaucoup plus vite... ultime combustion de son cerveau avant la mort ?] Boris nous fait comprendre qu'il est temps de changer de munitions ! Liquidateur, les balles ne sont d'aucun effet dans cette antre où la réalité est différente ! Il faut écouter ce que dit la vipère ! Ici, ce sont les mots qui créent et ce sont les mots qui tuent !"

Elle ramasse un bout de papier et un morceau de charbon parmi les détritus qui jonchent le sol. Un fragment de prospectus. Un triangle dans un cercle. A l'intérieur du triangle, de son écriture hésitante de quasi-analphabète, elle écrit I OUR I

Elle s'empare de Boris, elle glisse le morceau de papier vers la culasse, tandis que l'amalgame qui avait été Iouri rampe vers eux en agitant un collier de capsules d'iode qui fut jadis son emblème.

"Iouri, c'est à cause de toi que Bellérophon a voulu rester..."

clac / clac

BLAM

Iouri éclate dans une gerbe de tripes et d'organes tous plus ou moins étranges et aberrants, des cerveaux, des cafetières, des fils de cuivre et de cet espèce de glu séminale qu'on trouve dans les oursins et qui rappellent à Morjana le jour où jadis - soudain surgissant de sa mémoire, comme plaqué sur la réalité - elle eut la surprise de voir la mer.

Morjana tend le fusil et un autre bout de papier à Bellérophon. Un triangle dans un cercle. "Maintenant, à ton tour. Ecris ALEKO."

Mais déjà de petites poupées de porcelaine fondue commencent à sourdre du sol. Engendrées par la peur de Morjana, ou par les prières de ça.

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#57 26 Mar 2018 09:24

Morjana
membre
Inscription : 08 Mar 2018

Re : [Les forĂŞts mentales] L'enfant aux trois vies : Aventure

Morjana, horsaine présumée. Quête : trouver un foyer stable. Symboles : rejet, papillon de nuit

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Planetary Confinement, par Antimatter. Jamais album acoustique au chant clair n'aura sonné si grave et si beau à la fois. Notre âme solitaire dans un monde laissé à l'abandon.

Les poupées qui émergent ont des ailes de papillon noircies comme du papier cramé. Elles s'élèvent avec peine et prennent Morjana par la main.

Au milieu de la désolation chaotique du sarcophage, Morjana regarde Bellérophon :

"Adieu mon aimé. Regarde ce que je suis devenue. Je suis brûlée et je vais mourir. Mais je n'ai plus de peine car j'ai enfin trouvé un foyer."

Alors elle tourne le dos au liquidateur, à Vouivre, à ça, et elle rentre dans le réacteur avec ses enfants-poupées-papillons.

On entraperçoit des branches grouillantes et péristaltiques qui semblent comme l'accueillir, et puis elle referme la porte de plomb derrière elle.


C'est ce que racontera Oksana la carbonnière au dos voûté, qui est poilue comme comme un ours et qui recrache des bézoards en permanence, qui brûle du bois au fond de la forêt aux murmures.

Elle le racontera à Dasha la puisatière de Pripiat, la mère de Morjana. Cette femme de trente ans se tient les reins et souffle, cassée par le poids des seaux. Elle est belle mais son visage est grave. Dévasté.

"Je ne suis pas vraiment surprise de ce qui est arrivé à ma fille. Il y a eu un drame, et un enfant est né. Elle n'aurait pas dû avoir d'enfant à cet âge. 11 ans, c'était bien trop jeune pour avoir un enfant. Je crois qu'elle s'est inventé toutes ces histoires pour trouver une logique à tout ça, pour apprivoiser son sort. Il y a moins d'eau dans ces puits que les larmes que j'ai versées et que je verserai encore à cause de ma fille. Mais je prie Triglav pour qu'elle soit en paix maintenant. Et je prie aussi pour son enfant qui n'a rien mérité de ce qui lui est arrivé."

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