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#11 12 Nov 2017 03:43

Claude
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Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

MÉLOPÉE

Suite de la campagne yougoslave, centrée sur une seule scène d'action intense et rugueuse ! Un récit par Claude.

Jeu : Arbre, clochards magnifiques dans les forêts hantées de Millevaux
Joué le 11 novembre 2017 à Villers-Saint-Paul chez l'habitant.
Personnages : Sextadex / Siegfried ; Funke, (l’étincelle).

3217795116_c2edecfc6b_z.jpg
crédits : poilaumenton, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com

Contexte :
Nous jouons la suite de Fragments. Il s’agit d’une séance courte. 

L'histoire :

<un rêve comme un cauchemar in Dix petites histoires (1995) de Dominique Petigand>
puis enchaîné
<Biogenesis  in  Biogenesis (1974) d’Eliane Radigue>

Sextadex, indécis, se tourne vers Funke. Dans le mouvement qui l’éloigne de la conversation qui roule, sous des accents cosmopolites et inintelligibles, entre Kitty et Radovan, probablement le sabir local, son œil capte en contrebas des marches, un mouvement furtif et rapide.
Une maigre silhouette se coule entre les joncs s’éloignant, à pieds secs vers les profondeurs de la forêts de hêtres noyée dans la tourbière. D’abord, ils descendent tous deux pour se porter vers l’apparition, lorsque retentit une série de miaulement itératifs qui peuplent les alcôves des chroniqueurs. Au bas de l’escalier qui épouse l’une des faces de l’immeuble, le cintre de la porte cochère noyée sous les eaux fangeuses émerge encore un peu. Dans la pénombre, des petites diodes s’illuminent de petits arcs en ciel. Les trois autres ont gravis les marches et sont maintenant sur le toit de l’immeuble.

<Purgatory 1  in Ukiyo (1995)de Die Form et Massami Akita >
puis enchaîné
<Masturbatorium  in  Masturbatorium (1991) de  The Halfer Trio>

Sextadex, demande alors au ferrailleur d’aller y voir de plus près. De fait le bassin qui jouxte l’immeuble, n’est que le fruit d’une conduit.e rompue qui cascade quelque mètres au dessus de leurs têtes. Les marches qui s’enfoncent sous l’arcade. A cet endroit, loin des remous, l’eau se dissimule sous un tapis de lentilles d’eau. Une gangue sèche et grisâtre opacifie la surface dans les espaces interstitiels subsistants entre les feuilles. Des araignées d’eau dansent à la surface. Funke se glisse dans l’eau glaciale. Des remugles de pierres pourries remontent vers lui à mesure qu’il descend les marches. Le sol, sous ses pieds est fangeux et meuble, et très tôt, l’eau lui arrive jusqu’à la bouche.
Il se résout à plonger sous le regard anxieux de Sextadex. L’eau y est particulièrement turbide et grasse. Un amas de végétaux en décomposition l’environne. Plus que nager, il talonne le sol et remonte vers le fait de ce qui fut autrefois probablement un couloir. Il distingue une lueur dans la soupe putride. Un luminaire survivant qui papillonne au plafond au coté duquel se trouve des séries de boîtiers électroniques alimentés par une gaine électrique rivetée au plafond. Il l’utilise tel une ligne de survie et s’aventure vers une zone orangée au sein de la masse végétale en décomposition. De lui, tous attendent l’abnégation dont il fait preuve. Plonger dans une masse froide et visqueuse pour aboutir à une écoutille noyée sous les eaux. Un luminaire encastré jette une vague lumière. Dans son sillon, il constate que l’écoutille est verrouillée par une platine similaires à celles rencontrées précédemment. Par amusement et par dépit, il place sa main sur la platine et forme dans sa tête le mot Karakhan. Il y a pensé tellement intensément, qu’il commence à boire la tasse et mécontent reflue vers l’escalier et son commanditaire pour lui communiquer son rapport ruisselant d’eau fangeuse. Sans Kitty ou l’Oranger, aucun moyen d’ébranler la porte. Le logo de R.G a demi effacé ne laisse planer aucun doute. Il s’agit d’un accès à l’un de ces sanctuaires de l’âge d’or. Peut-être est-ce celui qui garde en son sein les dormeurs de la cascade 200 évoquée par l’hologramme.

Sans plus songer à la recommandation de silence de l’Oranger, Sextadex hèle ses camarades. Sans succès toutefois. Il râle et se dit que cette fois, les mystères des Anciens du Recombination Group ne lui échapperont pas.

Derrière les yeux de Siegfried, danse la pâle dépouille de l’ épi-généticienne, Emma Rottenberg, qu’il a abandonnée dans un lieu semblable. A toute le moins, la balle qu’il a logé dans son corps frêle doit tracer la voie qui lui permettra de progresser dans ses recherches, de trouver le chemin qui lui permettra de rejoindre Cathédrale. Mais Sextadex, est là qui veille. Le moment présent commande et les théories sur un future futile et farfelu sont à négliger. Qui peut bien être cette silhouette entre aperçue avant que les sirènes de l’avant ne lui vrillent les méninges ? Funke est d’accord. C’est pratique, il est toujours d’accord ou presque… A Emma...

Le jeune Funke, pose ses maigres possessions sur une marche et se glisse à nouveau dans l’eau.
Cette fois, il s’appuie sur le fond et court puis bondit. Mais un temps seulement… Le sol est à nouveau meuble et traître. Son pied droit se trouve coincé. Sa cheville est retenue. Il sent le froid raidir ses articulations. Sa cheville est prise dans un étau. Du pied gauche il tente de déplacer ce qui le retient. Il perd à demi pied sans parvenir à ses fins.

<Briefing oysters  in  Oystered (2003) de Oren Ambarchi>

Soudain, Funke disparaît, happé dans de grands remous vaseux. Vite des bulles remontent à la surface.
Sa jambe est aspirée par une force prodigieuse. Son dos heurte le fond de la mare. L’eau sale l’envahit. Sa vie souffle les bulles vers le jour. Deux noirs tentacules enserrent férocement sa cheville. Ses coups vigoureux de son pied gauche rebondissent sur la peau lisse, sans prise. L’étau de resserre et la douleur afflue. Ses poumons se vident. La frénésie le gagne. Non, il n’achèvera pas sa vie sans retrouver ses parents ! Avec toute la férocité de son maigre espoir, il mord à pleine dents un tentacule et seulement lorsqu’il sent un fluide visqueux emplir sa bouche, il lâche sa proie et d’un coup de pied au fond, remonte à la surface, la crève dans une gerbe mousseuse et noirâtre.
Vite, il se hâte vers la rive.
Mais un autre tentacule jaillit bientôt des eaux et lui assène un méchant coup. Sous le choc, il plonge dans la fange à nouveau.
Désemparé, hésitant, Sextadex, délaisse son bardas et se porte à la rencontre de son malheureux compagnon.
Voyant le tentacule plonger dans la direction ou se tenait Funke, Sextadex fait demi-tour et gravit frénétiquement les marches afin de se saisir de son gantelet électrique. Alors que sa main s’apprête à s’en saisir, un tentacule le devance et projette l’objet de son désir au loin, vers la forêt noyée de brume.
Funke, nage frénétiquement jusqu’au bas de l’escalier et s’agrippe au lierre pour se hisser vers les marches à mi-hauteur.
Sextadex, se porte vers lui tend la main et alors qu’il s’apprêtait d’un coup de rein à le hisser, un tentacule lui saisit la cheville.
Funke se rétablit sur la marche et le retient. Il retient ce père que la providence a placé sur la route avec tout son maigre espoir. La puissance du tentacule est immense. Sextades, lache les mains de son ami et alors qu’il se trouve tiré dans les airs se saisit du gantelet électrique de Raid.
Dans l’eau, à demi noyé, tâtonnant, il plaque la cellule sur le tentacule visqueux et libère la fée qui sommeille en sa main droite.
Une vague de douleur le submerge. Ses oreilles se bouchent. Il ne peut déglutir. Péniblement, chancelant, toussant, il émerge, tout vacillant, de la tourbe.
Alors, Funke sent ses oreilles bourdonner. Une vague déferle depuis son ventre, ses viscères se compriment, ses poumons chassent l’air brutalement. Sa joue gauche se contracte tant qu’il en compte ses dents. Son mandibule est gourd. Dans les larmes qui baignent sa vision, il voit son ami, victorieux, émerger, tituber sur la première marche.
Son gant est noirci et grésille. Du sang coule de son oreille jusque sur son menton.
Sa main droite est devenue glaciale. Elle pèse, l’attire vers le sol. Ses muscles se contractent, son épaule, se fige, en une vive douleur.
Entre temps, les objets sur le sol oscillent nimbés d’éclairs lumineux. Le sol tremble. Le boîte de l’apothécarium est ouverte sur la seringue hypodermique contant la dernière dose de nanites.
Les pierres oscillent sous eux. Leur vue se brouille. Funke veut gravir les marches précipitamment. Mais ses membres se refusent à lui délivrer la célérité requise.
Sextadex saisit la seringue et la plante vigoureusement dans sa jambe. Il ne ressent pas la douleur, peut-être la peur… de l’avoir plantée jusqu’à la garde et de na pas parvenir à pousser le piston. Sa main est sans vie. Il tend la seringue à Funke et tente de dire moitié, mais ses dents s’entrechoquent. Il ne parvient qu’à se mordre la langue. Toutefois Funke comprend et s’en saisit. D’abord pour son ami, puis pour lui-même.
<Fondu au noir>


Feuille de forêt :
E exploités dans Fragments, dans la séance en gras
HOMMES
Serdes E
Raid E
Féodor le Ferrailleur E
Mira
Zorica Stovanovic 
Karakhan E
Petro
Cymri mac de la nuée E
Yugo cherche Mara

BÊTES 
Vuk E 
chenapon 
Kaken E
HORLAS 
Rapha Usudi 
Soma
E Echo (Dushani)
NATURE 
E Vitosha 
E Pic Noir 
E SOFIA
BEOGRAD 
ISKAR
OUTILS 
E Témoignage audio 
AMSUMO
Le Livre des noms
EMPRISE 
E La faim
E renoncement
E secrets
ÉGRÉGORE 
E Amorce 

Commentaires sur le jeu :
Une petite précision liée aux relations qui lient les joueuses. Ce soir, la partie se situait strictement dans le cercle familial.
En tant que père, j’ai du admonester ces messieurs afin qu’ils consacrent toute l’attention nécessaire à leurs études. Nous devions donc initialement jouer une longue séance, et faute d’une grande ardeur et ou une grande efficacité à faire leurs devoirs, nous ne disposions plus que de peu de temps : deux heures trente.
(Je m’entends dire, je m’en fiche, nous ne jouerons que lorsque tu auras terminé ! 1) c’est pas vrai, je ne m’en fiche pas et 2) c’est moi le premier puni )
Initialement, j’envisageais d’explorer d’autres facettes des personnages en utilisant le pouvoir des mots et de la langue, en utilisant des poèmes comme trame.
En raison de la fenêtre de tir réduite, j’ai révisé mes prétentions et plutôt que d’orienter le jeu sur des situations temporelles complexes, je me suis laissé porter par ma préparation musicale et ma préparation non préparation. Pas de playlist, mais les indications au sein de la fiction des plages jouées. Elles ont conféré un ton et une saveur à la partie et ont grandement soutenu notre immersion. J’ai directement intégré certains aspects des compositions au rythme de mes descriptions et déduit des événements du sonore à venir.
La préparation non préparation c’est pour moi en jeu la possibilité de me référer à tout moment à des portions d’histoires qui forment un tout cohérent en raison de thématiques imbriquées, de symboliques fortes, etc. Ainsi, les Dushani ont émergé du cratère d’Usud avec de charmants compagnons aquatiques.
Devinez ce que nous avions mangé auparavant … Du poulpe évidemment...
Et Mathieu, l’aîné, a spontanément déclaré quand Funke, (Gabriel) s’engageait dans l’eau dans l’espoir de recueillir des informations sur ses parents disparus auprès de l’autochtone fugitif que « ça s’trouve y ‘aurait un poulpe baveux »
Alors, le poulpe est venu les chatouiller de ses tentacules…
Plus sérieusement, j’ai eu l’occasion de conjuguer des prix à payer intégrés dans la fiction avec l’utilisation d’un as pour chacun. Les goupils sont intervenus pour régenter certains prix à payer.
Enfin, j’ai eu le sentiment de diriger la fiction de façon cohérente dans le feu de l’action.
Et les mécanismes d’Arbre étaient là, présents, pour régler le rythme et conserver l’aspect tactique et la dimension de crainte de la perte de leurs personnages pour les joueuses.
Le déroulement de la séance était très linéaire, mais la puissance évocatrice a permis de renforcer l’atmosphère autour de la table.
L’immersion était forte, les émotions présentes (crainte, bleed sur la douleur des personnages et le sordide de la situation). Je dois concéder quelques attaques fulgurantes de méta hors du ton général, mais l’ensemble est demeuré d’un bloc.
En terme de fiction, le contenu est moins étoffé qu’au sein du prélude, mais tout aussi intéressant.
J’ai beaucoup apprécié et les deux autres joueuses également.

Mathieu (17 ans )(Sextadex / Siegfried)

Mon commentaire (initial) ne change pas. Cela dit, le rythme de jeu ne doit pas être trop soutenu, pour permettre de calmer les conflits. Car jouer le rôle de joueur / goupil à deux est l’occasion de prise de bec et donc il faut trouver son rythme, (ce qui assez difficile soit dit en passant) et la nécessité de modifier le mot clé devient alors transitoire afin de permettre de trouver l’ambiance adéquate.

Dernière modification par Claude (19 Nov 2017 19:27)


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#12 12 Nov 2017 10:02

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

A. Un grand merci pour ce compte-rendu ! Je suis ta campagne yougoslave avec un grand intérêt.

B. Je te propose le sous-titre et l'image suivante :

Suite de la campagne yougoslave, centrée sur une seule scène d'action intense et rugueuse ! Un récit par Claude.

3217795116_c2edecfc6b_z.jpg
crédits : poilaumenton, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com

C. Quand je gère un combat à Arbre, c'est souvent bref, juste un prix à payer. Ici, on voit bien que tu as étendu la chose au maximum et c'est très intéressant. Comme tu le dis, on sent que tu as multiplié les prix à payer, les flashbacks, les discussions de goupil et les dépenses d'as de pique. As-tu également fait appel aux pouces pour réguler l'intensité ?

D. Bien que non-humains, les poulpes sont des êtres sentients, intelligents et capables de ressentir la souffrance. Évitons de les manger.


Auteur de Millevaux.
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#13 12 Nov 2017 11:17

Claude
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Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Thomas,
1)
Je te remercie de l’intérêt que tu portes à nos pérégrinations.
2)
Le sous titre me semble tout à fait adapté.
L’image d’illustration est réellement dans le ton. 
3 et 4)
J’ai probablement distordu le propos d’arbre. Dans la première version que j’ai lue, tu précisais combien les ellipses avaient toute leur place dans le dispositif et que la notion de campagne ne se conjuguait pas avec une observance dans la linéarité temporelle des personnages.
Jouer tactique avec des enjeux issus de l’affect des personnages m’a paru d’autant plus pertinent que Funke est un personnage faible et velléitaire, un jeune adolescent encore plein d’innocence, en devenir, (un personnage non combattant et faible selon les définitions de la plupart des jeux), tandis que celui de Sextadex est un espion froid et manipulateur dont les forces résident dans sa maîtrise de techniques de l’Age d’Or, désormais hors d’atteinte. Ce ne sont pas des combattants, mais les joueuses portent un intérêt certain pour le jeu d’aventures. Aussi, personnifier l’adversité sous forme d’un monstre contre lequel, ils ne disposent que de leur astuce et leurs traits de personnalité me semblait une dimension intéressante à explorer.
Ainsi, Gabriel a choisi de rédiger sa dernière feuille parmi les 20 en désignant Sextadex comme son père adoptif. La feuille est devenue un dépôt au bénéfice de celui-ci et la ressource de force morale qui lui a permis de surmonter l’adversité.

Je pas questionné l’état émotionnel des joueuses. J’ai poursuivi mon récit intégrant les réactions des joueuses, sous le coup des émotions qui se lisaient sur leurs visages ou qui rejaillissaient dans leurs discours. Je pense les connaître assez bien et toutefois, là, tu lèves un manquement dans ma pratique. Je suis resté sur le niveau fixé antérieurement, m’interdisant implicitement le cauchemar et considérant qu’ils avaient abandonné la dimension intime. 
Le règles ne sont pas un carcan dans Arbre. Elles nous protègent et nous guident.
Je pense donc que le rôle de la Garde Forestière est riche.
Très riche…
Le commentaire de Mathieu, à cet égard, qui à titre habituel s’appuie toujours sur la règle, quitte à la mieux contourner ou l’exploiter à son profit doit être méditée, dans cette optique.
Le jeu qu’offre Arbre est exigeant. Il offre une expérience d’une palette infinie et libère des énergies que d’ordinaire muselées autour d’une table. En contrepartie les joueuses observent les règles afin de préserver l’atmosphère, essence même de ce jeu.
Gabriel me disait, après l’échange de fin de session, en lisant les commentaires de Terres Étranges que l’ambiance était bien à la forêt de Millevaux.
C’est la troisième campagne qu’il joue de front. Dans l’une, en Franka, il joue avec le corpus de Degenisis, by the book, dans l’autre ils jouent une communauté d’enfants, campagne pour laquelle nous avons défini la communauté avec une partie d’  « Une année de répit » pour poursuivre avec les règles Mutant Année Zéro. Cette campagne se déroule dans la vallée voisine de celle d’Arbre. Il a identifié immédiatement les points communs, mais  reconnu également un ton propre à « Fragments ». Il m’a indiqué que l’atmosphère et les décors étaient plus présents et étaient plus soutenus par l’ambiance sonore que dans les autres campagnes. Il éprouve par ailleurs le sentiment, que l’histoire est réellement centrée autour de leurs personnages. Le récit en lui-même devient presque accessoire. Il ressent une atmosphère lourde et oppressante qui favorise l’émergence de la beauté des personnages.

En guise de pied de nez, je dirais que nous n’avons blessé aucun Kraken, même si nous devons reconnaître avoir mangé une portion de poulpe chacun...

Dernière modification par Claude (12 Nov 2017 11:59)


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#14 12 Nov 2017 13:33

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

C. Oui, en théorie, les règles te demandent de vérifier les pouces plusieurs fois par session, et non juste une fois au début de la campagne :) Tout simplement parce que les joueuses peuvent rechercher des variations d'intensité tout au long de la campagne et à l'intérieur d'une seule séance.

F. De fait, oui, comme tu dis, Arbre est complètement un jeu d'ambiance. La notion de gagner le scénario n'a guère d'importance par rapport à l'enjeu de contribuer à une atmosphère et de l'expérimenter. Comme tu le fais remarquer, on peut aussi dire en corollaire, que si on utilise Arbre dans un univers autre que Millevaux, certes on ne retrouve pas forcément l'univers de Millevaux (la forêt, l'oubli, l'emprise, l'égrégore...) mais on retrouve en revanche l'atmosphère d'Arbre.

G. Le CR de partie était très littéraire et c'est cool. Est-ce que tu étais aussi précis dans tes descriptions en jeu où est-ce ton CR qui est romancé ?


Auteur de Millevaux.
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#15 12 Nov 2017 14:38

Claude
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Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

F.)
Je m’autorise un commentaire supplémentaire sur ce point. :
Même si l’univers n’est pas estampillé Millevaux, la forêt est omniprésente. L’oubli, l’emprise et l’égrégore les sont à raison des Dushani (horlas issus du cratère d’Usud) et de l’Amorce, la force vive qui altère l’ensemble des formes de vies présentes sur Terre avant l’Eschaton, le désastre. Si les termes diffèrent et sont moins poétiques que ceux retenus par toi, ils recouvrent des enjeux similaires. En outre, contrairement à mes autres campagnes, je substitue à la terminologie canon de Degenesis toute la terminologie de Millevaux.
Je pense donc proposer une vision alternative de Millevaux et j’espère avoir l’occasion prochainement d’explorer des aspects plus manifestes de l’Atlas et de Civilisation.

Ainsi, au sein de ma préparation non préparation, leur esprit s’éveillera en des corps en partie étranger en raison de l’emprise grandissante qu’exerce la horla Echo sur ces voyageurs qui viennent troubler la belle ordonnance de son domaine. Se jouant d’eux elle implante des souvenirs d’autres personnes en leur mémoire, afin de mieux comprendre l’engeance humaine qui vient troubler son projet et s’amuser des effets obtenus.
436_echo14.jpg
copyright fraktal-endzeit (site de GN allemand Degenesis)
Ils seront donc sur la route, avec la horde des mutilés.

G)
Afin de ne pas répondre sur la base d’une impression, j’ai interrogé les deux joueuses d’hier.
L’une a lu le compte-rendu exhaustivement, l’autre l’a parcouru.
Leur réponse est : « Tu enjolives nos dialogues, mais pour le reste c’est identique à ce qui se passe en partie ».
J’ai toujours joué dans ce style et mon style à l’écrit est très proche de ma façon de m’exprimer à l’oral.
Autrefois, lorsque je jouais en club, ma table était réputée exigeante. Certaines personnes apprécient et considèrent que cela favorise leur immersion et d’autres, au contraire, considèrent que cela les éloigne de la dimension ludique qu’ils recherchent.
Je suis donc heureux que la forme de mes compte-rendus te plaise.
A cet égard, Gabriel a commencé la campagne d’Arbre en rédigeant deux poèmes. L’un exprime les contraintes dans lesquelles sont placées les joueuses pour leurs personnages, une manière à lui de s’approprier la règle. Le second résume les feuilles de son personnage.
Parfois, toutes deux s’expriment dans le style que l’on pourrait supposer à leurs personnages et à d’autres moments s’expriment naturellement, comme des adolescents de ZEP.
Je pense n’avoir enjolivé que ce dernier aspect.
En guise de boutade, Gabriel concluait tout à l’heure : « Papa, tu es un enjoliveur...de phrases pas de voiture hein ? »

Dernière modification par Claude (12 Nov 2017 15:14)


La vie est une goutte d'eau suspendue

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#16 12 Nov 2017 16:14

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Merci pour ces précisions !


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#17 12 Nov 2017 16:35

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

H. Chose que j'ai oubliée : si les règles de sécurité sont là pour s'enquérir des émotions des joueuses, le rôle de la Garde Forestière est aussi de s'enquérir des émotions des personnages :) (et ce pour des raisons ludiques et narratives)


Auteur de Millevaux.
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#18 12 Nov 2017 19:47

Claude
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Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Cet aspect ne m'avait pas échappé. La Garde Forestière peut-elle s'immiscer dans un dialogue entre un clochard et son Goupil ?


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#19 13 Nov 2017 07:54

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

C'est une bonne question. Je suppose que c'est à faire avec modération.


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#20 18 Jun 2018 17:25

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

SCÔHHÉ

Début de campagne dans les Vosges tout en terroir et en patois avec le parcours frustre et intimiste d’un jeune vacher et de son compagnon bourru. Un récit et un enregistrement de partie par Claude.

Partie enregistrée ici.

Note : le dernier enregistrement recouvre une séance qui n'est pas accompagnée d'un compte-rendu écrit.

Crédits images : Claude Féry, par courtoisie

Joué les trente avril et premier mai 2018 (30 minutes et 2 heures)

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Deux joueuses :
J'assume, petite entorse à la règle, le rôle de Garde Forestière et j'incarne également un personnage : Horace.

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Gabriel joue Le Vacher.

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L'histoire :

Ils ont quitté trois jours auparavant le Haut des Presles, une petite communauté autarcique de moyenne montagne de cent cinquante âmes environ à la demande d'Horace.
Le gamin, âgé de neuf ans, craint que La Vieille, sa mère, ne veuille le perdre dans la Forêt de Noire Goutte ou ne le vende. Sa mère ne supporte plus ses prodiges et son incessant babil avec les morts.
Il a naturellement sollicité son ami Le vacher et tous deux ont pris la route pour les hauteurs, accompagnés de leur amie, la vache Julie qu'Horace a baptisé Maman Karova.
Leur destination indiffère le jeune Vacher. Son ami lui a demandé de le protéger et s'est sans calcul et spontanément qu'il lui a prodigué son aide. Mais bien vite, alors que le soleil monte dans un ciel ensoleillé, la fatigue accumulée sur la route et la chaleur sèche d'un jour sans vent sur les hauteurs réduisent les ardeurs du gamin, qui traîne et se lamente sur son sort, et plus particulièrement ses pieds endoloris.
Il est épuisé et s'allonge au milieu des hautes herbes. Après quelques mots peu tendres d'Horace, Le Vacher gravit la pente et se réfugie sous l'ombrage bienfaisant de quelques aulnes qui forment la lisière de la forêt. Julie le rejoint bientôt puis s'éloigne. Elle découvre une marre, qu'elle vide en toute hâte, laissant le jeune homme s'abreuver directement au rupt. Ce dernier avise ensuite un magnifique framboisier portant de nombreux fruits mûrs sur ses basses branches qui se tendent vers la prairie et la lumière vive qui l’inonde. Le Vacher en mange sur pied, puis en réserve quelques autres dans son aumônière.
Il reste à l'ombre des arbres et contemple le paysage alentour.

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L'endroit serait agréable, si les moucherons et les moustiques n'étaient pas si entreprenants. Bientôt des wessés bourdonnantes sortent du sous bois et troublent sa quiétude pour se ruer, affairées dans la prairie.  Le temps a passé, et les moqueries d'Horace lui pèsent encore sur le cÅ“ur, mais un goupil qui l'observe le rappelle à ses devoirs. Il est le plus âgé et il a laissé inconsidérément le jeune enfant en plein soleil, au plus fort de la journée.
Il quitte la lisière et le rejoint pour faire sa taire sa mauvaise conscience.
Il découvre alors Horace, vagissant faiblement, le visage tuméfié par une multitude de piqûres de wessés. Il geint faiblement et ne parvient même plus à détourner les insectes de son visages. Alors, le brave Vacher le charge sur son épaule et de son autre main tente de chasser les insectes voraces, le biface du gamin en étendard. Sans grand succès, il excite la fureur des assaillent qui lui piquent la main. Il gravit la pente lourdement chargé et toujours entouré de la nuée d'insectes.
Horace ce récrie que tante Aigotte dit qu'il faut faire de la fumée pour les disperser.
Mais comment ? Le Vacher est tout désemparé. Sans aménité, le traitant de "tête de bois", le gamin lui confie son briquet à amadou puis s'emploie à enflammer des brindilles sèches devant le manque d'efficacité de son aîné. Sitôt l'étincelle recueillie Le Vacher y dépose des feuilles encore vertes qu'il avait plutôt récoltées et conservées dans son aumônière. Une fumée âcre se dégage qui les libère des wessés affamées. Horace, sanglote de nouveau et exige que son compagnon enduise ses piqûres de miel pour chasser la douleur. Le Vacher accède à sa demande mais doit négocier pour bénéficier du même traitement pour sa main endolorie de piqûres. Il propose au gamin de manger des framboises. Celui-ci lui rétorque qu'elles sont pleines de pisse de renard. Quel gamin exigeant ! Ils se  réconcilient et reprennent leur route.
Mais puisqu'ils sont de nouveau amis, Le Vacher, doit pousser son biclo tandis qu'il économisera ses maigres forces juché sur Maman Karova.
La négociation est âpre et à nouveau leurs orgueils respectifs sont écornés, mais finalement ils cheminent ensemble.

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Après une énième chicanerie, ils en viennent à sortir leurs larmes et se menacer.
Le Vacher s'en va et se cache dans le fossé comme lui a suggéré le goupil qui l'observe à nouveau. Pour lui administrer une bonne leçon et une belle frousse, qu'il comprenne que l'amitié s'entretient et se doit de conjuguer la réciprocité. Mais peine perdue, il se trahit, riant aux remarques que fait le gamin à Julie. Ils repartent ensemble et atteignent finalement la Roche des Chètes, où selon Horace, habite dans une moraccarerie le brave G'éhétin, qui ne manquera pas de leur fournir la hottentote pour le transport  du fourrage nécessaire à Maman Karova, lors du franchissement du col de haute altitude.
Au crépuscule, lorsqu'ils parviennent comme prévu par Horace sur le promontoire, au ravissement de Julie ils trouvent une prairie bien grasse dont elle se repaît avidement.
La ferme elle est à l'abandon. A leur arrivée un goupil franchit le seul et s'éloigne vers la forêt. Sous la soulèye vide de fourrage, trône une hottentote défraîchie. La bâtisse est envahie par les ronces. Un framboisier a donné quelques fruits sur lesquels le renard a répandu son urine.
Horace demande à son ami de se saisir de la houtote, car elle est chargée des souvenirs de celui qui est mort icite, et qu'ils seront un fardeau trop lourd à porter pour ses frêles épaule.
-"Charge ton cœur de ce fardeau mon ami, pour me préserver"
-"Mais que m'offriras-tu en échange, mon ami ?" lui rétorque aussitôt le Vacher.
"Je t'offrirai ton nom, mon ami,  Edmond."
Le Vacher acquiesce, il porte désormais son propre nom, que l'oubli  porté par les pollens essaimés au printemps  lui avait été ravi.
En touchant la houtote, il ressent comme une piqûre. Un vieil homme se tient dans l'ombre de la soulèye et lui parle :
-"Ma fèye, écoute bien et répète ces gestes. Quant tu auras trouvé ton boube et que tu auras ta propre mohon, tu n'auras plus à craindre le Grabougnat si tu respectes la tradition et tu pourras alors avoir fé...
N'oublie pas ma fèye, hein ma Morguite"
Horace n'a pas vraiment menti, il a bien rencontré celui qui habitait le lieu, et Edmond est riche d'une certitude, le Grabougnat c'est rien que pour faire tenir tranquille les gamins indociles !


bilan provisoire :

Gabriel apprécie le ton. Nous sommes resté en mode intime et cela convient au développement des relations des deux gamins. Le goupil est plaisant à interpréter. C'est plus qu'un outil de jeu. La fiction s'en trouve renforcée et il incite à creuser et croiser les liens entre les personnages. Pas de péripéties, mais de belles émotions. Nous avions convenu que Le Vacher avait oublié son nom (sa branche morte est la mémoire) et qu'Horace le connaissait. Le moment propice est apparu pendant notre petite errance et s'est révélé riche en émotions. La branche commune a permis de tisser beaucoup autour de la relation entre les personnages et reconsidérer, chacun, nos idées préalables sur les personnages que nous envisageons d'incarner. Gabriel a vraiment beaucoup aimé. Le rire était de la partie, mais l'implication des joueuses était égale. Une expérience vivement appréciée par Gabriel, qu'il range aux côtés de Terre de Sang est Millevaux, Les Murmures de Shub-Niggurath et  Mori.

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Thomas :

C. On dirait que tu as des connaissances en patois vosgien. Tu as déjà fait des séjours dans le secteur ? Il est clair que ça donne un côté très vivant à la partie et pour dire, cela m’a donné envie de situer ma prochaine méta-campagne (qu’on devrait démarrer ce vendredi en ligne avec Écorce) dans les Vosges, dont je suis originaire et qui m’ont beaucoup inspiré pour Millevaux.

D. Tu dis que tu as joué un personnage, Horace, mais j’ai l’impression qu’Horace n’avait pas de goupil. En l’état, Horace est plutôt un figurant avec des post-it qui le rendent plus étoffé.

E. J’aime bien votre traitement du goupil (on aperçoit l’animal, il interagit même avec l’environnement). C’est un des traitements possibles mais je ne l’avais encore jamais vu en test : généralement les joueuses se contentent de murmurer en prenant la voix du goupil, le clochard l’entend mais ne le voit jamais.

F. Vous avez calibré le jeu sur intime et c’est très bien. L’important dans Arbre c’est que l’ambiance soit calée sur la demande de la table. Du coup, je crois qu’il n’y a pas de prix à payer durant votre séance, à part peut-être quand Le Vacher met la houtote lourde de souvenirs dans son cœur et qu’Horace lui offre son nom en échange. Ça n’est pas très impactant (on ignore ce que signifie vraiment le poids de la houtote, quel va être l’impact sur le personnage) mais c’est très poétique, très symbolique, donc pour un mode de jeu intime, ça convient très bien.

G. Je suis en train d'écouter les enregistrements, j'en suis au début de la partie 4. C'est amusant de voir comment la partie se structure presque exclusivement sur un dialogue entre Horace et le Vacher

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Réponse de Claude :

C. Ma mère est née à Gérardmer. Mes grands parents, et l'un de mes oncles, y ont vécu jusqu'à leur mort. J'y ai séjourné toutes mes vacances d'été enfant, et quelques vacances d'hiver.
Le haut des Presles est l'un de mes souvenirs d'enfance. La canicule de 76, la varicelle très forte, et les engins de chantier qui rénovent la route.
Je ne parle pas le patois, mais je l'ai entendu.

D. Horace a un Goupil. Gabriel l'a joué, mais il n'a pas choisit de le personnifier.

F. Horace a indiqué que les souvenirs du mort contamineraient son esprit et qu'il aurait à souffrir de ceux-ci. Qu'il était trop faible pour s'y confronter. Plus tôt, Le Vacher avait remis en cause la réalité du pouvoir d'Horace a s'entretenir avec les morts. Mais il cherche à s'en convaincre.
La Garde Forestière a demandé à Gabriel ce que voyait Le Vacher au moment ou sa main saisissait la courroie. Gabriel s'est étonné de cette demande, mais a précisé qu'il regardait Julie paître.

Edmond a chargé son cœur de ce souvenir étranger, accepté de porter sur ses épaules le fourrage pour Julie pour le reste du voyage et a partagé une partie de la souffrance de son ami Horace qui en échange lui a rendu son nom.
Tous deux sont altérés, transformés par cet échange.


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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