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#181 26 Jul 2016 08:47

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

B. C'est le joueur de Rodrigue qui a choisi son péché (et donc il ignorait le reste de son passé). En terme de contrat social, mon hébergeur m'avait annoncé que la table était cliente pour du "psycho-trash" (y compris la débutante), c'est ce qui m'a servi de base de contrat social (et je crois l'avoir rappelé au début de la partie). C'est un peu le contrat social qu'on appelle "Fais-moi mal" dans certaines chaumières. Je me suis également basé sur ce qui se racontait à la table, pour m'aligner. Et de mémoire, je crois qu'en cours de partie, on a utilisé les pouces en haut/pouces en bas, qui m'ont permis de savoir jusqu'où je pouvais aller.


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#182 29 Sep 2016 08:15

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

LES JARDINS STATUAIRES

Le contexte fantasy poétique du livre de Jacques Abeille transposé dans Millevaux !

Jeu : Inflorenza, héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier de Millevaux

Joué le 18/03/2016 à Paris chez l'habitant, lors de la tournée Paris est Millevaux

Personnages : Kevin, Eterne, Petit Jean, Hosh

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illustration : (C) François Schuiten, pour Les Jardins Statuaires


Le théâtre :

Nous jouons une adaptation du livre Les Jardins Statuaires de Jacques Abeille.

Voici ce que nous en retenons :
Dans ce pays, les statues poussent comme des plantes, à partir de graines. Une communauté de jardiniers les entretient, les taille et les bouture pour qu'elles gardent des formes harmonieuses. Une maladie, le chancre, touche certaines statues qui se mettent à pourrir. On les amène jusqu'à un gouffre pour s'en débarasser qu'elles contaminent les statues saines. Aux frontières rôdent les barbares qui veulent la fin de la civilisation des jardiniers.


L'histoire :

Un petit matin dans une communauté de ces jardiniers qui passent leur temps à entretenir les statues qui poussent comme si c'étaient des plantes, à les tailler, les façonner, les repiquer, les bouturer. Kevin est un gamin malicieux qui cherche à faire tourner en bourrique le doyen des jardiniers. Il enlève le bras d'une statue et le réimplante dans les fesses d'une autre, puis il fonce se cacher sous son arbre fétiche, là où pousse un cône de pierre, là où le fantôme lui parle.

Eterne, la guide spirituelle de la communauté, est dans sa maison, enrobée dans sa capuche de toile grise comme à son habitude. Elle vénère en secret une statue à tête de chien aux pores qui suppure et relâchent des insectes noirs. La tête de chien lui parle. Elle lui dit que Kevin doit être châtié pour son impiété envers les statues.

Eterne réunit le conseil de communauté. Elle demande à ce que Kevin soit exécuté pour ses multiples sacrilèges. Petit Jean, Son père fait partie du conseil, il prend la défense de son fils, alors Eterne propose qu'il soit puni aussi durement que lui. Dans les membres du conseils, il y a aussi Hosh. Hosh n'est pas un brave type, il est surtout vénal, mais ça n'arrange pas ses affaires que Petit Jean soit exécuté car il lui doit beaucoup d'argent, entre celui qu'il a perdu au jeu et celui que son fils a emprunté en son nom pour acheter du matériel pour vandaliser les statues.

Hosh démasque Eterne comme la vénératrice d'une statue corrompue, atteinte par le chancre, cette maladie contagieuse qui défigure les statues. Le conseil vote pour épargner Petit Jean et son fils et pour qu'on envoie la statue à tête de chien au gouffre où l'on jette toutes les statues atteintes du chancre. Ils pensent d'abord qu'Eterne est bien celle qui vénère cette statue corrompue, mais Eterne parvient à faire accuser à sa place son fils handicapé mental, que le conseil sacrifie alors sans autre forme de procès. Eterne, dans sa défaite, parvient à manœuvrer pour être condamnée à être celle qui tirera le chariot de la statue vers le gouffre. Ainsi, elle se réserve une possibilité de sauver les meubles.

Petit Jean et Kevin insistent pour faire partie de l'expédition qui escortera Eterne jusqu'au gouffre : ils tiennent à la surveiller. Mais Kevin retourne finalement au village. Il fouille la maison d'Eterne et y trouve un chat agonisant. Ses membres inférieurs sont pétrifiés. La présence de ce chat confirme l'intuition de Kevin : Eterne est une sorcière.

Une horde de barbares déferle sur le village des jardiniers, sans défense à présent que les meilleurs d'entre eux sont partis escorter la statue à tête de chien jusqu'au gouffre. Ils renversent les statues, massacrent les habitants et mettent le feu aux habitations. Kevin a pu s'échapper à temps, Hosh survit mais tout son corps est brûlé. La douleur est si violente qu'il en développe un pouvoir de pyrokinésie. Il a été frappé par le feu, il se vengera par le feu.

Les barbares rattrapent ensuite le convoi et l'attaquent. Petit Jean, le meilleur combattant du village, se bat comme un lion. Dans la bataille, il transperce Eterne d'un épieu, et c'est alors que la statue le séduit, pleinement et entièrement. Autour du chariot, c'est l'hécatombe. Tous les barbares sont morts, et la moitié des jardiniers aussi.

La statue relâche des insectes qui corrompt les jardiniers survivants un à un. Elle profite du charme vénéneux qu'elle exerce sur Petit Jean pour le féconder.

Hosh s'est réfugié dans un autre village de jardiniers avec Kevin. Ils veulent entrer en contact avec Petit Jean. Une voyante leur confie des tarots de l'oubli, qui vont servir de focus.

Petit Jean rêve qu'il court dans la forêt, pourchassé par la statue. Soudain, il tombe dans un trou de terre.

Il échoue dans un de ses souvenirs. Un de ses meilleurs souvenirs. Il est dans un des jardins d'enfants, accroupi près du sol aux côtés de Kevin, et il lui apprend à planter des graines de statue, sous le regard attendri de la mère de Kevin. Mais cette fois-ci, ils plantent un bébé à la peau noire et translucide : l'enfant de la statue. La mère veut faire quelque chose pour les en empêcher, mais elle n'y parvient pas. La statue, derrière elle, invisible, la retient prisonnière. On voit juste les marques profondes de griffures sur ses épaules. Kevin tente de frapper la statue invisible avec sa pelle.

Hosh est resté dans la réalité, il assiste Kevin qui est inconscient près des tarots. Il sert fort la main de Kevin et la brûle. Les flammes envahissent tout le souvenir. Kevin et Petit Jean s'extraient à temps, mais le bébé de la statue finit brûlé. Petit Jean est libéré de l'emprise de la statue, et son symbiote est mort.

Il se relève de son sommeil lourd dans le campement des jardiniers corrompus par la statue. Il avance dans la forêt et trouve une statue de cheval. Il saute dessus et le cheval de pierre prend vie. Petit Jean s'enfuit au galop.

D'autres barbares déferlent sur la contrée. La statue est seule mais plus déterminée que jamais. Par son pouvoir, elle envoie tous ses insectes vers les cavaliers barbares. Ils fusionnent alors entre eux et se pétrifient en partie, formant un gigantesque golem de barbares. La statue est maintenant vide, creuse, laissée à dessécher. Il ne reste que le golem de barbares à présent.

Kevin retourne à la maison de la sorcière. Il soigne le chat et fédère tous les autres chats errants du village.

Hosh s'est transformé en meneur d'hommes. Alors que le golem de barbares se rue vers le village qui l'a accueilli et viole les statues qui le borde, Hosh prend la tête de la résistance. Les jardiniers rassemblent leurs outils et font front autour de lui. C'est la grande bataille finale. Dans la tourmente, Kevin se rue avec son armée de chats vers le cœur du golem, les chats frappent à la tête le cavalier barbare central, et l'union faisant la force, le tuent. L'ensemble du golem se pétrifie tout à fait et tombe en ruines.

Quand la poussière de la bataille retombe, Petit Jean décide de s'exiler. Lors de son contact avec la statue à tête de chien, il a été victime d'une malédiction : il se transforme peu à peu en pierre. Il ne veut pas que son fils assiste à ça.

Hosh reste pour superviser la reconstruction. Et remonter son affaire.

Kevin veut rester dans son village. Alors qu'il dit adieu à son père, il lui montre quelque chose qui le fait rire. Il s'approche d'une statue de femme enceinte et lui dérobe son ventre arrondi.

Avec un sourire malicieux

il va vers une statue de vieillard recourbé

et lui colle le ventre de femme enceinte sur le dos.


Feuilles de personnage :

Petit Jean

+ Je veux explorer la véritable nature d'Eterne car elle m'effraie
+ Si Eterne ne détruit pas la statue, c'est le premier pas vers la barbarie, la fin de notre société.
+ (Pouvoir) Qu'importe le peuple, pourvu que je le domine.
+ La statufication s'étend depuis ma virilité.
+ Après une dernière étreinte avec son fils, Petit Jean part s'isoler pour achever sa métamorphose.

Eterne
+ je veux punir les blasphèmes qui sont faits sur les statues.
+ La statue-bête me parle. Elle m'a choisie.
+ J'ai capturé le traître Petit Jean
+ Mais il serait d'une aide précieuse contre les barbares qui nous ont déclaré la guerre.
+ La statue a corrimpu les jardiniers pour qu'ils me laissent la "conduire" au gouffre.
+ Le feu de Hosh est la plus concrète menace contre la statue-bête.

La Statue
+ (barré) Je veux créer un golem de chair humaine.
+ (barré) Les humains s'accouplent avec les statues.
+ (barré) Nous asservirons Kevin grâce à son père.
+ (barré) Je vais faire un enfant à Petit Jean.
+ Nous allons lever une armée de barbares.
+ (barré) Nous partirons semer le chancre à travers le pays.
+ (Pouvoir) Façonnage des désirs : je modèle avec mon coeur ce que ne peuvent moderler mes mains.
+ Kevin m'a tuer.

Hosh
+ Je veux protéger mes investissements
+ Ma réputation sulfureuse est inquiétante.
+ (barré) Je blâme Petit Jean et Kevin pour ma chute.
+ (Pouvoir) Pyrokinésie : tout ce qui s'oppose à moi doit brûler.
+ Le passé de Petit Jean est sa faiblesse.
+ La forêt doit vaincre la pierre.
+ Le sens de la vie ne gît pas dans la pierre.

Kevin
gamin de 9 ans, fils de Petit Jean
+ Je veux faire tourner en bourrique le jardinier.
+ (barré) Il y a un spectre dans mon repère sous la stèle triangulaire.
+ (barré) Je supporterai toujours Papa.
+ Eterne est une sorcière.
+ Les chats nous aideront.
+ Je reste un enfant joyeux et vicieux malgré tout.


Commentaires :

Durée :
2h3/4

Règles utilisées :
Inflorenza classique, en Carte Rouge (sur la demande de l'hébergeur de la partie). Cela me fait toujours plaisir, moi qui fait surtout de la Carte Blanche !

Profils des joueur.se.s :
expérimenté.e.s mais débutant.e.s en jeu de rôle à partage large des responsabilités.

Défis :
Faire jouer en Carte Rouge de façon la plus fluide possible, sans larguer personne

Mise en jeu :
J'ai joué en deuxième il me vint assez naturellement d'endosser le rôle de l'antagoniste, ce qui a permis de tenir la séance sans que les autres joueur.se.s ne ressentent le besoin d'incarner beaucoup les décors et les figurants, ce qui leur a rendu la tâche plus facile.

Debriefing :
Les Jardins Statuaires figurait depuis longtemps dans ma to do list de théâtres à tester ! On a joué avec le tableau des symboles original, sans symbole de substitution. Quelque part, cela a permis un mix équilibré entre les thèmes très forts des jardins statuaires et ceux de Millevaux. Si la joueuse de Kevin a commis une entorse à la couleur avec le prénom de son personnage, j'ai omis de la relever en jeu car en contrepartie elle nous a offert une intro et un dénouement de folie et a structuré l'aventure autour de son personnage !


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#183 03 Oct 2016 15:18

Thomas Munier
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

SI PAR UNE NUIT D'HIVER UN VOYAGEUR

Plongée à l'intérieur d'aventures gigognes avec les sorcières, les cavaliers célestes, les scarabées et les enfants vengeurs.

Jeu : Inflorenza, héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier de Millevaux

Joué le 20/03/2016 en banlieue parisienne chez l'habitant, lors de la tournée Paris est Millevaux

Personnages : la sorcière, le hordier, le pillard, le chasseur, l'enfant dans la fosse, la tavernière, la jeune femme, le scarabée, l'amant mourant, le carabin, l'enfant cuisinier, la grande sœur, le père, la mariée

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crédits : Buckobeck, exit78, maiaibing2000, rifqui dahlgren, road less trvled, licence cc_by-nc & raphael maitre, par courtoisie & Florida Memory, domaine public


Le théâtre :

Nous reprenons le principe du livre Si par une nuit d'hiver un voyageur, d'Italo Calvino. Ayant moi-même omis de lire ce livre, et à la lecture des chroniques y afférant, doutant de l'avoir vraiment compris, je vais résumer ici ce que je pensais que le livre racontait : L'histoire d'une personne qui vit une aventure et qui a un moment s'arrête pour raconter une histoire, et on change alors de chapitre et le chapitre suivant raconte cette histoire et à l'intérieur de cette histoire un personnage s'arrête pour raconter une histoire, et cette histoire fait l'objet d'un nouveau chapitre et ainsi de suite.

C'est donc moins le livre que ce principe dont notre théâtre fait l'objet. Voici comment on l'adapte pour le jeu de rôle Inflorenza. On commence avec une aventure, et à tout moment un personnage peut commencer à raconter une histoire ou un souvenir, et alors on joue une nouvelle aventure à l'intérieur de cette histoire ou ce souvenir, et ainsi de suite on joue des aventures gigognes, on ne fait que descendre, on ne remonte jamais ou seulement pour faire une légère référence. Les joueurs conservent la même feuille de personnage alors qu'ils peuvent très bien changer de personnage en cours de route. On évite d'ailleurs de nommer son personnage précisément, pour conserver un certain flou d'une aventure gigogne sur l'autre : est-ce que le personnage mentionné dans la première aventure et celui qui apparaît dans la troisième sont les mêmes ? Ils ont des points communs. On manque d'avis tranchés.

"À partir du moment où on les raconte, toutes les histoires sont vraies."
Göran Tunström


Les histoires :

Si par une nuit de Walpurgis, au sabbat, au cœur de la forêt. Les sorcières de Salem dansent autour du feu. Au milieu du feu, le chaudron, et autour, un Bouc, ou un homme-Bouc, ou un Bouc-Horla, et l'homme en noir, et des victimes, prêtes au sacrifices, victime, sorcier, maître du sabbat : l'homme en noir. Dans le ciel volent une horde de cavaliers.
Une des sorcières, la plus vieille, la plus folle, cherche un signe qui pourrait expliquer sa folie. Elle se penche au-dessus du chaudron à la recherche de ce signe, et les vapeurs méphitiques la plonge dans de violentes hallucinations. Elle est terrorisée par les cavaliers au-dessus de sa tête. Nul doute qu'ils sont venus pour elle.

Le châtiment. Parmi les cavaliers, il est un fantôme qui suit la horde pour châtier les orgueilleux. Son châtiment à lui, c'est d'être dans la Horde. Il veut en sortir et échapper aux cavaliers.

Depuis les hauteurs, il voit un chasseur recouvert de peaux de loups, de blaireaux, qui s'avance sous le couvert des arbres. Veut le bouc, la mère de toutes les proies. C'est la Horde l'a guidée jusque là.

"Je me souviens de ma vie quand j'étais vivant.", dit le fantôme.
Et voilà qu'on plonge dans une aventure inférieure.
Il se souvient d'avoir été un pillard. Avec ses compagnons, ils ont attaqué un convoi pour voler de la nourriture. Ils ont commencé à tuer tout le monde. Ils tuaient les gens même quand ce n'était pas nécessaire. Il s'est retrouvé en face d'une femme avec son enfant. Elle lui a donné ses provisions et lui a demandé, au moins, d'épargner leurs vies ! Le petit garçon le fixait avec insistance.
L'enfant l'a regardé, il ne se rappelle pas ce qui s'est passé ensuite. Il ne pouvait pas soutenir son regard.

Un homme dans une taverne. Il montre des signes de grave laisser-aller dans sa tenue et dans l'hirsute de sa barbe et de ses cheveux. Dans ses yeux, le fond du gouffre. Il se cuite à la bière de lichen. A la ceinture qui lui barre le torse, des anneaux, et à chaque anneau une oreille de pillard. Un chasseur. Un chasseur de pillards. Quand on lui demande, il répond :
"Voici ce que j'ai vu.
- On plonge dans une aventure inférieure -
Je suis dans une scène de pillage, je suis tout jeune. Je me suis caché dans la fosse d'aisance sous une roulotte pour échapper au massacre. J'assiste au meurtre d'une femme et de son enfant. J'ai vu ma mère et mon petit frère. Ma peur, ce crime, l'horreur de ce lieu, a déclenché une réaction en chaîne d'égrégore."

Une masse de cheveux émerge de la fosse d'aisance. Le visage d'unee vieille.
La sorcière lui raconte la vie qu'il va mener : égorger le chef des pillards.
"Tu ne les auras pas tout tant que tu ne te seras pas attaqué à la Horde"

"Je veux accomplir ce que m'a prédit la sorcière, poursuivre la chasse, et quand j'aurai tué tous les pillards survivants, je pourrai m'attaquer à ceux qui sont rendus dans la Horde."

En face de lui, une tavernière borgne, une balafre qui lui mange le visage. Le chasseur dit qu'elle est la dernière pillarde vivante, ensuite il pourra passer à la horde. Il étend son bras pour la frapper de son couteau, mais elle arrête son bras, et il n'ose pas répéter son geste. Tavernière, c'est un excellent boulot pour une sorcière. Toutes les anecdotes qu'on entend ici, c'est de l'égrégore pour elle.

Le chasseur se tourne vers les autres soûlards. Puisqu'il n'a pas osé tuer la tavernière, il va la discréditer. Il va faire parler sa bouche d'opprobre. Il raconte des anecdotes infamantes sur la tavernière, il veut expliquer qu'elle n'est pas une vraie sorcière mais une impostrice. La tavernière l'affronte dans ce combat d'histoires, dans ce combats de versions de la même histoire.
On plonge encore plus bas.

Une jeune fille se penche sur une fontaine décrépite. Au fond de l'eau, un scarabée la conseille. Elle l'emporte avec elle. Il lui parle et la pique et la mordille. L'insecte veut la voir prendre la tête du clan. Grâce à lui, elle devient assistante caravanière. Scarabée semble immobile, mais il lui parle, il croît. Il s'est incrusté dans sa poitrine. Elle ne peut pas l'arracher.
Elle a hésité à l'extraire, mais puisqu'elle a essayé, le scarabée la punit. Elle sera maîtresse des morts. Elle contracte la chienlit, une forme de peste fulgurante et très contagieuse et bientôt tous les membres de sa caravanes sont infectés, ils meurent mais ils continuent à vivre, portés par la pourriture. Elle se retrouve dans une caravane des morts défigurés, elle commande aux morts.

Le chasseur est pris de terribles douleurs et s'écroule sur le sol de la taverne. La tavernière a dû cracher dans la bière. Elle l'a contaminé avec la chienlit !

Le dernier survivant de la caravane est le premier amour de cette jeune fille.
Le Scarabée l'a fait survivre pour qu'il hurle de douleur et tourmente la jeune fille. Il se rappelle avoir participé à l'autopsie du patient zéro, de la première personne atteinte de la chienlit, alors qu'il était à la Faculté de Médecine. Il essaye de toutes ses forces de s'en souvenir, dans l'espoir de trouver dans ce souvenir un remède à la chienlit. On plonge.

La Faculté de Médecine. Clair-obscur, table de dissection, tous les carabins avec leur masque d'ibis penchés sur le cadavre au torse ouvert maintenu par des chevilles en métal. Tout en faisant la démonstration à ses élèves, il se concentre de toutes ses forces sur le corps, il veut comprendre la maladie pour s'en sauver et sauver son amour.
Dans la poitrine du mort, ils trouvent un scarabée. Soudain, le mort ouvre les yeux et leur parle. C'est sûrement le scarabée qui actionne les cordes vocales.

La Horde court dans le ciel nocturne. A leur tête, le Roi-Cerf. Il lève sa lance au ciel : "Ce soir la Horde va grossir. Beaucoup de gens vont mourir de la chienlit."

Le mort parle : "Le remède c'est l'égrégore. Seuls survivront à la chienlit ceux qui ont assez de volonté, ceux qui ont quelque chose à accomplir et vont nier la possibilité de mourir afin d'y parvenir."

Le Roi Cerf. A sa poitrine, un scarabée.

La sorcière se souvient qu'elle survivra parce qu'elle ne peut pas mourir.

Le Roi Cerf-scarabée récupère ses élus, les morts de la chienlit : une émanation du dieu-cerf : "La chair suppliciée a pour vocation de retourner à la Horde".

Le chasseur s'est tellement penché pour écouter cette histoire qu'il est tombé. Il tombe au milieu des carabins. "Qu'est-ce que je fais là ?"

Un professeur va chercher un manuscrit ; il pense que pour comprendre la chienlit, il faut remonter encore plus loin que le patient zéro, alors il lit un manuscrit qui parle de cultes horlas et raconte l'histoire du scarabée. On plonge.

Une chaumière. Un enfant fat la cuisine, comme font les enfants, avec de la terre, des herbes folles, de la pâte. Il pétrit une boule. Il raconte à sa petite soeur qu'il a eu une vision : il sait qu'il sera tué par un pillard, alors il fabrique un scarabée qui va le venger. Il invite sa petite soeur à façonner les pattes du scarabée, et ils partent ensemble le lâcher dans la rivière. Il lui dit que le scarabée va porter une maladie, et lui demande qui cette maladie va toucer. Elle répond : "Une maladie qui punisse tous ceux qui ne sont plus des enfants. Le Scarabée va tuer tous ceux qui n'ont plus une âme d'enfant."

En lâchant le scarabée dans la rivière, l'enfant chante une contine. On plonge.

La contine parle d'un chasseur qui a emmené sa petite fille à la chasse, pour la première fois, après l'avoir entraînée au tir à l'arc. Il la conduit jusqu'à un renard au pelage doré et lui tend l'arc pour qu'elle le tue. Mais elle ne veut pas parce qu'elle le connaît et qu'elle veut l'apprivoiser. Pendant ce temps, le grand-frère est parti se promener sans surveillance près de la rivière. La petite fille tire une première flèche et fait exprès de manquer sa cible. Le père comprend la ruse, et de colère il frappe sa fille. Il porte son alliance au doigt, une grosse alliance avec un diamant. Le père mène une vie très frustre, mais pour ce qui est de la famille, qui est très importante pour lui, il a toujours mis les moyens. Sans faire exprès, il éborgne sa fille avec la bague. Alors la fille retourne l'arc sur son père et le tue.

La mère accourt vers eux, mais c'est trop tard pour sauver son mari adoré. Elle regarde sa fille, et d'une voix pleine de colère, pour que sa fille comprenne bien son crime, elle lui raconte le plus jour de sa vie avec cette homme, le jour de leur mariage. On plonge.

Elle assiste au mariage. Il y a beaucoup de monde dans l'église. Elle voit sa mère, radieuse, en robe de mariée, et en face d'elle, son père, plus fringant que jamais, qui lui passe la bague au doigt. Et soudain, la poitrine du père se couvre de sang, il tombe dans les bras de sa mère, puis s'écroule, une flèche plein coeur. La mère se tourne vers sa fille, sa robe de mariée est couverte de sang, et lui dit : " A cause de toi, même les plus beaux souvenirs sont tâchés de sang".

La petite fille comprend qu'avec ce crime, elle s'est condamnée elle-même au châtiment du scarabée, car elle a perdu son âme d'enfant.

La Horde dans le Ciel, la cour fantastique du Roi-Cerf.

Une fontaine. Et au fond d'une fontaine, un scarabée, plus exactement une lucane, avec des cornes dentelées sur le front. Ces pinces qui font qu'on l'appelle le scarabée-cerf.


Les fiches de personnage :

Chasseur / la mariée
+ Je veux accomplir la prédiction de la sorcière : poursuivre ma chasse jusqu'au sein de la Horde
+ (Pouvoir) Bouche d'opprobre : Un mot de moi et ta réputation s'écroule.
+ Je suis en train de mourir de la chienlit.
+ Un scarabée pousse dans ma poitrine.
+ Même mes plus beaux souvenirs son entachés du sang de mon mari.

Sorcière
+ Sorcière qui lit le signe dans le ciel, attend un signe particulier, qui la guérirait de sa folie.
+ Les cavaliers dans le ciel vont m'emporter.

La tavernière
+ L'insecte veut me voir prendre la tête du clan
+ (Pouvoir) La peste qui émane du scarabée annihile tous ceux qui m'entravent.
+ La chair suppliciée a pour vocation de retourner à la Horde.
+ Je n'aurai pas le courage d'affronter la fin de l'histoire.

Le hordier / le pillard / la grande soeur
+ Objectif : sortir de sa malédiction
+ Souvenir du garçon qui me regarde : que s'est-il passé ?
+ Le scarabée va tuer tous ceux qui ont perdu leur âme d'enfant.


Commentaires :

Durée :
2h

Règles utilisées :
Inflorenza classique, en Carte Rouge, avec les pouvoirs.

Profils des joueur.se.s :
Les joueurs de la sorcière et de la tavernière étaient rompus à Inflorenza, en revanche le joueur du hordier n'avait qu'une partie d'Inflorenza à son actif, certes en Carte Rouge mais avec une version obsolète du système (il a joué dans la Caravane)

Défis :
+ Réussir à descendre dans un maximum de niveaux d'aventures
+ Réussir à inclure le joueur débutant d'Inflorenza malgré la difficulté du procédé narratif

Mise en jeu :
+ Pour marquer les descente franches d'un niveau d'aventure vers un niveau inférieur, je faisais un bruit d'immersion (retranscrit dans ce CR par "on plonge").
+ Le joueur du hordier jouait en deuxième position. Il a réussi à jouer sa première instance sans trop de difficulté, tentant même une plongée, passant du hordier au pillard. En revanche, il est resté en observation sur les instances des autres qui ont suivi, et quand est de nouveau arrivé son instance, il manquait d'idée sur ce qu'il pouvait ou devait faire. Je me suis alors permis de prendre la main sur le décor et les figurants, j'ai fait une plongée et commencé à décrire l'enfant qui cuisine un scarabée, et j'ai décrit cet enfant en train de parler à quelqu'un dans la chaumière, et j'ai demandé au joueur qui était cette personne à qui elle parlait, et si il pouvait l'incarner. C'est là qu'il a incarné la grande sœur et nous a offert un très beau final. Je suis content d'avoir procédé de la sorte plutôt qu'en accumulant les suggestions de ce qu'il aurait pu faire, ce qui serait revenu à jouer à sa place.

Debriefing :
+ Le défi de respecter la contrainte narrative a été relevé ! Six niveaux d'aventures au total pour une partie résolument mind fuck !
+ En revanche, le joueur du hordier a été en difficulté. Il aurait préféré que les choses soient davantage cadrées, alors qu'on était tous en mode "logique floue". On a manqué de temps pour définir ce qu'il entendant par "cadré", est-ce que des exemples de scènes, des listes d'aventures possibles, des listes de phrases possibles (après tout, il y en a 144 dans le livre de base d'Inflorenza...) auraient convenu ? Est-ce que ça aurait été compatible avec le mode de jeu en lâcher prise que moi et les deux autres joueurs avions adopté ? Le débat reste ouvert.

Retour à froid du joueur de la sorcière :
une partie d'Inflorenza extrêmement réussie à 4 avec plein de conflits et des joueurs à l'imagination débridée puisse qu'il y a eu emboîtement de pas moins de six histoires. Il y avait de la forêt, de la sorcellerie, de la chasse céleste, de la horde de Horlas, de la Chienlit comme métaphore. C'était très chouette et très réussi.


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#184 17 Jan 2017 15:19

Thomas Munier
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

DUELS

Une série de défis gigognes pour ce Millevaux décalé sous la forme d'une uchronie des guerres napoléoniennes, une aventure entièrement composée de flash-back, un hommage au films Duels de Ridley Scott, du cape et d'épée badass et du jeu sans instance !

Jeu : Inflorenza, héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier

Joué le 09/06/2016 sur google hangout

Personnages : Antoine Chambelland, Amélie de Montmorency, Porcelaine

Partie enregistrée sur ma chaîne youtube

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illustration : Tableau "Tres de Mayo", par Francisco de Goya, domaine public


Le théâtre :

On joue une version uchronique des guerres napoléoniennes, où l'apocalypse forestière à déjà commencé. Tous les symboles de Millevaux sont déjà présents, d'ailleurs on utilise le tableau des symboles standard, sans symbole de substitution.

La séance commence par une impasse mexicaine qui implique tous les personnages : les personnages se braquent mutuellement.

On décrit cette scène en temps suspendu, puis on s'interdit de poursuivre la scène : on joue uniquement des flash-backs qui ont eu lieu avant cette scène, pour expliquer comment on en est arrivé à cette situation. On s'autorise à revenir à la scène initiale et la conclure à la fin de la séance. Ce procédé narratif est inspiré du jeu de rôle Showdown de Seth Ben-Ezra.



L'histoire :

Le présent.

La forêt. La pluie, qui tombe si dru que les épaisses frondaisons sont incapables de l'arrêter. Un cheval écrasé par un canon, qui gémit dans son agonie. Des drapeaux déchirés claquent au vent.

Trois soldats de la Grande Armée se braquent mutuellement, un mousquet dans chaque main.

Antoine Chambelland, capitaine des hussards, une force de la nature. Il porte un grand pardessus et cabas trempés par la pluie. Il s'inquiète de savoir si sa poudre est restée sèche. Il pointe deux pistolets au canon en argent sur ses vis-à-vis.
Sur son manteau honorifique des hussards, trois galons. Sa montre s'est arrêté.
Il porte un chapeau. Le col haut de ma gabardine cache une balafre.

Amélie de Montmorency, grognarde, vétérane de la Grande Armée, est dans son uniforme blanc, de la boue jusqu'au-dessus du genou. Elle est couverte de sang. La pluie dégouline de son chapeau, de ses cheveux. Elle pointe sur ses vis-à-vis deux vieux pistolets en bois, trafiqués jusqu'à l'os, avec des engrenages. Sur son visage court la même balafre que celle de Chambelland. C'est une hideuse vallée rouge qui part en sillon, comme dessinant le motif d'un arbre, et qui pourtant échoue a altérer la beauté de son visage.

Et puis, il y a Porcelaine. Il ou elle, on n'a jamais su, a bien mérité son surnom. Même ici, son visage reste pur, impassible. Une écharpe cache les stries qu'il a dans son cou, encore la même balafre que les deux autres. Sur son uniforme de grenadier, les galons sont arrachés. La couleur a passé, mais aucune tache de sang ne le macule.

À leurs pieds, il y a les fontes d'un cheval et dedans quelque chose qui fait du bruit. Et il y a aussi un bébé.


Flash-back.

La retraite de Russie. Les troupes traversent l'Ukraine à marche forcée. La faim, le froid et les raids ennemis les ont réduites à peau de chagrin.
Antoine Chambelland a déniché quatre pommes de terres, mais il veut éviter de les partager avec ses hommes, pas plus qu'il ne souhaite les manger devant eux. Alors, il s'est enfoncé dans la forêt enneigée, il a allumé un feu, et il réchauffe ses pommes de terre gelées.

Arrive Montmorency. Elle le met en garde contre l'imprudence de s'être isolé en forêt pour manger ses pommes de terre : les horlas rôdent. Montmorency a une mission assez trouble ; elle doit protéger Chambelland parce qu'il est l'héritier de Napoléon. Mais Chambelland l'a oublié, et Montmorency veut l'empêcher de s'en rappeler car elle pense que son amnésie est sa meilleure protection.

Chambelland nie l'existence des pommes de terre. Montmorency lui dit qu'il faut rentrer au campement. Chambelland regarde les pommes de terre brûler, noircir. Montmorency lui redemande s'il veut les manger, il dit qu'il n'y a pas de pommes de terre, alors Montmorency cède à sa propre faim, elle attrape les pommes de terre, Chambelland les lui reprend, mais elle en fourre une dans sa bouche. Ils se battent, échangent des coups rageurs.

Arrive Porcelaine. Elle s'empare d'une pomme de terre qui a roulé pendant le combat. On entend un bruit ambiant qui les encercle, reptilien.

Les trois soldats se décident à repartir vers le campement. Il y a une rivière gelée à traverser. Chambelland manque d'y tomber. Montmorency le retient juste à temps, mais c'est elle qui tombe dans la rivière. Chambelland et Porcelaine la sortent de là. Ils refont un campement et allument un feu pour la réchauffer. Sa peau est bleue. Elle délire : "Tu te rappelles, Porcelaines, des danses et des salles de bal ?"


Flash-back.

L'Espagne. Une grande salle de balle avec des rideaux, des lustres, des plafonds à tympans, des gravures, du lierre qui pend.
Napoléon a décliné l'invitation à se joindre au bal. Il est dans une salle attenante, en train de préparer ses plans de bataille avec un maréchal.
Les nobles espagnols, avec leurs fraises et leurs costumes dépassés, hypocrites. Chambelland, le visage masqué d'un loup noir, s'entretient avec eux.
Les laquais s'activent comme si de rien n'était, comme si la présence française était légitime, désirée. Les mamelouks, mercenaires d'Afrique du Nord au service de Napoléon, montent la garde avec leurs cimeterres.

Montmorency est en robe de bal bouffante, sa chevelure est très travaillée. Elle invite Porcelaine à danser, ce dernier hésite beaucoup, il se défend de savoir danser. Montmorency l'entraîne de force et guide ses pas comme s'il s'agissait d'un entraînement martial violent. Il faut savoir danser ou mourir. Elle lui dit : "Napoléon a tort de croire qu'il est accueilli en Espagne en libérateur. Des indépendantistes complotent sa perte. Ils préparent une attaque, avec la complicité d'un français, c'est obligatoire. Dis-moi de qui il s'agit." Porcelaine se défend de connaître l'identité d'un éventuel traître. "Alors c'est qu'il s'agit de toi", lui répond Montmorency.

Des officiers entament la mortelle danse des sabres. Ils forment une tranchante haie d'honneur dans laquelle Montmorency entraîne Porcelaine pour l'intimider.

Fait alors irruption un terroriste espagnol, un catalan, qu'ont laissé entrer les mamelouks corrompus. Il brandit une grenade-arbre !
Montmorency se redresse, la danse des sabres lui tranche une oreille mais elle s'empare d'un des sabres des officiers.
Sans vraiment s'arrêter de danser, elle propulse Porcelaine vers le terroriste, Porcelaine s'empare à son tour d'un sabre d'officier.
Chambelland court vers le terroriste, épée dégainée. Mais Montmorency veut éviter que Chambelland accumule les souvenirs où il sauve la mise de Napoléon, alors elle le bouscule avec violence. Mais en même temps, elle embroche un mamelouk félon qui voulait frapper Chambelland dans le dos.

Le terroriste ouvre la porte qui communique avec le salon de Napoléon. Napoléon est penché sur ses cartes d'état-major avec son maréchal, il redresse la tête de surprise. Porcelaine bloque un instant. La grenade-arbre est fascinante. Chambelland saute sur le résistant et l'englobe de son manteau alors que la grenade explose !
Montmorency est défigurée par l'explosion, c'est depuis qu'elle a sa balafre d'arbre en travers du visage. Sous l'effet de la blessure, elle est maintenant capable de voir l'emprise noire, de sentir la présence de Shub-Niggurath, elle voit comme du pétrole putride couler des plafonds.
Porcelaine aussi s'est pris l'impact de la grenade-arbre, mais voit l'emprise comme du velours. La blessure transforme son organisme. Elle ne ressent plus aucune douleur. Fascinant.

Les cartes d'état-major ont été touchées par l'impact. Elles se couvrent de racines et de mousse. Métaphore parfaite de la forêt qui envahit l'Europe.

Napoléon fait brutalement signe à Chambelland de venir vers lui. Chambelland fait deux fois sa taille et Napoléon lui demande de se pencher vers lui. Il lui tire l'oreille. "Beau travail, soldat."


Flash-back

Porcelaine et Montmorency sont sur le toit de la bastille. Montmorency est tombée et Porcelaine la retient par une main. La jeune femme a le crâne rasée, elle est vêtue à la garçonne et porte la cocarde. "Je crois que c'est notre dernière danse..." Porcelaine la conjure d'arrêter de dire de telles bêtises, il leur reste bien des combats à livrer. "Si je te retiens, les monarchistes vont te capturer...", fait Montmorency, avant de lâcher la main de Porcelaine. Porcelaine saute à son tour. Montmorency, bien forcée de lui sauver la vie à son tour, la rattrape par la main et s'accroche au grand étendard blanc, symbole du Roi. Le drapeau se déchire sous leur poids et amortit leurs chutes vers les barricades en contrebas, contre lesquelles les troupes révolutionnaires mènent l'assaut, avec leurs cocardes en tissu et en papier.

Par une fenêtre de la Bastille, Chambelland leur tend un volet gravé à la va-vite de curieux symboles cabalistiques. Porcelaine et Montmorency s'y raccrochent. "Ainsi, Chambelland, tu as vendu mon âme aux monarchistes ! Je m'en doutais !" ironise Montmorency. "Arrête de dire n'importe quoi et aidez-moi à colmater ses fenêtres. Ce qui était enfermé dans la Bastille doit à tout prix y rester !" Des pseudopodes noirs commencent à sortir des fenêtres, Montmorency et Porcelaine utilisent le drapeau pour se balancer de fenêtre en fenêtre pour y poser les volets, bataillant avec les tentacules au passage. Dans les couloirs de la Bastille, Chambelland est rejoint par Matrioska, l'âme damnée de Robespierre. Cette femme au visage occulté par un masque de chouette porte deux épées et aussi des lames tranchantes comme des rasoirs en rotation sur ses avants-bras. Elle est venue chercher ce que recèle la Bastille et ordonne à Chambelland de s'écarte de son chemin. Celui-ci n'en entend rien et le combat s'engage. Ils s'éjectent tous deux par une fenêtre, mais c'est le corps de Matrioska qui amortit la chute de Chambellan. Porcelaine et Montmorency sont débordés par la masse horla que vomit la Bastille.

C'est ainsi que Paris fut perdue.

Flash-Back.

La Pologne. Napoléon a établi son observatoire sur une colline. Il y a fait dresser l'Obélisque de Louxor. Après la campagne d’Égypte, il l'aurait ramené à Paris si la capitale n'avait été détruite. En lieu de ça, il le fait traîner par de lourds chariots et l'érige dans ses campements de campagne. La magie blanche de l'édifice est sensée le protéger lui et ses troupes. Ils en ont bien besoin car s'annonce une bataille contre un parti allemand, autrichien et russe, trois fois plus nombreux.

Napoléon se tient le ventre comme à son habitude depuis l'attentat en Espagne. L'écharde qui l'a reçu s'est développée, on entend le grouillement de l'arbre miniature dans son ventre, qui menace à tout moment de le faire exploser. Il se tourne vers Chambelland, son homme de confiance depuis l'attentat. Il lui donne des pommes de terre. C'est le fruit des mages qui l'ont accompagné depuis la campagne d'Egypte et qui sont tous morts maintenant, tués par les assassins horlas à la solde des Russes. Napoléon explique à Chambelland que seul son génie militaire peut leur assurer la victoire. Il dit que là où les autres voient des troupes et des terrains,  Napoléon voit des lignes de force et des équations mathématiques. Il faut que son génie lui survive. S'il venait à mourir, Chambelland doit planter une de ces pommes de terre. Elle donnera un de ses clones, qui reprendra aussitôt la tête de l'Empire. Chambelland méprise depuis longtemps Napoléon en secret. Il l'a jadis vu comme un père, il le voit maintenant comme un bourreau. Il prend quand même les pommes de terre, et reçoit les ordres stratégiques de l'empereur. Il convoque Porcelaine, et lui dit d'envoyer ses troupes d'élite frapper l'arrière de l'ennemi. Porcelaine part aussitôt mais elle n'arriverai jamais à destination parce que Chambelland lui a indiqué sciemment la mauvaise route, une décision qui fera perdre la bataille à Napoléon, avec des conséquences désastreuses.
Montmorency est aussi auprès de Napoléon. En tant que vétérane, elle a le droit de se plaindre auprès de lui et ne s'en prive pas : les troupes meurent de faim, les conscrits polonais menacent de trahir... Mais Montmorency se plaint pour la galerie. Elle est surtout là pour veiller sur Chambelland, et quand ce dernier part à la charge, elle assure ses arrières.


Flash-Back.

Moscou, en proie à l'incendie. Chambelland assassine Napoléon et le balance dans une fosse commune.


Flash-Back.

La forêt. Il fait tellement froid. Porcelaine donne naissance à un bébé. Ses mains ne sont pas encore bien formées, elles ressemblent encore à des germes de pomme de terre. Chambelland lui dispute l'enfant. Montmorency, toute engelée, rampe vers eux. Soudain, une rumeur les encercle, reptilienne. Arrivent des hussards transformés en horlas, le visage poilu, courbés dans des positions animales, vomissant du pétrole putride. Ils sont menés par Matrioska. Elle n'a plus son masque, mais son vrai visage : un visage de chouette.  Matrioska veut que Montmorency lui confie le bébé pour qu'elle le tue. Montmorency hurle de protéger le bébé. Un hussard-horla lui transperce la main de sa baïonnette. Porcelaine peut tirer deux fois avant la longue recharge. Elle tue les deux hussards horlas qui s'en prenaient à Montmorency. Matrioska veut frapper Porcelaine avec ses bras-lames, mais Porcelaine pare avec ses propres bras. Matrioska les tronçonne littéralement et il en sort de la sciure. Porcelaine ne ressent aucune douleur, depuis le jour de l'attentat. Chambelland tue le bébé. "Mais c'est une pomme de terre !", hurle Porcelaine dans son désespoir. Montmorency lance sa grenade de service vers les horlas en criant : "Vive la France !"

Chambelland vainc Matrioska en combat singulier. Montmorency arrive à se relever, elle assène un coup de boule à Chambelland. Est-ce le choc qui activé l'écharge dormante dans sa peau ou la contamination de la balafre de Montmorency ? La balafre s'étend sur le corps de Chambelland. Le sang coule sur le visage de Montmorency, épousant les contours de sa balafre comme une rivière.


Flash-back.

L'Espagne. C'est le lendemain de l'attentat. Le 3 Mai. Tres de Mayo. Le ciel est noir sur la ville. Les résistants espagnols sont massés devant le mur du peloton d'exécution. Certains sont déjà à terre, ensanglantés, d'autres sont debout, qui se bouche les oreilles, qui se bouche les yeux, qui au contraire fait front aux soldats, les bras en croix, implorant. D'autres font la queue, attendant leur tour.

C'est Chambelland qui donne les ordres au peloton d'exécution. Il abaisse son bras pour donner le signal de tirer. Parmi ceux qui tiennent les fusils, Montmorency et Porcelaine. En temps suspendu, à travers l'égrégore, Montmorency fixe Chambelland et l'interroge : "Tu vas vraiment le faire ? Tu vas vraiment nous donner l'ordre de tirer ?" Et vers Porcelaine : "Et toi, comment te sens-tu ? Te rappelles-tu quand on dansait sur le parquet de la salle du Jeu de Paume ?"


Flash-back.

La débâcle. Une grand campement d'infirmerie, défilé des gueules cassées et des amputés. Porcelaine se traîne sur un brancard. Un grognard avec un œil bandé l'accuse de la défaite. Chambelland le tabasse. Montmorency invite Porcelaine à danser. Chambelland fredonne une valse, reprise par les soldats.


Retour au présent.

Le bébé est mort. Dans les fontes, les bracelets de Matrioska. Chambelland plus qu'une seule balle, il ne sait plus dans lequel de ses pistolets en argent. Montmorency a les doigts gelés, elle ignore si elle pourra presser sur la gâchette.

Une détonation.

Qui s'étend

Qui s'étend !


Feuilles de personnage :

Porcelaine

+ (thème non utilisé) Je veux livrer Chambelland à l'ennemi
+ Pouvoir (thème non tiré) Mon corps vire au végétal, je ne saignerai plus
+  (Egrégore) J'ai encore des danses à danser avec Montmorency
+ (Amour) J'ai affermi la trahison en mon coeur
+ (Pulsions) Chambellan a tué mon enfant, il mourra pour cela

Antoine Chambelland

+ (barré) Je veux chaque jour répéter les mêmes gestes, cela me permet de savoir qui je suis.
+ (barré) Napoléon n'est pas un père, c'est un fossoyeur.
+ (barré) Les choses des ténèbres doivent rester croupir dans leurs cachots souterrains.
+ Je vois la corruption dans ce que j'aime le plus.
+ Mon cœur gelé ne sent plus ni souffrance, ni haine.

Amélie de Montmorency

+ (barré) Je veux accomplir mon devoir en protégeant Chambelland malgré lui et en m'assurant qu'il ne se rappelle pas qu'il est l'héritier de Napoléon.
+ Je me rappelle des danses, certaines macabres, avec Porcelaine, en Espagne.
+ Je vois Shub-Niggurath étendre son emprise depuis que j'ai été blessée.
+ J'ai laissé perdre Paris, je ne laisserai pas perdre la France.


Commentaires :

Durée :
1/2 h de briefing, 2 h de jeu, 1/2 h de debriefing

Règles utilisées :
Inflorenza classique en mode Carte Rouge. On joue SANS instance. N'importe qui peut cadrer le décor et les figurants quand bon lui semble, sans que personne n'ait le véto, seul les conflits peuvent trancher. En dehors des conflits, on peut se rajouter des phrases à tout moment, si on a besoin d'entériner une étape importante pour le personnage.

Profils des joueur.se.s :
Grande maîtrise d'Inflorenza.

Brainstorm initial :
Le joueur d'Antoine Chambelland a fait une maîtrise sur des récits des guerres napoléoniennes, moi j'ai surtout remobilisé mon vernis de culture générale sur le sujet et j'ai potassé l'article Wikipedia sur les guerres napoléoniennes 
La joueuse de Porcelaine a manqué de temps pour faire de même, mais elle connaît bien un roman uchronique sur le sujet.

Défis :

+ Jouer une uchronie napoléonienne
+ Jouer à rebours avant une scène d'impasse mexicaine
+ Jouer du cape et d'épées
+ Jouer en Carte Rouge sans instance, une première
+ ... et réussir tout cela sur google hangout

Mise en jeu :

On a beaucoup joué en énoncer / accepter, et avec très peu de commentaires méta. Les scènes de danse et de combat étaient très détaillées, bien au-delà de ce que les règles de conflit le demandaient (certaines bastons étaient d'ailleurs jouées sans conflit). Il y a eu quelques ajouts de phrases hors conflit, mais personne n'en a abusé.
Je me suis même autorisé une création de pouvoir : lors de la scène de l'attentat, je suis en alliance avec Porcelaine, contre Chambelland (les deux camps veulent sauver Napoléon, mais chacun veut s'attirer la gloire). Je devais gagner avec une main de sacrifices, j'ai préféré préserver nos personnages et j'ai gagné une phrase de pouvoir, que j'ai cédé à la joueuse de Porcelaine pour qu'elle étoffe son personnage.
On a fait quelques

Debriefing :

Retour personnel :

+ J'ai trouvé que tous les défis avaient été remportés ! Je suis positivement ravi du succès du jeu en Carte Rouge sans instance, et l'aventure avait vraiment de la gueule. J'ai casé les images les plus fortes que j'avais en tête, comme la reconstitution du tableau Tres de Mayo, de Goya, et pour une fois, je me suis aussi laissé du mou pour co-construire avec les autres, ainsi mon personnage de Montmorency m'est venu en complète impro. En plus, trois scènes de temps suspendu dans une partie, en matière de vertige logique on s'est fait plaisir. La joueuse de Porcelaine était en basse énergie ce soir-là, elle ne nous a pas forcément suivis à fond dans le jeu en performance, mais on lui a tendu beaucoup de perches, elle les a saisies à chaque fois qu'elle pouvait, et je crois que tout le monde a passé un bon moment, juste avec des niveaux d'implications différents. Parfois, on avait des problèmes de compréhension mutuelle, du au fait qu'on avait un jeu très exigeant alors qu'on était sur hangout. J'ai eu du mal à comprendre ce qui se passait exactement à la Bastille (alors pourtant que j'ai décrit certaines choses, telles que Matrioska), et à la fin de la scène de Tres de Mayo, j'ignore totalement ce qu'a répondu Porcelaine !

Retour du joueur d'Antoine Chambelland :

+ C'était extrêmement cool.
+ Quand on joue sans instance, la main sur la partie est pas acquise, c'est bien.
+ Par moment, on était sur une compétition pour la narration, par exemple avec l'arrivée de Matrioska.
+ Est-ce que c'était un défi de trop de vouloir faire du cape et d'épées ?
+ Je me suis senti vachement à l'aise. Millevaux Napoléon, ça me parle. J'ai déroulé les idées, j'en avais toujours une dizaine qui fusaient d'avance.
+ Pas besoin de meta, je ne me suis pas senti en danger.

Retour de la joueuse de Porcelaine :

+ J'ai bien aimé, mais je me suis galéré. Beaucoup de matos. Je me suis laissé étouffer. J'aurais dû imposer mes thèmes, mais je n'ai pas pu.
+ On a fait des sortes d'instances, avec les ellipses, mais à chaque nouvelle scène je laissais la main plus souvent qu'à mon tour.
+ Ce qui m'a coincé, c'est des références qui me manquent, sur la période napoléonienne.
+ Y'a eu des trucs où je ne comprenais pas ce qui se passait. Notamment la scène de la Bastille. [réponse de Thomas : c'était clairement une scène où on a eu du mal à coordonner nos imaginaires, en effet.]
+ Il m'a fallu un quart d'heure avant de faire ma première phrase.
+ Sur le jeu sans instance : l'instance autorise le lag alors que là, on le fait pendant que les autres parlent ; ça peut paraître plus fluide parce qu'il y a toujours quelqu'un qui parle, mais pendant que les autres parlent, nous on décroche.
+ J'ai trouvé ma partie quand j'ai amené la scène de l'infirmerie.
+ J'étais contente qu'on se soit permis de tuer l'enfant présenté lors de l'intro.


Outsider : Créativité, épanouissement et folklores personnels vus depuis la marge. http://outsider.rolepod.net/
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Hors ligne

#185 22 Jan 2017 11:55

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

OTHELLO / DAMOCLÈS

Inflorenza, les règles audio, à travers une partie solo riche en duels de cape et d'épée !

Jeu : Inflorenza, héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier de Millevaux

Joué le 6/12/2016 en solo

Partie enregistrée sous format podcast

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crédits : Portland Center Stage at The Armory, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com


Théâtre :

La Venise du théâtre Tre Città per Morire, issu du livre de base.


L'histoire :

Coriace est une mercenaire au visage dur qui ne se sépare jamais de sa flamberge, une épée à deux mains à lame ondulée. Elle est en train de soûler la Taverne des Récifs, un paquebot échoué, cul par dessus tête au milieu du désert de sel. C'est l'auberge préférée des condottieres et de leur clique de mercenaires, aussi bien que des spadassins qui louent leurs armes au plus offrant.

Un condottiere et deux ses fiers à bras lui offrent une bourse de pieces d'or pour rejoindre une conjuration secrète contre la ville de Venise. Elle leur répond : "Je ne serais plus jamais aux ordres de personne." Le condottiere la menace, elle lui plante la main dans la table avec son couteau. Les fiers à bras s'en prennent à elle. Elle saute sur la table en équilibre sur une main, envoie valser l'un à coups e de pieds, elle reprend son couteau, égorge l'autre, s'accroche au lustre, se balance, attérit sur le palier, répète sa tirade : "Je ne serais plus jamais aux ordres de personne !" Puis elle défonce un des vitraux de l'auberge, se laisse tomber sur le dos d'un cheval et s'enfuit.

Parmi les fines lames de l'auberge qui ont tout vu de la scène, il y a Damoclès. Un costume bleu orné de dentelles, une silhouette androgyne et sur le visage, un masque d'or lisse et sans orifice. Il est pris de désir pour cette femme. Il veut lui faire l'amour par combat interposé. Il la poursuit à cheval à travers le Désert de Sel et la retrouve aux portes de Venise, entre les deux colonnes de la Place Saint-Marc. Il la défie en duel sur place, et dès lors que leur combat commence, des gardes les attaquent puisque les duels sont interdits. Les duellistes grimpent sur la paroi du Palais des Doges, se battent sur la corniche, puis sur le Pont des Soupirs. Damoclès emporte la victoire, et ainsi, il se vide de son amour pour Coriace. Mais il veut s'associer à elle dans la lutte contre les conjurés. Pour le frisson.

Othello, noir de peau, venu du sud, est une ancienne brute et un nouveau noble. Pour avoir mené les armées vénitiennes à la victoire, il est à la fois promis à Desdémone, la fille du Doge et méprisé par l'aristocratie vénitienne. Il sent que la ville est en proie à la dégénérescence. C'est pour cela qu'il lutte contre la conjuration. Il surprend Damoclès et Coriace attaquant une chaise à porteurs et les prend pour des conjurés, alors que le conjuré, c'est le passager, un homme au masque corbeau. Le combat s'engage, puis se déplace au-dessus de la chaise à porteurs. L'homme au masque de corbeau prend la fuite, Damoclès le poursuit. Othello blesse Coriace au poitrail mais Coriace gagne le combat. Fin du quiproquo : Othello a compris que Coriace et Damoclès étaient dans son camp. Il est très impressionné parce que c'est la première fois qu'une personne le surpasse au combat.

Othello amène Coriace au médecin des humeurs, un homme qui porte un masque de docteur de la peste. Le docteur effectue une saignée pour extraire le mauvais sentiment, mais Coriace en meurt.

Desdémone, la jeune fille du Doge, est habituée à se battre car sa vie a souvent été menacée. Elle aime Othello d'un amour fidèle.

Damoclès rattrape l'homme au masque de corbeau. Ce dernier sort de son fourreau une épée avec une gouttière à poison. Leur combat virevolte sur les ponts de Venise, puis se déporte sur les toits. Les coupoles de la ville rougissent dans le crépuscule. Damoclès passe le traître par les armes.

Othello et Desdémone veulent faire l'amour mais tant qu'ils ne sont pas mariés, ils vont se contenter d'une métaphore. Othello l'entraîne au maniement de l'épée dans une des salles du Palais des Doges. Ils exécutent un combat très charnel, renversent des meubles et se roulent sur la table, dans un corps à corps furieux.

Iago, serviteur d'Othello, jaloux de son maître et membre de la conjuration, convainct le maure que Desdémone lui est infidèle. Cette nouvelle lui brise le coeur et une rose et ses épines en sortent pour former une armure autour de son corps.

Le Carnaval bat son plein sur la Place Saint-Marc. Le condottiere veut attaquer le Doge avec une bombe, Damoclès combat contre vingt spadassins conjurés, saute sur le dos d'un échassier pour attaquer de haut, puis saute de gondole en gondole dans les fonds asséchés des canaux. Il revient sur le dos d'un échassier. "Regarde au-dessus de tête, quand tombe l'épée de Damoclès !" C'est sa tirade quand il se laisse tomber de l'échassier et pourfend le condottiere devant le Doge. Mais la bombe explose, Damoclès et projeté et s'empale sur l'horloge du Campanile. C'est ainsi qu'il va rejoindre Coriace.

C'est l'heure du mariage dans la Basilique Saint-Marc aux mille marbres. Desdémone attend sur l'autel. Othelllo arrive dans son armure de roses et d'épines, il pourfend les gardes, lance une épée à Desdémone et la provoque en combat singulier. Il la tue, puis réalise son erreur et quitte Venise la honte au front : la dégénerescence ne l'a pas épargné, il s'enfuit pour en préserver la ville.


Feuilles de personnage :

Coriace (morte)

+ Un condottiere veut m'engager pour détruire la ville de Venise.
+ Je ne serai jamais aux ordres de personne.
+ La blessure d'Othello pourrait me conduire à la mort.

Desdémone (morte)
+ Pouvoir : par ce pacte de sang, je veux être liée à Othello.
+ Je meurs pure et sans avoir connu l'amour.

Damoclès (mort)
+ (barré) Je veux m'unir à Coriace dans un combat épique
+ (barré) Je me sens libéré de l'amour pour Coriace et j'ai gagné une alliée.

Othello (éliminé)
+ (barré) Je veux lutter contre la dégénérescence qui menace Venise.
+ (barré) C'est le premier combat que je perds.
+ (barré) Ma passion pour Desdémone est sans faille.
+ (barré) Je réalise que la plus belle des promises est aussi la vipère dans le nid.
+ (barré) La rose de la colère devient mon armure.


Commentaires :

Durée :

1h1/2

Règles utilisées :

Inflorenza classique, Carte Rouge

Défis :

+ C'était ma première partie solo enregistrée. Je voulais que ça soit plus fluide que si on avait fait un tutoriel classique avec plusieurs personnes, passer plus de temps sur la mise en pratique des règles et la narration que sur questions-réponses entre joueuses.

+ Je voulais faire du cape et d'épées avec de la flamboyance et des passes d'armes détaillées.

Mise en jeu :

+ J'ai eu l'occasion de tester un conflit assez étrange : un conflit entre la "joueuse" de Desdémone (anciennement la "joueuse" de Coriace et le "joueur" d'Othello). Objectif du joueur d'Othello : voir clair à travers les mensonges de Iago. Objectif de la joueuse de Desdémone (qui l'a emportée) : qu'Othello croit dur comme fer Iago quand il lui dit que Desdémone est infidèle. On a un beau cas d'ironie dramatique dans le sens où on suppose que le personnage Desdémone n'a aucun intérêt à ce qu'Othello doute de sa vertu, tandis que sa "joueuse" a au contraire envie que ça arrive, pour reproduire la trame de la pièce Othello de Shakespeare et pour amener du conflit, tandis que le joueur d'Othello est plus en train de défendre son personnage, quitte à trahir la pièce de théâtre.

Debriefing :

+ Les dés ont toujours fait les résultats que je voulais pour illustrer les règles. C'était assez magique.

+ De nouveau le jeu solo fonctionne à merveille du moment qu'on incarne plusieurs personnages.

+ Le cape et d'épées marche d'autant mieux qu'il n'est pas soutenu par les règles. Dans un jeu où le cape et d'épée est soutenu par les règles (comme Les Secrets de la Septième Mer, première édition), on est finalement limité aux passes d'armes qu'on a achetées pour son personnage, et même on est limité aux seules passes d'armes mécaniquement efficaces parmi celles qu'on a achetées (car elles sont inégales en termes d'efficacité mécanique). A Inflorenza, on décrit les passes d'armes comme on veut, les dés ne sont là que pour les rythmer, donner des idées et dire sur quel résultat le combat se finit. On n'est alors bridé que par son imagination. Cela convient mieux aux personnes qui maîtrisent déjà les codes du genre et qui pourraient se trouver frustrées dans des jeux qui mécanisent le genre, et qui conviennent alors mieux aux personnes qui ont encore besoin d'assimiler les codes.

À expérimenter lors du prochain playtest :

+ Et si je me tentais le jeu solo avec un seul personnage ? Mécaniquement, c'est possible, mais j'ignore encore si c'est intéressant, pour l'avoir simplement testé à la marge jusqu'à présent.


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