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#121 13 Nov 2014 20:24

stellamaris
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Énorme... Comme toujours avec ce jeu !

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#122 13 Nov 2014 21:27

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Merci à Guillaume et François pour leur jeu !


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#123 17 Nov 2014 19:10

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

TES PAROLES NE M'ATTEIGNENT PAS

L'exemple de partie détaillé du livre de base est désormais disponible en téléchargement seul !

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#124 31 Dec 2014 10:15

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

SE VENGER DE LA SIRENE

Nouvelle séance de La Forêt qui poussait sous la mer, plus épique que les précédentes, d’une violente tristesse.

Joué le 25/10/14 aux 24 H du Jeu avec Nathalie (la sirène), X (Le Gardien de la Mer) et Jérémy (Le fils en quête de vengeance).

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« Le Pêcheur et la Sirène », par Knut Ekwall, domaine public


L'histoire :


Le fils en quête de vengeance, joué par Jérémy

+ (mer) Mon père est mort tué par une sirène, je décide de le venger avec l'aide de son esprit qui m'indique laquelle tuer.

Tout commence sur un chalutier au milieu de la mer, dans le brouillard. Les pêcheurs remontent une grande quantité de poissons dans leurs filets. Les poissons sont ensanglantés, agonisants, et les pêcheurs rejettent à la mer tous ceux qui ne correspondent pas à l’espèce qu’ils recherchent. C’est un carnage. Je fais partie de l’équipage, mais je ne suis pas un pêcheur. Je suis à la recherche de la sirène qui a tué mon père.

+ (chair) En le repoussant, je me suis blessé avec le harpon.

Arrive le gardien de la mer à bord d’une barque. Il est très calme mais on voit bien qu’il n’apprécie pas le sort que les pêcheurs réservent au poisson. Il fait mine de vouloir monter dans le bateau. Pour m’attirer les faveurs des pêcheurs, je le repousse en agitant un harpon, mais je me blesse avec dans la foulée.

+ (chair) J'ai vu un pêcheur mourir devant mes yeux et se faire emporter par les flots.

Une sirène saute de l’eau par-dessus le pont du bateau, happant un pêcheur au passage et l’emportant de l’autre côté. L’eau est bientôt maculée de sang. C’est peut-être celle que je recherche ?

+ (folie) (barré) Les pêcheurs me regardent et veulent me sacrifier à la mer et à leur dieu.

Les pêcheurs se rapprochent de moi. Ils ont peur de la sirène et du gardien de la mer, alors ils espèrent s’attirer leur clémence en me jetant en pâture aux monstres de la mer. Pour me défendre, je n’ai pas le choix que de les tuer tous à coup de harpon. Le pont du bateau est devenu une mare de sang.

+ (chair) En me précipitant vers la sirène, je tombe étrangement et je m'aperçois que j'ai une queue.

Il est temps d’en finir. Mon bras blessé finira par attraper la gangrène, je ne sais pas piloter le bateau. Alors, je saute sur la sirène dans l’espoir de la tuer. Mais quand je me reçois dans l’eau, je réalise que mon corps à changé. Je suis en train de devenir une sirène à mon tour ! Quel fou ai-je été d’avoir voulu défier les puissances de la mer !


La Sirène (jouée par Nathalie)

+ (mer) Je suis une sirène qui vit dans la forêt sous la mer et je veux bouffer les gens qui veulent traverser.

Je profite du brouillard pour m’approcher du chalutier. L’odeur du sang m’excite. Ces pêcheurs seront une proie facile. Je sens aussi la présence du fils de l’homme que j’ai tué. A l’idée de lui faire du mal, je me délecte d’avance.

+ (chair) J'aime déchiqueter les hommes que j'attrape, j'attaque souvent en traître.

Quand une bagarre éclate entre le gardien de la mer et le fils de l’homme que j’ai tué, j’en profite pour sauter par-dessus le pont du bateau et attraper un pêcheur au passage. Je l’emporte dans l’abîme ou je le démembre et l’éventre et le dévore. Une délicieuse entrée.

+ (chair) (barré) J'atteins les pêcheurs tombés à la mer, alors qu'un des pêcheurs me taillade le bras avant de mourir.

Alors que le fils de l’homme que j’ai tué se bat avec les pêcheurs, certains tombent à la mer, j’en profite pour les attaquer. Mais l’un me taillade le bras largement. Je découvre avec stupeur l’expérience de la souffrance.

+ Je gagne le combat, l'hypnotise et m'arrache une écaille pour le transformer.

Le fils de l’homme saute du bateau pour en finir avec moi. Nous nous battons dans l’eau, lui comme un loup de mer, moi comme une lionne de mer. Malgré ma blessure, j’ai le dessus. Je m’arrache une écaille et l’hypnotise pour qu’il devienne une sirène à son tour. Je vais sûrement mourir de mes blessures, mais j’aurai la consolation de lui avoir apporté un sort pire que la mort.


Le Gardien de la Mer

+ (mer) Je suis le gardien de la mer et je protégerai tous ceux qui y vivent.

En apparence, je ne suis qu’un homme sur une barque. En réalité, je suis un dieu. Le spectacle des pêcheurs gaspillant des poissons me fait venir dans cet endroit.

+ (mer) (barré) Je me suis fait repousser par un pêcheur en essayant de monter sur un chalutier.

Les pêcheurs ne veulent pas entendre raison. Je veux monter dans leur bateau, mais le fils de l’homme me repousse avec son harpon. Les humains ont perdu la raison, perdu la crainte de la mer.

+ (mer) J'ai réussi à faire garder le contrôle de la mer qui a détruit la forêt en éclatant.

Alors que la sirène, les pêcheurs et le fils de l’homme se battent, l’égrégore que ce chaos engendre entraîne une terrible poussée de croissance de la forêt qui poussait sous la mer, sur des milles et des milles. Les branches gagnent du terrain à une vitesse démentielle, menaçant de nous hacher tous dans la minute, et de combler la mer à jamais. Je prends alors contrôle des vagues et des courants, j’investis toutes mes forces pour créer une lame de fond qui broie la forêt sous la mer in extremis.

+ (chair) Projections de branches qui me blessent à la main.

Je ne sors pas indemne de ce coup de force : une pluie de branches cassées déferle sur nous et me blessent : un dieu vient d’être blessé.

+ (mer) J'ai tué des dauphins.

Mais surtout, je constate avec effroi que le remède était pire que le mal. En déclenchant cette lame de fond, j’ai tué tous les poissons dans la zone, sur des milles et des milles. Je ne mérite pas le titre de gardien de la mer, alors que je suis devenu son bourreau.



Les règles :

Cette nouvelle séance du théâtre de La Forêt qui poussait sous la mer nous a bien occupé une heure et demie.
Mode Carte Blanche avec instance.
Gestion des thèmes : choisis par les joueurs au moment d’écrire leur phrase.



Fiches de personnage :

Le fils en quête de vengeance, joué par Jérémy

+ (mer) Mon père est mort tué par une sirène, je décide de le venger avec l'aide de son esprit qui m'indique laquelle tuer.
+ (chair) En le repoussant, je me suis blessé avec le harpon.
+ (chair) J'ai vu un pêcheur mourir devant mes yeux et se faire emporter par les flots.
+ (folie) (barré) Les pêcheurs me regardent et veulent me sacrifier à la mer et à leur dieu.
+ (chair) En me précipitant vers la sirène, je tombe étrangement et je m'aperçois que j'ai une queue.

La Sirène (jouée par Nathalie)
+ (mer) Je suis une sirène qui vit dans la forêt sous la mer et je veux bouffer les gens qui veulent traverser.
+ (chair) J'aime déchiqueter les hommes que j'attrappe, j'attaque souvent en traître.
+ (chair) (barré) J'atteins les pêcheurs tombés à la mer, alors qu'un des pêcheurs me taillade le bras avant de mourir.
+ Je gagne le combat, l'hypnotise et m'arrache une écaille pour le transformer.

Le Gardien de la Mer
+ (mer) Je suis le gardien de la mer et je protégerai tous ceux qui y vivent
+ (mer) (barré) Je me suis fait repousser par un pêcheur en essayant de monter sur un chalutier.
+ (mer) J'ai réussi à faire garder le contrôle de la mer qui a détruit la forêt en éclatant.
+ (chair) Projections de branches qui me blessent à la main.
+ (mer) J'ai tué des dauphins.


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#125 08 Jan 2015 19:26

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

DE NANTES A COMPOSTELLE 1/3

Inflorenza en table ouverte, 3 jours, 20 heures, 24 joueurs

Jeu : Inflorenza ; héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier de Millevaux

Joué du 30/10/14 au 01/11/14 aux Utopiales à Nantes avec Aurélie, Gaël, Etienne, Sylvain, Hervé, Nicolas, Dorian, Jérôme S., Marion, J, Malo, Alain, Sylvaine, Jean-Jacques, Thomas, Tristan, Benoît, Olivier, Dominique, Erwan, Gaëtan, Nikita, Lucie, Elodie

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Crédit image : Sarah Mae, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com


Conditions de jeu :

C’est mon deuxième passage aux Utopiales. J’étais déjà venu il y a deux ans, seulement sur la journée du samedi, que j’avais consacrée à animer deux parties de Millevaux Sombre, PünxXx Ov Wilderness et La Forêt aux Mille Seringues.

Je reviens en force puisque que, pour participer la conférence « Jeu et créativité », je me suis engagé sur trois jours. La conférence était le jeudi, mais histoire de voir un peu de monde, et tant qu’à poser des congés exprès, je suis resté aussi le vendredi et le samedi. Bien m’en a pris, car cette convention fut un super souvenir. Mention spéciale à tous les orgas, Emmanuelle et Adélaïde en tête, et Koemgun qui m’a hébergé, ultra motivés, ultra gentils, ultra secourables !

Je ne pouvais pas avoir de stand mais seulement une table de jeu, et pour autant je ne voulais pas me bloquer exclusivement sur de la maîtrise, surtout sur des créneaux traditionnels de 4h, car je craignais de ne pas trouver de joueurs prêts à se priver du copieux programme des Utopiales (notamment ses super conférences) sur un si long créneau, et je voulais aussi avoir du temps pour discuter avec des gens, hors-jeu, et présenter mes livres.

C’est pourquoi j’ai voulu proposer du jeu de rôle en table ouverte. Pour rappel, du jeu de rôle en table ouverte, c’est un concept inventé (à ma connaissance) par Imaginez.net, c’est une séance de jeu de rôle où les joueurs peuvent prendre le train en marche et jouer aussi longtemps qu’ils le veulent, 5 minutes pour les plus zappeurs, plusieurs heures pour les plus motivés. En théorie, les MJ peuvent être tournants également. Déjà testé deux fois par le passé, mais dans une optique d’initiation avec les systèmes des autres. Cette fois, ce devait être avec mes jeux, et dans une optique de démo.

Je me suis mis de côté Marins de Bretagne, mais c’était seulement pour y jouer dans les creux (et de fait, je n’en ai fait qu’une partie), mais le jeu en table ouverte, ce serait Inflorenza.

D’abord parce que des mois après sa sortie, j’ai encore envie de maîtriser ce jeu, parce que je trouve encore de nouvelles façons de le maîtriser, et aussi parce que c’était le candidat rêvé pour du jeu de rôle en table ouverte. La création de personnage est instantanée, le jeu en instances permet de faire intervenir facilement un nouveau personnage, la base du jeu, qui est d’écrire des phrases, parle aux routards comme aux néophytes. Et surtout, il n’y a besoin d’aucune préparation, ce qui me convenait très bien, vu le peu de temps que j’avais pour préparer les Utopiales. Pas le temps en tout cas pour les multiples heures de préparation qu’avaient exigées mes précédentes expériences du jeu de rôle en table ouverte !

Un bon jeu de rôle en table ouverte a besoin d’un prétexte. Généralement, le scénario doit avoir pour cadre un lieu unique. Ici, j’ai choisi mon théâtre Les Chemins de Compostelle (présent dans le livre de base), qui suit le pèlerinage de Compostelle à l’époque de Millevaux. Un chemin, c’est un lieu ou des voyageurs (pélerins, brigands, marchands, voyageurs…) vont et viennent. Ça convient tout à fait. Je décide que le pèlerinage partira de Nantes (la ville des Utop’), et que vaille que vaille, on finira à Compostelle au terme de mon séjour aux Utopiales. J’imprime mon affiche dédiée aux Chemins de Compostelle (déjà créée pour la Convention Eclipse), et hop, c’est tout pour la préparation.


Règles :

Voici la recette de mes Chemins de Compostelle en table ouverte :
+ Mode Carte Blanche avec instance.
+ Un Confident fixe : moi-même.
+ Quand un nouveau joueur arrive, je lui donne une feuille vierge où il note son prénom et son adresse mail (pour recevoir les comptes-rendus) et les phrases de son personnage.
+ On joue les instances dans le sens des aiguilles d’une montre. Quand un joueur prend le train en marche, on l’installe à la gauche de celui qui est en train de jouer son instance, sauf s’il préfère voir quelques instances avant de jouer la sienne.
+ Comme on est en speed gaming, les joueurs n’inventent pas de nom pour leur personnage : les personnages s’appellent par les prénoms des joueurs (et tant pis si ça ne sonne pas couleur locale).
+ On joue les conflits au d6.
+ Thèmes : quand un joueur doit écrire une phrase, il peut soit écrire ce qui lui passe par la tête s’il aime la spontanéité, soit choisir un thème dans le tableau des thèmes de Compostelle (et l’écrire au début de sa phrase) s’il aime garder trace des orientations du personnage, soit tirer un thème au d12 sur ce même tableau s’il aime les défis créatifs (il écrit aussi le thème au début de sa phrase).
+ Pas de pouvoir
+ Quand un joueur marque son intention de quitter la table, on passe à son instance pour clôturer son arc narratif (le joueur explique pourquoi son personnage quitte temporairement ou définitivement les Chemins de Compostelle). Si on finit sur un conflit qui ne lui rapporte pas de phrase, on lui fait quand même écrire une phrase pour garder trace de ce qui lui est advenu.
+ Si plusieurs joueurs veulent partir en même temps, on joue un conflit de masse.
+ Un joueur peut faire plusieurs passages, il peut reprendre sa feuille de personnage.
+ Le Confident conserve les feuilles de personnages des joueurs, pour le compte-rendu, et pour leur redonner s’ils reviennent à la table.
+ Si à un moment, la table se retrouve vide, on suspend le jeu jusqu’à l’arrivée de nouveaux joueurs, qui reprennent là où l’action s’était arrêtée.


Bilan :

+ Une séance mémorable. Réussite totale !
+ 20 heures de jeu étalées sur 3 jours
+ 23 joueurs
+ des ambiances, des personnages, des paysages complètement différentes
+ une fiction totale fascinante, une vraie saga.
+ les moments que j’ai préférés : un monastère où l’on boit l’eau de mémoire ; la malédiction de l’Homme qui Rit les deux brigands assoiffés d’or qui deviennent les protecteurs d’une femme et d’un enfant ; un voyageur à la recherche du coucher de soleil parfait ; une femme pèlerin et son fils sur le chemin du deuil ; un insurgé basque qui fait la vaisselle avec un torchon pas ordinaire ; et enfin la rencontre de trois femmes que tout oppose sauf la fierté.


L'histoire :


Nadia (jouée par Aurélie)

+ (nature) Je veux percer les mystères de cette sombre forêt.

Je suis à Nantes, en face des ruines du Palais des Congrès [l’endroit où ont lieu les Utopiales]. La végétation en obstrue l’entrée. En face de moi, l’avenue s’enfonce dans la forêt. Derrière moi, la Tour Lu, couverte de lianes. L’ancienne voie ferrée sous le pont est inondée par un bras de la Loire. La forêt m’attire, elle m’appelle.

+ (barré) (folie) C'est selon moi pure folie de croire en une entité supérieure, mais après tout, chacun est en droit d'avoir ses propres opinions.

Un groupe de pèlerins est réuni au pied de la tour Lu, ils s’apprêtent à embarquer sur le bras de la Loire, direction Compostelle. Ils m’exhortent à les rejoindre, mais je les ignore. Je fais la rencontre de Marz, un scientifique, qui veut bien m’accompagner dans la forêt pour en percer les mystères.

+ (chair) Les crocs de cette plante m'arrachent la main gauche.

Rapidement, toute trace de la ville disparaît, inondée par la végétation. La forêt est moite, vivante. Une gigantesque plante carnivore nous attaquer, elle m’arrache la main gauche.

+ (science) Les mystères de cette forêt demandent une grande force mentale pour y résister.

+ (folie) Je commence à comprendre pourquoi des gens ne reviennent pas de cette forêt, elle utilise nos démons pour nous manipuler.

Nous émergeons de la forêt pour déboucher au bord de la Loire, rive nord. Des arbres sont tombés en travers du fleuve, il serait possible de passer dessus pour aller rive sud. Nous bivouaquons à la faveur de la nuit. Nous voyons des fantômes de notre passé sur la rive sud, qui nous appellent, mais nous résistons.

+ (pulsions) Rien ne peut étancher la soif de violence de ces brigands, nous ne pouvons rivaliser.

Un homme rejoint notre campement, il s’appelle Sylvain, c’est un paumé, un mystique, un guérisseur. Je sympathise vite avec lui, nous nous racontons des histoires au coin du feu.
Un autre homme survient, un pauvre hère dépenaillé. Il se nomme Martial.
L’Homme qui Rit, un terrible brigand, est à ses trousses avec ses acolytes. Martial a commis la seule faute d’avoir survécu à une de leurs razzias, et les troupes de l’Homme qui Rit ont pour principe de ne jamais laisser de survivant. Nous les voyons arriver par un radeau. Ils nous abordent et nous entamons une bataille sanglante. Marz, qui était contaminée par la plante carnivore, transmet sa contamination à l’Homme qui Rit, qui devient une sorte de machine végétale à nos ordres.

+ (pulsions) Prise d'une fureur insoupçonnée, je menace les brigands de subir le même sort que leur chef, s'ils ne nous laissent pas butin et radeau.

Avec Sylvain, nous embarquons sur le radeau, laissant Marz et Martial derrière nous. Nous avons appris que l’Homme qui Rit avait une deuxième troupe, plus au sud, qui s’apprête à attaquer le Monastère de la Mémoire. Ils vont faire un massacre. Nous allons au Monastère de la Mémoire pour les prévenir du danger qui les attend. C’est un édifice très simple, une tour fortifiée, bâtie sur un pont qui enjambe un affluent de la Loire sur la rive sud. Il y a une porte avec une herse et des cadavres de moines armés de lance qui montent une garde fantomatique sur les créneaux de la tour. Nous obtenons d’entrée, et nous arrivons dans une antichambre ou des gens attendent, certain depuis des jours, de pouvoir acheter de l’eau de mémoire : ils ont tous des souvenirs chers à retrouver, qui veut se rappeler le visage d’un être aimé, qui a besoin de savoir s’il est une victime ou un assassin, qui veut se rappeler du meilleur repas qu’il ait jamais mangé. Nous expliquons aux moines la raison de notre venue, et on nous laisse passer. Après la salle d’attente, le monastère est une seule grande salle construite autour de la fontaine de la mémoire : une source d’eau miraculeuse qui rend des souvenirs. Les moines la vendent très cher, mais ne se privent pas pour en boire eux-mêmes régulièrement : ils sont comme drogués par leurs propres souvenirs.

Sylvain et moi rencontrons le Père Supérieur, nous lui expliquons le danger. Il insiste pour que nous l’aidions. Pour préparer les défenses, il pense qu’il faudrait obtenir de l’eau du futur, qui vient du Monastère du Futur, juste en face, sur l’autre rive. Nous montons de nuit sur la tour et nous appelons le Monastère du Futur par un signal lumineux. Un moine de l’autre rive arrive en barque. Il nous explique que nous aurons de l’eau du futur si deux personnes se dévouent pour rejoindre son monastère et rentrer dans ses ordres. Le Père Supérieur refuse de nous donner deux moines, car beaucoup de ces moines sont déjà partis de nuit rejoindre le Monastère du Futur, attirés par un appel mystérieux. Nous avons alors une idée qui n’est pas des plus honnêtes : nous demandons au Père Supérieur s’il sait fabriquer de l’eau de mémoire avec des faux souvenirs. Avec grande honte, il nous répond que oui.

+ (pélerins) Deux pélerins sont sacrifiés pour sauver un plus grand nombre de personnes, leur but était vain ou engrenage de haine ou de violence.

Parmi les pélerins qui attendent pour boire de l’eau de mémoire, nous choisissons les deux qui nous paraissent rechercher les souvenirs les plus futiles, comme celui qui veut retrouver le souvenir d’un festin, par exemple. Nous leur donnons de l’eau de mémoire trafiquée, et ils croient alors qu’ils étaient des moines du Monastère du Futur égarés sur le chemin. Ils rejoignent ce Monastère et nous obtenons l’eau de futur. Elle permet de découvrir un futur possible. Je la bois et apprends et dans ma vision, Sylvain et moi quittons le Monastère de la Mémoire le lendemain, et les pillards de l’Homme qui Rit arrivent et massacrent tous ceux qui sont restés. Sur l’insistance du Père Supérieur, nous restons alors à l’intérieur du Monastère de la Mémoire, sans savoir si notre présence suffira à empêcher le massacre. Peut-être nous sommes-nous sacrifiés, comme ces deux pèlerins, en vain, pour suivre des signes inscrits dans de l’eau.



Marz (joué par Gaël Sacré)

+ (science) Je veux trouver une super technologie pour traverser la forêt.

La forêt représente un grand défi scientifique pour moi. Avec Nadia, je décide de l’explorer.

+ (barré) (science) Les livres ne nous sauveront pas.

Au milieu de la forêt, nous sommes attaqués par une immense plante carnivore. Elle n’est pas dans mon livre, alors j’ai le privilège de lui choisir un nom et de la classifier : je l’appellerai une ophraisia.

+ (nature) J'ai un parasite végétal en moi.

La plante nous attaque, nous la repoussons, mais elle arrache la main de Nadia et elle m’implante un parasite végétal.

+ (science) Je maîtrise la médecine.

Nous bivouaquons au bord de la Loire. Sylvain, un ermite forestier, nous rejoint. Il connaît des plantes et des prières, je le laisse m’aider, mais c’est grâce à ma connaissance de la médecine, que je peux soigner Nadia pour qu’elle ne craigne pas de séquelles.

+ (horlas) Je suis hanté par l'esprit de l'hofraisia

Quand l’Homme qui Rit et sa troupe nous attaquent, je me sens investi par l’esprit, par la sève de l’hofraisia. J’attaque l’Homme qui Rit, je lui transmets mon parasite, il devient une sorte de machine végétale, qui se fait aspirer par la forêt.

+ (horlas) Je veux me connecter à l'hofraisia pour avoir la connaissance ultime de la forêt.

Je réalise que mon parasite me connecte à l’esprit de la forêt. La forêt possède une psyché unique, les horlas comme l’hofraisia sont ses neurones. Je m’enfonce dans la forêt pour connaître à fond cette expérience de partage psychique.



Martial (joué par Etienne)

+ Pélerin égaré et qui a tout perdu, cherche de l'aide auprès d'âmes charitables.

+ Martial.

+ Brigands à la solde de l'Homme qui Rit, il les dirige au combat, ses yeux injectés de folie.

L’Homme qui Rit est un monstre. Dans sa jeunesse, des forains l’ont capturé et lui ont arraché la peau du visage pour lui dessiner un sourire narquois et en faire une bête de foire. Depuis, il est devenu fou, cruel, impitoyable. Adulte, il a pris la tête d’une bande de brigands, les écorcheurs, qui massacrent femmes et hommes sur leur passage, encore plus motivés par le meurtre que par l’argent. Il me pourchasse car j’ai survécu à une de ses attaques. Quand je trouve le bivouac de Sylvain, Nadia et Marz, je suis à bout de forces.

+ Des écorcheurs veulent attaquer un village de gens innocents, je suis vieux, autant que je prenne des risques pour prévenir ces villageois. (Courage / Inconscience ?). Je pars avec une bicyclette en direction du village...

Par Miracle, les gens du bivouac viennent à bout de l’Homme qui Rit. Ses sbires prennent le large, non sans nous dévoiler les plans des autres troupes de sbires à la solde de l’Homme qui Rit. Une troupe a prévu de massacrer le Monastère de la Mémoire : Nadia et Sylvain prennent la barque pour s’y rendre. Une autre troupe a prévu d’attaquer un village plus au sud : je pars avec une bicyclette pour les prévenir. Je ne sais pas si je survivrai au chemin, je sais que ma seule raison de vivre est d’empêcher un nouveau massacre….



Sylvain

+ (science) Je suis scientifique et je souhaite trouver comment cohabiter avec la forêt et je suis en route pour Compostelle pour aller voir les érudits de Saint-Jacques pour recueillir des informations.

+ (pulsions) J'ai rencontré deux personnes pendant mes recherches sur les bords de Loire, dont une avec une main coupée. Son compagnon venait de lui administrer des soins d'urgence. J'ai proposé mon aide... Ai donné un fortifiant et du repos avec l'autre personne qui est apparemment un scientifique. Nous nous apprêtons à passer la nuit...

+ (chair) Pendant la nuit, un prêtre nommé Martial nous a rejoints, il venait de se faire détrousser. Nous lui avons proposé de se restaurer. Hélas, il était suivi par les écorcheurs. Nous avons décidé d'essayer de les dissuader de venir nous chercher querelle. Grâce à la nuit, nous voulions tenter de leur faire peur en leur faisant croire que nous étions très nombreux. Hélas, pour ces assoiffés de sang, la ruse n'a pas pris, au contraire ils sont encore plus furieux et ils ont déjà mis pied à terre et les premiers coups ont commencé à pleuvoir ! Passerons-nous la nuit ?

+ (miracle) Notre ami scientifique a réussi à repousser  dans une espèce de transe le chef de la horde. Les autres se sont soumis sans tarder. J'ai récupéré au cou de leur chef une fiole contenant un souvenir.

+ (miracle) Nous avons trouvé dans les affaires des brigands un parchemin mentionnant une attaque programmée par l'Homme qui Rit sur un monastère au sud, par un autre groupe de ses pillards. Nous y allons pour les prévenir. En arrivant, nous apprenons que ces moines possèdent une source permettant de relire des souvenirs. Nous demandons audience auprès du Père responsable, que nous obtenons. Nous le mettons en garde. Nous faisons boire la fiole souvenir à l'un des moines, "habitué" à l'eau de souvenir. Il le vit évidemment et finit par m'apprendre que ce qu'il a vu, c'est moi, défigurant un enfant, qui plus tard serait l'Homme qui rit, pour en faire une bête de foire.

Le Moine revit intensément ce souvenir de l’Homme qui Rit, si intensément que la peau de son visage se déchire, et qu’il devient, en quelque sorte, la réincarnation de l’Homme qui Rit. Il m’accuse d’être le « comprachicos », celui qui l’a mutilé quand il était enfant. Je ne veux pas le croire, je pense que je suis un homme bon, ce souvenir était sûrement frelaté ! Je reste au Monastère avec Nadia pour organiser les défenses. Le Moine devenu l’Homme qui Rit, Le Moine qui Rit, prend la fuite pendant la nuit…


Hervé

Je viens du Monastère de la Mémoire, que j’ai évité, trop bien gardé. En arpentant la rive vers le sud, j’arrive au Monastère du Pardon. Ce monastère est bâti sur un grand pont de pierre qui traverse la Loire. C’est ni plus ni moins qu’une grande chapelle sur un pont. J’entre et j’y trouve un étrange cortège : des moines soldats alignés de chaque côté, avec lances et boucliers. Au centre, deux pélerins venus chercher le pardon. Une Mère Supérieure, femme mûre, glaciale, les surplombe de sa hauteur, devant la fontaine du pardon : un puits rempli d’une eau cristalline. Elle s’empare du premier pèlerin pour lui donner le « sacrement de pardon » : elle lui ouvre la gorge d’un grand coup de couteau et le plonge dans le puits. Le cadavre coule, puis remonte et fait des gestes incohérents. Je comprends que je suis tombé dans un sacré traquenard ! Ce sont des Lazaréens : des chrétiens hérétiques qui transforment les gens en zombies pour les « purifier ».
Je ne suis pas un poulet qu’on mène à l’abattoir. Je me rue sur la Mère Supérieure, je la tue, je la trousse et je la jette dans le puits. Son sang se mêle à ma semence dans la clarté de l’eau du pardon.
Les lazaréens sont comme fous, ils se ruent sur moi pour me tuer, mais je suis trop rapide pour eux. Je m’enfuis du monastère par la rive nord et je file vers le sud.


Nicolas

+ (barré) Je veux, je prends

Je suis un brigand de grand chemin, je travaille seul, ni Dieu ni Maître.

+ (barré) La vengeance, mon unique but.

Sur le chemin, je finis par constituer un groupe avec Dorian, un pèlerin échappé du Monastère du Pardon, et Jérôme, un lazaréen qui se fait passer un pèlerin, et aussi Marion, une vraie pélerine cette fois-ci.
Nous allumons un feu sur la rive et je réalise que Dorian a récupéré le crâne de Lazare au fond du puits dans le Monastère du Pardon. Un artefact précieux. Je me bats avec lui, mais Dorian et Jérôme m’infligent une très violente correction. Je leur réserve un chien de ma chienne.
Deux personnes rejoignent le bivouac : une femme et un enfant dont le village a été dévasté par l’Homme qui Rit. Ils ont tout perdu.

+ Dieu m'a abandonné

+ Je ne suis pas seul ?

A la faveur de la nuit, j’aperçois une silhouette sur l’autre rive. Un homme avec un sourire grinçant : le Moine qui Rit, définitivement devenu l’Homme qui Rit.

+ Les servants de Dieu doivent être punis.

Sur la route, nous sommes attaqués par des Lazaréens à notre recherche.

+ JE SUIS EN VIE !!!

La bataille est cruelle. Je subis d’atroces blessures, mais je survis malgré tout.

+ Tous des enfoirés.

Les pélerins m’ont laissé me battre avec les lazaréens et ont pris le large. Jamais, plus jamais je n’accorderai ma confiance à quiconque. Je n’en aurai plus que pour ma gueule.

+ Sur la route du sang.

Des jours et des jours plus tard. J’ai fait un très long chemin vers le Sud. J’arrive au Col de Roncevaux, dans les Pyrénées, suivant l’affluence des pèlerins à détrousser, sur la route du sang qui coule.  Il n’y a qu’une dizaine de gardes espagnols une cohorte de plus de deux cent pèlerins, je passe sans encombre.

+ Voleur un jour, voleur toujours.

Je profite de la cohue pour détrousser des pèlerins. Mais le vrai trésor qui m’intéresse, c’est un artefact dont j’ai entendu parler : une carte de tarot qui contiendrait un démon de la folie…



Dorian

+ (mémoire) Je voudrais retrouver la mémoire par rapport au bain de sang dans lequel j'ai repris connaissance.

Je me rappelle être bousculé, je vois du sang, beaucoup de sang giclé, je suis au milieu d’une bagarre incroyable, dans le Monastère du Pardon. Je ne sais pas ce que je fais là. On dirait que je m’apprêtais à être sacrifié, mais l’intervention d'Hervé a tout chamboulé.

+ (barré) (miracle) J'ai récupéré un crâne orné au nom de Lazare.

Les lazaréens sortent tous du Monastère, ils sont aux trousses d'Hervé. Je vois quelque chose briller au fond du puits. Je plonge et je récupère un crâne avec des dents en or et des pierres précieuses dans les orbites. Sur son front, il est gravé « Lazare ». Je comprends qu’il est le secret de la résurrection lazaréenne et je l’embarque avec moi, on ne sait jamais.

+ (barré) (brigands) Les lazaréens sont de faux pélerins.

+ (pélerins) Je suis un groupe de pélerins.

Je retrouve Nicolas plus tard. Deux pélerins nous rejoignent, Jérôme et Marion. A plusieurs, on voyage en sécurité. Lors du bivouac, Nicolas m’attaque pour me dérober le crâne, mais Jérôme et moi lui faisons comprendre par les armes qu’on ne se laisse pas faire.

+ (science) Le crâne peut ressusciter et soigner les gens.

Je finis par comprendre comment fonctionne le crâne. On peut s’en servir pour soigner les gens, ad infinitum. On peut aussi ressusciter les gens ad infinitum, mais ils deviennent des zombies. On peut ressusciter une personne en lui conservant son libre arbitre, mais alors le crâne serait détruit.

+ (science) Les zombies se révèlent agressifs.

Je finis par rejoindre deux jeunes brigands, J et Malo, qui accompagnent une femme et son enfant, rescapés d’un village rasé par l’Homme qui Rit. Ensemble, nous gagnons La Rochelle.

La Rochelle est une ville au bord de la plage, ceinte par un anneau de muraille, avec un Porte Nord, par où nous arrivons, et une Porte Sud.

A la Porte Nord s’entassent tous ceux qui n’ont pas de quoi payer l’entrée dans l’intra-muros. Pèlerins pauvres, mendiants, gens du voyage, forains, colporteurs.

Aux portes de La Rochelle, nous sommes rattrappés par l’Homme qui Rit et ses sbires, qui arborent tous le même sourire crispé.  L’Homme qui Rit touche des gens dans la foule, qui deviennent aussitôt ses sbires. Les brigands payent pour que nous passons les murailles de La Rochelle et obtenons l’aide des Templiers, en les convainquant de la menace de l’Homme qui Rit. Malo et moi ressortons nous battre. Des Templiers tombent sous les coups des sbires qui les submergent par la masse. J’en ressuscite avec le crâne de Lazare, mais ils reviennent à la vie sous forme de zombie et agressent tout ce qui bouge, sans distinction de camp.

+ (folie) Possédé par l'homme qui rit.

L’Homme qui Rit constate que ses sbires n’ont pas le dessus. Il vole un cheval et s’enfuit sur la plage. J, posté sur les créneaux de la ville, fait tomber le cheval d’un tir bien ajusté. L’Homme qui Rit tombe avec lui et le cheval lui broye la jambe sous son poids.

J, Malo, la femme, l’enfant et moi-même, nous accourons sur la plage pour le voir. Son cheval, agonisant, arbore un sourire maléfique. L’Homme qui Rit nous regarde. Il dit : « Ce corps-ci ne me servira plus beaucoup. Le premier qui me touchera, je lui donnerai mon sourire, il sera le nouvel Homme qui Rit. Il sera la terreur du genre humain, il sera immortel. Les hommes meurent, pas leur sourire. ».

Fasciné, je lui attrape le bras. Celui qui fut jadis un moine de la Mémoire rend l’âme. Je sens mon visage se déchirer. Je suis le nouvel Homme qui Rit !

+ Le crâne est déchargé.

+ La colère a raison de moi.

L’enfant s’approche de moi, apeuré. Je le touche et il devient mon premier sbire. Alors, J me crible de balles. L’histoire de l’Homme qui Rit s’arrête là.



Jérôme S.

+ (société) Faire perdurer le culte de Lazare.

Je suis un moine de Lazare, je m’étais absenté du Monastère du Pardon, et j’arpentais la rive sud, déguisé en pélerins. Alors que je reviens vers le Monastère, je vois Nicolas en sortir, pourchassé par mes frères. Mais Nicolas court vite. A cause du poids de leurs lances et de leurs boucliers, mes frères doivent bientôt renoncer à la poursuite. Nicolas a tué notre Mère Supérieure et Dorian nous a volé le crâne de Lazare ! La pérennité du culte est grandement mise en cause.

+ (pélerins) Je veux récupérer le crâne des mains des voleurs.

Mes frères me chargent de retrouver Nicolas et Dorian, de leur reprendre le crâne et de le ramener au Monastère pour que le culte ravive sa flamme. J’arrive à rejoindre leur campement. Mais quand je veux voler le crâne à Dorian à la faveur de la nuit, je me heurte à Nicolas qui veut faire la même chose.

+ (barré) (pélerins) Ce pélerinage sera mon chemin de croix.

Dans la bataille avec Nicolas et Dorian, je suis salement blessé. Ils parviennent et se faire la malle, et me laissent sur le campement, endolori. Ce pèlerinage sera mon chemin de croix.



Marion

+ Je veux une connexion forte avec la nature, j'ai eu la vision d'une montagne où je pourrai avoir accès à l'immortalité de Lazare.

Je suis une pèlerine lazaréenne. J’ai une conception particulière de ce culte. Je crois savoir mieux comment atteindre l’immortalité que ne le savent les clercs de ce culte. Je puise mon savoir de la Nature, avec qui je communique. Quand j’atteins le Monastère du Pardon, je passe mon chemin. Je sais que l’immortalité de Lazare n’est pas là. Quand je rejoins Dorian, Nicolas et Jérôme, je prends part à leur marche car les pèlerinages sont plus sûrs à plusieurs.

+ Je dois amener un lapin et le sacrifier sur la montagne.

Je sais que Dorian a volé le crâne de Lazare, mais je m’en désintéresse. J’explique que l’immortalité de Lazare se trouve ailleurs, elle se trouve dans une montagne qui est mon but, et le crâne n’y sera d’aucune utilité, il me suffira d’une petite bête, une bête douce, comme un lapin, que je sacrifierai et la montagne nous donnera l’immortalité.

+ Dieu nous libère de la méchanceté des hommes, Dieu nous libère du MAL.

Quand je vois Dorian, Nicolas et Jérôme se battre pour des fausses reliques, je reprends mon chemin seul. Je sais que le Mal est partout, je sais qu’il était sur eux, alors je les dédaigne. Je reprends ma route, ma route qui me mène à la montagne, la route qui me mène à Dieu.


Outsider : Créativité, épanouissement et folklores personnels vus depuis la marge. http://outsider.rolepod.net/
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Hors ligne

#126 12 Jan 2015 19:30

Thomas Munier
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

DE NANTES A COMPOSTELLE 2/3

Une épopée intimiste de la Madone des Noyés à l'Homme qui Rit

Suite de Nantes à Compostelle 1/3

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J

+ (brigands) Je veux être le brigand le plus riche de la planète.

Avec Malo, mon fidèle comparse, nous parcourons la campagne à la recherche de personnes à détrousser. Sur la rive sud de la Loire, après le Monastère du Pardon, nous trouvons un bivouac. Il y a là une femme et son enfant, en haillons. Il y avait d’autres personnes, mais elles sont parties. Nous nous apprêtons à détrousser la femme et l’enfant, mais Malo, qui a un sixième sens pour détecter les trésors, me dit qu’ils n’ont rien sur eux.

+ (barré) Et nous nous endormîmes près du feu.

Alors la femme et l’enfant nous disent : « Nous n’avons rien sur nous, mais si vous cherchez de l’or, il y en a caché dans notre village. L’Homme qui Rit et ses hommes le cherchaient. Ils ont rasé notre village et tué tous ses habitants, sauf nous, qui avons pris la fuite. Ils n’ont pas trouvé le trésor pour autant car il est enterré. Alors, il a fait brûler les maisons et ils sont repartis. Nous, nous ne retournerons pas au village car nous ne voulons pas croiser les fantômes de nos voisins. Si vous n’avez pas peur, nous pouvons vous y conduire, en revanche. »

Nous décidons de leur faire confiance et bivouaquons avec eux.

+ Nous avions appris l'emplacement d'un trésor.

Le lendemain, la femme et l’enfant tiennent leur promesse et nous conduisent auprès des ruines calcinées de leur village, plus au sud sur la même rive de la Loire.

+ Nous ramenâmes l'homme sur mon dos et notre sac rempli d'or.

Dans le village, nous croisons le fantôme du chef, mais il ne nous pose pas de problème. Nous creusons sous les débris fumants de sa maison et trouvons un sac rempli d’or. Nous avons aussi affaire à un sbire de l’Homme qui Rit revenu chercher le trésor : un homme qui a un sourire crispé, comme tous les sbires de l’Homme qui Rit. Nous avons le dessus sur lui et le faisons prisonnier. Il nous dit que nous venons de nous faire un ennemi puissant en la personne de l’Homme qui Rit. La femme et l’enfant prennent peur.
Nous relâchons le sbire et nous faisons ensuite la rencontre de l’étrange Dorian, qui rejoint notre groupe.
Nous gagnons La Rochelle, citadelle fortifiée au bord de la plage. Au pied des remparts, il y a de nombreux campements. Pèlerins ne pouvant s’offrir l’entrée dans la ville, gitans, bateleurs, marchands ambulants…
L’Homme qui Rit a retrouvé notre trace. Il arrive dans les campements et commence à transformer en sbires tous les hommes et les femmes qu’il touche, et les sbires s’en prennent à nous.

Nous arrivons in extremis aux portes des remparts. Avec l’or, nous achetons notre droit de rentrer dans la ville fortifiée. A l’intérieur, nous dépensons tout l’or pour acheter des armes, de quoi protéger la femme et l’enfant. Je m’équipe d’un magnifique fusil avec une lunette de visée. Nous allons voir les templiers et nous les convainquons de la menace que représentent les sbires massés au pied des remparts. Ils acceptent de faire une sortie avec Dorian et Malo. Moi, je vais me poster sur les remparts pour faire le sniper avec mon fusil.

+ Un homme avait contourné et m'a blessé à l'épaule, je réussis quand même à le tuer.

L’un des sbires avait pu rentrer dans la cité fortifié et avait gagné les créneaux pour m’attaquer par derrière !

+ Je suis repoussé par son bras qui me blesse, ma visée s'en trouve faussée.

A un moment de la bataille, j’ai l’Homme qui Rit dans mon viseur. Mais la blessure que j’ai reçue du sbire fausse mon tir et je le manque.

+ Mon bras s'arracha suite à la détonation.

Les troupes de l’Homme qui Rit n’ont pas le dessus. L’Homme qui Rit prend la fuite à cheval vers la plage. Alors je l’aligne à nouveau et abats son cheval. Mais le fusil explose à ce moment, m’arrachant le bras. Nous allons le voir sur la plage, avec Dorian, la femme et l’enfant. La scène est atroce. L’Homme qui Rit gît la jambe écrasée sous son cheval, lui-même agonisant et porteur d’un rictus sardonique. Il veut nous léguer son sourire, mais nous reculons, horrifiés. Sauf Dorian qui accepte ce cadeau maudit et devient le nouvel Homme qui Rit. Il transforme l’enfant en sbire et s’approche de nous. Je ne réfléchis pas, je pense à la sécurité de la femme et de l’enfant. Je sors un des pistolets qu’on a achetés avec l’or du village, et je crible Dorian de balles. Il ne rira plus jamais.



Malo

+ (folie) Je sais ce que les gens ont comme argent sur eux, ça m'intéresse car je veux m'enrichir.

Avec J, nous écumons la campagne à la recherche de trésor. Quand nous croisons la femme et l’enfant, mon pouvoir me dit qu’ils n’ont pas d’argent. En revanche, ils peuvent nous conduire dans les ruines de leur village, où il y a de l’or, en échange de notre protection.

+ (barré) Je ratai mon lancer de pierre et il s'enfuit après un sourire machiavélique.

Alors que nous passons la nuit au bord de l’eau avec la femme et l’enfant, j’aperçois une silhouette sur l’autre rive. Je vois un sourire sardonique percer comme une lueur dans la nuit. C’est l’Homme qui Rit, il nous surveille. Je lui lance une pierre mais il s’enfuit sans avoir été touché.

+ (barré) L'enfant se réveille et il me dit que le moine est très dangereux.

Il m’explique que l’Homme qui Rit a rasé son village et tué tous ses habitants, il est sans pitié, il aime le sang encore plus que l’or. Il m’explique aussi que ce n’est pas un homme normal : c’est un sourire qui peut se déplacer d’homme en homme. Le dernier en date, c’était un moine du Monastère de la Mémoire. Il a pris le sourire et maintenant il est le nouvel Homme qui Rit.

+ (barré) Je porte le sac d'or.

+ L'Homme qui Rit est à nos trousses et nous allons à la ville nous armer.

+ Le chef des Templiers accepte de nous aider.

+ Des sbires essayent de me tuer.

+ Les Templiers me défendent et je rentre dans la ville.

+ L'Homme qui Rit (réincarné) a l'air de vouloir tuer la femme et l'enfant, je m'interpose entre les deux.

+ L'enfant devient un sbire.

+ Je sauve l'enfant en lui disant : "Sois toi-même."

Quand J tue Dorian, l’enfant reste un sbire mais se cherche un nouveau maître. Il se tourne vers moi. Moi, je ne veux pas qu’il reste un sbire, une sorte de zombie. Alors je lui donne un seul ordre, « Sois toi-même » et l’enfant est sauvé. Dans cette aventure, nous avons perdu tout l’or que nous avions trouvé, mais nous avons gagné une famille.


Alain

+ (pulsions) Je veux aller à Compostelle, pour voir si la plage y est plus belle qu'à La Rochelle.

Je suis sur la plage de La Rochelle, dans le coucher de soleil. L’endroit est magnifique. Il y a un cheval mort, des hommes, une femme et un enfant. Je les ignore. La Rochelle m’a apporté ce qu’elle pouvait de beauté. Je veux m’en aller vers Compostelle dont on dit que la plage est la plus belle du monde. Je ne m’embarque pas dans un pèlerinage de foi, mais dans une quête de beauté et de simplicité.

+ (pélerins) Ils ont l'air un peu coincés mais ils n'ont pas un mauvais fond.

Je m’en viens à la porte sud de La Rochelle. La route est pavée est bien entretenue. Un défilé de cinquante pèlerins, escortés par dix templiers qu’ils payent pour assurer leur protection, part pour Compostelle. Je vais pour les rejoindre. L’une d’elle, Sylvaine, me reproche de ne pas vouloir faire le chemin par conviction chrétienne. Mais finalement, je discute avec elle, et je la convaincs que je ne suis pas là pour leur nuire et que je serai de bonne compagnie, même si je ne me considère pas comme un pèlerin, mais comme un voyageur.

+ (société) Des principes moraux trop rigoureux sont une entrave à la liberté, notamment la mienne.

Sur le chemin, je constate que les pèlerins sont brimés par leur religion. Je me méfie. Ils pourraient entraver mes faits et gestes, et moi je veux rester libre par-dessus tout.

+ (horlas) Quelles que soient leurs excuses, les Horlas sont monstrueux.

Nous faisons une halte en haut d’une falaise, les pèlerins veulent rendre grâce à la Madone des Noyés. C’est une petite statue de vierge en marbre, posée dans une alcôve d’un autel, en haut de cette falaise battue par les vents et le bruit des vagues en furie. Il y a une grille derrière l’autel, censée empêcher les chutes du haut de la falaise. Elle est toute simple, un mètre de haut, deux barreaux.

Jean-Jacques me fait savoir que la statue est maléfique. Moi, je m’avance pour la briser, mais alors le chef des Templiers me dit que je blasphème. Il interdit qu’on touche à la Madone et me fait enfermer dans une cage à roulettes.
Le groupe bivouaque au pied de la Madone. Pendant la nuit, la fille d’un couple ami de Sylvaine, sort de sa tente et passe derrière la grille. Elle a un grand sourire apaisé.

Elle saute !

Sylvaine court lui porter secours, mais c’est trop tard, elle s’est abîmée dans les profondeurs tout en bas.

Je comprends que la Madone des Noyés est un Horla, peut-être un produit de l’égrégore concentré autour de cette falaise. Elle ne pense pas faire mal, elle pense que l’eau apporte le réconfort final aux noyés, elle pense les libérer de leur vie de souffrance. Il n’empêche que c’est un monstre, un assassin de sang-froid. Elle a influencé l’esprit de cette pauvre petite fille pour qu’elle saute.

+ (pulsions) Le Templier est victime de sa propre injustice.

Au matin, nous mettons en garde les pèlerins contre la Madone des Noyés. Nous pensons qu’elle est la cause de ce suicide. Mais le Chef des Templiers ne nous croit toujours pas, il interdit toujours qu’on profane la Madone.

Cependant, plus tard, la Madone lui donne un ordre et il se jette à la mer à son tour. Alors maintenant les gens me croient et me libèrent. Je jette la statue à la mer, et je sens par l’égrégore qu’en fait elle est heureuse de rejoindre la mer, et ses frères et sœurs les noyés.

+ (nature) J'ai aidé les pèlerins à oublier leur peur mais aussi les deux noyades, finalement je me sens coupable.

Nous continuons la route le long du littoral. La prochaine étape importante, c’est la cabane d’un ermite, un saint que les pèlerins vont consulter. Nous descendons un étroit escalier de pierre sans rambarde qui descend le long de la falaise. Nous arrivons à un arbre creux qui a poussé on ne sait comment dans les récifs, et l’ermite en a fait sa maison. Au bout de l’arbre, une longue jetée s’avance dans la mer. L’eau est agitée par les rouleaux, le ciel est gris, les nuages sont d’une blancheur neigeuse.

Sylvaine et Jean-Jacques vont parler à l’ermite. Moi, j’admire la mer. Depuis la jetée, je plonge dans l’eau. Ce contact avec la nature me régénère. J’invite les autres pèlerins à plonger à leur tour. La plupart le font, ils oublient un temps leur peur et leur culpabilité. Mais quand ils sortent de l’eau, ils ont aussi oublié le souvenir des deux noyés : le Templier et la petite fille.

+ (nature) J'ai fait un long chemin, j'ai déjà vu Compostelle. Et sa plage est magnifique.

Nous faisons encore un long périple à travers les Landes. Puis nous arrivons enfin au pied des Pyrénées. Les montagnes nous observent, massives, pensives. Notre convoi échoue dans une passe au pied du col de Roncevaux. Sont aussi rattroupés là un convoi de gitans, un convoi de pèlerins lépreux, et un convoi de pèlerins pauvres (qui n’ont pas comme nous les moyens de se payer une escorte de templiers). Il y a aussi une troupe de barbares, une cinquantaine. Nous allons voir leur chef, une païenne gigantesque avec des coquillages tressés dans ses chevaux noirs. Elle se nomme Gertrude et veut nous vendre les services de sa troupe comme passeurs, prétendant assurer notre sécurité contre les brigands qui pulluleraient dans les montagnes.

Je vais voir la cartomancienne gitane qui tire les Tarots du Passé. Elle me tire le Monde, et m’annonce que je suis déjà allé à Compostelle, j’en reviens en fait. Elle a raison. Je m’en souviens maintenant. La plage de Compostelle est bien la plus belle du monde.

+ (brigands) Je me demande si je ne nous ai pas mis en danger en refusant l'aide des mercenaires.

Pensant que les barbares mercenaires sont à la fois hors de prix et de mauvaise compagnie, je fais partie des membres du groupe qui pèsent dans la balance pour qu’on ne s’achète pas leurs services. Mais je commence à craindre que ces barbares délaissés ne s’en prennent ensuite à nous sur la route, ou que nous soyons à la merci des brigands. Serais-je contaminé par les craintes des autres pèlerins ?

+ (société) Vivre en groupe trop longtemps, c'est risquer de se perdre.

Sur le chemin, j’ai appris à apprécier ces pèlerins, malgré leurs peurs, malgré leurs doutes, malgré leurs morales. Mais je ne veux pas devenir comme eux, et c’est ce qui va arriver si je reste avec eux. Aussi je leur donne congé au pied de la montagne, notamment mes chers Sylvaine et Jean-Jacques. Avant de prendre un autre chemin, j’adresse une simple prière pour ne pas les oublier comme j’ai oublié les feux dardant du coucher de soleil sur la plage de Compostelle.


Sylvaine

+ (barré) (amour) Je veux emmener mon fils à Compostelle pour voir la mer car nous avons vécu des choses difficiles.

Quand mon mari, le père de mon fils Jean-Jacques, est mort, Jean-Jacques et moi ne sommes pas parvenus à faire notre deuil. Alors nous avons pris la route de Compostelle en espérant y trouver de quoi alléger nos souffrances morales. Quand nous sommes partis de la Rochelle, nous étions entourés de pèlerins qui partageaient nos peines, cette solidarité de chagrin m’aidait beaucoup. Alors, quand Alain, ce voyageur insouciant, a voulu rejoindre notre cohorte, je m’y suis d’abord opposé. Puis j’ai compris que je ne devais pas me laisser à l’aigreur, alors je l’ai accepté parmi nous.

+ (barré) Ce que me dit le vieux pèlerin me fait remonter des souvenirs douloureux et me plonge dans une profonde tristesse.

Etre parmi des pèlerins n’est pas que des avantages. Chaque jour sur le chemin, l’un d’eux me confie ses peines et ses doutes et par sympathie je suis encore plus triste qu’au départ.

+ (pulsions) Je saute sur le Templier, remplie de colère.

Nous faisons une halte auprès de la Madone des Noyés. Jean-Jacques me confie que cette statue lui fait peur. J’ai tendance à le prendre au sérieux, mais sans plus. Mais au milieu de la nuit, la fille de l’un de mes amis monte sur la rambarde, et sous nos yeux horrifiés, elle saute. Le lendemain, je veux prévenir les autres du danger que représente cette statue, mais le chef des Templiers ne me croit pas. J’en viens à le frapper, alors qu’auparavant jamais je n’aurais porté la main sur un homme de Dieu.

+ (mémoire) Je veux jeter la statue dans la mer.

+ (brigands) Je comprends la nature de la statue : c'est un Horla.

+ Mon esprit s'est ouvert et j'ai une remise en question de mes principes de foi.

Une fois qu’on s’est débarrassés de la Madone, je réalise que je dois remettre en cause ma foi aveugle : tout n’est pas sacré qui en revêt l’aspect.

+ (amour) En observant mon fils, du haut de la jetée, je me fais emporter par la foule et tombe à l'eau

Quand nous arrivons chez l’ermite, je lui demande audience. Le voyage m’a beaucoup réfléchir. Le vieil ermite, un aveugle, m’emmène discuter à l’abri des oreilles indiscrètes, au bout de la jetée. Nous discutons, je lui parle de mon mari, et de la fille de mon ami, que je n’ai pas pu sauver.
Sous l’impulsion de l’insouciant Alain, Jean-Jacques se met torse nu et saute se baigner dans l’eau. Je reste à le regarder, moitié confiante, moitié soucieuse. Sous les appels d’Alain, de nombreux pèlerins sautent à l’eau, ils me bousculent et j’y tombe malgré moi ! J’en serai quitte pour une douche froide et une belle frayeur !

+ Ce serait bien d'avoir les mercenaires avec nous mais je reste prudente et attends la décision collégiale.

Quand nous arrivons au pied des Pyrénées, nous nous retrouvons pour la première fois à prendre une décision vraiment délicate. Faut-il engager les mercenaires barbares pour nous protéger sachant qu’ils ressemblent eux-mêmes beaucoup à des brigands ?

+ (barré) (miracle) Il est revenu de Compostelle, comment est-ce possible, qu'a-t-il vu ?

+ (amour) Je n'ai pas une entière confiance en lui mais je me fie à mon instinct.

Quand Alain nous quitte pour poursuivre son chemin de son côté, je me sens seule. Mais Jean-Jacques est plus confiant, quant à lui. Il fait partie des personnes qui ont l’idée de mettre ensemble notre convoi avec celui des pèlerins pauvres, des pèlerins lépreux et des gitans. Ensemble, nous nous offrons les services des mercenaires, en pariant sur notre nombre pour que ceux-ci ne s’en prennent pas à nous et assurent notre protection comme promis. Jean-Jacques devient-il un homme ? Je sais qu’il est faillible mais mon instinct me recommande de suivre le sien.



Jean-Jacques

+ (barré) (science) Je veux que ma mère arrête de se réfugier dans la religion.

Tout autant que Sylvain, ma mère, je n’arrive pas à faire le deuil de mon père. Elle a décidé de faire le pèlerinage de Compostelle pour oublier, alors bien sûr je l’ai suivi, puisque je n’ai que dix ans, mais je ne crois pas que ce soit la religion qui nous apporte le réconfort dans cette épreuve.

+ (barré) (science) Je suis convaincu et dégoûté de l'obscurantisme des pèlerins.

Quand nous arrivons sur le rocher de la Madone, je comprends que cette petite statue de la vierge n’est pas normale. Je comprends qu’il s’agit d’un être qui pense, qui est malsain. A mon sens, cette statue n’a rien à voir avec la religion et je vois pourtant les pèlerins la vénérer et implorer son secours.

+ (nature) Je veux survivre aux Horlas.

Pendant la nuit, j’assiste au suicide de la fille de notre ami. Je comprends qu’elle agit sous l’impulsion de la Madone, et que je peux l’en empêcher si je me concentre assez, hélas mon esprit d’enfant n’est pas aussi fort que celui de la Madone, et ni Sylvain, ni Alain ni moi ne sommes assez forts d’esprits ou assez rapide pour sauver cette pauvre fille.
Le lendemain, ma mère et Alain tentent de convaincre le Chef des Templiers, mais cet imbécile ne veut rien entendre. Alors, quand je réalise que la Madone veut le pousser à son tour au suicide, je laisse faire les choses. Il se jette à l’eau devant tout le monde, ce qui convint les pèlerins du danger que représente la Madone. Alors, ils libèrent Alain et le laissent jeter la Madone à la mer. Je suis un peu coupable de n’avoir pas protégé le Templier, mais son sacrifice a permis de sauver de nombreuses vies.

+ (mémoire) Je me souviens de mon père qui nous protégeait, qui était fort de mon point de vue d'enfant.

Quand nous allons voir l’ermite sur la jetée, il nous demande de lui parler de mon père. Il me manque. En parler me fait du bien, et quand Alain nous demande de nous jeter à la mer, j’y plonge volontiers.

+ (société) Les épreuves et les joies ont lié le groupe de pèlerins.

Notre périple continue à travers les landes où des vents violents piègent le père de la fille qui s’est tuée à cause de la Madone. Notre médecin le soigne. Notre groupe est plus lié que jamais.

+ (barré) (science) Je n'aime pas la cartomancienne.

Quand nous arrivons au pied des Pyrénées, il y a là d’autres convois, dont un convoi de gitans. Alors que j’explore le campement, une cartomancienne insiste pour me tirer les cartes dans le Tarot de l’Oubli. Elle tire la carte de l’Ermite, un homme sage, de bon conseil. Elle dit qu’elle représente l’âme de mon père, que tout ce qu’il reste de mon père c’est cette carte. Elle me demande de la lui acheter, je refuse car je ne veux pas croire ce qu’elle dit. Alors elle garde la carte, elle me sermonne d’abandonner ainsi mon père.

+ (nature) La montagne me semble dangereuse.

Entre les dangers naturels et les brigands, je m’aperçois que la suite de notre périple pourrait être mortel. Je fais partie de ceux qui insistent pour que nous regroupions tous les convois et achetions la protection des barbares, ce que nous faisons.
C’est un convoi de bric et de broc qui monte les Pyrénées vers le col de Roncevaux. Barbares, pélerins riches, templiers, pèlerins pauvres, lépreux, gitans. Il y a de tels langages, de telles croyances et de telles cultures différentes que cela entraîne une concentration terrible d’égrégore, un cyclone qui donne naissance à un Horla de la folie. L’orage éclate, le vent souffle en tourbillons. Je réalise que le démon Horla cherche une personne à posséder, il choisit celle qui est le plus sensible à l’égrégore : la cartomancienne. Je cours pour empêcher ça. J’entre dans sa roulotte. La cartomancienne est suspendue au-dessus du sol, toutes ses cartes volent autour d’elles. Je me concentre, et avec moi Sylvaine, pour chasser le démon. Et nous avons tellement d’amour, tellement de peine, tellement de conviction, que nous y parvenons ! Le démon s’échappe, l’orage cesse, les cartes et la cartomancienne tombe. Alors la cartomancienne me regarde. En gage de gratitude, elle m’offre une carte.

La carte de l’Ermite.

Dès lors, ma mère et moi avons quitté le convoi des pèlerins. Nous avons fait notre deuil.


Thomas

+ (barré) Cette eau est vivifiante, rejoignez-moi !

Je suis un des pèlerins. Comme tous, hanté par mes peurs, mes doutes, ma foi. Quand nous arrivons à la jetée de l’ermite et qu’Alain plonge dans l’eau, j’oublie un tant tout ça et je le rejoins dans les vagues froides. C’est comme un nouveau baptême, je crie à mes frères de nous rejoindre.

+ Le courant m'emporte, sortez-moi de là !

Mais quand les courants s’affolent et m’entraînent au large, les choses deviennent moins idylliques ! Les autres pèlerins me repêchent in extremis. Mon audace a failli me coûter la vie.

+ Nous allons finir par le regretter.

Le voyage jusqu’aux Pyrénées a déjà comporté son lot de danger. Quand nous arrivons auprès des autres convois, je commence à penser que nous allons attirer la cupidité et finirons morts et détroussés si nous ne prenons pas des mesures. J’ai déjà été audacieux et confiant, j’ai bien vu ce que ça rapportait.

+ Voyager en groupe me semble plus risqué que d'être seul.

Je ne fais pas confiance aux barbares pour assurer notre sécurité, j’ai pourtant conscience qu’il vaut mieux les avoir dans notre camp que dans l’autre. Alors j’ai l’idée de fusionner les convois. Ainsi, nous avons de quoi payer la loyauté des barbares. De cinquante personnes, notre convoi grossit à deux cent cinquante. Une respectable cohorte qui devrait traverser les montagnes sans danger !


Tristan

+ (science) Je veux aller à Saint-Jacques pour élucider les mystères de cette région, d'un point de vue objectif.

Je rejoins les pèlerins au niveau de la jetée de l’ermite. Je ne suis pas croyant mais j’ai entendu parler des guérisons miraculeuses de Compostelle. En tant que médecin, j’ai besoin d’en savoir plus. Toute connaissance qui pourrait sauver des vies mérite mon intérêt. Je me joins alors au cortège de pèlerins pour aller étudier les miracles de Compostelle.

+ La fracture est prise en charge, et le patient est stable.

Les Landes désolées que nous traversons sont aussi une forêt à leur façon. Une forêt de vent. Un pèlerin est happé par un tourbillon surgi de nulle part, il s’envole de plusieurs mètres en hauteur puis rechute sur le sol. Sa jambe est brisée ! Je me précipite pour l’ausculter. La chanoine qui accompagne les pèlerins insiste pour qu’on le soigne par la prière.  J’arrive à convaincre qu’une désinfection et une attelle ne seront pas de trop en plus de la prière, et j’arrive à stabiliser le pauvre homme : sa jambe est sauvée, il en sera quitte pour finir le voyage en béquilles. La chanoine met sa guérison sur le compte de la prière, bien entendu…

+ Devant l'aveugle foi de la chanoine, je décide de partir tenter ma chance avec les gitans.

Quand au pied des Pyrénées, nous débattons sur comment assurer notre protection, la chanoine ne semble montrer que mépris pour les barbares païens, et pour les gitans. J’en ai assez de cette foi aveugle, alors je me sépare des pèlerins riches pour rejoindre les gitans.


Jacques (joué par Benoit)

+ (barré) Jacques, brigand de grand chemin, se fait passer pour un croisé afin de détourner les voyageurs.

L’immense convoi de deux cent cinquante personnes arrive au col de Roncevaux. Comme tous les postes-frontières il est tenu par les espagnols d’Al-Andalus, la coalition catholique et musulmane qui est au pouvoir en Espagne. Si les espagnols redoutent beaucoup les habitants des Terres Franques, qu’ils considèrent comme des barbares et des envahisseurs, les postes-frontières ne bénéficient pas toujours de moyens à la hauteur de ces craintes. Le col est fermé par une grosse barricade en bois renforcée par des sacs de sable. Il est encadré par deux sommets, l’un d’eux est surmonté d’une tour de guet en pierres empilées qui a connu des jours meilleurs. Une dizaine de gardes, arabes et latins confondus, tient le poste. Ils sont cependant solidement équipés, hallebardes, casques et plastrons, et semblent déterminés et expérimentés.
Ils ne veulent laisser passer que les pèlerins, c’est-à-dire ceux qui portent la coquille Saint-Jacques.

Moi, je suis un brigand qui hante ces montagnes. J’ai l’idée de me déguiser en croisé, en apôtre de la Reconquista, pour m’infiltrer dans le convoi de pèlerins et les abuser et les détrousser à mon aise. Je me fais un allié du prêtre inquisiteur présent dans le convoi et avec lui, je plaide ma cause auprès des gardes-frontières. Mais je finis par croire à mon propre baratin. Avec tous ces pèlerins, toute cette tension… Est-ce parce que l’endroit est saturé d’égrégore ? J’oublie complètement ma vie de brigand et deviens un croisé pour de bon.


Outsider : Créativité, épanouissement et folklores personnels vus depuis la marge. http://outsider.rolepod.net/
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Hors ligne

#127 18 Feb 2015 20:30

Thomas Munier
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

DE NANTES A COMPOSTELLE 3/3

Fin du défi en table ouverte entre burlesque espagnol et histoires de fierté à restaurer.

Une séance d'Inflorenza, le jeu de rôle des héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier de Millevaux.

Suite de Nantes à Compostelle 2/3

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crédit image : shell bell, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com


Olivier

+ (barré) (miracle) Moi, prêtre inquisiteur, suis ici-bas afin d'exterminer toute hérésie démoniaque qui corrompt le monde.

Je fais partie du parti de pèlerins pauvres qui est venu grossir le convoi qui arrive devant la barricade du col de Roncevaux. Je suis toujours aux aguets. Je sens que le mal est partout et qu’il me faudra le combattre sans faillir. La veille, un démon de la folie a failli posséder une cartomancienne, apparemment la possession n’a raté que de peu, je dois surveiller ça de près, le démon rôde sûrement autour de nous, à la recherche d’une nouvelle victime à posséder.

+ (barré) (pèlerins) Au col de Roncevaux, je négociais le passage des pèlerins du convoi avec les gardes frontières espagnols.

Au début, ce sont les barbares qui tentent de négocier le passage. Ça se passe mal car les gardes ne veulent pas avoir affaire avec les païens qu’ils sont. Alors, les barbares tentent un passage en force, ils sautent par-dessus la barricade et se battent avec les païens. Quelques gardes meurent, mais en gros ils ont le dessus sur les barbares, qui n’ont aucune conviction et aucune noblesse pour les rendre fort, qui rendent les armes à la première estafilade. Une dizaine de barbares trouvent la mort, dont leur chef Gertrude, la seule qui était vraiment valeureuse, et les autres sont tenus en respect par les gardes survivants.

Je décide de reprendre les négociations avec l’assistance de Malok le Sournois, le nouveau chef des barbares. Nous obtenons de faire passer, en plus de tous ceux qui ont la Saint-Jacques, tous ceux qui sont chrétiens, comme les gitans. Finalement, seuls les barbares, qui sont païens, ne sont pas autorisés à entrer, mais les gardes les mettent aux arrêts dans la tour. C’est un début, ils trouveront bien une solution pour sortir un jour, ne serait-ce que parce que leurs frères les brigands des montagnes détiennent des otages espagnols qu’ils pourront monnayer contre leur mise en liberté. De toute façon, je n’ai que faire du sort de païens.

+ (barré) (folie) Je récupère la carte de la Folie.

Il se passe quelque chose dans la tour où sont enfermés les païens. Elle s’écroule et la plupart des barbares brigands (car c’est bien ce qu’ils étaient en réalité, des brigands, qui auraient massacré les pèlerins s’ils n’avaient pas été si nombreux) y trouvent la mort. Dans les décombres, nous découvrons une carte de tarot. La carte du Fou.

Je la récupère et je pars l’étudier dans ma tente. Je comprends qu’un démon très puissant réside dans cet objet. Je récite des extraits de la Bible et commence à l’exorciser)

(je tombe inconscient et perds la mémoire. Le démon de la folie, que contenait la carte, possède le chef des Templiers)


Malok le Sournois (joué par Benoit)

+ (barré) (amour) Amant de Gertrude, chef des barbares. Malok le Sournois veut protéger ses pairs même de ceux qui les considèrent comme des hérétiques.

+ (barré) (pèlerins) Gertrude est morte au cours d'un assaut de la barricade où nous voulions passer et où les gardes voulaient ne laisser passer que les pèlerins.

Je ne suis pas aussi courageux que ma défunte amante, mais je défens l’idée d’une unité barbare. Avec l’inquisiteur, je tente de plaider notre cause après l’assaut, pour passer le col malgré tout. Les gardes acceptent de faire passer tous les chrétiens mais nous enferment dans la tour, nous les barbares païens. Je comprends alors que l’inquisiteur nous a trahi : nous étions un pion qu’il a sacrifié au profit de son troupeau de chrétiens.

Nous nous retrouvons tous enfermés dans la tour de guêt, qui est vieille, et n’est pas prévu pour accueillir la cinquantaine de barbares, quarante vivants et dix morts que nous sommes. Mes frères barbares se tournent les pouces et jouent aux dés. Certains ont trouvé un jeu de cartes et jouent avec. Ils ne savent pas que c’est le jeu de la cartomancienne, emporté lors de l’orage, et qu’il contient une carte dans laquelle s’est incarné le démon de la folie : la carte du Fou. Les barbares attendent tranquillement que les barbares des montagnes viennent nous faire libérer en échange d’otages… J’en ai assez de leur lâcheté. Je fais un grand discours pour les convaincre de retrouver leur fierté et de se libérer de la tour par le combat. Ils finissent par m’écouter, ils bandent leurs muscles et poussent de grands cris de guerre.

(la tour s'est écroulée sur elle-même à cause du démon de la folie et des barbares galvanisés)

Las ! C’en est trop pour cette vieille tour. Elle s’écroule sur nos têtes. Nous sommes maintenant libres, mais la plupart d’entre nous sont morts, écrasés par les pierres. Avant de rendre mon dernier souffle, je vois par terre près de moi une des cartes du Tarot : la Tour. Toujours représentée sous la forme d’une tour qui s’effondre…


Zeylios Lopez (joué par Dominique)

+ (brigand) Veut être faussaire, et est légèrement cultivé. S'acoquine à Lagagne le Barbare.

Je suis un brigand espagnol, ou plutôt un aspirant brigand. Je dois encore choisir ma spécialité. Comme j’ai de la culture, que je suis habile de mes mains, et que je n’aime pas me battre, je me verrais bien faussaire. Il me reste à trouver des partenaires dans le crime. J’étais justement du côté du col de Roncevaux pour en chercher quand j’assiste à l’effondrement de la tour de guet. Je vais voir dans les décombres s’il y a des choses à grapiller, et je fais la rencontre des brigands qui y étaient enfermés, des barbares de la tribu de Gertrude. Du moins les quelques qui ont survécu ! Je m’en fais des camarades de brigandage, notamment Lagagne, un brigand maigre, aux cheveux et au bouc noir, avec un doublon à la place d’un œil.

+ (brigand) Veut se laisser aller à ses pulsions (appât du gain) en compagnie son infortuné Lagagne. Fabrication de reliques.

Lagagne a un pouvoir. Avec son œil en doublon, il peut voir le pognon qu’on peut se faire avec telle ou telle combine. Bon, il peut pas voir les ennuis qui vont avec ou les probabilités que ça rate, mais c’est déjà pas mal. Je lui parle de mon talent de faussaire, je lui montre des choses que j’ai faite, des fausses montres, des faux ponchos, et il me dit : « tu devrais faire des fausses reliques. Ici, avec tous ces pèlerins crédules, c’est ça qui marche. Mon œil me dit que ça nous rendra riche. » Et en effet, la pièce d’or follement dans son orbite quand il évoque cette combine. C’est décidé ! Je me fais la main en bricolant une première relique fantaisiste, la relique de Saint Ignacio.

+ (brigand) A remis à Erwan le Templier la relique de Saint Ignacio

Le chef des Templiers du convoi de pèlerins vient nous voir. Il a un l’air un peu dérangé mais on peut discuter. Il est chef depuis que son prédécesseur s’est jeté d’une falaise. Il dit qu’il recherche des reliques, et je lui refourgue ma fausse relique pour un bon prix ! Les affaires reprennent !

+ (barré) Négociation avec les basques = vêtements de pélerins à faire pour eux (perte de matériel).

On part vers Compostelle avec Lagagne et Gaetan, un autre barbare. Lucie se joint aussi à notre groupe de pieds nickelés. Elle n’est pas dans le brigandage, mais elle a besoin de nous pour se venger d’un type à Compostelle, son ancien fiancé, sous-entendu qu’il est de la haute noblesse, qu’on pourrait le prendre en otage et que ça pourrait nous rendre riche. D’ailleurs, l’œil de Lagagne confirme le potentiel de cette combine (sans bien sûr nous dire le potentiel d’emmerdes ou le potentiel de foirage). Le Templier fou nous rejoint également, on accepte parce que visiblement, il vaut mieux ne pas le contrarier.

On a le choix entre descendre vers la plaine ou tracer tout droit par les montagnes. On se dit qu’on est des brigands, on n’a peur de rien (enfin, les autres n’ont peur de rien), alors on reste dans les montagnes pour gagner du temps.

Au bout d’une semaine de voyage, on se fait attaquer par une bande d’insurgés basques, tout habillés de noir, menés par Elodie, une chef indépendantiste au caractère bien trempé. Ils ont un ours dressé avec eux, alors ce n’est vraiment pas envisageable de sortir victorieux d’un combat. (enfin, je n’envisage jamais ce genre de choses). En théorie, ces basques ne sont pas des brigands, ils se battent pour l’indépendance de leur peuple contre la coalition arabo-espagnole. Mais dans la pratique, ils sont bien forcés de faire un tas d’actions malhonnêtes pour financer leur guérilla. Alors, ça nous fait un terrain de discussion. Lucie leur dit qu’ils peuvent s’associer avec nous prendre son ex en otage, l’œil de Lagagne dit que cette association peut valoir le coup, alors tout le monde tope là.
On se retrouve les invités des personnes qui voulaient nous couper le siffler et nous vider les bourses il y a deux heures de cela. Ils nous bandent les yeux et nous emmènent dans leur repaire secret, une maison de berger dans la partie la plus aride des montagnes. Y’a aussi une bergerie à côté, ils y parquent des moutons mais aussi une princesse andalouse qu’ils détiennent en otage et qu’ils comptent revendre un bon prix pour financer la guerilla. Les basques nous payent le repas. C’est Ernesto, un gros type à moustache, qui s’occupe de faire la cuisine et de faire la vaisselle…

+ (brigand) S'aperçoit que le torchon à vaisselle est le Saint-Suaire.

Qu’elle n’est pas ma stupeur de constater que cet imbécile d’Ernesto fait la vaisselle avec le Saint-Suaire : le drap qui porte le visage du Christ ! Et ce n’est pas une fausse relique, c’est bien la vraie ! Dans un état lamentable, mais c’est le vrai Saint-Suaire. La preuve, quand Ernesto essuie la vaisselle avec, le visage du Christ s’imprime sur les assiettes et la casserole ! Toute leur argenterie porte le visage du Christ, ces païens ignorants de basques ont dû voler ça à des pèlerins sans se douter une seconde de la valeur incomparable de leur butin !

Je manque de faire une crise d’apoplexie à cette découverte, mais je me retiens et je ronge mon frein. Lucie obtient des basques qu’on lève le camp (avec la princesse andalouse qu’ils retiennent en otage) pour gagner Compostelle où on pourra capturer son ancien fiancé. On part donc le lendemain avec armes et bagages, hommes, basques, moutons, ours… et la princesse ligotée sur un âne comme un vulgaire paquet. Ces gars seraient capables de se curer les dents avec des diamants !

On marche toute la journée dans les montagnes, pour arriver sur un a-pic rocheux sec comme une pierre tombale, et tout le monde s’arrête pour bivouaquer au clair de lune.

A la faveur de la nuit, alors je que je suis censé monter la garde, je m’approche d’Ernesto en m’éclairant de ma torche… Ce gros abruti mal rasé se sert du Saint-Suaire comme oreiller ! Demain matin, il va avoir le visage du Christ imprimé sur sa joue !

Pire que ça, le Saint-Suaire lui sert de doudou ! Il en tête un bout en ronflant, il le mordille et bave dessus… Ay, ay, ay, Madre de Dios !

Je m’approche le plus silencieusement du monde et je tire la relique tout doucement, tout doucement…

Quand une cendre tombe de ma torche et brûle le Saint-Suaire ! Ernesto se réveille, salement brûlé au visage, moi je tape du pied sur la relique, mais c’est trop tard, elle est détruite !

+ Claudique / boîte suite à une blessure et à la tentative manquée du vol du Saint-Suaire.

Ernesto me donne un coup de couteau pour venger la perte de son précieux torchon ! Les autres se réveillent et le ceinturent.

+ Ernesto m'en veut à vie pour la destruction du Saint-Suaire.

Mais je ne suis sauf qu’in extremis ! Je sais bien que je vais devoir surveiller Ernesto pour tout le reste de ce périple ! Il me lance des regards si noirs, il fait le signe du poulet égorgé avec son doigt quand il me croise !

+ Les Templiers sont à mes trousses pour avoir brûlé le Saint-Suaire.

Une autre mauvaise nouvelle : pendant cette nuit, la princesse andalouse s'est enfui avec Lagagne !

Nous poursuivons notre chemin le lendemain mais l'ambiance est lourde. On comprend aussi rapidement (à cause de l'égrégore?) que mon reliquicide nous vaut d'être recherché par les Templiers.

+ Elodie, le chef des basques, m'échange parce que les Templiers sont à mes trousses.

Sans princesse andalouse à refourguer à Compostelle, nos « amis » basques sentent que la roue tourne dans le mauvais sens. J'essaye de me grimer en princesse avec perruque, robe ultra large, mouche et éventail, mais Elodie, le chef des basques, n'est pas satisfaite.

Quand un de ses éclaireurs lui apprend que la vraie princesse s'est réfugiée dans le krach des Templiers, non loin d'ici. Elle envisage de m'échanger contre elle. Conscient d'avoir mis tout le monde dans la panade, je me résigne à accepter cette solution. J'espère que les geôles des Templiers sont confortables et mal sécurisées...

+ Ernesto et l'autre basque m'ont fait la peau. Final.

Nous nous rendons au Krach. Elodie et Lucie entrent dans la forteresse pour négocier, elles me demandent de rester à l'extérieur avec les brigands et les basques pour ne pas que les Templiers me capturent sans donner la princesse en échange. Hélas, pendant qu'elle négociait, Ernesto et un de ses compères me sautent dessus et me poignardent à mort.

C'est la fin d'un simple faussaire qui cherchait juste un peu d'aventure et de richesse.


Erwan

+ (folie) Mon Templier possédé, il veut détruire le monde qu'il pense perdu. Pour cela, il veut avoir toutes les reliques pour arriver à ses fins, pour cela il essaye de les voler au Barbare qu'il pense détenir les bonnes.

Quand l'Inquisiteur essaye d'exorciser la carte du Démon de la Folie, il échoue et le Démon s'incarne en moi. J'étais le chef des Templiers qui escortaient les pèlerins, je ne suis plus que l'enveloppe charnelle d'un Horla dément qui veut détruire le monde.

Je me désolidarise des autres Templiers et part à la recherche de la relique pour alimenter mon pouvoir.

+ (science) Je possède la première relique, je pourrai bientôt détruire le monde.

Je rencontre alors sur les ruines de la Tour plusieurs brigands survivants, dont Lopez qui me vent la précieuse relique de Saint Ignacio.

Sentant qu'il y aura de nombreuses reliques sur le chemin de ces brigands, je décide de me joindre à leur marche vers Compostelle.

+ Je n'ai jamais vu autant de reliques.

Quand nous sommes hébergés chez les basques, je réalise que toute la vaisselle est sacrée ! Il y a des visages du Christ partout : sur les assiettes, les bols, les casseroles... Je n'ai jamais vu autant de reliques ! Bientôt, elles seront à moi, j'aurai assez de pouvoir pour détruire le monde !

+ Pensant que la vaisselle est sacrée, voyant les gens mangeant dedans, je fous le bordel, début de bagarre.

+ A force d'être fou et de m'énerver dès que je crois voir une relique, les gens se liguent contre moi et me tuent.


Gaetan

+ (barré) Je suis un barbare et un philosophe incompris et j'aspire à retrouver une quiétude permanente, je veux sortir de ma condition de barbare.

Je fais partie des brigands rescapés, je rejoins la troupe de Lopez & Lagagne.

+ Après concertation et comme nous sommes tous d'accord, nous décidons de reprendre la route par la voie la plus rapide mais dangereuse car infestée de rebelles basques. Pour faire face, nous devons trouver des armes, ça tombe bien car nous sommes à côté de la place forte de contrebandiers de la mafia espagnole reconvertis dans le trafic d'armes.

+ (barré) Un basque m'a fait une grimace, je ne l'aime pas, il ne perd rien pour attendre. Ernesto, le cuisinier qui essuie la vaisselle avec le Saint-Suaire.

+ Je me rends compte que le pays basque m'inspire pour une nouvelle vie, je m'installe près d'une bergerie abandonnée.


Nikita (qui joue Lagagne)

+ Je veux gagner de l'argent.

Je fais partie des rescapés de l'effondrement de la Tour. Il faut dire que j'ai toujours eu une bonne étoile. Un jour, j'ai quand même perdu un œil mais à la place, une sorcière m'a mis un doublon d'or qui tourne dans mon orbite dès qu'il sent qu'il y a du fric à se faire. Le doublon ne dit pas quels sont les risques, mais à quoi bon ? Je me fie à ma bonne étoile.

Quand je fais la connaissance de Lopez, je décèle tout de suite son potentiel de richesse et l'intègre à notre bande. Quel dommage que je n'ai pas aussi vu son potentiel d'ennui !

+ Les basques sont nos amis.

Quand nous tombons sur les basques, on pense d'abord passer un sale quart d'heure, mais en fait ils sont comme nous, des brigands. Des brigands avec une cause, peut-être, mais des brigands tout de même. Ça fait une base pour s'entendre.

+ Perdu une botte.

Une bagarre éclate dans la cabane des basques à cause d'Erwan le Templier, c'est assez violent, on en vient tous aux armes et ça ne se calme quand cet illuminé de templier est tué.

Je perds une botte dans l’échauffourée. Quel cruel revers ! Est-ce la fin de ma bonne étoile ?

+ Chargé de surveiller la princesse.

On lève le camp, direction Compostelle. A l'heure de bivouaquer, on me charge de surveiller la princesse. Elle a le sang chaud, elle me fait forte impression. Elle me dit à l'oreille : «  Si tu défais mes liens et que nous nous enfuyons ensemble cette nuit, je ferai de toi mon hidalgo. »

+ S'est enfui avec la princesse.

Mon sang ne fait qu'un tour. Quand Lopez met le feu au Saint-Suaire, j'y vois une diversion idéale. Je défais les liens de la princesse et je m'enfuis avec elle dans les montagnes.

Les basques ne nous retrouveront pas, je suis trop malin pour eux. Mais je n'étais pas trop malin pour elle ! Dès notre premier bivouac, elle me fausse compagnie...


Lucie

+ Je suis à la poursuite d'un ancien amant. J'ai une bonne somme d'argent sur moi et une dague.

J'ai fait un long chemin depuis les Terres Franques. Là-bas, un homme de la haute noblesse m'a séduite et m'a fait un enfant, puis il m'a abandonnée pour partir à Compostelle faire des frasques. Alors, j'ai laissé mon bébé en nourrice et j'ai pris la route pour le retrouver et me venger.

Une fois arrivée au Col de Roncevaux, je cherche un groupe pour gagner Compostelle. Plutôt que de choisir les pacifiques pèlerins, je me joins à des brigands qui ont plus de potentiel pour devenir l'instrument de ma vengeance. Je leur explique que mon ancien amant a de l'argent et qu'il sera pour eux s'ils m'aident à me venger. L’œil de Lagagne valide ma proposition et je rejoins leur groupe.

+ (barré) Les basques sont des alliés utiles mais qu'ils sont lourds, ils voient jamais de femmes dans leur pays !?

+ J'ai monté un plan avec les basques, revendre mon amant en otage en France et j'en profite pour finir ma vengeance.

Au début, je les aimais pas trop ces basques, je les trouvais ignorants et brutaux. Des hommes, en somme. Mais avec leur chef Elodie, on peut discuter. Les basques ont besoin d'argent pour financer la guerilla, et pour ce faire, leur spécificité c'est les prises d'otage. Je leur fais comprendre que s'ils m'aidaient à capturer mon ancien amant, et qu'ils me laissent lui faire subir ma vengeance, ensuite ils pourront le revendre bien cher à sa famille.

+ (barré) Nous avons récupéré la princesse qui me permettra d'accomplir ma vengeance.

Quand la princesse andalouse s'échappe du campement, je vois que la détermination d'Elodie vacille. Mon amant était un otage potentiel, la princesse était un otage concret ! Alors je l'aide à monter un plan pour la récupérer. Ensemble nous nous rendons au Krach des Templiers pour la négocier en échange de Lopez.

+ (barré) J'ai perdu un compagnon qui bien que fauteur de trouble s'est avéré utile.

Quand nous revenons du fort pour chercher Lopez, nous le retrouvons mort, tué par cet imbécile d'Ernesto. Je sais que je l'ai utilisé, mais quand même j'ai de la peine pour lui. Malgré tout, il me faut avancer. Alors on échange sa dépouille aux Templiers contre la princesse. Eux, ils peuvent exposer le corps du sacrilège, Elodie récupère son otage, et moi je conserve ma dernière alliée, maintenant que tous les brigands m'ont fait défaut.

+ La princesse a accepté notre marché et une assez bonne estime de moi : mon but est noble et je lui ai moins causé de tort.

Avec les basques, nous arrivons enfin à Compostelle. C'était autrefois un modeste port à la dernière extrémité du pays basque. Mais maintenant, la ville est noire de monde, le port encombré de bateaux, et les quartiers se peuplent de prétentieux palais des nobles arabes et catholiques qui prennent la ville sainte pour une station balnéaire.

Les basques nous apprennent que mon ancien amant est bien en ville, où il enchaîne les conquêtes. Elodie veut qu'on vende la princesse avant de s'occuper de lui. Mais la princesse ne l'entend pas ainsi. Elle dit que si nous la vendons comme un vulgaire colis, elle perdra sa fierté. Elle veut qu'on lui rende sa liberté, ensuite en contrepartie elle soutiendra la cause basque. Elle en appelle à notre fierté de femmes. Elle dit que toutes trois, nous nous ressemblons, et que nous ne pouvons pas lui faire une chose pareille, et que comme sa fierté à elle n'est pas un vain mot, elle n'a qu'une parole, concernant son engagement à nous aider en retour.

Elodie se laisse convaincre, moi je demande qu'elle nous aide à capturer mon ancien amant, ce qu'elle accepte. Nous la libérons et alors elle organise une grande fête dans le palais de sa famille pour célébrer son retour. Tout le gratin de Compostelle se rend à la fête, et mon arriviste d'ancien amant ne manque pas à l'appel.

Moi, je suis cachée parmi les convives et Elodie se charge de séduire ce sale hypocrite. Elle l'entraîne à l'arrière et les basques lui mettent un sac sur la tête et l'assomment.

Il se réveille sur un bateau au large de Compostelle. La nuit est chargée d'étoiles, la mer est noire et calme.

On lui enlève le sac de la tête pour qu'il me voie et apprenne et que je suis responsable de mon infortune. Il implore ma clémence et dit qu'on peut recommencer à zéro.

Je sors mon couteau pour accomplir la vengeance que j'avais prévu. Mais je me ravise. J'ai ma fierté et si je fais ce que je m'apprêtais à faire, il me l'aurait enlevée. Je dis au revoir à Elodie et je lui confie ce « colis », charge à elle d'aller le revendre aux français.

Je demande que le bateau me ramène au port. Je rentrerai en Terres Franques, de  mon côté. La vie est trop courte pour passer une minute de plus auprès de cet homme.

+ Je laisse l'ex-amant aux basques qui à coup sûr sauront le gâter et m'apprête à rentrer pour retrouver mon bébé à qui il me faudra, un jour, présenter une amie.


Elodie

+ (pulsions) Je veux utiliser Lucie et Lopez et récupérer le plus d'argent possible pour la gloire de la nation basque.

+ (barré) Je sais que la princesse est chez les Templiers.

+ Nous avons récupéré la princesse utilisable comme monnaie d'échange.

+ (barré) On a perdu le faussaire qui aurait pu nous rapporter de l'argent à Compostelle.

Quand nous arrivons à Compostelle, c'est privés de nos forces vives. Nous n'avons plus nos alliés brigands. Mes hommes sont désorganisés. Ils sont maussades depuis qu'ils ont tué Lopez. Moi, j'ai changé au contact de Lucie et de la princesse. J'ai découvert que je n'étais pas seulement un chef, j'étais aussi une femme et j'avais de la fierté. Et vendre une autre femme comme un colis, ça ne devait pas se faire. Aussi, je me laisse convaincre par la princesse d'en faire une alliée plutôt qu'une otage.

Elle ne se montre pas ingrate. Elle emploie les grands moyens pour nous aider à capturer l'hidalgo, ancien amant de Lucie.

Elle nous offre des robes magnifiques et je me dévoue pour jouer l'appât lors du bal organisé pour un piège fardé. L'hidalgo est venu à la fête, je m'arrange pour qu'il m'invite à danser.

Je mets tout mon cœur de basque dans cette danse, pour qu'il soit à ma merci, mais le combat est rude, le séducteur sait se battre. Je me remémore le mal qu'il a fait à Lucie, alors je lui résiste et lui me cède.

Je l'entraîne à l'arrière du palais, il croit aller vers sa félicité alors qu'il court à sa perte.

+ Je quitte Compostelle avec mon butin, mais laisse sur le quai une amie.





Feuilles de personnages :


Nadia (jouée par Aurélie)

+ (nature) Je veux percer les mystères de cette sombre forêt.
+ (barré) (folie) C'est selon moi pure folie de croire en une entité supérieure, mais après tout, chacun est en droit d'avoir ses propres opinions.
+ (chair) Les crocs de cette plante m'arrachent la main gauche.
+ (science) Les mystères de cette forêt demandent une grande force mentale pour y résister.
+ (folie) Je commence à comprendre pourquoi des gens ne reviennent pas de cette forêt, elle utilise nos démons pour nous manipuler.
+ (pulsions) Rien ne peut étancher la soif de violence de ces brigands, nous ne pouvons rivaliser.
+ (pulsions) Prise d'une fureur insoupçonnée, je menace les brigands de subir le même sort que leur chef, s'ils ne nous laissent pas butin et radeau.
+ (pélerins) Deux pélerins sont sacrifiés pour sauver un plus grand nombre de personnes, luer but était vain ou engrenage de haine ou de violence.


Marz (joué par Gaël Sacré)

+ (science) Je veux trouver une super technologie pour traverser la forêt.
+ (barré) (science) Les livres ne nous sauveront pas.
+ (nature) J'ai un parasite végétal en moi.
+ (science) Je maîtrise la médecine.
+ (horlas) Je suis hanté par l'esprit de l'Hofraisia
+ (horlas) Je veux me connecter à l'Hofraisia pour avoir la connaissance ultime de la forêt.


Martial (joué par Etienne)

+ Pélerin égaré et qui a tout perdu, cherche de l'aide auprès d'âmes charitables.
+ Martial.
+ Brigands à la solde de l'Homme qui Rit, il les dirige au combat, ses yeux injectés de folie.
+ Des écorcheurs veulent attaquer un village de gens innocents, je suis vieux, autant que je prenne des risques pour prévenir ces villageois. (Courage / Inconscience ?). Je pars avec une bicyclette en direction du village...


Sylvain

+ (science) Je suis scientifique et je souhaite trouver comment cohabiter avec la forêt et je suis en route pour Compostelle pour aller voir les érudits de Saint-Jacques pour recueillir des informations.
+ (pulsions) J'ai rencontré deux personnes pendant mes recherches sur les bords de Loire, dont une avec une main coupée. Son compagnon venait de lui administrer des soins d'urgence. J'ai proposé mon aide... Ai donné un fortifiant et du repos avec l'autre personne qui est apparemment un scientifique. Nous nous apprêtons à passer la nuit...
+ (chair) Pendant la nuit, un prêtre nommé Martial nous a rejoints, il venait de se faire détrousser. Nous lui avons proposé de se restaurer. Hélas, il était suivi par les écorcheurs. Nous avons décidé d'essayer de les dissuader de venir nous chercher querelle. Grâce à la nuit, nous voulions tenter de leur faire peur en leur faisant croire que nous étions très nombreux. Hélas, pour ces assoiffés de sang, la ruse n'a pas pris, au contraire ils sont encore plus furieux et ils ont déjà mis pied à terre et les premiers coups ont commencé à pleuvoir ! Passerons-nous la nuit ?
+ (miracle) Notre ami scientifique a réussi à repousser  dans une espèce de transe le chef de la horde. Les autres se sont soumis sans tarder. J'ai récupéré au cou de leur chef une fiole contenant un souvenir.
+ (miracle) Nous avons trouvé dans les affaires des brigands un parchemin mentionnant une attaque programmée par l'Homme qui Rit sur un monastère au sud, par un autre groupe de ses pillards. Nous y allons pour les prévenir. En arrivant, nous apprenons que ces moines possèdent une source permettant de relire des souvenirs. Nous demandons audience auprès du Père responsable, que nous obtenons. Nous le mettons en garde. Nous faisons boire la fiole souvenir à l'un des moines, "habitué" à l'eau de souvenir. Il le vit évidemment et finit par m'apprendre que ce qu'il a vu, c'est moi, défigurant un enfant, qui plus tard serait l'Homme qui rit, pour en faire une bête de foire.


Nicolas

+ (barré) Je veux, je prends
+ (barré) La vengeance, mon unique but.
+ Dieu m'a abandonné
+ Je ne suis pas seul ?
+ Les servants de Dieu doivent être punis.
+ JE SUIS EN VIE !!!
+ Tous des enfoirés.
+ Sur la route du sang.
+ Voleur un jour, voleur toujours.


Dorian

+ (mémoire) Je voudrais retrouver la mémoire par rapport au bain de sang dans lequel j'ai repris connaissance.
+ (barré) (miracle) J'ai récupéré un crâne orné au nom de Lazare.
+ (barré) (brigands) Les lazaréens sont de faux pélerins.
+ (pélerins) Je suis un groupe de pélerins.
+ (science) Le crâne peut ressusciter et soigner les gens.
+ (science) Les zombies se révèlent agressifs.
+ (folie) Possédé par l'homme qui rit.
+ Le crâne est déchargé.
+ La colère a raison de moi.


Jérôme S.

+ (société) Faire perdurer le culte de Lazare.
+ (pélerins) Je veux récupérer le crâne des mains des voleurs.
+ (barré) (pélerins) Ce pélerinage sera mon chemin de croix.


Marion

+ Je veux une connexion forte avec la nature, j'ai eu la vision d'une montagne où je pourrai avoir accès à l'immortalité de Lazare.
+ Je dois amener un lapin et le sacrifier sur la montagne.
+ Dieu nous libère de la méchanceté des hommes, Dieu nous libère du MAL.


J

+ (brigands) Je veux être le brigand le plus riche de la planète.
+ (barré) Et nous nous endormîmes près du feu.
+ Nous avions appris l'emplacement d'un trésor.
+ Nous ramenâmes l'homme sur mon dos et notre sac rempli d'or.
+ Un homme avait contourné et m'a blessé à l'épaule, je réussis quand même à le tuer.
+ Je suis repoussé par son bras qui me blesse, ma visée s'en trouve faussée.
+ Mon bras s'arracha suite à la détonation.


Malo

+ (folie) Je sais ce que le sgens ont comme argent sur eux, ça m'intéresse car je veux m'enrichir.
+ (barré) Je ratai mon lancer de pierre et il s'enfuit après un sourire machiavélique.
+ (barré) L'enfant se réveille et il me dit que le moine est très dangereux.
+ (barré) Je porte le sac d'or.
+ L'Homme qui Rit est à nos trousses et nous allons à la ville nous armer.
+ Le chef des Templiers accepte de nous aider.
+ Des sbires essayent de me tuer.
+ Les Templiers me défendent et je rentre dans la ville.
+ L'Homme qui Rit (réincarné) a l'air de vouloir tuer la femme et l'enfant, je m'interpose entre les deux.
+ L'enfant devient un sbire.
+ Je sauve l'enfant en lui disant : "Sois toi-même."


Alain

+ (pulsions) Je veux aller à Compostelle, pour voir si la plage y est plus belle qu'à La Rochelle.
+ (pélerins) Ils ont l'air un peu coincés mais ils n'ont pas un mauvais fond.
+ (société) Des principes moraux trop rigoureux sont une entrave à la liberté, notamment la mienne.
+ (horlas) Quelles que soient leurs excuses, les Horlas sont monstrueux.
+ (pulsions) Le Templier est victime de sa propre injustice.
+ (nature) J'ai aidé les pélerins à oublier leur peur mais aussi les deux noyades, finalement je me sens coupable.
+ (nature) J'ai fait un long chemin, j'ai déjà vu Compostelle. Et sa plage est magnifique.
+ (brigands) Je me demande si je ne nous ai pas mis en danger en refusant l'aide des mercenaires.
+ (société) Vivre en groupe trop longtemps, c'est risquer de se perdre.


Sylvaine

+ (barré) (amour) Je veux emmener mon fils à Compostelle pour voir la mer car nous avons vécu des choses difficiles.
+ (barré) Ce que me dit le vieux pélerin me fait remonter des souvenris douloureux et me plonge dans une profonde tristesse.
+ (pulsions) Je saute sur le Templier, remplie de colère.
+ (mémoire) Je veux jeter la statue dans la mer.
+ (brigands) Je comprends la nature de la statue : c'est un Horla.
+ Mon esprit s'est ouvert et j'ai une remise en question de mes principes de foi.
+ (amour) En observant mon fils, du haut de la jetée, je me fais emporter par la foule et tombe à l'eau
+ Ce serait bien d'avoir les mercenaires avec nous mais je reste prudente et attends la décision collégiale.
+ (barré) (miracle) Il est revenu de Compostelle, comment est-ce possible, qu'a-t-il vu ?
+ (amour) Je n'ai pas une entière confiance en lui mais je me fie à mon instinct.


Jean-Jacques

+ (barré) (science) Je veux que ma mère arrête de se réfugier dans la religion.
+ (barré) (science) Je suis convaincu et dégoûté de l'obscurantisme des pélerins.
+ (nature) Je veux survivre aux Horlas.
+ (mémoire) Je me souviens de mon père qui nous protégeait, qui était fort de mon point de vue d'enfant.
+ (société) Les épreuves et les joies ont lié le groupe de pélerins.
+ (barré) (science) Je n'aime pas la cartomancienne.
+ (nature) La montagne me semble dangereuse.


Thomas

+ (barré) Cette eau est vivifiante, rejoignez-moi !
+ Le courant m'emporte, sortez-moi de là !
+ Nous allons finir par le regretter.
+ Voyager en groupe me semble plus risqué que d'être seul.


Tristan

+ (science) Je veux aller à Saint-Jacques pour élucider les mystères de cette région, d'un point de vue objectif.
+ La fracture est prise en charge, et le patient est stable.
+ Devant l'aveugle foi de la chanoine, je décide de partir tenter ma chance avec les gitans.


Jacques (joué par Benoit)

+ (barré) Jacques, brigand de grand chemin, se fait passer pou un croisé afin de détourner les voyageurs.


Olivier

+ (barré) (miracle) Moi, prêtre inquisiteur, suis ici-bas afin d'exterminer toute hérésie démoniaque qui corrompt le monde.
+ (barré) (pélerins) Au col de Roncevaux, je négociais le passage des pélerins du convoi avec les gardes frontières espagnols.
+ (barré) (folie) Je récupère la carte de la Folie.
(je tombe inconscient et perds la mémoire. Le démon de la folie, que contenait la carte, possède le chef des Templiers)


Malok le Sournois (joué par Benoit)

+ (barré) (amour) Amant de Gertrude, chef des barbares. Malok le Sournois veut protéger ses pairs même de ceux qui les considèrent comme des hérétiques.
+ (barré) (pélerins) Gertrude est morte au cours d'un assaut de la barricade où nous voulions passer et où les gardes voulaient ne laisser passer que les pélerins.
(la tour s'est écroulée sur elle-même à cause du démon de la folie et des barbares galvanisés)


Zeylios Lopez (joué par Dominique)

+ (brigand) Veut être faussaire, et est légèrement cultivé. S'acoquine à Lagagne le Barbare.
+ (brigand) Veut se laisser aller à ses pulsions (appât du gain) en compagnie son infortuné Lagagne. Fabrication de reliques.
+ (brigand) A remis à Erwan le Templier la relique de Saint Ignacio
+ (barré) Négociation avec les basques = vêtements de pélerins à faire pour eux (perte de matériel).
+ (brigand) S'aperçoit que le torchon à vaisselle est le Saint-Suaire.
+ Claudique / boîte suite à une blessure et à la tentative manquée du vol du Saint-Suaire.
+ Ernesto m'en veut à vie pour la destruction du Saint-Suaire.
+ Les Templiers sont à mes trousses pour avoir brûlé le Saint-Suaire.
+ Elodie, le chef des basques, m'échange parce que les Templiers sont à mes trousses.
+ Ernesto et l'autre basque m'ont fait la peau. Final.


Erwan

+ (folie) Mon Templier possédé, il veut détruire le monde qu'il pense perdu. Pour cela, il veut avoir toutes les reliques pour arriver à ses fins, pour cela il essaye de les voler au Barbare qu'il pense détenir les bonnes.
+ (science) Je possède la première relique, je pourrai bientôt détruire le monde.
+ Je n'ai jamais vu autant de reliques.
+ Pensant que la vaisselle est sacrée, voyant les gens mangeant dedans, je fous le bordel, début de bagarre.
+ A force d'être fou et de m'énerver dès que je crois voir une relique, les gens se liguent contre moi et me tuent.


Gaetan

+ (barré) Je suis un barbare et un philosophe incompris et j'aspire à retrouver une quiétude permanente, je veux sortir de ma condition de barbare.
+ Après concertation et comme nous sommes tous d'accord, nous décidons de reprendre la route par la voie la plus rapide mais dangereuse car infestée de rebelles basques. Pour faire face, nous devons trouver des armes, ça tombe bien car nous sommes à côté de la place forte de contrebandiers de la mafia espagnole reconvertis dans le trafic d'armes.
+ (barré) Un basque m'a fait une grimace, je ne l'aime pas, il ne perd rien pour attendre. Ernesto, le cuisinier qui essuie la vaisselle avec le Saint-Suaire.
+ Je me rends compte que le pays basque m'inspire pour une nouvelle vie, je m'installe près d'une bergerie abandonnée.


Nikita (qui joue Lagagne)

+ Je veux gagner de l'argent.
+ Les basques sont nos amis.
+ Perdu une botte.
+ Chargé de surveiller la princesse.
+ S'est enfui avec la princesse.


Lucie

+ Je suis à la poursuite d'un ancien amant. J'ai une bonne somme d'argent sur moi et une dague.
+ (barré) Les basques sont des alliés utiles mais qu'ils sont lourds, ils voient jamais de femmes dans leur pays !?
+ J'ai monté un plan avec les basques, revendre mon amant en otage en France et j'en profite pour finir ma vengeance.
+ (barré) Nous avons récupéré la princesse qui me permettra d'accomplir ma vengeance.
+ (barré) J'ai perdu un compagnon qui bien que fauteur de trouble s'est avéré utile.
+ La princesse a accepté notre marché et une assez bonne estime de moi : mon but est noble et je lui ai moins causé de tort.
+ Je laisse l'ex-amant aux basques qui à coup sûr sauront le gâter et m'apprête à rentrer pour retrouver mon bébé à qui il me faudra, un jour, présenter une amie.


Elodie

+ (pulsions) Je veux utiliser Lucie et Dominique et récupérer le plus d'argent possible pour la gloire de la nation basque.
+ (barré) Je sais que la princesse est chez les Templiers.
+ Nous avons récupéré la princesse utilisable comme monnaie d'échange.
+ (barré) On a perdu le faussaire qui aurait pu nous rapporter de l'argent à Compostelle.
+ Je quitte Compostelle avec mon butin, mais laisse sur le quai une amie.


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Hors ligne

#128 04 Mar 2015 19:18

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

LA MAIN SANGLANTE

Test du magnifique théâtre corse écrit par Orlov, de nouveaux termes de jeu, et d'une variante des règles, avec des points de vie au lieu des phrases !

Jeu : Inflorenza, héros, salauds et martyrs dans l'enfer forestier de Millevaux

Joué le 25/12/14 avec Géraldine (U Signatoru)


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crédit image : cbcastro, licence cc-by-nc. galerie sur flickr.com


Contexte :

Nous jouons le théâtre U Inflorenzu, un texte magnifique par Orlov, consacré à la Corse de Millevaux. Géraldine joue un des personnages décrits dans le théâtre, U Signatoru.


L'histoire :

En tant que Signatoru, je peux lire les symboles, les signes, les écritures. Je sais aussi signer, c'est-à-dire que je bénis les hommes et les choses pour les protéger du mal.

Gio, le vieux chef de clan, m'a fait venir chez lui, dans un village tout sec dans la montagne, pour signer une lame.

Au moment où je veux signer la lame, je réalise que le Mauru est dedans. U Mauru, c'est le Christ Noir, le Dieu de Vie et de Mort. Je lutte et j'arrive à enlever le mal de la lame, mais il se retrouve dans ma main qui signe. Un trou s'ouvre à l'intérieur, exactement comme un des stigmates du Christ, et se met à saigner, elle ne s'arrête pas de saigner.

Le vieux Gio me paye trois doublons d'or et me dit de déguerpir.

Mais la vieille, sa femme, elle dit que je dois rester car quand même elle doit soigner ses hôtes. Elle panse ma main avec un drap imprégné d'huile d'olive où à trempé un rameau consacré. Elle me confie à quoi va servir la lame. Leur fille vient d'être enlevée par un gars du clan Martinelli, il va sûrement la marier de force. Alors Gio il va aller chez les Martinelli avec la lame et tuer le gars, et récupérer leur fille.

Moi, je vois bien que les remèdes de la vieille sont inefficaces. Ma main continue à saigner, et je sens qu'elle a des pouvoirs. Maintenant, elle me permet de voir qui va mourir dans les sept jours. Mais un jour, le Mauru viendra me chercher. Et moi, je ne veux pas de ce destin, alors il faut que je trouve un moyen de me débarrasser de ce maléfice.

Je vois soudain que la vieille fera partie de ceux qui mourront d'ici sept jours. Je sais que je suis le seul à pouvoir l'empêcher. Je lui demande d'où vient la lame. Elle dit qu'elle est apparue sous l'oreiller de Gio, pendant la nuit. Quand il l'a trouvée, il a dit : "Ma femme, je vais faire mon bagage pour aller chez les Martinelli. La lame, elle sait quoi faire."

La vieille pense que Mauru a senti la mort et c'est lui qui a placé la lame, à dessein. Quand je lui demande comment je pourrais me débarrasser du maléfice, elle me propose deux solutions : aller voir le prêtre enlevé par les Martinelli, Zia Batistina, le seul qui ait jamais survécu au Mauru. Cela c'est vrai, je le sais, parce que c'est Zia qui m'a appris tout ce que je sais. L'autre solution, c'est d'aller voir la mazerra, la sorcière du Maquis.

Je retourne vers Gio, j'essaye de le toucher pour savoir s'il mourra aussi d'ici sept jours, mais il se dérobe et se signe sur mon passage. Je dois renoncer à jamais à savoir, et quitter son village.

Je descends au port pour aller à l'Île Interdite trouver U Mauru et discuter. Je sais qu'il y habite, dans une petite chapelle face à la mer. Pour me renseigner, je parle un fratello, un de ces frères chrétiens qui passent leur temps à arpenter la ville en se flagellant.

Il me dit que l'île n'est visitée qu'à la Toussaint, le reste du temps c'est interdit, celui qui s'y rend commet un grave blasphème. Quand il voit ma main, il me parle du Chemin de Croix qu'ils font chaque année. Ils choisissent l'un des leurs et lui font remonter la ville en le fouettant et en lui faisant porter sa croix. Quand il est arrivé au sommet de la colline, il est bien content car il sait que son calvaire touche à sa fin.

Je comprends qu'il insinue que je serais sauvé si j'étais choisi pour faire ce chemin de croix, mais cette idée me fait froid dans le dans, et je prends aussitôt congé de lui.

Avec mes trois doublons d'or, j'arpente le port à la recherche d'un armateur qui ne soit pas un voleur. J'achète un bon bateau, et avec l'argent qui me reste, les services d'un bosco expérimenté, un vrai Corse de souche, et d'une femme pirate. Elle vient d'ailleurs, d'un pays au bord de la Mer des Tyrans, mais elle est fiable.

Le bosco essaye de me dissuader d'aller vers l'Île Interdite. Il est croyant mais il est loyal, alors il accepte de m'accompagner en mer puisque je l'ai payé, mais il n'ira pas dans l'île et considèrera être quitte une fois revenu au port.

Nous prenons la mer mais nous sommes rejoints par un bateau de frères en colère. Le fratello est à bord, il a appris que j'avais affrété un bateau pour l'Île Interdite. Ne voulant pas risquer un abordage, j'ordonne à l'équipage de rebrousser chemin.

Nous revoilà piétons, mais le bosco et la femme pirate m'accompagnent toujours, leur service n'est pas terminé. Sur le pont, on mène l'enquête. On apprend que si les Martinelli ont enlevé le prêtre Zia, c'est qu'ils pensent que le Mauru réclame son dû de vengeance, et qu'il est du côté du père Gio, et ils préparent leurs défenses.

On décide de repartir dans la montagne, vers le village de la mazerra. Elle est du clan des Simeone. Les mazerri achètent des hommes contre trois cents ans de vie. S'ils acceptent, ils doivent venir dans leur village au milieu du Maquis, mais alors ils doivent accepter d'avoir une patte de bouc à la place de la main droite, la main qui signe, et ils doivent prendre femme et enfants dans le clan et ne peuvent plus jamais repartir.

Sur le chemin, on voit des tombes, avec des signes étranges, que moi seul peux lire.  On crois aussi un Di Strelli qui mène ses cochons, des cochons noirs et malins. Il m'apprend que la vieille, la femme de Gio, c'était une Di Strelli. Gio l'a enlevée dans le temps pour la marier de force.

Je lui apprends qu'on est passé devant le tombe d'un Di Strelli. Justement, on comprend que c'était le père de la vieille. Le porcher m'apprend que si c'est cette tombe-là, alors il y a une cache d'armes dessous. Il dit que son clan a besoin d'armes, alors si j'accepte de le conduire à la cache, il me donnera des cochons en échange des armes, et même, avec son clan il participera à l'assaut de mon choix.

J'accepte, mais quand nous retournons à la tombe, j'hésite. Le bosco se signe devant la tombe, il ne veut pas l'ouvrir. Je veux bien récupérer les armes, mais je ne veux pas que ça soit une malédiction supplémentaire. Si en ouvrant la tombe, on commettait une profanation ? Alors le fantôme de Di Strelli tuera sans doute un de mes hommes...

Le porcher me dit que si je me dégonfle, alors il profanera la tombe de son aïeul tout seul et il ne me devra rien.

Du coup, je préfère ouvrir la tombe. On trouve le squelette de l'aïeul Di Strelli et aussi des mitraillettes et des chargeurs. Ne voulant pas répandre le sang, je libère le porcher de son engagement à prendre part à un assaut. Alors le porcher me laisse quand même les porcs et surtout il dit qu'il va armer son clan contre les Gio, qu'il est temps de les faire payer pour l'enlèvement de sa tante, il y a quarante ans. J'essaye de l'en dissuader mais en vain.

Alors je prends les cochons et avec le bosco et la femme pirate, nous nous allons dans le village des Simeone, au milieu d'un Maquis plus épais que partout ailleurs.

Les hommes là-bas, ils ont des barbes noires et une patte de bouc à la place de la main droite. Les femmes, elles sont très belles de visage, mais elles ont le corps et la tête couverts de voiles noirs.

En échange des cochons, on nous accorde une entrevue avec la mazerra dans une minuscule maison sans fenêtre, éclairée par une seule bougie. D'après son visage, je lui donnerais quatorze ans, mais ses mains... Elle a des mains de toute vieille.

Elle veut bien m'acheter la main sanglante. En échange d'une patte de bouc, et je deviendra un homme du clan. Je dis d'accord.

Alors je me retrouve avec une patte de bouc. Et la mazerra, une de ses mains se met à saigner.

Et tout à coup, la bougie fait une grande lumière, et on voit une statue de Christ noire, dans une partie de la pièce qui n'était pas éclairée. C'est U Mauru. Il est venu pour chercher la mazerra. Mais je dis à la mazerra qu'à deux, on est assez puissants pour lui tenir tête, et que je prierai pour elle si elle accepte de m'aider par la suite et qu'elle me libère de mon obligation à rester au village pour y vivre trois cents ans. Alors tous les deux, nous prions et U Maury repart sans son dû. Une fois n'est pas coutume. Je regarde mon bras et constate que la patte de bouc a disparu. Je n'ai plus qu'un moignon et je comprends que la mazerra a tenu parole.

Suite à ça, le bosco estime qu'il a vu assez de diableries pour un croyant. Il se considère libéré de son service et nous quitte. Mais il me laisse son chapelet pour me porter bonheur et faire mes dernières prières si ça tourne trop mal.

Déjà, je suis libéré de la main sanglante. Mais je sens qu'U Mauru veut récupérer son dû d'une autre façon. Je dois empêcher un bain de sang.

Avec la mazerra et la femme pirate, nous courons vers le village du Gio. Mais nous arrivons trop tard. Il y a des morts et des impacts de balles. J'entre dans la maison du père, il y a des cadavres de Gio et de Di Strelli qui ensanglantent toutes les pièces. Je reconnais le porcher. Le trésor de son aïeul ne lui a pas porté chance.

Je découvre la vieille qui s'était caché dans le pigeonnier. Elle agonise dans mes bras. Elle s'est battue aux côtés des Gio, car du moment om elle a été mariée de force, elle a cessé d'être une Di Strelli. Elle me dit que le vieux Gio est parti chez les Martinelli avant que la bataille n'éclate. Il sera reçu par les armes, même par sa fille, parce que de la seconde où elle sera mariée, elle sera une Martinelli, elle mangera le foie de son père comme celui d'un ennemi.

On se précipite chez les Martinelli. Le village est à flanc de falaise, on y accède par des escaliers vertigineux qui dissuadent  toute attaque en force. Il y a des barreaux à la moitié des fenêtres. Les Martinelli sont trop feignants pour travailler, alors ils ont beaucoup d'otages et d'esclaves razziés dans d'autres villages.

Le fils Martinelli est sur la terrasse de l'église qui donne sur la mer. Devant tous les Martinelli, le prêtre Zia Batistina, sous la menace, est en train de le marier à la fille Gio.

J'arrive trop tard.

Gio se rue hors de la foule et plante la lame que j'ai bénie dans le corps du fils Martinelli. Mais lui aussi arrive trop tard : les enfants venaient juste de prononcer leurs voeux. Gio va pour prendre la fille dans ses bras, et elle en robe mariée, elle lui prend le couteau des mains, et lui enfonce dans le coeur : c'est une Martinelli maintenant.

Alors le cycle de violence est terminé. Il n'y a plus de Gio ni de Di Strelli. Mais le ciel m'est témon que je ne l'ai pas voulu comme ça.

U Mauru a bien eu sa part. Quand on joue contre lui, on perd toujours.

Alors je donne congé à la mazerra et à la femme pirate.

Je descends vers le port, moi le Signatoru qui ne peut plus signer maintenant qu'il n'a plus sa main droite. Je pars rejoindre les fratelli, en espérant qu'un jour la douleur de leur sacrement me fasse oublier cette journée maudite.


Règles utilisées :

Nous avons joué en Carte Blanche, sans instance et sans thèmes. Mais surtout avec une nouvelle variante, sans phrases ! Les phrases sont ici remplacées par des points de vie.

Voilà longtemps que j'avais l'intuition que la mécanique d'Inflorenza pouvait tourner sans phrases, juste avec des jetons.

Lors de cette séance de deux heures, j'ai eu l'occasion de tester cette intuition, en même temps que le passionnant théâtre d'Orlov.

Voici comment fonctionne cette variante avec des points de vie. On part à zero PV. Pour créer le perso, on lui définit un objectif et on lui attribue son premier PV. Ensuite, dès qu'il doit écrire une phrase (avec ou sans conflit), on lui rajoute un PV à la place. La condition sine qua none pour obtenir ce PV, c'est de raconter quelque chose, et selon les critères habituels (puissance, souffrance, phrases hors conflit...). Un peu comme si on disait la phrase à haute voix au lieu de l'écrire ! Quand on doit barrer une phrase, on perd un PV. Et à zero PV, le personnage est éliminé.

Pour comptabiliser le nombre de dés qu'on met dans un conflit, on fait des déclarations, c'est-à-dire qu'on raconte des actions et des inventaires (des motivations, ressources et handicaps) liés au conflit, et chaque déclaration rapporte un dé, sauf celles qui ne reprennent pas ce qui a été dit avant (par exemple si on invente une arme sortie de nulle part, si on invente que notre ennemi a tué notre frère alors que ça n'a jamais été évoqué avant). Ces déclarations-là ne rapportent pas de dé sur ce conflit, mais pourront en rapporter lors des conflits suivants.

Pour garder l'équilibre mécanique de la version avec phrases, on ne peut pas gagner plus de dés qu'on a de PV.

J'ai aussi profité de ce test pour éprouver un changement de vocabulaire en prévision de la deuxième édition.

Lors d'un conflit, l'objectif se dit maintenant GAIN, le contre-objectif se dit RISQUE, comme j'ai pris l'habitude de le faire depuis De Nantes à Compostelle et mes deux tests de Moins Quarante (enregistrement qui donneront des podcasts Outsider, mais qui sont déjà disponibles sur youtube ici et là). Lors d'un conflit, on définit aussi ce qui se passe si le joueur abandonne le conflit : c'est le FORFAIT.

Avant de lancer les dés, le joueur connaît donc trois issues possibles pour le conflit, c'est d'une belle richesse pour prendre des décisions. On peut choisir le risque ou le forfait sans lancer les dés. Je n'ai jamais vu personne choisir le risque, mais j'ai vu plusieurs fois un joueur choisir le forfait.

Le choix des termes n'est pas neutre. Je trouve les nouveaux plus intuitifs. Et surtout, leurs initiales s'articulent pour donner GRIEF (Gain RIsquE Forfait), ce qui sera le nouveau terme pour conflit. Un mot qui contient une règle, je trouve ça mnémotechnique, élégant.

Autre aménagement pour des raisons intuitives et mnémotechniques : sacrifice / puissance / souffrance devient sacrifice / fierté / revers, ce qui donne le SAFIR, un gemme à trois facettes pour se rappeler les différentes retombées possibles d'un grief.

GRIEF + SAFIR = Les six facettes d'un conflit.

Je trouve par ailleurs que les termes fierté et revers sont moins connotés émotionnellement que puissance et souffrance, ce qui permet d'ouvrir le jeu à public plus large sans pour autant le galvauder. C'est aussi une façon plus large d'imaginer les retombées.


Commentaires sur le jeu :

Le compte-rendu peut laisser une grande impression de fatalité. Ceci vient du fait que Géraldine a échoué ou choisit le forfait sur les conflits les plus cruciaux.

Quand le Signatoru veut toucher Gio pour connaître l'heure de sa mort, c'est le premier conflit. Mais ne voulant pas risquer son seul PV, Géraldine choisit finalement le forfait que j'avais ainsi défini : "Le Signatoru doit renoncer à jamais à porter la main sur Gio."

On a joué un grief pour affréter un bateau pour l'île interdite. Je lui ai présenté ce qui pouvait se trouver sur le port en matière de navire et de marins, Géraldine a défini comme un gain : "Un bateau + le bosco + la femme pirate, et les trois sont fiables". Elle a remporté son gain, ce qui explique qu'aucun des trois ne lui a fait défaut par la suite. En revanche, elle a aussi eu un revers. Géraldine raconte alors que le fratello apprend qu'il veut aller sur l'île interdite, ce qui lui permet de gagner un nouveau PV pour ce revers.

Quand le navire des fratelli attaque son bateau, on joue un nouveau grief, et Géraldine choisit encore le forfait, que j'avais exprimé ainsi : "Le Signatoru abandonne l'idée d'aller sur l'Ile Interdite".

Ne voulant pas répandre le sang, le Signatoru libère le porcher de son engagement à prendre part à une attaque. Alors le porcher dit qu'il va armer son clan contre les Gio. Le Signatoru essaye de l'en dissuader, j'en fais un conflit, et le Signatoru choisit à nouveau le forfait ! Je l'avais ainsi exprimé : "Le porcher arme son clan malgré les prières du Signatoru"

L'affrontement avec le Mauru dans la cabane de la mazerra a aussi fait l'objet d'un grief.
Géraldine définit ainsi le gain : la mazerra et le Signatoru sont sains et saufs, le Signatoru n'a plus la patte de bouc, il peut aller où il veut, il aura l'aide de la mazerra.
J'avais ainsi défini le risque : "Le Signatoru et la mazerra sont tués par le Mauru" et le forfait : "Le Mauru emporte la mazerra, le Bosco s'en va, déchargé de ses obligations."

Au final, Géraldine a emporté le gain. J'ai usé de mon pouvoir de Confident pour dire que le Bosco s'en allait (il l'avait prévu en roleplay), mais il laisse son chapelet au Signatoru : c'est l'équivalent d'une phrase hors-conflit, qui rapporte donc un PV supplémentaire.

La confrontation entre le Signatoru, Gio et les jeunes mariés, est le dernier conflit de la séance. Géraldine définit comme gain : "mettre fin à la vendetta". Je définis comme risque "Le mari tue Gio, la femme déclenche une vendetta" et comme forfait "le mari tue Gio, il n'y a pas de vendetta, mais le Signatoru a la mort du Gio sur la conscience."

Et Géraldine a pour la quatrième fois choisi le forfait ! Je crois qu'elle aurait lancé bien plus souvent les dés si on avait joué avec des phrases au lieu des PV ! Je crois aussi qu'un forfait bien choisi propose un dilemme moral intéressant. Lors du dernier conflit, Géraldine a clairement sacrifié son personnage pour mettre fin à la vendetta a coup sûr. C'est elle qui déclare à la fin que le Signatoru part rejoindre les fratelli, mais c'est une conséquence directe de l'expression du forfait : "le Signatoru a la mort du Gio sur la conscience". Et sans doute le fruit logique d'une aventure aussi épique que tragique.

Voici la succession des PV du Signatoru : 3->5->7->8->1. Je l'avais fait démarrer à 3 PV pour pas être trop vache, les scores n'ont pas trop évolué vu que quatre des conflits se sont réglés sans lancer les dés. Et Géraldine a perdu très gros sur l'un des conflits (je réalise qu'on ne peut pas perdre plus de 6 PV d'un coup, j'ai dû louper une étape dans mes notes).


Conclusions sur la séance :

Cette variante a très bien tourné, le théâtre était suffisamment fort pour que Géraldine se passe de thèmes. Quand à moi, j'avais le théâtre constamment sous les yeux, ce qui fait que le jeu a été très fidèle à l'ambiance du texte.

On n'a joué que deux heures mais le jeu était rapide et intense. La gestion des PV met davantage la pression que la gestion des phrases.

Ce test a abouti à une autre version des règles, encore plus légère, avec encore plus de potentiel : Inflorenza A Capella (compte-rendu à venir, très prochainement).


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#129 04 Mar 2015 19:51

Orlov
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

L'écriture est magnifique ... et à 300 % inflorenzo-corsienne.
J'aime bien aussi les propositions ludiques. Un test de prévu ?

Edit: en mode moins fanboy

Dernière modification par Orlov (04 Mar 2015 21:24)

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#130 05 Mar 2015 09:08

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Inflorenza : Héros, salauds et martyrs à Millevaux] Comptes-rendus

Orlov a écrit :

J'aime bien aussi les propositions ludiques. Un test de prévu ?

Un test de quoi ?


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