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#1 18 Jul 2019 08:11

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

[Mycorhizes] Comptes-rendus de partie

Mycorhizes

Deux errances qui se cherchent à travers la forêt immense de Millevaux. Un jeu de rôle en duo par SMS ou réseaux sociaux !

Comptes-rendus par l'auteur :

1. Le fardeau
La notion de famille prend un sacré coup dans l'aile pour ce premier test de Mycorhizes aux thèmes plutôt lourds, joué ici par SMS ! Avec en prime, une belle louche d'oubli et de vertige logique.


Comptes-rendus sans l'auteur :

1. Jacques et Anatole
Une aventure textuelle autour d’un fils et d’un père à la recherche d’eux-mêmes dans un Millevaux qui se boucle, pour une expérience des plus poétiques ! Une copie de l’échange par Claude Féry.

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crédits image : Ali Eminov, Oregon Caves, cc-by-nc, Claire Munier, par courtoisie, mpujals, Thomas Munier, domaine public


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

Hors ligne

#2 18 Jul 2019 08:16

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Mycorhizes] Comptes-rendus de partie

LE FARDEAU

La notion de famille prend un sacré coup dans l'aile pour ce premier test de Mycorhizes aux thèmes plutôt lourds, joué ici par SMS ! Avec en prime, une belle louche d'oubli et de vertige logique.

Le jeu : Mycorhizes, jeu de rôle textuel (SMS ou réseaux sociaux) à deux dans l'univers de Millevaux

Joué par SMS du 06/06/19 au 28/06/19

Personnages : Gaelle, Crochecorce

Note : Je reproduis ici notre échange. J'ai simplement rajouté de la ponctuation, converti le langage en SMS en "bon français" et corrigé quelques coquilles. J'ai également supprimé quelques messages HRP.

Avertissement : contenu sensible (voir détail après illustration)
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Rachid H, cc-by-nc, sur flickr.com

Contenu sensible : infanticide, viol, inceste, mariage forcé, abandon d'enfant, exploitation d'enfant, fratricide, parricide...


L'histoire :

Thomas : Salut, comment vas-tu aujourd’hui ? C’est parti pour notre aventure de Mycorhizes. Veux-tu créer ton perso en premier ou en deuxième ?

Joueuse / Gaelle : Hello oui ça va. Dis-moi j’ai une idée pour mon perso : ref 12/01 (oubli). J’avais pensé à Gaelle (princesse en celtique) comme nom. Objectif de jonction : se débarrasser de son fardeau. Est-ce que ça te paraît plausible / jouable ?

Thomas / Crochecorce : HRP C’est parfait. Donc tu es une Corax ? FIN HRP Je m’appelle Crochecorce et je cherche une grosse somme d’argent pour guérir ma famille du champignon. Mon objectif : récupérer ton fardeau de souvenirs et les revendre à prix d’or.

Gaelle : HRP Super

Crochecorce : J’ai pris mon baluchon, dit au revoir Ă  ma famille souffrante et suis parti dans la noire forĂŞt. ll ĂŠtes-vous toujours d’accord pour me livrer votre fardeau, Gaelle ? ll Ton père corax te demande pourquoi tu quittes le nid, on dirait qu’il se doute de  quelque chose.

Gaelle : HRP Je voulais me barrer en douce, zut alors. FIN HRP ll oui ll Je ne le quitte pas, j’ai besoin d’être un peu seule avec mes pensées dans le silence.

Crochecorce : Alors ton père dit : « Médite un temps si tu veux, mais ensuite il serait temps que tu fasses un œuf avec ce promis que nous t’avons trouvé, pour transmettre ta mémoire et la nôtre dans ton enfant. »

Gaelle : « Oui, père, à mon retour de méditation ! » Cachée de tous par cet immense arbre, je suis décidée à donner mon héritage à ce… traqueur ? Hors de question de perpétuer cette tradition incestueuse ! Je prends ma forme animale et m’envole droit vers la rivière avec espoir.

Crochecorce : HRP Pense aussi à faire des actions de décor / figurants vers moi ? FIN HRP Alors que tu t’apprêtes à traverser la rivière, qu’est-ce que tu regrettes d’abandonner derrière toi ?

Gaelle : HRP T’inquiètes. Aujourd’hui c’est la folie, je te fais ça dès que possible. FIN HRP

Crochecorce : En partant, je n’avais qu’une crainte : être loin trop longtemps et oublier ma famille. La forêt semblait aspirer tout. ll Ne tardons point à faire la jonction, l’oubli fait que le temps m’est compté ll

Gaelle : Dans les ténèbres de cette forêt, un chaman se tient au milieu du chemin marécageux. Il reste immobile face à toi en te fixant du regard. Il semble t’attendre. Tu sens comme une présence autour de toi derrière les arbres noirs… Plus tu approches du chamane, plus tu ressens comme une infime partie de toi qui s’évapore tout en ayant l’impression d’être suivi par… tu ne sais pas. Mais cette impression est présente depuis que tu as entamé ton voyage. HRP Je rattrape mon retard, on arrive à la jonction. Fin HRP Le chaman te dit : « Et bien mon ami, vous êtes en retard ! ».
« Papa ! » (Une petite voix tout près de toi)
Tu ne vois rien mais reconnais cette présence qui te suit depuis ton départ… Une petite brume à tes jambes… Le chaman te dit en souriant que la vie a un coût.

Crochecorce : « Ainsi donc, maudit chamane, tu m’as pris mon fils cadet pour que j’ai le privilège de sauver les autres ? Qu’il en soit ainsi ! Mais tu ne l’emporteras pas au paradis, salopard ! » Je l’étrangle jusqu’à ce qu’il meure, puis je pleure de tristesse et de colère. HRP Il me semble qu’on avait dit que la jonction aurait lieu à la fin du mois, donc on est pas si pressés ! FIN HRP

Gaelle : Une racine à ta cheville s'enroule et te transmet le message suivant : "Crochecorce, RDV à la clairière du doyen.". J'ai changé de cap et me suis enfoncée dans la forêt sous forme humaine. Je les entends, ils me poursuivent...

Crochecorce : Pour les semer, tu te réfugies dans les ruines maudites. Tu y rencontres une créature avec des morceaux humains et des morceaux de corbeau qui marmonne : "J'ai tout - kraa - oublié..." Je me dirige vers la clairière du doyen, suivi par la brume qui a la voix de mon enfant. J'ai peur de ce fantôme.

Gaelle : Tu entends une voix rocailleuse : "Tu as peur, c'est bien et ce n'est que le début, va falloir t'y habituer ! Ah ah ah !" (rire sadique).

Crochecorce : Tant pis, je retourne vers la brume qui a la voix de mon enfant. Je lui demande : "Si tu es vraiment mon petit, dis-moi comment allaient les autres quand tu les as quittés." (Bien sûr j'ai peur que ça soit un monstre.)

Gaelle : C'est pas un monstre XD

Crochecorce : Ne voyant pas où tu mets les pieds, tu tombes dans un trou. Une sorte de puits sans eau au sol visqueux et mouvant. Cela dit, il n'est pas très profond. Ses parois sont de terre et de racines. Tout est silencieux et levant la tête, tu peux voir la forêt sombre, la même que celle du début. Quant à moi, je me faufile discrètement derrière les ruines. Les corbeaux sont dans les arbres... Soudain, une volée se rue sur la créature en la déchiquetant de partout, les yeux en premier, puis la chair, jusqu'à ce que mort s'en suive.

Crochecorce : Je cherche du sens dans tout ça. Je veux localiser la voix de mon fils. Je creuse au fond du puits pour savoir ce que ça cache. A les tête des corbeaux qui ont déchiqueté l'hybride : ton père. "Voilà ce qui arrive aux Corax qui abdiquent leur mémoire !", croasse-t-il. "Gaelle, il est encore temps de te montrer et de renoncer à la fuite !"

Gaelle : Je me cache dans les noirs buissons pour m'enfoncer au plus profond de la forêt. La terre visqueuse du fond du puits arrive à tes genoux en t'immobilisant. Au-dessus de toi, ton frère te tend une branche et dit : "Mais qu'est-ce que tu fais encore là ? Cela fait des jours qu'on te croit parti !"

Crochecorce : Dans ces tréfonds branchus, un hybride propose de te cacher en s'enfonçant dans de profondes galeries sous l'humus... Je réponds à mon frère : "Je suis victime des diableries de la forêt qui me fait tourner en rond ! Si tu as une idée pour me sortir de ce maléfice, dis-la moi !" HRP : Pense à me poser des questions gênantes de temps en temps :) FIN HRP

Gaelle : J'accepte la proposition mais reste sur mes gardes...
Au crépuscule, ton frère te sort de là, tes jambes sont recouvertes d'excréments et de sang. Il te dit avec la peur dans les yeux : "Mais tu es fou ! Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Tu n'aurais jamais dû revenir ! Je ne vais rien dire, ne pas les prévenir pour cette fois, uniquement parce que tu es mon frère. Regarde ce qui t'attend." Tu vois en effet une estrade en bois avec un tronc posé au bord et un paniel au sol...
Ton frère : "Tu me dégoûtes, me répugnes, tu es mort pour moi, tu n'existes plus. Assassin meurtrier..."
Tu comprends alors que le trou contient les restes de ta famille. Tu l'as massacrée entièrement avant de partir. Comment t'y es-tu pris ? Par qui as-tu commencé pour les réduire en bouillie ? Qui t'a donné le plus de difficulté ? Le seul souvenir que tu as, c'est d'avoir étranglé un chaman...

Crochecorce : HRP Quand tu poses des questions gĂŞnantes, tu n'y vas pas avec le dos de la cuiller XD FIN HRP

Gaelle : HRP Désolée, vieille habitude de la criminelle XD FIN HRP

Crochecorce : Cela me revient maintenant... La maladie avait fait d'eux des monstres... J'ai pas eu le choix... Je les ai tués avec la pelle qui m'a servi à creuser ce trou... Bien sûr, c'est mon jeune fils qui m'a donné le plus de difficultés... Car je le voyais encore comme un petit enfant innocent...
L'hybride t'entraîne dans une vasière pleine d'un dangereux pétrole mystique.

Gaelle : HRP Je te rappelle que j'ai fait droit à la Sorbonne : pénal, correctionnelle, option criminologie, sociologie et anthropologie... Je vais y aller mollo la prochaine fois. FIN HRP

Crochecorce : HRP Ah non du tout, c'est OK :) Te censure pas, c'est cool. FIN HRP

Gaelle : "Humm, dis-je à l'hybride, ça m'a l'air dangereux par ici. Ecoutez, je vous remercie infiniment pour votre aide, mais je pense que c'est bon maintenant. Désolée du dérangement. Comment puis-je vous remercier ?" Tu retournes dans la forêt mais par un autre chemin, on te la fait pas, hein.

Crochecorce : L'hybride te dit : "Remercie-moi en me donnant ton meilleur ou ton pire souvenir... J'ai soif de souvenirs..." De mon côté, je me presse dans la forêt mais les dogues du village sont déjà à mes trousses. Mon frère m'a-t-il dénoncé ?

Gaelle : "Très bien, je te donne le souvenir qui est la raison de mon départ, à savoir la vérité sur mon promis (un de mes frères) et la condamnation à mort du père de l'enfant que je porte. Tout s'est passé le même jour, l'exécution et les fiançailles." Tu t'enfonces dans la forêt encore enneigée par endroits. Tu te réfugie en contrebas dans une sorte de petite grotte cachée. Ton frère ne t'a pas dénoncé à proprement parler, mais étant un des chasseurs, les chiens ont senti ton odeur ainsi que celle du sang... Du coup, les autres ont emprisonné ton frère pour trahison et complicité. Il sera éxécuté sans procès à l'aube. Ils sont effectivement partis à ta recherche avec la meute de limiers.

Crochecorce : Je m'enduis avec des crottes d'ours que je trouve dans la grotte pour masquer mon odeur, puis je retourne au village en catimini. Je n'ai pas l'espoir de sauver mon frère de la mort mais j'espère récupérer ses sels élémentaires comme j'ai fait avec le reste de ma famille. ll Je suis désolé, Gaelle. Je suis contraint à des allers et retours permanents, mais il me tarde de vous retrouver pour me payer avec l'argent de vos souvenirs de quoi ressusciter ma famille à partir de leurs sels élémentaires.ll Tu as pris congé de l'hybride et tu es partie dans les grands taillis de ronces. Une forme noire dans le ciel : Ton frère te cherche. Courir dans les ronces pour lui échapper ou emprunter cet arbre creux qui conduit aux mystérieuses forêts limbiques ?

Gaelle : ll Crochecorce, j'emprunte le passage pour les forêts limbiques. Je comprends mais je suis aussi recherchée. ll

Crochecorce : A l'intérieur des forêts limbiques, tout est en noir et blanc. Tu débarques dans le souvenir du pire jour de ta vie. Est-ce au moment de l'éxécution de ton amant ou de tes fiançailles avec ton frère ?

Gaelle : Voyant que j'y reviens (matin : éxécution), je fais demi-tour, repasse par où je suis passée. Le laisse me prendre dans ses bras. Lui mets un coup de genou bien placé. Il tombe de douleur. Ramasse une grosse pierre et lui tape sur la tête avec pour le faire taire. Je disparais dans les limbes, dans ce souvenir qui, je pense, ne sera pas le dernier. Je suis déterminée à accomplir cette promesse par tous les moyens. Pour moi, je n'ai plus de famille.

Crochecorce : Donc, tu es retournée dans le réel tuer ton frère ou le laisser pour mort. Puis tu es retournée dans les forêts limbiques. Ton amant était-il un humain, un corbeau, un Corax ou autre ?

Gaelle : Un Corax aussi [note de Thomas : suite à un oubli de ma part, je démentirai cette information par la suite]. Pour mon frère, j'ai frappé avec la pierre jusqu'à ce que son cerveau ne soit plus utilisable : réduit en bouillie et camouflé par la terre et les feuilles.

Crochecorce : L'enfant que tu as eu avec un Corax, il est à naître ? Si oui, tu le portes dans ton ventre ou dans un oeuf ?

Gaelle : HRP C'est ça le souci. Quand je suis humaine, il est bien dans mon ventre... Le problème, c'est que je ne sais pas en tant que Corax comment ça fonctionne XD FIN HRP L'idée de départ, c'est que c'est récent, d'où l'éxécution qui aurait dû amener à la destruction du futur Corax. Chose à laquelle j'ai pas tenu parole à mon père, mais lui ne le sait pas XD. En tout cas, l'enfant est à naître. L'éxécution s'est faite il y a une quinzaine.

Crochecorce : J'arrive au village. Je suppose qu'il en est déjà fini de mon pauvre frère.

Gaelle : Non, ils ont organisé une battue. Ils sont tous dans la forêt. Tu as encore la possibilité de sauver ton frère si tu veux, bien sûr, tu lui expliques tout ton plan.

Crochecorce : HRP Les sels élémentaires sont extraits de la cendre ou de la bouillie d'un mort, donc en fait j'espérais que mon frère soit déjà mort pour extraire ses sels et le ressusciter plus tard avec l'argent de tes souvenirs ! Sachant ça, est-ce que tu maintiens ton dernier message ? FIN HRP

Gaelle : HRP Oui :) FIN HRP

Crochecorce : Je rattrappe mon frère et lui explique tout et nous fuyons ensemble. Mais un chiuen nous rattrappe et arrache la moitié de la jambe de mon frère avant qu'on ait pu le tuer. De ton côté, en fait tu es enceinte même quand tu es sous forme corbeau (oui bizarre et pas très secure). Tu retournes donc dans les forêts limbiques mais là-bas, le temps a passé et tu arrives au moment où ton amant va se faire exécuter (c'est un souvenir, une réplique, mais tu peux agir).

Gaelle : Je continue mon chemin discrètement, j'avance sans me retourner, tel un fantôme. Tu tues le limier et ton frère te demande de l'achever à condition que tu prennes assez de sels pour le ressusciter lui aussi. Il préfère mourir plutôt que d'être infirme.

Crochecorce : A un moment, il te semble que ton amant a regardé dans ta direction (difficile de savoir s'il t'a vu), quelle a été ta réaction ? De mon côté, j'achève mon frère, la mort dans l'âme, puis je gratte son corps silencieusement avec mon couteau pour en faire de la bouillie et recueillir ses sels, auxquelles se mêlent mes larmes. ll Je n'ai plus personne, mais j'ai encore espoir de retrouver ma famille. Et vous, qu'est-ce qui vous restera ? ll

Gaelle : Je me fige un instant puis me remets en route, c'est juste un cauchemar. ll Bientôt, je l'espère pour vous. Ne vous inquiétez pas pour moi. Ce qui me restera ? Rien, comme prévu. C'est aussi bien comme ça.

Crochecorce : HRP A ce stade du jeu pourraient émerger des thèmes très lourds (avortement, infanticide, inceste, viol, zoophilie...). Est-ce que ça te paraît OK ou est-ce que tu préférerais éviter ? Sachant que ça me dérange absolument pas d'esquiver ces sujet, je trouverai bien autre chose à dire. FIN HRP

Gaelle : HRP L'inceste y est au dĂ©part... Mon perso est le fruit d'un inceste XD, sĂ»rement d'un viol aussi. La tradition familiale - qu'elle fuit, il est vrai - que j'ai Ă©voquĂ©e. L'avortement, le fratricide aussi. En ce qui cocnerne ton perso, tous les codes XD Infanticide, fratricide, matricide... Je crois que ce cĂ´tĂ©-lĂ , on a bien chargĂ©. Après, la zoophilie,  tout dĂ©pend sous quelle forme l'enfant-Corax a Ă©tĂ© conçu XD. Mais oui, on peut aller sur autre chose. FIN HRP

Crochecorce : HRP "On peut aller sur autre chose" = tu veux qu'on limite les thèmes lourds à l'avenir (sachant que de mon côté je suis OK pour les aborder) ou est-ce que tu es OK pour les aborder encore ? FIN HRP

Gaelle : HRP Why not. FIN HRP

Gaelle : HRP Page blanche... C'te grosse panne d'inspiration... FIN HRP

Crochecorce : HRP OK je vais driver le temps que l'inspiration te revienne. Pense à utiliser l'Almanach, ça pourra peut-être te débloquer. FIN HRP. Tu sors enfin des forêts limbiques par un grand terrier de blaireau. Mais là, quelqu'un te capture, il te cloue avec les becs de tes ancêtres. C'est ton père : "Puisque tu as tué ton promis, c'est moi qui vais devoir te transmettre ma lignée, mon enfant terrible. Mais avant, je vais crever ton ventre avec mon bec pour faire mourir ton bâtard."
De mon côté, j'ai pu échapper aux limiers car ils se sont concentrés sur les restes de mon frère. J'arrive dans les ruines de l'église où je m'étais marié avec ma défunte femme. Les ronces ont tout envahi. Je dépose des fleurs séchées sur l'autel. J'ai peur d'oublier ces moments.
ll Je sens que vous ĂŞtes en danger mais je ne sais pas quoi faire pour vous aider ! ll
HRP T'as accepté les thèmes sensibles mais je te rappelle l'existence de l'outil "Revisitation" qui te permet de réécrire un de mes messages si problème de contenu. FIN HRP

Gaelle : HRP Oui, dès le départ, j'ai révisé Millevaux. No soucy pour les thèmes. FIN HRP
ll Je sais pas non plus ce que vous pouvez faire, mais sachez que mon père veut tuer l'enfant qui vous est destiné comme promis pour sauver votre famille. ll
Tu empruntes le mĂŞme passage que moi dans les forĂŞts limbiques, tu revois ton mariage.
Quant à moi, je me débat bec et ongles pour me libérer des griffes de mon père. J'appelle à l'aide. je pense à la créature.
J'attrappe une ronce et frappe mon père avec. "Père, c'est vous le bâtard infâme !"

Crochecorce : ll Voulez-vous dire que les souvenirs que vous comptez m'offrir sont dans votre enfant ? Arg, j'aurais dû m'en douter. ll Puisque je revois mon mariage, je ne peux m'empêcher d'aller danser avec ma femme sous les saulées, entourés des convives qui chantent. J'ai envie de soulever son voile... Ton père se débat, tu lui as crevé l'oeil, il te laboure le corps de ses serres, tu as réussi à sauver l'enfant dans ton ventre, mais tu es grièvement blessée. Ton père est hors de combat pour un temps. Tu pourrais t'enfuir. Il croasse : "Sale traînée ! Je te retrouverai, je tuerai ton bâtard et puis je te couvrirai pour perpétuer notre lignée mémorielle sans mélange !!!"

Gaelle : ll Imbécile ! C'est pas le moment de batifoler ! ll Je cours à travers la forêt. Je me fonds dans une foule de gens sautant et bougeant la tête. Au loin, une scène de guitaristes...

Crochecorce : Les gens te couvrent de liannes et de lierre, c'est la fête du printemps. Sur l'estrade, un guitariste, c'est celui qui deviendra ton amant. Tu as dû repasser par les forêts limbiques, tu es dans un souvenir, quand tu t'étais aventurée dans le monde des hommes.

Gaelle : Je mets mes mains en porte-voix et crie : Crochecorce ! En espérant que tu l'entendes.

Crochecorce : Crochecorce t'entend et se tourne vers toi, mais ce n'est pas le Crochecorce du temps présent, c'est le Crochecorce du passé, le joueur de guitare rencontré dans cette fête du village, qui est devenu ton amant.

Gaelle : HRP J'ai du louper un épisode. Mon amant est mort mais Crochecorce est vivant et avait une famille. ça peut pas être le même, si ? FIN HRP

Crochecorce : Prenant compte de l'avertissement de Gaelle, je m'arrête en plein élan et fuis le souvenir sans retirer le voile, sous les huées des convives. Je sors des forêts limbiques, j'arrive dans une futaie brunâtre grêlée de champignons. Je m'arrête pour souffler. Mes vêtements ont été déchirés par les ronces et du coup, je vois mon ventre. Plissé et sans nombril. La marque d'une résurrection à partir des sels élémentaires. Tout me revient d'un coup. J'avais bien une famille, mais Gaelle est devenue ma maîtresse et les Corax m'ont exécuté pour ça. HRP Voilà l'explication. Si c'est trop tiré par les cheveux, redis-moi et on fera Revisitation :) FIN HRP

Gaelle : HRP J'ai bien compris que c'est un souvenir FIN HRP Je me fais toute petite... Genre, c'est pas moi qui crie... Et me barre Ă  la cool, ni vue ni connue vers la sortie de cette forĂŞt. C'te honte XD

Crochecorce : Juste à la lisière de la forêt limbique, tu as le temps de voir ton père faire irruption dans la fête, en forme humaine à tête de corbeau, toujours borgne. Il transperce le coeur de Crochecorce avec son bec : "Gaelle, je veux que tu le voies mourir dans toutes les réalités possibles, que ça reste gravé dans ta mémoire et celle de notre lignée !"

Gaelle : Une douleur foudroyante te transperce le coeur. Le sang s'écoule en filet à travers ta chemise. Tu titubes en essayant de t'accrocher à n'importe quoi. Les ronces te laminent les mains. Tu les préfères aux champignons. Tu t'agenouilles et aperçois une silhouette. La mienne livide, venant vers toi.

Crochecorce : Un instant, tu as cru que ton père avait frappé le Crochecorce du passé, mais c'est bien le Crochecorce du présent, qui s'était perdu dans les souvenirs des forêts limbiques. Est-ce que tu vas laisser ton père l'achever ou est-ce que tu vas laisser ton père l'achever ou est-ce que tu vas réagir ?

Gaelle : Je me faufile à travers la foule de façon à être derrière mon père. Je me sers d'une des lianes sur moi pour lui enserrer le cou, en le penchant vers moi afin de lui couper le souffle jusqu'à l'asphyxie totale. Je fais signe des yeux à Crochecorce de s'écarter. Tu ouvres grand tes yeux, surpris. Je te réponds que ce n'est pas mon premier meurtre et tout ça, c'est de ta faute. "Faut que tu arrêtes de te mettre en danger constamment ! J'applique mon genou sur le dos de mon père tout en serrant et tirant plus fort jusqu'à ce que je sente son corps se relâcher. "Crochecorce, aide-moi, veux-tu ! C'est pas une question, porte-le jusqu'à cet arbre-là." Je fais plusieurs tours autour du cou de mon père, puis balance le reste des lianes en faisant un noeud sur une haute branche. Je veux que tous le voient pendu !

Crochecorce : Je m'exécute, complètement sonné. Les gens s'indignent et nous donnent la chasse. Nous sommes obligés de fuir et nous revoilà hors des forêts limbiques, dans un chaos rocheux grêlé d'arbres maigres et baignant dans un humus chiasseux. "Gaelle, tu m'as forcé à prendre part à tes sales affaires de Corax et le je suis toujours mourant..."

Gaelle : "Puis-je te rappeler le nombre de personnes que tu as tuées ? Ta famille entière, un chaman, celui qui devait te guider et te protéger, et ne serait-ce pas ton frère le dernier, par hasard ? Maintenant, si tu me reproches de t'avoir encore sauvé la vie, vas-y, retourne là-bas mais ça ne ressuscitera pas tes proches." Je m'asseois sur l'un des rochers, pensant que tu es quand même gonflé : j'ai tout fait pour lui et sa famille et monsieur est outré. Je te regarde, furax.

Crochecorce : "On peut peut-être mettre de côté nos querelles éthiques. Je vais mourir si tu ne m'aides pas."

Gaelle : "Bouge pas de là et ne fais pas de bêtises surtout. Je reviens. Faut que je prépare de quoi nous soigner et nous restaurer."

Crochecorce : Sur le chemin, tu croises une nuée de corbeaux. A leur langage, tu sais que ce sont de vrais corbeaux. Pas des Corax. Peut-être sont-ils en attente d'un mort à dépecer. De mon côté, je ne bouge pas. J'en suis d'ailleurs incapable. Je prie pour que tu ne m'abandonnes pas. ll Désolé pour ce que j'ai dit sous le coup de la souffrance. Tu sais bien que je t'aime. ll

Gaelle : ll Pas grave. ll Je reviens avec tout un tas de choses. J'essaye tant bien que mal de te soulager de cette blessure. Te rassures que ce sont de vrais corbeaux, rien d'alarmant. Mais vaudrait mieux ne pas trop traîner ici. On ne sait jamais ! "Dis-moi, combien de fois es-tu revenu ?"

Crochecorce : "Combien de fois suis-je revenu ? Je ne comprends pas la question."

Gaelle : "Revenu Ă  la vie."

Crochecorce : "Une seule fois... Cela coûte très cher... J'avais dû laisser un paquet de mes souvenirs en gage pour cette assurance-résurrection. En fait, j'avais cédé tous mes souvenirs, sauf ceux qui avaient trait à ma famille, aux sels et à toi...
Cela me fait drĂ´le de te dire que tu fais partie des rares personnes dont je me rappelle."
Tu as réussi à stopper l'hémorragie. Sans toi, j'étais cuit !
HRP Jonction demain :) FIN HRP

Gaelle : HRP Oui :) FIN HRP Je te propose de ne pas courir de risque inutile et rester là à l'abri des rochers pour la nuit. Un refuge improvisé entre deux rochers avec des branchages.

Crochecorce : Le temps de la jonction est venu. Essaies-tu de me tuer ? Maintiens-tu ton objectif de jonction (me livrer ton enfant) ou changes-tu d'objectif ? Continues-tu ensuite la route avec moi ?

Gaelle : Non, je ne te tues pas, et toi ? Oui, je maintiens mon objectif, et toi ? Non, je ne continues pas la route avec toi. HRP J'ai un truc en tête. Faut-il que je te décrive / dise quoi ? FIN HRP Je ne puis te tuer car je suis déjà partie, mais j'ai honoré notre deal, il y a un oeuf Corax à tes côtés. Je suis définitivement sous forme corbeau.

Crochecorce : Je ne te tues pas et je maintiens mon objectif. Je vendrai ton oeuf pour payer la résurrection de ma famille. HRP Tu peux dire le truc que tu as en tête, si ce n'est déjà fait, ou attendre comme tu veux. FIN HRP

Gaelle : J'ai repris ma forme animale et me suis introduite dans la volée de vrais corbeaux. Je ne peux pas te suivre.

Crochecorce : Bien, tu as accompli ton objectif puisque tu m'as laissé ton oeuf (notre oeuf) et que je l'ai accepté. C'est à toi de statuer : parviens-je à accomplir mon objectif, c'est-à-dire vendre notre oeufant pour payer la résurrection de ma famille ?

Gaelle : Oui, mais c'est un sacrifice. Comment tu le sens d'ailleurs, ce sacrifice d'un de tes enfants pour retrouver ta famille ainsi que ton frère ?

Crochecorce : Ma famille est plus importante que lui, je me rappelle d'eux et j'ai donc un affect à leur égard : cet oeuf, je n'ai pas d'histoire avec lui. Ses souvenirs, et donc les tiens et ceux de ta lignée dont il a hérité à la naissance, serviront de marchandises pour faire revenir mes proches. Tu dois me prendre pour un salaud, mais si je n'avais pas frayé avec toi et ainsi attiré le courroux de ton espèce, je pense que je n'en serais pas là.

Gaelle : HRP J'en attendais pas moins XD FIN HRP

Crochecorce : HRP Mon perso est un peu chié, désolé :) FIN HRP


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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#3 18 Jul 2019 10:21

Peggy
video killed the radio star
Inscription : 11 Dec 2015

Re : [Mycorhizes] Comptes-rendus de partie

yes

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#4 24 Jul 2019 09:05

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Mycorhizes] Comptes-rendus de partie

JACQUES ET ANATOLE

Une aventure textuelle autour d’un fils et d’un père à la recherche d’eux-mêmes dans un Millevaux qui se boucle, pour une expérience des plus poétiques ! Une copie de l’échange par Claude Féry.

Le jeu : Mycorhizes, jeu de rôle textuel (SMS ou réseaux sociaux) à deux dans l'univers de Millevaux

Joué par SMS du 06/06/19 au 30/06/19

Personnages : Jacques, Anatole

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smilla4, cc-by-nc, sur flickr


L’histoire :

Jacques
6 de Chien

“Je ne crains ni la faim, ni le froid, ni ces bois , ni les horlas qui les hantent.
Millevaux n'existe pas.
Ce n'est qu'une épreuve pour ma foi.”


Je m'Ă©veille en ce lieu inconnu. Je suis Jacques. Je cherche mon chemin, je cherche ma voie.

ll  Je te cherche Anatole. Je te cherche pour ĂŞtre mon guide. ll



Anatole

Autour de toi, dans les fourrés, les ombres dansent la danse sombre des forêts.
Mon fils, bientĂ´t le temps des hommes qui menacent le monde finira.
En vérité, ils s'assemblent en nuées voraces, ces incultes pour souiller la précieuse vie de nos bois.
Bientôt l'amertume des tanins les plus sombres remontera avec la Sève jusqu'aux feuilles de nos amis arbres. Tous les animaux fuiront ces hommes honnis, ces hygiénistes. Sans précipitation, mais hâte-toi et emporte avec toi un rejeton vigoureux de Saule avec sa robe d'humus et suit la cohorte de prévoyantes fourmis. Je danse dans l'ombre des Vénérables pour saluer l'éclosion de Fleur.
Moi le vieil arboriste Anatole je confie ces fétus de mots contre les maux des hommes aux bons soins des vents d'égrégore.
Hâte-toi mon fils, car les hommes honnis sont sur tes traces et leur cœur est plein de haine.



Jacques

Je hume l'humus, son odeur âcre m'est familière, comme un vestige d'un temps passé, comme une bribe d'un monde brisé. Sur le sol et sous lui grouillent mille créatures ; des fourmis sûrement mais aussi les horlas. Les racines du Saule les entendent venir et frémissent déjà.

Je t'entends Anatole, et j'entends ton conseil qui m'est Ă©nigmatique et me parle pourtant.

Les ombres sont sur toi et l'oubli sur tes pas, qui fus-tu autrefois avant que d'être ici un arboriste ? N'étais-tu toi aussi de ces nuées voraces, de ces hommes honnis ?



Anatole

ll Je fus une souris égarée dans les laboratoires hygiénistes. Ma spécialité fut l'étude des cycles de sporulation. Assidu et méticuleux je fus. Besogneux, tout entier pénétré de la science égarée de mes devanciers.
Un passé, un trouble, une nuisance au monde. Désormais je vis mon sacerdoce au nœud ligneux des vénérables Saules. Hors de l'asepsie qui les préserve de ce qu'ils considèrent être les graines des horlas.
En vérité je te le dis le temps de ces "hommes" finira.
Le bois est notre eau vive, la Sève  Ă  laquelle je m'abreuve dĂ©sormais... ll
Je glisse mes pas sur l'humus noir du cœur du bois . Je me traîne péniblement dans une coulée fangeuse qui mène à une trouée ou le soleil poudroie autour de mon crâne déformé et chauve. Mon crâne luit. Devant moi se tient Fleur, frêle, frissonnant dans la nuit éternelle de la Forêt Noire.

Des bruits étranges et itératifs retentissent à ton oreille, ouatés par la distance, alors que tu quittes le creux de ton saule.
Des cris, des voix, autour de toi le monde.



Jacques

Du Saule, je prends le rameau naissant,  rejeton nouveau dans sa robe d'humus et je suis les fourmis, suivant aussi ainsi les conseils d'Anatole. J'ignore où ils me mènent, mais c'est loin d'ici, bien loin de tous ces bruits qui m'effraient, que je fuis !

ll Me voici Anatole ! J'Ă©coute tes paroles et foulant ce sol, c'est vers toi que je vole ! ll

Dans les ombres mouvantes, des silhouettes sombres ont pris forme, sont en nombre, des formes humanoïdes bondissant près de toi. Elles sont là déjà, cadettes des horlas, elles en ont après toi.



Anatole

La mort dans l'âme, je contemple Fleur une dernière fois. Déjà, j'entends l'écho de leurs voix. Ils sont à mes trousses. J'entends les cris d'agonie de Fleur que dévorent les flammes de l'escadron de liquidateurs dépêchés sur place.
Mes larmes embuent mon regard. Je me perds dans les méandre de mon marais.
Je gis dans l'eau, immobile, où coulent mes larmes, indifférent à la chasse frénétique et confuse qui se répand dans le bois.
"Grand Saule qu'ont ils fait ?
Pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'il font !"

Tu entends des murmures proches dans les sous-bois

ll Jacques tu es le bois
Tu es l'avenir.
Notre royaume sylvestre sera rongé par les fongicides des liquidateurs, mais sur ses ruines pourront croître les graines du rejeton que tu portes. ll



Jacques

J'ai couru, chassĂ© vers l'inconnu, mĂ» par la peur de ce qui est cachĂ© dans l'ombre. J'ai senti au plus profond de moi les cris d'agonie de la Fleur meurtrie. Des murmures,  Ă©trange mĂ©lopĂ©e, m'ont tirĂ© de ma torpeur. Comme un chant qui ramène aux souvenirs perdus, c'est ce son que je suis maintenant, Ă  la fois craintif et inexorablement attirĂ©.

ll Anatole, je n'entends plus ta voix. Je n'entends que ce chant... ll

Dans les eaux sombres de l'amertume et du dĂ©sespoir tu sembles te noyer, comme  abandonnĂ© et rĂ©signĂ©. Mais des griffes aqueuses te frĂ´lant,  te rĂ©veillent : ces horlas, les profonds, te tirent de ton sommeil.



Anatole

Tu suis le chant des hyènes. Le murmure crue, enfle, hors de proportions. Retentit-il dans le bois ou résonne-t-il en ton souvenir ?
Qui sont ces enfants vĂŞtus de noir autour de toi ?
Les relents qui émanent de ses hardes ruisselantes me révulsent. L'étreinte répugnante du profombre est glaciale. Mon esprit se rencoigne, se rétracte.
Je suis saisi d'un vertige et projeté flottant dans les airs saturés de pollen à contempler mon corps livide, Je sombre dans les eaux fangeuses.
ll rouge
rouge racine
Rouge rouge  ll



Jacques

Est-ce la rĂ©alitĂ© ? Sont-ce les lambeaux dĂ©chirĂ©s de ce qu'il reste de ma mĂ©moire ? Ce sont les enfants morts, les sirènes du dĂ©sespoir qui par leur chant m'attirent ainsi Ă  eux. Et moi, faible crĂ©ature,  je succombe et me soumets Ă  leur appel, impuissant,  car mon guide n'est plus.

ll OĂą es-tu Anatole ? Et que sont devenus tes prĂ©cieux conseils ? Quel est ce rouge dont tu parles ? RĂ©agis ! RĂ©veille toi ! J'ai besoin que tu m'indiques la voie. Sans toi, je m'Ă©gare,  charmĂ© par les voix diffĂ©rentes qui me hantent. ll

C'est lorsqu'on a touché le fond, dit-on, que l'on peut remonter, mais au plus profond de ces eaux sombres n'est que l'ombre où tu sombres. Un rai pourtant perce soudain et vient te tirer du sommeil. Tu te réveilles sur la berge, sec. Quel est ce parfum que tu as respiré, ce pollen inhalé, pour que ton esprit ainsi voyage ? Quelle était cette Fleur hypnotique ?



Anatole

ll rouge rouge la racine rouge qui pousse au-dedans de toi. Écoute son chant, lent, majestueux, inéluctable, il est la vie au-dedans de toi. Il est à venir.
Je suis loin du cœur d'arbre. Je marche d'un pas régulier. Je suis porté par le vent, les pollens, la nécessité.
Le bourdon enfantin est dissipé par la clameur qui enfle, enfle puis éclate en une volute de feuilles.
C'Ă©tait ta voix qui tonnait rouge, rouge, rouge.
Les enfants morts se sont enfuis dans la tourbière.
De sombres nuages s'amoncellent. Un orage sec éclate. Le vacarme du tonnerre apaise les tensions. Bientôt quelque chose crépite sur l'humus, mais ce n'est pas la pluie…



Jacques

Te voici donc porté telle la frêle feuille, par des vents et parfums qui t'enivrent et te font perdre sens. Sens de tout, sens de toi.

C'est le rouge du sang qui colore mes lèvres de ces mots ruminés, de ces maux mâchouillés. C'est le goût de la mort et de la pourriture qui demeure en bouche alors que tout s'envole et que tout disparaît. C'est le bruit de Vermine qui gratte sous l'humus des feuilles succombées. Il me faut fuir de nouveau.

ll Où vas tu ? Où veux tu que j'aille ? Je ne suis plus que peur et désorientation. ll



Anatole

Je ne suis plus Anatole. Je suis Le Bois. Je suis plus qu'Anatole. Je suis Le Bois.
ll Écoute la voix du vent. La voie du ciel est en toi désormais. Écoute les murmures de la racine. S'il devient trop faible, ravive-le. Mange les ombres fugaces du temps jadis, les rejetons de l'homme déchu. Auslöschen. Oblitère le souvenir d'homme et le chant ressurgira, affermi, renouvelé, plein de promesses d'aubes nouvelles
Tu marches, hagard, te coules, là où seule la mère truie fouille son chemin mais à presque-nuit tes pas te conduisent sur la berge d'une rivière grondante. Amarrée à un ponton envahi de liserons au parfum entêtant, une vieille barque.
La nuit, le courant vous emporte dans l'immense cathédrale de Forêt.
Ton esprit sombre avec la presqu’aube...
Que dĂ©couvres-tu  lorsque les insectes parviennent enfin Ă  te tirer de ta torpeur ?
ll Entends-tu Forêt ? Les ignorants nous rejettent. Nous sommes hors là. Hors leur monde étriqué. ll



Jacques

La barque m'a porté sur l'onde calme des eaux sombres ou je me suis assoupi. Naufragé de mes rêves, j'ai perdu la conscience et ne l'ai retrouvé que par ma peau piquée. Ils sont là, multitude rampante et grouillante.

|| Suis je mort pour qu' ils viennent ainsi se repaître de moi ? ||

Tu t'es laissĂ© porter par les vents et parfums vers un lieu incertain. Tu flottes, semblable aux pollens, parmi lesquels tu te confonds. Tu es bois, certes, mais un bois fragile,  un bois menacĂ©. Un bois qu'on coupe pour l'hiver.
N'entends-tu point les haches qui déjà tapent en rythme ?



Anatole

Tu as éprouvé la vie grouillante et innombrable mais tes chairs t'informent que tu n'es pas charogne.
Sur les berges tu aperçois de fugaces silhouettes que le courant emporte vivement.
Tes jours,
tes nuits
plongés dans l'humide Forêt noyée.
Au loin Forêt sombre dans obscurité plus chaude, plus vive, plus épaisse, parcourue de cris d'animaux.
Derrière toi, étouffée partiellement par la grondante rivière, tu entends les bruits d'une embarcation à moteur.
Alors je souffle mon vent aigre, mon souffle auquel s'adjoint la souffrance de Fleur terrible, une perte incalculable qui me quitte pour habiter sous un voile de terreur atavique les hardis bûcherons.



Jacques

La peur, la douleur, sentiments néfastes qui néanmoins témoignent que je suis bien vivant, vivant. Le bruit du moteur m'arrache à la douceur de l'abandon. Fuir, fuir encore. Loin de l'homme, de ses chants, de ses moteurs, ...

|| L'homme est il une menace ?| |



Anatole

ll l'homme non,  les liquidateurs oui ll
Tu gagnes la terre ferme, abandonnes ton esquif Ă  l'abri d'un buisson Ă©pineux. Tu t'enfonces sur les sentes qui s'obstinent Ă  longer les eaux.
Tu entends longtemps les moteurs et les cris des liquidateurs. Les ordres égarés dans le vacarme du bois bruissant de mille vies.
Au cœur de nuit tu reprends le chemin de l'eau. Tu t'y glisses pour un bain bienfaisant.
Quelle sensation étrange te tire de ta torpeur à presqu’aube ?



Jacques

Si le bĂ»cheron n'abat pas l'arbre malade, si nul n'Ă©lague, ne dĂ©friche ou n'entretient, alors la forĂŞt s'Ă©touffera elle-mĂŞme, le lierre Ă©touffant l'arbre,  les ronces les buissons, les feuilles mortes le sol, et le bois tout entier Ă©touffant sa faune et privant d'air et de soleil sa flore la plus petite.

Tu es bois, et c'est toi-mĂŞme ta Nemesis.



Anatole

Je suis évaporé. Je suis mon sacerdoce. Je suis Le Bois. La hache de l’homme s'émoussera sur mon écorce. Mon corps ligneux abrite les champignons qui rongent les corps rongés de mes sœurs libérées par la foudre. Le temps de l'effondrement est le temps d'une vie d'if. Je suis Le saule.

ll Mon fils, souviens toi de tes charmilles et oublie la charogne des mots creux. ll



Jacques

Une caresse lisse, un frĂ´lement dans l'obscuritĂ© des profondeurs, puis me voilĂ  happĂ©,  et tirĂ© par le pied vers les vases Ă©paisses par ne sait quelle bouche.

|| J'entends et j'Ă©tends le rejeton du Saule de tout mon long jusqu'Ă  la berge ||

Quels champignons toxiques empoisonnent tes racines, vaillant saule à la sève battante ?



Anatole

De grises pleurotes qu'affectionnent les Brimbeux forment une ronde autour de moi. Je sens l'odeur de menthe poivrée que tu laissais dans ton sillage.

ll Sage, es-tu auprès de moi ? ll

De petites dents carnassières entament la chair de ta cheville.
Un cœlacanthe tente de te bouffer.
Mais son heure n'est pas venue
Des enfants s'emparent de toi, t'extirpent du bourbier et l'un d'eux réduit en bouillie l'infâme créature avide.



Jacques

Enfants qui chantent et qui Ă©garent. Enfants qui sauvent et puis qui tuent sans crier gare. Enfants de l'oubli et de l'ombre. Enfants des forĂŞts et bois sombres. Les vĂ´tres je suis, des vĂ´tres je suis.
|| Je te perds Anatole,  ou si c'est toi qui te perds ? ||
La menthe poivrée, la violette, le parfum de Fleur et celui d'humus. Ce sont les parfums portés par les vents qui sont ton chemin, ta vie ton élan. Tu es saule et j'en porte rameau. J'emporte rameau pour que toi puisse naître à nouveau. Il te faut mourir pour renaître. Mourir n'est rien, ou si peu. Douleur puis rien. Les horlas sont en chemin pour ce funeste destin.
Si peu ...



Anatole

Je songe temps.
Je dérobe mes propres souvenirs afin de mieux en ce qui fut.
Oublier un peu
J'ai tant oublié
Le parfum de Sage, ma fleur de gaîté
Oublier un peu plus
Renoncer à la douleur de ce souvenir qui se dérobe qui me dérobe.
ll Sage me manque mon fils ll
Quelles vos proies désormais, les enfants ?



Jacques

Je suis enfants chasseurs, cueilleurs, je suis le porte-parole de la nouvelle génération. Je traque les machinistes, les bétonneurs, les parasites de cette TERRE qui nous fait vivre. L'engrais sera rouge.

|| Je peux sentir à présent la sève dans mes veines ||

La mĂ©moire te fuit, mais lĂ  vie te sourit. Tu es encore debout, père Saule. Et tu entends tes branchĂ©es Millevaux,  couvrant les rameaux de ton ombre. Je suis de ces rameaux et je te survivrai. L'âge fera ce que les haches n'ont su faire.
Tu Ă©tends tes branches...
Ce que les haches...



Anatole

ll Rouge.. ROUGE..ll
Mes branches se brisent dans un grand fracas en heurtant le sol sous l'assaut des cognées avides des liquidateurs. J'exhale un grand cri que relaient les mycorhizes, mon cri mêlé à celui de Fleur que je fis mien, ainsi que mes souvenirs de Sage.
ll La vie est une goutte d'eau suspendue ll
Les hygiénistes ont déployé leurs cohortes autour du bois.
Les bûcherons ont tracé des sillons, ou bientôt d'autres hommes, des hygiénistes se couleront afin de répandre leur fongicide. La forêt bruisse tout autour de toi, elle gronde son rejet du projet funeste des hommes aux yeux cerclés de fer.
L'avant-garde de horsains afflue, se masse, répond à son appel...
ll Il n'est que Sève, Il n'est que Sève...
Il n'est que sangs, Il n'est que sang. ll
Tu les entends. Ils approchent, déterminés.
Tu les sens, tu sens les effluves de fongicide.



Jacques

La sève et le sang se mêlent. La vie abonde et triomphe. Moi, enfants, avance fièrement. Cohortes d'avenir.
La sève et le sang face aux fongicides.

|| Spore grand Saule ! Spore Anatole ! Bas-toi ! ||

Ils avancent, mais dĂ©jĂ  tes pollens les Ă©touffent,  tes racines entravent leurs pieds, tes branches foutent leur gueule.



Anatole

Mes racines et mes branches écrasent leurs dépouilles. Tous sont morts broyés, démembrés, écrasés sous ma masse bruissant d'humus. La victoire a le goût amer de la défaite. Le nuage de fongicide se répand et tue mes amis innombrables, mes frères, mes sœurs d'humus.
Leurs masques à gaz et leurs combinaisons déchirées ont ménagé des voies pour nos pollens et nos spores. Bientôt nos enfants se nourriront de leurs cadavres.

ll Il n'est que Sève, Il n'est que Sève...
Il n'est que sangs, Il n'est que sang. ll
Tu erres avec tes compagnons d'infortune dans le bois immense de la noire forĂŞt. Les feuilles commencent Ă  roussir.
Une chaleur étrange émane du cœur. Un orage gronde et enfle sans éclater depuis des jours.
Une voix bourdonne à la limite de ta conscience. Les cris du bois ont changé.



Jacques

Ce sont tes cris que j'entends et ceux de ta cour qui se meurt par le poison fongicide.

|| Tiens bon Grand Saule. Le Rameau n'est plus si loin. ||

Les chœurs de la forêts résonnent d'un chant nouveau. C'est un chant guerrier, car c'est vers une guerre que le Rameau les guide.



Anatole

Tu as mené une guerre
Combien des tiens sont tombés afin de préserver les horsains de la Forêt Noire ?
l l Soleil Ă©pais
Air lourd
Assoupis, nos corps
Alanguis, nos esprits
Reposant dans l'herbe chaude
Et la brise fraîche. ll
Je me suis dépris de mes attaches. Mon souffle s'est assoupi. Les Mycorhizes se déploient douces, soyeuses et vibrantes.
La Sève nouvelle du bois a puisé au sang caillé et chairs putréfiées des charognes.
Les saisons des hommes sont désormais mes jours, alors que de l'humus souillé je renais.



Jacques

Tant sont tombés que leur nombre restera à tout jamais tabou. Tant tomberont dont nous ignorons le nom.

|| N'y a-t-il ici que peur, douleur, mort et remord ? ||

De la terre Ă  la terre, de la vie au trĂ©pas puis Ă  la vie encore car il en est ainsi et la ForĂŞt se nourrit d'elle-mĂŞme,  de son propre cadavre, pour renaĂ®tre Ă  nouveau. Le germe de la vie en toi n'est pas Ă©teint. Il luit encore un peu, si peu…



Jacques

Toute la nuit les chants des enfants de Millevaux ont résonné dans la Forêt, jetant sur ta détresse les baumes de l'Oubli.

||Anatole,  lève toi, nous voici, les enfants du grand Saule, tes enfants ||

Je porte le Rameau comme un serpent d'airain pour guider les enfants vers le monde nouveau et la terre promise,  vers le cĹ“ur de Millevaux. Je ne cherche plus Ă  fuir. La ForĂŞt est mon toit, mon rempart, je suis Ă  elle comme elle Ă  moi.



Anatole

Mon fils innombrable tu as accompli ma quĂŞte. Tu es l'avenir du bosquet ardent  Tu portes le futur. Ton destin, ton instinct, ta foi t'ont conduit aux pieds d'un immense saule recouverts de cocons de toiles d'araignĂ©es. Une Ă©trange crĂ©ature au corps de papillons et dont les ailes chenilles palpitent,
Voraces dans l'air Ă©tal.
Je suis avec toi désormais, auprès de toi, sur ton épaule. bruissement de feuilles et oscillation de mandibules
ll rouge rouge racine du ciel notre destin nous réunit ll



Jacques

Mon père je suis à toi, je suis en toi, je suis toi, Saule primaire, cœur ardent de la Forêt. Je cherchais la sortie. J'ai trouvé l'élévation. Par L'Oubli que je fuyais, je suis devenu avenir.

Tu es mort pour que je naisse. Tu es tombé pour que je m'élève. Réunis enfin nous vivons pleinement.

||Sève et sang palpitent. Battement sourd et éternel. Vie de Millevaux en ton cœur et le mien.||



Commentaires de Thomas :

A. Vous avez joué par SMS ou réseaux sociaux ?

B. Les objectifs de jonction de vos personnages sont peu définis au départ. Cela n'a pas été handicapant pour jouer ?

C. Cette partie a pris rapidement un tour poétique auquel visiblement ton partenaire s'est fait le complice. Ceci me rappelle évidemment notre partie du jeu textuel Les Forêts Mentales, L'enfant aux trois vies

D. Intéressant le détournement de langage : Jacques-MJ te confronte à des "profonds" que tu rebaptises l'air de rien "profombres" en hommage aux créatures aquatiques du jeu de rôle Millegouttes de Ric Pogan, sorte de pendant des horlas dans ce monde post-apo qui remplace la forêt par la pluie.

E. La rouge racine évoque le horla de colère qui nous possède lors des ateliers dans Les Sentes.

F. Par ta référence ici à l'Auslöschen de Little Hô-Chi-Minh-Ville, à la racine rouge et au bosquet ardent des Sentes, à la presque-nuit d'Ecorce et de Bois-Saule, aux coelacanthes de Coelacanthes, et en recoupant avec divers indices disséminés dans toute ta carrière de joueur de Millevaux, j'observe que tu fais, à l'instar de Damien Lagauzère, et sans doute du fait que les livres d'univers ne sont pas encore accessibles, un travail de cohérence et d'unification de l'univers à partir des différents jeux Millevaux, comme si chaque aspect abordé dans un jeu et censé lui être circonscrit faisant en fait système dans tout l'univers de Millevaux. C'est très intéressant. C'est également plaisant de te voir unifier tout ça avec ta frange personnelle de Millevaux (référence aux Brimbeux, à l'incantation "Rouge, rouge", notamment).

G. C'est intéressant que tu mentionnes les mycorhizes dans la fiction, ce n'est pas une chose que j'ai vraiment pensé à faire lors de mon premier test, juste on communiquait entre ll, mais sans vraiment rappeler l'existence des mycorhizes comme dispositif.

H. La fusion végétale père/fils du final achève une partie très poétique, ce dont je ne me serais jamais attendu avec Mycorhizes. Bravo à vous deux !


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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