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#11 24 Nov 2012 15:18

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

El Medico a Ă©crit :

La crèche, prochaine étape :°

Sérieusement, j'adorerais. Mais 5 - 6 ans, c'est quand même la limite basse. Avec des gamins plus jeunes, y'a pas trop moyen de faire du jdr, ou alors sous une forme trèèès dilluée. Or ça, ça ne m'intéresse pas trop.



Sinon, dis-moi pour info, les joueuses avaient quel âge à peu près ? Et le truc a duré combien de temps ?

+ 7 à 10 ans. Crapaud, s'il passe par ici, pourra être plus précis.

+ 70 minutes, brainstorming et explication des règles compris.


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#12 24 Nov 2012 20:49

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

Odillon sur Antonio Bay a Ă©crit :

Ca a dĂ» ĂŞtre un joli challenge.

Pas tant qu'on pourrait le croire. Je veux dire, oui bien sûr, c'est du jdr extrême. On est assez loin de la partie bien préparée entre potes de 25 ans. Mais j'aime ça. Ça me sort de ma zone de confort et ça m'évite de me calcifier sur mes acquis. En même temps, c'est justement grâce à ces acquis que je limite les risques. Quand je débarque à Saint-Denis, je ne suis pas en mode playtest. Je viens faire une démo et je veux qu'elle tourne bien. Et je sais que j'ai plusieurs atouts dans ma manche :

+ Je commence quand mĂŞme Ă  avoir une certaine habitude du jeu en environnement hostile. Les convs, et surtout les festivals, sont hyper formateurs Ă  ce niveau.

+ J'aime mener pour de jeunes joueurs, vraiment je kiffe. J'ai eu un certain nombre de tables d'ados et de préados, en ludothèque et en conv, et ça m'éclate. J'aime leur enthousiasme, leur spontanéité, leur grande capacité d'immersion. Bon, leur capacité d'attention est limitée et ils manquent clairement d'autodiscipline, mais sauf exception, ce n'est pas par antijeu. C'est juste qu'ils ne contrôlent pas aussi bien leurs émotions que les adultes. Mais c'est là que la base old school de Sombre (un meneur, des joueurs, partage classique du pouvoir narratif) s'avère super utile : il me met direct en position d'autorité. Très pratique.

+ Ce n'était pas ma première partie en impro avec des gamins. J'avais déjà mené deux quickshots pour des enfants (là : http://www.terresetranges.net/forums/vi … 8353#p8353 et là : http://www.terresetranges.net/forums/vi … 133#p9133). Et bon, quand t'as mené un quickshot Sombre pour un groupe de PJ dauphins, y'a juste plus rien qui peut t'arrêter ! bcbig_smile

+ Les gamines avaient déjà joué au jeu de rôle, même si dans un genre (l'aventure) et un espace de jeu (assises sur des coussins) différents. Ça fait une différence sensible, surtout lorsque le créneau de jeu est court.

+ La culture horrifique fait partie de la culture générale contemporaine, et particulièrement de la culture jeune (même quand on n'a que sept ans). Ça produit d'emblée un imaginaire commun qui est vachement pratique.

+ J'ai plusieurs dizaines de parties de Sombre zéro au compteur, ce qui me met grave en confiance. Un peu trop d'ailleurs car là, je suis parti en mode redux (une variante de variante, plus orientée aventure horrifique qu'horreur) parce que c'est ce que je fais d'habitude avec les enfants. Mais c'était une erreur car on a fait de l'horreur pure, pas de l'aventure. Je l'aurais payé cher dans la scène finale si on l'avait jouée. En version redux, mon antago n'aurait pas été assez costaud pour me permettre de maintenir la pression horrifique sur la fin de la partie.


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#13 25 Nov 2012 02:18

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

Uphir sur LĂ©gendes d'autres Mondes a Ă©crit :

Mais je pense que chaque film à son public et 7-10 ans pour voir un film d'horreur, ça me parait un peu jeune. Ou alors je n'ai pas tout compris au résumé de Johan.

Nan nan, t'as bien compris. Francesca Ă©tait dans la partie haute de la fourchette, plus vers 10 ans que 7.


Quelques éléments de réflexion :

La culture horrifique fait partie de la culture générale, et particulièrement de la culture jeune. On ne s'en rend pas forcément bien compte quand on côtoie des enfants ou des préados, parce qu'ils ont évidemment tout un tas d'autres références culturelles et que l'horreur, genre mineur, n'est pas ce qui saute aux yeux quand on les regarde. Je veux dire, on ne vire pas gothique à 7 ans, hein. bcsmile

Mais quand tu les sollicites sur la question, ce je fais lorsqu'ils s'assoient à ma table, tu te rends vite compte que même les plus jeunes savent ce qu'est un film d'horreur. Ils n'en ont pas forcément vu, ou peut-être seulement des extraits, mais ils se font une idée assez précise de ce qu'il y a dedans. Et bien sûr, ça les attire. En fait, ça les attire et ça les repousse en même temps.

Parce que les enfants connaissent vachement bien leurs limites, et ils les expriment durant la partie (contrairement aux adultes, qui t'en parlent plutôt au débriefing). J'en tiens évidemment compte. Ça me permet de calibrer mes effets pour aller un peu loin (dégoûter un peu, faire flipper un peu) mais pas trop. Il n'est bien entendu pas question de traumatiser.

De mon point de vue du démonstrateur rôliste, ce qui m'intéresse avec la culture horrifique, c'est qu'elle produit d'emblée un imaginaire commun, qui me permet de me mettre immédiatement au travail. Vendredi, je n'ai pas eu besoin d'expliquer ce qu'était un fantôme, un zombie ou un vampire, ni même une maison hantée. Toutes les gamines, y compris la plus jeune, savaient parfaitement de quoi il retournait. C'est super pratique pour brainstormer puis jouer.

À mon avis, y'a deux explications : d'abord, le fait que les enfants sont exposés à des images horrifiques. On vit dans une société où l'image est partout tout le temps. Il est impossible pour les parents, même avec la meilleure volonté du monde, de tout verrouiller. Y'aura toujours un grand frère, la copine d'une sœur plus âgée ou un voisin qui aura un portable branché sur YouTube, une console qui lit des DVD rippés, ou tout bêtement un Mad Movies sous son lit. Sans compter que les enfants savent bien où leurs parents planquent leurs DVD interdits.

D'une, le monde des adultes/jeunes adultes et celui des enfants ne sont pas étanches. L'enfance n'est pas une bulle toute rose à l'intérieur de la société. De deux, les images horrifiques ont un parfum d'interdit qui attire/révulse les enfants. De trois, ils s'intéressent très sincèrement à la mort. Au delà de la fascination créée par le tabou social, je veux dire. Ils sont curieux de savoir comment ça se passe. Or notre société l'occulte de manière systématique. Sauf dans les films d'horreur. Et c'est d'ailleurs l'une des fonctions du genre (car oui, l'horreur a plusieurs fonctions sociales) que de montrer ce qu'on ne voit pas ailleurs. De satisfaire la curiosité morbide.

Le parallèle avec le porno est évident. Il y a d'ailleurs de nombreux points communs entre ces deux genres. Et bon, des images porno circulent dans toutes les cours de récré de France. Je le sais bien, y'en avait dans la mienne quand j'étais gosse. Outre la question du contenu (sexe contre gore/mort/peur), la nuance principale à mon sens, c'est qu'il existe une déclinaison soft, produite à destination des enfants, de l'horreur. Ce n'est évidemment pas le cas du porno. Il y a du porno soft, mais ce n'est pas pour les enfants.

Car oui, le genre horrifique s'est à ce point banalisé qu'on le décline, en l'édulcorant il va de soi, à destination du jeune public. Plus précisément, on l'utilise à doses plus ou moins homéopathiques pour relever aventure et comédie. En bouquins, en films, en dessins animés, en jeux. Y'a des inserts, voire des séquences horrifiques entières, dans tout un tas de produits culturels à destination de la jeunesse. Ce qui explique que ma joueuse de 7 ans connaisse les vampires et les zombies. Et il y existe aussi des produits doucement mais entièrement horrifiques pour les enfants, des romans Chair de poule aux films tels que L'étrange pouvoir de Norman ou Frankenweenie, calibrés pour les vacances de Toussaint. Halloween est vendeur.


En résumé : l'horreur fait partie de la culture populaire et de la culture tout court. Les enfants, qui font partie de la société, sont naturellement curieux du genre. Certains cherchent (ou au moins ne refusent pas) le contact avec les produits horrifiques pour adultes, beaucoup sont en demande de produits horrifiques adaptés à leur âge. Ils aiment avoir peur, se confronter à la mort, au dégoût, repousser petit à petit leurs limites.

Les enfants étant prescripteurs, on leur fabrique ces produits (avec mes démos, je ne fais rien d'autre). Or ce sont autant de passerelles vers des produits plus adultes. Y'a du zomblard dans L'étrange pouvoir de Norman, y'en a aussi dans La nuit des morts-vivants. Ils sont moins rigolos, mais ils se ressemblent vachement.


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#14 25 Nov 2012 11:30

El Medico
membre
Lieu : Montrouge
Inscription : 20 Mar 2012

Re : Quickshots ZĂ©ro

Tout Ă  fait d'accord avec ce propos.
Pour ajouter de l'eau au moulin, je peux même dire que les jeux de société à base de fantômes, vilains loups ou méchantes sorcières etc... Pullulent dans la production de jeux pour enfants. Et j'imagine que ça doit être la même en littérature enfantine.

Je connais un même un jeu pour 3/4 ans style mémory qui s'appelle "la chasse aux monstres" tout plein de vilains monstres hideux tous droit venus des cauchemards de l'enfance (ils viennent de sous le lit et le but est d'ailleurs de les enfermer dans le placard :°).

C'est ça la grosse différence avec le porno (ou la sexualité) je pense. La peur, on y confronté dès son plus jeune âge, depuis tout nourrisson. A travers la peur de la perte, les cauchemards, tout ça. Ce sont des émotions que tous on a expérimenté depuis longtemps, il est donc naturel de trouver un plaisir, un écho à "jouer" avec.

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#15 25 Nov 2012 12:39

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

Crapaud-Ă -plumes sur Opale a Ă©crit :

Les gamines font des cauchemars, depuis ?

ça a l'air d'aller. bcroll J'ai fait un petit débrief ce matin avec l'une d'entre elles. Bizarrement, au niveau du résumé de l'histoire c'était un peu plus décousu que ton rapport Johan. :p

Je lui ais demandé ce qu'elle préférait entre les scénars habituels et Johan. Elle a dit Johan : "parce que ça fait plus peur". Pffff... Toutes des ingrates.

Sinon, ça ne t'embête pas si je présente ton rapport de partie à ma directrice, histoire qu'elle ait une idée plus précise de ce qui s'est passé en son absence ?


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#16 25 Nov 2012 13:29

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

deathambre sur A l'Ombre du DĂ© a Ă©crit :

M'est avis que Francesca va commander un exemplaire de Sombre pour noël...
C'est courageux d'animer pour des enfants (je pense aussi au sieur "Crapaud") mais indispensable "to keep the game alive". Toutes les ficelles de bases tournent du feu de dieu et en plus ils te livrent tellement de cordes pour les pendre que tu te crois au supermarché du MJ un jour de déstockage.


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#17 25 Nov 2012 13:29

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

deathambre a Ă©crit :

C'est courageux d'animer pour des enfants

C'est surtout très fun. Rock'n'roll mais fun. Je ne ferais pas que ça bien sûr, mais c'est vraiment un truc que j'apprécie. J'aime leur enthousiasme, leur spontanéité, leur puissante capacité d'immersion.

Ce que je veux dire, c'est que je ne suis pas en croisade. Je ne fais pas de la démo en ludo pour sauver le jdr. Hé, Terres Etranges n'est pas la Fédé. bcwink Je le fais parce que je trouve ça intéressant et que ça m'éclate. C'est d'ailleurs le cas de tout ce que je fais autour de Sombre.

La position de Crapaud est forcĂ©ment diffĂ©rente. Il est ludothĂ©caire, lui. Mais moi, je ne suis qu'un auteur biclassĂ© dĂ©monstrateur. Mon moteur Ă  moi, c'est le fun. La vie est trop courte pour s'emmerder dans le boulot, pas vrai ?  bcbig_smile



Toutes les ficelles de bases tournent du feu de dieu et en plus ils te livrent tellement de cordes pour les pendre que tu te crois au supermarché du MJ un jour de déstockage.

Ouais et c'est juste excellent. Parce que les gamins ont une telle capacité d'immersion qu'ils réfléchissent très peu en métajeu. Ils commentent la fiction, et digressent abondamment, mais quand il s'agit de jouer leur personnage, ils sont à fond dedans. Et bien sûr, ils enchaînent les actions suboptimales, pile poil comme dans les films d'horreur.

Tu as ça aussi chez certains adultes débutants, mais ça ne dure jamais très longtemps : dès la deux ou troisième partie, ils commencent à chopper des réflexes rôlistes. Les gosses, non.

Ils ont une capacité hallucinante à sortir et rentrer dans la fiction en un clin d'œil. Avec les adultes, l'immersion est lente, progressive. Les gamins sont dedans tout de suite, mais clignotent en permanence fiction-réalité-fiction. Ils ne sont pas capables de rester attentionnés très longtemps et ils ne contrôlent pas bien leurs émotions. Elles les débordent de partout. Ils ont besoin de sortir souvent du jeu pour gérer ça.

Au début, c'est hyper déconcertant, mais je commence à m'habituer. Le truc, c'est de jouer avec les enfants qui, à l'instant T, sont dans la fiction. Les autres raccrocheront les wagons plus tard. Du coup, la table est à géométrie variable permanente, ce qui demande une bonne capacité d'adaptation de la part du meneur. Et bien sûr, ça m'intéresse parce que ça me sort de ma zone de confort rôliste. Le phénomène existe aussi avec les adultes, mais je le gère différemment. Quand un joueur adulte décroche du jeu et que j'estime que ce décrochage met la partie en danger, je le rappelle à l'ordre. Je ne laisse pas une blague de blonde me pourrir l'ambiance.

Avec les enfants, c'est juste pas possible. Parce qu'ils ne décrochent pas pour les mêmes raisons : chez eux, le décrochage permanent n'est pas de l'antijeu, c'est simplement leur manière de fonctionner. Faut s'en accommoder. Ce qui ne m'empêche pas de faire le gendarme si je sens que y'a besoin, hein. Faire preuve d'autorité à ma table ne me pose aucun problème. À Suresnes il y a quelques mois, avec une table de préados, j'ai menacé d'en virer un qui foutait le dawa. Et je l'aurais fait s'il ne s'était pas calmé un peu.


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#18 11 Mar 2013 13:48

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

Undead Island – à Suresnes, en ludothèque – mars 2013



À peine remis de mon marathon de playtest, me revoilà sur le pont. Celui de Suresnes, où je m'en vais, grâce et avec Benoît (El Medico), poser du jeu dans un centre d'animation bien cool, qui bosse en tandem avec la ludothèque du coin. Comme d'hab, super accueil de l'équipe et de son boss, Pierre, un garçon adorable.

Moi, j'ai pas la grande forme. Fatigué encore et toujours, et crevard aussi un peu. Froid + chaud + froid = malâââde. Bizness as usual. Je ne suis pas à l'agonie, hein, mais j'avance quand même doucement. Du coup, j'ai décidé d'adapter mon programme . À défaut de Sombre max, qui n'est pas encore montrable, je viens avec l'idée d'enchaîner du Sombre zéro. Deux ou trois démos (le créneau est de trois heures), de l'Overlord et/ou du Deep space gore.

Sauf que sur place, y'a dix gamins. Organiser trois rotations, ça va juste pas être possible. Pas assez de public. On va donc faire plus simple : Benoît dans la salle du bas avec cinq mômes, moi en haut avec les cinq autres. Et on se démerde pour meubler notre créneau. Pour Benoît, ce sera quickshot Sombre classic (une histoire de vampires au Moyen-Âge, si j'ai bien compris) + Overlord. Pour moi aussi, impro mais en Sombre zéro. Parce que bon, je ne veux plus mener en classic avec des enfants. Techniquement, c'est surdimensionné.



Le brainstorming

On s'installe donc dans la salle de l'étage. La table est très hétérogène. Benoît et moi avons recommandé aux enfants de se scinder en deux groupes par affinités, histoire de ne pas importer les conflits de la vraie vie dans le jeu. Dans le mien que des garçons et un peu de tout en termes d'âge, trois très jeunes plus deux ados. Par là-dessus, je récupère une monitrice. Audrey a fait, il y a longtemps, une ou deux parties de Donj et elle aimerait bien se remettre au jdr. C'est l'occase.

Donc on brainstorme. Les idées ne fusent pas, c'est assez laborieux. Audrey pousse à la roue, moi aussi. Au départ, les références oscillent entre le slasher (des jeunes dans la forêt) et le jeu vidéo. Sacha propose un setting à la Dead Island : une île tropicale envahie par des zombies. Je n'ai jamais joué au jeu mais je vois de quoi ça cause car je me souviens bien de la bande annonce, une cinématique en narration antéchronologique sur musique douce que j'avais trouvé très réussie. Sauf que bon, j'ai pris la résolution d'arrêter les zombies, surtout en quickshot. À un moment, j'en mettais partout et ça devenait lourd. Trop de mort-vivant tue le mort-vivant.

Pour le moment, on se concentre sur le setting. Perso, une fusion des deux idées m'irait bien : un camp de vacances sur une île exotique serait cool. Ça plait donc on part là-dessus. Audrey m'aide à dessiner un plan du New Zealand Kid Club qui a plutôt bien de la gueule. Ça se passe au bord d'une falaise, y'a une piscine découverte avec jacuzzi, une infirmerie, un camp de tentes et une remise qui sert aussi de garage pour un minibus. Tout ça autour du bâtiment principal, dans lequel se trouvent la cantine, la cuisine, la salle d'activités, le dortoir, le bloc sanitaire (douches, lavabos, toilettes), l'accueil et le bureau du sous-directeur. On est au milieu de la forêt, mais y'a la mer au pied de la falaise.

+ Aioub joue Rocky, le sous-directeur. 35 ans, ancien boxeur (oui je sais, mais bon) qui a raccroché les gants après une histoire pas trop claire de combat perdu contre plus faible que lui. J'essaie de creuser un peu au cas où ça pourrait servir mais comme je vois qu'Aioub a un poil de mal, je laisse tomber. Un background n'est pas essentiel.

+ Sacha joue Jonas, 22 ans. Moniteur de sport, ex-Marine qui a quitté l'armée parce qu'une promotion risquait de l'exposer plus au danger. Aussitôt, il se fait chambrer par toute la table. C'est de bonne guerre !

+ Audrey joue Audrey, monitrice biclassée assistante sanitaire. En gros, elle se joue quasi elle-même, ce que je trouve à la fois fun et intéressant. Elle a envie de s'impliquer, c'est cool. Vu le contexte contemporain, ça me rappelle pas mal mes parties adolescentes de Trauma. Très rigolo.

+ Amine joue Jack, un jeune adolescent.

+ Tanguy joue Bruce, un autre jeune ado. Champion de karaté. C'est le syndrome ex-Marine qui frappe à nouveau, des fois que le background pourrait booster les compétences de combat. Malin mais dans Sombre, c'est pas trop possible. Des compétences, y'en a pas !

+ Paul joue James, troisième jeune ado. Audrey, bien dans le trip horreur, charge son background. Il s'agit en fait de son fils, qu'elle a exfiltré d'un hôpital psychiatrique avant de l'amener sur son lieu de travail estival. La maman est une kidnappeuse, le fiston un schizo fini qui parle à des amis imaginaires. Paul est vachement d'accord, ça lui plait bien. Je regarde Audrey, lui sourit et valide. Parce que dans l'intérieur de mon moi-même, je sais exactement ce qu'il en est de la relation James-Audrey. Ça a fait chboum là-dedans.

Le groupe est plutôt cool car il résout de manière assez élégante et, me semble-t-il, fonctionnelle les difficultés induites par l'hétérogénéité de la table. L'adulte et les joueurs les plus âgés constituent l'encadrement du centre, aidés par deux PNJ, un frère et une sœur maoris, histoire de faire un peu couleur locale. William est cuisinier/jardinier, Betty femme de ménage. Les joueurs les plus jeunes jouent des enfants, ce qui me paraît très adapté. Faudra juste que je fasse gaffe à ce que la partie ne soit pas trop à deux vitesses, avec les adultes qui agissent et les gamins qui regardent. Ces derniers sont actuellement les seuls pensionnaires du centre car on se trouve en plein entre-deux. Le groupe précédent est déjà reparti, le suivant, constitué de plus d'une quarantaine d'enfants accompagnés de leurs monos, n'arrivera que dans deux jours. Jack, James et Bruce passent, eux, tout l'été sur place. Ils sont en pension. C'est parfait.

Mais quid des antagos ? Je n'ai pas trop, hum, mordu sur les zombies tout à l'heure. Là, je relance avec l'espoir qu'une autre idée va émerger. Audrey justement en a une : elle parle d'une histoire de sorcellerie et d'esprits mauvais qui auraient été invoqués par on ne sait qui. Ah ça, ça me plait déjà plus que des zomblards de base. Je ne cherche pas à creuser plus avant mais garde l'idée dans un coin de mon cerveau.

Je cogite grave. Ça fait hyper longtemps que je veux faire un scénar ambiance home invasion / hooded horror, deux sous-genres connexes qui m'intéressent énormément. Rien de bien nouveau sous le soleil, hein, c'est vieux comme Orange mécanique. Mais quand même, on sent ces temps derniers un certain frémissement : ces thèmes sont en train de se constituer en sous-genres cinématographiques. À cheval entre l'horreur naturelle et le thriller horrifique, ils m'intéressent parce qu'ils sont directement branchés sur la rubrique faits divers, un domaine qui me passionne depuis toujours. Et puis bon, j'ai kiffé Eden lake et trouve Funny games très efficace.

Or là, on me sert sur un plateau le setting idéal pour me faire mon home invasion movie à moi que j'ai. Je ne vais pas m'en priver. Ce que je ne sais pas, c'est que ça va virer au slasher surnaturel et se retrouver in fine retconné en horreur psychologique. Vous reprendrez bien une grosse louche d'impro, n'est-ce pas ?



La partie

Il fait nuit et il pleut, un gros orage qui n'a pas l'intention de s'arrêter. Les lignes du téléphone sont coupées mais c'est habituel dans ces conditions. Ça fait des années que le centre demande à ce qu'elles soient enterrées mais la municipalité de la petite bourgade dont elle dépend refuse. Dix kilomètres de tranchées, ça coûterait trop cher. Évidemment, les portables ne captent rien. On est en pleine cambrousse.

Jonas est dehors en train de faire une tournée d'inspection des bâtiments, histoire de vérifier que tout est bien fermé et que l'orage ne risque pas d'endommager quoi que ce soit. Les autres sont à la cantine, ils s'apprêtent à manger. William est aux fourneaux, Betty assure le service (le self est fermé, il ne rouvrira qu'à l'arrivée du nouveau groupe d'enfants). À travers la pluie qui tombe dru, Jonas voit un homme encapuchonné qui, à quelques mètres de lui, dépasse le coin du bâtiment principal et s'enfonce dans la forêt. Le moniteur de sport s'approche. L'homme a disparu, ne laissant aucune trace, pas même une empreinte.

Comme on n'est pas trop de l'avant niveau horaire et que je ne veux pas que l'incident passe inaperçu (je ne peux pas me permettre d'amorcer pendant trente minutes, on n'a pas le temps), je mets un peu la pression. Je fais bien comprendre qu'un gars qui rôde dans le centre, ça craint pour la sécurité des gamins. D'autant plus qu'il y a déjà eu des cambriolages de par le passé. On a volé du matériel audiovisuel et informatique. Sacha, que je recadre un poil parce que je le vois qui commence à dévaler la pente de l'over déconne (pas agressif, hein, juste clown), réagit bien : il va informer Rocky.

Conciliabule dans le bureau, auquel est ensuite conviée Audrey. Décision est prise de ne rien dire aux enfants pour ne pas les paniquer. Jonas et Rocky vont sortir pour essayer de retrouver le gars à la capuche. Dehors, il pleut toujours des cordes. Je confirme à Aioub que, non, y'a pas d'armes dans le centre. Hey c'est pas parce qu'il y a un ex-Marine dans l'équipe d'animation que le Kid Club est une base militaire ! Du coup, faut se rabattre sur les outils de jardinage. Rocky court à la réserve récupérer une pelle et un marteau.

Jonas reprend sa ronde. Arrivé à l'infirmerie, revoilà le gars à la capuche. Il attend près du bord de la falaise, en haut de l'escalier qui descend vers la plage. Sous sa capuche, ses yeux brillent rouge. Jonas se précipite vers lui, l'autre descend l'escalier et, dissimulé par la falaise, se retrouve bientôt hors de vue du moniteur. Lorsque ce dernier arrive en haut de l'escalier, il ne voit rien : le gars a (encore) disparu. Jonas descend jusqu'à la plage. Les kayaks de mer sont toujours là mais aucune trace de l'encapuchonné, même pas d'empreintes dans le sable. Il remonte.

Dans le dortoir, Audrey lit une histoire aux enfants avant qu'ils ne s'endorment. Du Stephen King tant qu'à faire, histoire qu'ils ne flippent pas trop. Soudain, à la lueur d'un éclair, Jack aperçoit un homme à la fenêtre, yeux rouges sous sa capuche. Il crie, attirant l'attention de tout le monde. Pile au même moment, un homme en capuche, armé d'une pelle et d'un marteau, passe devant la fenêtre ! Audrey ordonne aux enfants de rester dans leurs lits puis court à la cantine prévenir William et Betty. Tranquillement attablés, le frère et la sœur terminent leur repas (ils mangent en décalé pour pouvoir assurer le service). Ils n'ont rien vu ni entendu. Comme il semblerait bien qu'Audrey ait besoin d'un petit remontant, Betty passe à la cuisine pour aller chercher une bouteille de rhum. Un instant plus tarde, ELLE HURLE ! Toute la table sursaute. Olala la belle jump scare, bien dans le tempo et tout.

Audrey et William se précipitent à la cuisine. James, qui a désobéi à Audrey, entre dans la cantine. Jack, lui, est allé aux toilettes. C'est que, voyez-vous, Amine, qui a un petit peu de mal à capter le principe du jdr, avait lui aussi envie d'y aller. Sauf que je n'ai pas le temps de l'attendre, il se fait déjà tard et mon créneau n'est pas extensible. Je décide donc que tant qu'il n'est pas revenu à table, son perso est dans le bloc sanitaire. Pratique.

Dans la cuisine, c'est un carnage. Betty, qui a pris un méchant coup de couteau à la gorge, gît, inerte, sur le carrelage. Bien sûr, il y a du sang partout. William se précipite vers sa sœur et la prend dans ses bras, il est en larmes. Par la porte ouverte, arrive Jonas. Bruce, qui a suivi James avec un peu de retard, voit, à travers la vitre intérieure qui sépare la cantine du bureau du sous-directeur, un homme encapuchonné. Les yeux rouges, un couteau à la main, il tourne lentement la tête vers lui. Bruce se précipite à la cuisine pour avertir tout le monde que l'intrus se trouve dans le bâtiment. Réaction naturelle, les joueurs sautent sur les couteaux à découper.

Et là, je réfléchis. Il est déjà 16h30 et je viens d'atteindre la limite théorique de mon créneau de jeu. On avait convenu avec Pierre qu'on se laisserait trente minutes pour organiser un goûter avant que les enfants ne repartent chez eux. Là, je suis déjà en train d'empiéter sur le goûter et personne n'est encore mort. Je dois changer de braquet et vite. Me faut du dark. Et quel meilleur moyen pour en obtenir que de faire sauter les plombs, hmmm ? Hop, le centre se retrouve dans le noir complet. Panique à bord.

Jonas, équipé de son couteau et de sa lampe torche, court vers le bureau pour intercepter l'intrus. William, inconsolable, berce toujours le cadavre de sa sœur. Dans la panique, Audrey a une idée de génie pour faire de la lumière : fabriquer une torche. Elle attrape un torchon, l'imbibe généreusement de rhum agricole (la bouteille que Betty tenait à la main lorsqu'elle est morte et qui a roulé sur le carrelage) et y met le feu. Aioub hallucine : « Hé mais tu nous fais un cocktail Molotov ou quoi ? ». Bien vu, c'est exactement ça.

Audrey s'enflamme. Pof, une Blessure. Elle se roule par terre mais ça n'arrête pas le feu. Hop, deuxième Blessure. Elle est déjà Mutilée (ouais, l'attrition à Sombre zéro, ça rigole pas) quand Bruce, qui a rempli une casserole d'eau, la lui verse dessus. Peine perdue, la monitrice meurt. Et avec elle James, son fils, qui n'a en fait jamais existé. Il y avait bien un ami imaginaire dans l'affaire, mais c'était celui d'Audrey. La schizo, c'est elle. Son gamin n'a jamais existé que dans son esprit. Hop, deux PJ out. William bien sûr, flippe à mort. Il est en état de choc.

Jack est tout seul dans le bloc sanitaire. Tout le monde l'a abandonné, personne ne s'occupe de lui. Dans le centre, y'a des gens qui hurlent et qui meurent, c'est pas la fête. Du coup, il ouvre la fenêtre et sort dehors, les pieds nus, en pyjama. Ah bin oui, à la guerre comme à la guerre. Il est instantanément trempé jusqu'aux os. Mais dehors, traîne un type surarmé, une pelle dans une main, un marteau dans l'autre. Jack repasse la fenêtre et rentre dans le centre. L'homme le suit. Par bonheur c'est Rocky. Le sous-directeur ignore le gamin, traverse le dortoir et entre dans la salle d'activités, où Jonas est en train de se battre contre l'homme à la capuche. Rocky arrive en renfort. On s'explique à grands coups de pelle, c'est violent.

Jonas meurt, lardé de plusieurs coups de couteau, mais l'encapuchonné s'écroule lui aussi, dans le même Tour. Et là, je suis un petit peu dans l'ennui : qu'est-ce que je fais du cadavre du bad guy ? On aurait plus de temps, j'utiliserais le corps pour rebondir sur un truc, mais là je suis trop short. Peux pas me permettre de relancer à ce stade de la partie. Donc je vais au plus simple : le cadavre, y'en a pas. Pas de corps, pas de capuche, pas de couteau. Rien, nada, que dalle. L'antago poppait ici et là depuis le début de la partie, et on a maintenant l'explication : c'était une créature surnaturelle. Un esprit ou quelque chose du genre, vu que c'est ce qu'on m'a demandé durant le briefing.

Et là, bam!, idée. Ou plutôt association d'idées : James l'ami imaginaire + l'esprit encapuchonné + Jonas et l'antago qui crèvent dans le même Tour = il n'y a pas d'antago ! Les PJ hallucinent et sont en train de s'entretuer. Rocky croyait taper sur un gars à capuche mais en fait, il frappait Jonas, et inversement. Quand Bruce se pointe, il voit le sous-directeur, sa pelle ensanglantée à la main, qui reprend son souffle au-dessus du cadavre de Jonas. Olala, ça sent pas bon. Il rebrousse chemin vers la cantine, des fois que William pourrait l'aider. Mais William s'est tranché les veines. Assis sur une chaise, il s'est vidé de son sang. Le meurtre de sa sœur puis l'immolation d'Audrey, ça a été trop pour lui.

Dans le bloc sanitaire, Jack panique. La porte de la douche la plus éloignée s'ouvre lentement. L'homme à la capuche, yeux rouges et couteau, en sort et se tourne vers lui. Le gamin ressort aussitôt par la fenêtre et tombe sur Bruce et Rocky, qui fuient le bâtiment. Direction le minibus. « Est-ce que je peux conduire à 12 ans ? » demande Bruce, qui décidément ne fait pas confiance à Rocky. Je lui réponds que oui, pourquoi pas, mais que vu son âge et les conditions météo, il faudra réussir un jet pour éviter l'accident. Arrivée au garage puis, quand on se rend compte qu'on n'a pas les clés, retour au centre. Elles sont dans le premier tiroir du bureau. Rocky les glisse dans sa poche.

Dehors, il pleut toujours des cordes et, bien sûr, le tueur à la capuche rôde. Il se jette sur Rocky, qui contre-attaque. Oui mais voilà, les coups de pelle c'est à Bruce que le sous-directeur les donne. Bruce, lui, ne voit pas de tueur, juste Rocky qui se jette sur lui. Toujours armé du couteau qu'il a pris à la cuisine, il réplique, tue le sous-directeur et récupère les clés du minibus. Pendant ce temps, Jack se jette sur la pelle et agresse Bruce, qui court vers le garage, démarre le véhicule, sort en trombe, rate son jet, se mange un arbre et s'écrase contre pare-brise. Déjà bien amoché par Rocky, il meurt sur le coup.

Ne reste plus que Jack. Sous l'orage, au milieu des Ă©clairs, la pelle Ă  la main, ses yeux brillent rouge.

Générique



Le bilan

Une bonne partie, bien meilleure que ce à quoi je m'attendais étant donné mon état de fatigue et la composition très hétérogène de la table. Qui plus est, je me suis retrouvé avec six joueurs, ce qui est vraiment beaucoup pour moi. Habituellement, je ne m'y risque que pour Overlord car le scénario est ultra court et top bourrin. On partait sur des bases clairement suboptimales mais au final, le résultat s'est révélé plutôt trèèès sympa.

Les gamins, et même Audrey, ont été désarçonnés par la manière dont j'ai bouclé la partie. Indéniablement, y'avait un gros effet de retconning, mais la chute façon Haute tension d'Aja m'a vraiment beaucoup plu. Bon sang, j'arrive à bricoler deux twists successifs en plein quickshot, ce qui n'est pas rien ! Bon, le premier (la vraie nature de James) je l'avais depuis le brainstorming, mais le second est vraiment un pur produit d'impro. O.v.e.r.k.i.f.f.a.n.t.

D'un point de vue meujeutage, cette partie me comble de multiples satisfactions. Outre les twists, je parviens à produire un slasher quasi pur, avec une vraie chaîne de meurtres à l'arme blanche, un challenge que je voulais relever depuis longtemps. Je réussis également à développer la trame home invasion / hooded horror à laquelle je cogitais mollement depuis des mois sans trop savoir par quel bout la pendre. L'improvisation a vraiment servi de catalyseur créatif et je compte bien pousser le truc un peu plus loin. Ce n'est pas la première fois que j'ai cette impression, mais je pense que ce quickshot ferait un vrai bon scénario officiel pour Sombre. Il est bien possible que je me penche sur la question dans un futur pas trop éloigné. Un truc de plus sur ma to do list, un.

Techniquement, Sombre zéro s'est montré parfaitement à la hauteur. Bon, je suis encore parti en mode redux avant de me rendre compte que j'aurais mieux fait de m'en abstenir. J'avais déjà fait cette erreur à une table de gamins mais suis quand même retombé dans le panneau. J'ai compensé en donnant à mon bad guy un Avantage Fort, qui lui permettait de faire des dommages ordinaires, mais j'aurais dû faire l'inverse : partir sur du Sombre zéro standard et donner un Avantage Résistant à mon antago. Ce serait revenu exactement au même pour le PvE, mais ça aurait boosté la dernière scène de baston, qui fut pur PvP.


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#19 11 Mar 2013 18:52

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

Wizard (aka Odillon) sur le Sden a Ă©crit :

Très joli le twist improvisé. Je te l'ai déjà dit (ailleurs qu'ici... j'ai décidé d'alterner les forums où je chante tes louanges bcbig_smile), je suis impressionné par ta façon d'improviser.

Je pense que quand je maîtrise, mes histoires tiennent bien la route et sont intéressantes et je parviens à improviser raisonnablement mais mes vraies bonnes idées sont réfléchies longuement en amont. Dans les improvisations pures, je fais du classique, pas de l'original. Je ne pense pas que je serais capable d'improviser un twist pendant que je maîtrise en devant répondre aux questions des joueurs (surtout que là ils étaient six), faire mes descriptions et gérer les musiques.

Respect !


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#20 11 Mar 2013 19:15

Johan Scipion
auteur de Sombre
Lieu : IdF
Inscription : 15 May 2006

Re : Quickshots ZĂ©ro

Merci tout plein.


Pour Ă©clairer / relativiser ma performance :

+ Je commence à avoir une sacrée habitude du format quickshot. L'entraînement, ça aide bien.

+ Là, j'étais particulièrement chaud car j'ai enchaîné Zone Franche + mon marathon de playtest + ma démo en ludothèque. Ce n'est pas un hasard. Si j'ai calé tout ça à la suite, c'est parce que je me prépare à deux conventions qui sont pour moi des échéances importantes : Ludesco et Eclipse.

+ Mon système est simple vraiment simple, particulièrement dans sa variante zéro, ce qui me permet de me concentrer sur le jeu, sans avoir besoin de faire tourner beaucoup de neurones sur la gestion des règles (ce dont je suis de toute manière incapable).

+ Mon système est adapté : je l'applique à la virgule près et ne triche jamais sur le résultat des dés car je sais que ce faisant, je reste pile poil dans les clous de l'horreur cinématographique. En l'occurrence, ça me permet de produire sans effort une chaîne de meurtres typique du slasher.

+ Je mène sans musique. L'une des raisons est justement que ça me permet de me concentrer mieux sur le jeu. Je sais que la technologie moderne est vraiment pratique, mais même comme ça, la zique représente un truc de plus à gérer. Mener sans, c'est plus simple (et ça a d'autres avantages, j'y reviendrai dans un futur article de la revue).

+ Je ne gère pas la narration en concurrence du jeu mais en m'appuyant à mort dessus. C'est hyper organique. Je veux dire par là que je ne cherche pas à coller mes idées sur la partie. Je ne veux pas lutter contre le flow narratif. Je me laisse porter par lui, je surfe dessus. C'est un poil plus casse-gueule mais nettement moins laborieux. Et plus efficace aussi.

On le voit bien dans le compte rendu. Le premier twist, je le plaque sur la partie parce que je l'avais dans la tête depuis le brainstorming. Résultat, l'effet tombe à plat. C'est fun mais narrativement pauvre. Au départ, j'imaginais que James disparaîtrait progressivement, à mesure qu'Audrey prendrait des Blessures. Mais elle meurt en trois Tours et du coup, le décès subséquent de son gamin manque de oomph. Dramatiquement, il est faible et ne provoque aucun rebond narratif. Ça ne débouche sur rien, juste ça me permet de zapper deux PJ d'un coup à un moment où il faut que j'amorce la pompe à meurtres.

Le deuxième twist par contre, je le bricole en pleine partie, par une association d'idées directement engendrées par le jeu. Il est vachement plus organique et donc, il fonctionne beaucoup mieux. Narrativement, l'impact est bien plus sensible : c'est ça qui fait basculer tout le climax dans le PvP.

+ C'est quand même hyper rare que j'arrive a improviser un twist, et encore plus rare que je parvienne à en caser deux dans la même partie. On voit bien quand on lit mes comptes rendus que les retournements de situation sont peu courants dans mes quickshots. Ça part souvent dans des directions inattendues (ce qui est normal en impro) mais le vrai pur twist est rare. Parce que faut dire ce qui est, c'est super compliqué à faire tenir debout.


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