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#1 26 Feb 2019 10:39

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

[Bois-Saule] Le chevalier au chardon

LE CHEVALIER AU CHARDON

Un roleplay de sept jours destiné à servir d'exemple dans le livre de base, autour d'un chevalier, de l'amour courtois et d'un chardon.

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Linda on the bridge to NewWhere, Peter Roan, cc-by-nc, sur flickr.com


Création de personnage :

Echéance : 7 jours de roleplay (soit 1 jour de création de personnage + 6 jours d'aventure)


1. L'album d'inspiration
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Circular Time, par Ramleh, du post-rock / noise / americana / psyché-drone / power electronics chamanique et intense et circulaire et lourd et ensorcelé.

2. Mon destin funeste

Ravir ou kidnapper : une personne kidnappe une autre personne contre sa volontĂ©. Le kidnapping a lieu dans les rĂȘves.

3. Chasser ou se faire chasser

Ce qui me donne la chasse : Un noir passé
Ce que je chasse : un dragon-horla

4. Une question et une certitude

Une question : Roncevaux m'aime-t-il en retour ?
Une certitude : Ma cause chevaleresque est digne

5. Une croyance

Ceux qui se comportent avec droiture sont récompensés de leurs actes

6. Une vertu et un vice

Ma vertu : Les traditions chevaleresques et l'amour courtois
Mon vice : J'ai besoin de manger plus que mon appĂȘtit pour faire taire mes doutes

7. Un souvenir qui me hante

La mort de ma maĂźtresse d'armes

8. Ma quĂȘte

Occire le dragon horla qui terrorise le peuple de la forĂȘt

9. Mes deux symboles

HĂ©raldique, chardon

10. Qui m'accompagne

Je suis au sein d'une enclave humaine rĂ©duite : Une petite Ă©quipĂ©e traversant la forĂȘt Ă  cheval : Roncevaux, nos Ă©cuyers, un ermite, une noble dame.

11. Ma description

Je suis un homme rond, ce qui me donne un aspect gentil, tendre, ce qui est renforcé par mon visage imberbe et ma coupe au bol, achevant de me donner un aspect enfantin. Je suis d'un caractÚre pieux et crois profondément dans des préceptes de chevalerie romanesque (l'honneur, le devoir, l'amour courtois), ce qui finalement corrobore mon apparence naïve. Je suis profondément amoureux de mon frÚre d'armes, Roncevaux, mais je ne lui avouerai jamais, préférant respecter les codes de l'amour courtois.

12. Le commencement

VoilĂ  des jours que notre cohorte progresse dans la forĂȘt. L'ermite Ă©met de noires prophĂ©ties. Les Ă©cuyers sont Ă©reintĂ©s. Les chevaux montrent des signes d'angoisse Ă  cause des branches et des crĂ©atures qui leurs fouettent sans cesse les flancs. La noble dame n'a point paru hors de sa chaise Ă  porteurs depuis le dĂ©but de l'expĂ©dition. Roncevaux, quant Ă  lui, arbore une rĂ©sistance qui fait honneur Ă  sa condition de chevalier et renforce encore la passion que j'Ă©prouve pour lui. Sur son pavois, la ronce symbole de sa famille, et sa devise : "Je suis belle et je sais me dĂ©fendre."

Je suis Ă  la peine, je dois l'avouer. Je ne porte plus mon armure, elle est trop lourde, je ne respire plus. Je suis las de marcher, mais je continuerai Ă  marcher, dussĂš-je le faire sur les genoux, car notre seigneur nous a mandĂ© pour nous rendre au coeur de cette forĂȘt et occire le dragon horla qui n'a que trop prĂ©levĂ© dans les rangs de nos frĂšres et sƓurs en humanitĂ©.

De ma main droite je porte l'épée que ma maßtresse d'armes m'a apprise à forger.

Et de main gauche je porte un chardon symbole de ma famille.

J'ai hélas oublié notre devise, et je pense que ce voyage initiatique au coeur de l'enfer forestier sera l'occasion de la rédécouvrir, de découvrir le sens de cette fleur hérissée de piques que je tiens au creux des mains.


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#2 27 Feb 2019 11:12

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

VINGT-SEPT DE MERDIER


Avertissement sur le contenu : exploitation animale.

Comme il s'agit de mon premier jour de roleplay, j'ai le droit de faire tous les lancers de dé en double et choisir mon préféré.


Le contexte :

Le lieu : Une vision de mon destin funeste / la taniÚre d'une divinité horla OK

Le moment : la nuit (tiré deux fois) OK

Le climat : vent / climat magique, différent ou étrange OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : la soif (tiré deux fois) OK


Inspirations :

Mes symboles : héraldique, chardon OK

L'élément de Millevaux : La ruine ou les ruines / L'emprise ou la transformation OK

L'historiette du jour : Un jour, j'ai trouvé un corps dans un ravin. Je n'aurais sûrement pas eu si peur, si
cela n'avait pas été le mien. OK

Le dĂ©tail forestier du jour : Loup / Chien / Ours / Glouton ou HĂ©risson / Mulot / Taupe / Écureuil / Souris / Rat OK


Le cƓur de la journĂ©e :

L'album :
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Anro, par Sachiko, de la musique tribale ritualiste pour un trip chamanique qui commence mal et qui finit complĂštement de travers.

Ce qui m'attend :

C'est la nuit dans cette forĂȘt maudite, domaine des nuisibles et des esprits. [moment = nuit]. J'ai fait une bonne partie du trajet de la journĂ©e Ă  pied, ne supportant plus d'ĂȘtre assis sur mon cheval. La marche Ă©tait encore un supplice plus supportable. MalgrĂ© le froid et l'humiditĂ©, j'ai beaucoup transpirĂ©. J'ai grand-soif. [ce qui me tiraille = la soif].

Les écuyers ont monté le campement. Mes couleurs et celles de Roncevaux claquent au vent, symbole de la civilisation dans ces terres abandonnées à la sauvagerie. [Symbole = héraldique, chardon].

Nous buvons de la biĂšre et du vin parce que l'eau des riviĂšres est trompeuse. Mais j'ai Ă©puisĂ© mes rĂ©serves personnelles. Je vais voir l'ermite, qui rĂ©chauffe ses mains auprĂšs du feu. Il fait mine de ne pas me voir. Je sais qu'il est n'est pas aveugle, mais il ne fixe jamais les gueux en face et ne baisse pas la tĂȘte devant les nobles. Je lui pardonne ce manque de respect car c'est un saint homme.

"Ermite, j'ai grand-soif. Donne-moi une bouteille de vin de ta réserve et Dieu te le rendra.
- Je ne puis, noble damoiseau. C'est du vin limbique et ses effets sur l'esprits sont délétÚres. Je ne l'utilise que quand Dieu me prie de le faire.
- La soif a déjà des effets délétÚres pour moi. J'en deviendrais fol. Donne-moi une bouteille de ce vin pour l'étancher.
- J'y consens puisque tu es mon supérieur, mais je t'aurai averti."

Sans plus attendre, je m'empare d'une de ses bouteilles en terre cuite marquĂ©e d'une croix, et j'en bois de grandes rasades Ă  mĂȘme le goulot.

C'est toujours la nuit, mais je suis ailleurs. Le vent qui s'engouffre dans mes atours semble pourtant venir du bivouac, comme une contamination.

Nous sommes une autre nuit. Le bivouac est plus chiche. Nos banniÚres sont déchirées.
Le campement a Ă©tĂ© Ă©tabli sur un chemin raide au bord d'un prĂ©cipice, d'oĂč on voit les cimes noires des arbres sous la lune. J'inspecte le bivouac. Tout le monde dort et personne ne fait attention Ă  moi. La porte de la chaise Ă  porteurs est entrouverte... Je l'inspecte. La noble dame n'est plus lĂ  ! Ce n'est pas normal !

J'inspecte le camp et je vois une masse au fond du précipice. Je la scrute à la faveur de la lune. C'est mon propre corps ! Dans quel futur affreux ai-je échoué ? [Le lieu : une vision de mon destin funeste + L'historiette : Un jour, j'ai trouvé un corps dans un ravin. Je n'aurais sûrement pas eu si peur, si cela n'avait pas été le mien.]

Mon aventure :

[Exploration (tirée deux fois)]

Ainsi donc, quelqu'un va enlever la noble dame ! Il va de mon honneur d'empĂȘcher une chose pareille ! J'ai conscience d'ĂȘtre dans une rĂȘverie induite par le vin limbique, d'ailleurs ma bouche est encore pĂąteuse de ce fourbe nectar. Pour autant, j'accrois cette vision du futur comme Ă©tant plausible, et je dois saisir cette opportunitĂ© pour comprendre qui m'a tuĂ© et qui a enlevĂ© la noble dame, afin d'empĂȘcher ces deux catastrophes.

Je trouve une piste. Les empreintes sont Ă©tranges. Je la remonte. Je pense d'abord Ă  une manigance d'un quelconque horla, mais je n'exclus pas ici quelque acte de brigandage... Des malandrins assez rusĂ©s pour maquiller leurs empreintes pour nous faire accroire Ă  des traces de bĂȘtes.
[Comme j'ai Ă©mis une spĂ©culation, j'ai droit de lancer deux fois le dĂ© d'exploration. Comme nous sommes le premier jour, je double encore ce lancer, ce qui me fait quatre lancers : j'ai le choix entre "Le grand mystĂšre des lieux t’est rĂ©vĂ©lĂ©" (tirĂ© deux fois), "Le lieu te rĂ©vĂšle son secret mais cette rĂ©vĂ©lation est incomprĂ©hensible", et "Tu sais oĂč se trouve le secret du lieu mais c’est trop dangereux d’y aller". DĂ©cidant de me faciliter la vie et considĂ©rant Roland comme un chevalier aguerri, je prends le rĂ©sultat le plus favorable : "Le grand mystĂšre des lieux t’est rĂ©vĂ©lĂ©"]

J'arrive en effet Ă  un campement, qui me semble bien de facture humaine. Mais ceux qui y montent la garde sont vĂȘtus de fourrures de loup, de chien et d'ours. Encore une maniĂšre de se faire passer pour des horlas. [DĂ©tail forestier : Loup / Chien / Ours / Glouton].

Je prĂ©pare mon Ă©pĂ©e pour occire ces manants et libĂ©rer la noble dame... Quand celle-ci paraĂźt hors de la tente de peaux oĂč elle Ă©tait cachĂ©e.

L'un des brigands met un genou à terre devant elle et les autres montrent des signes de déférence.

"Tu m'as bien servi jusqu'à présent, maintenant conduis-moi au dragon horla", dit la noble dame avec un sourire pernicieux que je ne lui avais jamais vu.

Le réconfort :

Ainsi donc, la noble dame n'est pas l'innocente créature que je croyais ! C'est un perfide ver dans le fruit !

Je m'Ă©veille en sursaut. Je me trouve allongĂ© sur ma couche, toutes mes draperies Ă©parpillĂ©es autour de moi, en sueur. Le camp est sauf, les Ă©cuyers montent bonne garde. C'Ă©tait un mauvais rĂȘve.
Je vois à mes cÎtés Roncevaux, étendu, dormant du sommeil du juste. La lune frappe son visage et lui donne un air angélique. J'esquisse à distance le geste de lui caresser les cheveux, chose que, je le sais, je ne ferai jamais pour de vrai.

La fin de la journée :

[Je lance deux fois le dé de fin de journée et j'obtiens : "l'anticipation d'événements à venir" et "un doute émis". Ayant déjà joué une vision du futur, je choisis "un doute émis"]

Je ne parviens point Ă  retrouver le sommeil. Mon corps est perclus de courbatures. Je ne m'en plaindrai jamais devant personne, mais dormir Ă  mĂȘme le sol est une torture. Mon regard est rivĂ© sur la chaise aux porteurs, oĂč, je suppose, dort la noble dame. Quelles sont ses intentions ? Et surtout, pourquoi notre seigneur nous a-t-il mandĂ© de la convoyer si elle Ă©tait une sĂ©ide du dragon horla ? Les intentions de mon seigneur sont-elles si pure que je le croyais ? A-t-il Ă©tĂ© abusĂ© par quelque malĂ©fice ou en est-il lui-mĂȘme Ă  l'origine ?


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#3 28 Feb 2019 10:53

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

VINGT-HUIT DE MERDIER

C'est le deuxiÚme jour. Je perds l'avantage de lancer deux fois les dés, je ne le retrouverai que pour le dernier jour.

Le contexte

Le lieu : La carcasse d'un véhicule géant OK

Le moment : La nuit OK

Le climat : La tempĂȘte OK

Ce qui me tiraille : le manque causé par l'oubli OK


Inspirations

Mes symboles : héraldique, chardon OK

L'Ă©lĂ©ment de Millevaux : la forĂȘt ou la nature OK

L'historiette : D'habitude je n'aime pas trop les blonds. Mais il faut dire que j'avais vraiment
trĂšs faim. OK

Le détail forestier : Araignée / Acariens OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album :
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Rising Of Yog-Sothoth : Tribute To Thergothon, une cohorte funeral doom en procession lente, baveuse et caverneuses vers les cryptes de la mort décérébrée et chthonienne.

Nous avons repris notre progression dans la forĂȘt. J'avais grand-envie de questionner et confondre la noble dame, mais je ne trouvais pas comment faire sans compromettre mon honneur, alors de toute la journĂ©e je n'ai pas pu saisir l'occasion. A nouveau, je n'ai pu tenir longtemps sur mon cheval. Bien qu'il soit robuste et capable de supporter mon poids, c'est moi qui ressens trop vite un inconfort total. Alors j'ai continuĂ© en marchant. Mes genoux me faisaient souffrir le martyre. J'avais besoin de m'arrĂȘter pour souffler, mais je l'ai fait le moins possible car ce n'est pas un exemple Ă  donner Ă  mes Ă©cuyers. Quand la tempĂȘte a Ă©clatĂ©, cela n'a fait que rendre notre avancĂ©e plus pĂ©nible encore. [climat = tempĂȘte]. Le vent charriait des branches cassĂ©es sur nos chevaux, qu'il fallait sans cesse calmer. Les porteurs de la chaise s'embourbaient en permanence. Nos manteaux et nos pelisses Ă©taient trempĂ©s et on ne voyait quasiment pas devant nous, pas plus qu'on ne pouvait se parler tellement l'univers entier Ă©tait en train de hurler autour.

Je ne sais pas si la nuit est tombée ou si les ténÚbres folles s'étaient emparées du jour tout entier. Nous arrivùmes au pied d'une gigantesque carcasse de pierre. Les formes de l'édifice, et le cratÚre et les souches d'arbres autour me firent penser qu'il s'agissait d'une épave. L'épave d'une nef de l'espace. [Le lieu : La carcasse d'un véhicule géant]. Aussi étrange et inquiétante que fut notre découverte, nous décidùmes de bivouaquer là. Tout le monde était à bout et l'endroit constituait un bon abri contre les intempéries.

Roncevaux me demanda si ça allait. Je lui répondis oui, mais j'ai pour principe de ne jamais me plaindre. En réalité, je ressens dans ma gorge, dans mon ventre et dans mon coeur une forme de faim qui parfois me taraude, et qui n'est pas la familiÚre faim de pitance. J'ai faim de souvenirs. Je sens comme un grand vide à l'intérieur de moi, qu'il faudrait combler de mémoire. Et ça me fait mal. [Ce qui me tiraille : le manque causé par l'oubli.]

Je sens que cette nuit sera funeste.

Mon aventure :

[Péripétie : Un événement inattendu]

J'annonçai à Roncevaux qu'il me fallait explorer l'épave pour prévenir notre équipée du moindre danger. En réalité, je voulais surtout m'isoler, afin que mon aimé ne vßt point ma souffrance.

A l'intĂ©rieur de la nef, le bruit de la tempĂȘte se rĂ©verbĂ©rait de plus belle, comme si j'Ă©tais dans un bateau en plein naufrage. J'avais ma torche dans une main, qui rĂ©vĂ©lait des dentelles de pierre et des voĂ»tes aux proportions impressionnantes. Et ma fidĂšle Ă©pĂ©e Durandal, serrĂ©e dans l'autre. A mon cou, j'avais accrochĂ© mon chardon en sautoir. De temps Ă  autre, je l'Ă©clairais pour le contempler, sa vision me rassurait. Si j'Ă©tais piquant comme le chardon, alors aucun des dangers cachĂ©s de ces ruines ne pouvait m'atteindre.

J'arrivai dans une vaste salle surmontĂ©e d'arc-boutants. Devant de grands vitraux brisĂ©s, des pupitres de pierre et de bois sur lesquels reposaient des squelettes. Mon instinct me dit que cet endroit Ă©tait comme la proue du navire. Des arbres avaient poussĂ© Ă  travers les vitraux. La nature reprenait son droit mĂȘme sur les plus grandes civilisations. [Ă©lement de Millevaux = la forĂȘt ou la nature]

Je fis tourner ma torche, et c'est avec grande stupeur que je reconnus une silhouette derriĂšre moi.

La noble dame. Elle m'avait donc suivi ! Quel but occulte poursuit-elle ?

"Ma dame, cet endroit funĂšbre n'est pas en endroit pour une personne de votre rang. Laissez-moi vous raccompagner.
- J'apprécie votre sens chevaleresque, messire. Pour autant, je suis ici à dessein et je suis assurée de ne rien craindre en ces lieux tant que je suis auprÚs de vous.
- Pourquoi m'avez-vous suivi ?
- Je veux que nous soyons amis. Nous n'avons pas eu le temps de deviser de tout ce voyage, alors que j'estime votre compagnie précieuse.
- De quoi voulez-vous deviser au juste ?
- Vous tremblez, messire. Vous ĂȘtes dur au mal mais je le sais pourtant. Vous souffrez du vide et de l'oubli. Laissez-moi panser cette blessure-lĂ  ?
- L'oubli est une malédiction que nous devons tous affronter. Quel remÚde pourriez-vous connaßtre ?
- Voyez, ma mÚre m'a enseigné bien des pratiques médicinales et il n'est guÚre de mal que je ne puisse guérir."

Elle défit sa coiffe et lùcha ses cheveux blonds, qui étaient comme une flamme devant ma torche. Je ne comprenais pas son attitude. Je me demandais si elle cherchait à me séduire. Chose à laquelle elle ne parviendra pas sans un quelconque philtre démoniaque, puisque mon coeur était lié à Roncevaux et que mon corps était chaste.

Elle me tendit sa main comme pour un baiser. La main blanche d'une femme qui ne s'est jamais abĂźmĂ©e Ă  la tĂąche. Elle eut ce mĂȘme sourire que je lui vis dans ma rĂȘverie prophĂ©tique.

"Vous souffrez d'un mal puissant."

La simple évocation de ce fait fit empirer ma crise d'un coup. Je tombai à genoux. A ce moment, en effet, j'aurais tout donné pour un souvenir.

"Vous avez grand faim et je veux vous servir et que vous soyez mon obligé. Mangez ma main et la crise se calmera."
[L'historiette : D'habitude je n'aime pas trop les blonds. Mais il faut dire que j'avais vraiment
trĂšs faim.]

J'ignore par quel malĂ©fice, mais je ressentis un instant pour sa main l'attrait qu'a toujours eu pour moi la bonne chĂšre. Mais je devais Ă  tout prix rĂ©sister de commettre une telle abomination ! Tant pis, je souffrirais d'une crise, peut-ĂȘtre la pire que j'ai jamais connue, mais je resterais un homme digne et innocent du crime d'anthropophagie. Et en mĂȘme temps, si je mangeais, ne serait-ce qu'un doigt, je pourrais retrouver quelque souvenir dont l'absence me dĂ©vore... [Mon objectif : rĂ©sister Ă  la tentation. J'envisage Ă©galement les consĂ©quences positives et nĂ©gatives de l'Ă©chec]

La noble dame avait pris ma torche, peut-ĂȘtre pour souligner par Ă©clairage la blancheur et la tendretĂ© de sa main. De ma main gauche, je tenais ses doigts et les soupesais comme une belle provende. De ma main droite, je tenais le chardon. Je tentai de l'apporter Ă  ma bouche, car je prĂ©fĂ©rais manger un chardon que manger sa menotte. [J'utilise un objet que j'ai sur moi pour ajouter 1 Ă  mon jet de dĂ©. J'obtiens 4+1 = 5. J'atteinds donc mon but sans contrepartie.]

Je parvins Ă  fourrer le chardon dans ma bouche [symbole = chardon] . Je mĂąchais l'emblĂȘme sacrĂ© de ma lignĂ©e. Le sang coulait de ma bouche.

Je parlai Ă  grand peine, tout en mastiquant la chair Ă©pineuse de la fleur et de sa tige :
"Regarde sorciÚre, ce que je préfÚre manger plutÎt que de manger dans ta main."

Alors la noble dame s'enfuit dans les ombres.

RĂ©confort :

Et quant à moi, la douleur et la crise étaient si fortes que je perdis connaissance. Je sombrai dans un abßme noir sans fond, et cette chute était en réalité un bienfait au regard de mes tourments.


La fin de la journée :

[Un doute Ă©mis]

Alors que je sombrai, ma derniÚre pensée fut pour Roncevaux, mon ùme-soeur. Lùche que j'étais de perdre ainsi l'esprit, le laissant à la merci de la noble dame ! Aura-t-il comme moi le crùne de lui résister ? Alors que mes pensées se diluaient dans le noir, le doute s'insinuait en moi comme une sournoise araignée. Et si Roncevaux avait déjà sombré ? [Détail forestier = Araignée / acariens].


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#4 01 Mar 2019 11:56

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
Inscription : 05 Feb 2008

Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

PREMIER DE MARCHE

Avertissement : exploitation animale

Le contexte

Le lieu : Un sous-sol OK

Le moment : le jour OK

Le climat : calme OK

Ce qui me tiraille : la faim OK


Inspirations

Mes symboles : héraldique, chardon OK

L'élément de Millevaux : L'égrégore ou la superstition OK

L'historiette : PalĂ©tuviers, sentiers nĂ©nuphars, clairiĂšres de lentilles d'eau, murs de prĂȘles et
buttes de vase. Le marais Ă©tait une grande forĂȘt saumĂątre. OK

Le détail forestier : Humus / Tourbe / Marais OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album :
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Snailking, par Ufomammut, du stoner doom metal, psychédélique, électro et bruitiste, une spirale de décantation dans les bras graisseux de l'infini Roi Ver.

Ce qui m'attend :

Au lendemain de la confrontation avec la noble dame, la journĂ©e Ă©tait trop calme [moment = journĂ©e, climat = calme]. Roncevaux m'avait retrouvĂ© Ă©vanoui dans la salle de commande de la nef spatiale, et avec plusieurs Ă©cuyers ils m'avaient reportĂ© jusqu'au camp, oĂč... comble de l'ironie... c'est la noble dame qui m'a rĂ©animĂ© avec des sels de sa composition.

Nous avons repris la route sans que je laisse rien montrer de mes soupçons envers la noble dame (qui retourna d'ailleurs dans sa chaise Ă  porteurs sans elle mĂȘme faire la moindre allusion aux faits de la veille] ni mĂȘme envers mon aimĂ© Roncevaux, peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  corrompu ou en danger de l'ĂȘtre.

Nous traversĂąmes une forĂȘt humide encombrĂ©e de dĂ©bris de la tempĂȘte d'hier soir. Les chevaux Ă©taient la peine et moi de mĂȘme. Mais ce fut un Ă©cuyer qui paye le plus lourd tribut Ă  cette traversĂ©e, puisque le sol tourbeux se dĂ©roba sous ses pieds ! [DĂ©tail forestier = tourbe]

Je descendis à sa rescousse, assuré par un systÚme de cordes qui requit trois écuyers. Je trouvai le pauvre bouge dans le sous-sol, avec une jambe cassée. Nous avions débarqué dans un véritable monde souterrain. [Lieu = un sous-sol].

A la lueur de la torche, Il semble que nous Ă©tions dans une entrĂ©e d'un immense rĂ©seau de cavernes marĂ©cageuses. C'Ă©tait lĂ  une forĂȘt de palĂ©tuviers pompant de leurs racines une eau saumĂątre et verte de lentilles d'eau. Les stalagmites au-dessus de nos tĂȘtes perlaient de gouttes d'eau en permanence et l'air Ă©tait lourd d'humiditĂ© et de moustiques blancs et aveugles. [L'historiette : PalĂ©tuviers, sentiers nĂ©nuphars, clairiĂšres de lentilles d'eau, murs de prĂȘles et buttes de vase. Le marais Ă©tait une grande forĂȘt saumĂątre.]

Mon premier rĂ©flexe fut de me dire qu'il fallait hisser le blessĂ© et quitter les lieux. Mais je vis sur les rares plaques rocheuses des monticules noirs et fumants, qui empestaient. Des excrĂ©ments du dragon-horla. Ainsi donc il passait par lĂ  et peut-ĂȘtre utilisait-il ce rĂ©seau de caverne pour orchestrer ses razzias.

Alors, Ă  grand regret, j'ordonnai qu'on abandonne les chevaux et la chaise Ă  porteurs Ă  la surface et qu'on fasse descendre tout le monde, y compris la noble dame, que Roncevaux prit dans ses bras.

La piste du dragon nous forçait à explorer cet endroit maudit.

Mon aventure :

[Comme type d'aventure, je tire une introspection. Je dois laisser vagabonder mes pensĂ©es sur un Ă©lĂ©ment de ma feuille de personnage. Je tire au hasard et obtiens mon destin funeste : Ravir ou kidnapper : une personne kidnappe une autre personne contre sa volontĂ©. Le kidnapping a lieu dans les rĂȘves.]

Alors que nous pataugeons dans cette vasiÚre, je crois encore entendre les hennissements des chevaux abandonnés à leur triste sort. Mon ventre crie famine. Au début de l'expédition, j'ai pris une part de nourriture et de produits de la chasse et de la cueillette en proportion de ma taille, mais à ce jour nous ne pouvons plus me permettre ce luxe et je me sers la ceinture. Ceci me tourmente bien plus que je voudrais l'accepter. [Ce qui me tiraille : la faim]

Roncevaux est censĂ© fermer la marche et moi l'ouvrir, mais l'espace d'un instant je rompts cet ordre pour aller Ă  sa hauter et deviser avec mon aimĂ©. Je voudrais lui parler de ma rĂȘverie prophĂ©tique mais je n'ose point de peur qu'il ne m'accroĂźt fol ou qu'il soit dĂ©jĂ  un complice. Alors je tourne autour :
"T'est-il dĂ©jĂ  arrivĂ© de rĂȘver d'ĂȘtre trahi ou de faillir Ă  ton devoir de protection ?
- Oui, mon frÚre d'armes, cela puit m'arriver, mais nous ne devons pas nous laisser égarer par de telles pensées.
- Comment se confier à un ami cher à son coeur quand notre ùme est enfumée par le doute ?
- Ecoute ton coeur, il ne ment pas. Je te sais brave et pieux, mon frÚre d'armes, tu prendras la bonne décision."

Je n'ose pas enchaßner sur la suite de la conversation. D'une, je veux apprécier ce moment à ces cÎtés, de deux j'ai vraiment trÚs faim et je me sens proche de prendre une résolution irréfléchie.

[Je renonce à mon réconfort pour tirer deux fois sur la table des émotions. J'obtiens le choix entre la sérénité et l'absence d'émotion. AprÚs beaucoup d'hésitation, je choisis la sérénité.]

Je mire le cher damoiseau qui me tient lieu de frÚre d'armes, et je m'en veux de douter de sa probité. Je décide que mon amour pour lui doit se concrétiser par une confiance absolue, quoi qu'il puisse m'en coûter. Je le regarde à nouveau, et ne puis voir en lieu autre chose qu'un ami, une ùme-soeur auprÚs de laquelle il est sûr de se confier. Je ravale mes doutes, tout comme je ravale ma faim, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, ainsi que doit faire un chevalier s'il est preux.

En conclusion, je me réapproprie sa devise pour lui dire :
"Je suis beau et je sais me défendre." [Symbole : héraldique]

A la faveur de la torche, je vois qu'il me sourit.

La fin de la journée :

J'Ă©tais serein et j'avais tort.

J'ai repris la tĂȘte du convoi. Nous avançions Ă  grand-peine dans ce bourbier aux eaux scĂ©lĂ©rates, plusieurs Ă©cuyers avaient failli sombrer. Alors que je tĂątais un guĂ© peu sĂ»r constituĂ© de troncs de palĂ©tuviers, j'eu la stupeur de voir une chose sortir du marais.

De longs cheveux couverts d'algues. Une tunique poisseuse couverte d'un blason malheureusement trop peu connu. Comme pour me chĂątier d'une faute oubliĂ©e, devant moi Ă©mergeait celle qui n'Ă©tait plus, qui ne pouvait plus ĂȘtre, et qui pourtant Ă©tait lĂ .

Ma défunte maßtresse d'armes. [L'élément de Millevaux : l'égrégore ou la superstition]


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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#5 03 Mar 2019 16:55

Thomas Munier
un jeu par mois, tranquille
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Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

DEUXIÈME DE MARCHE

Le contexte

Le lieu : Une mangrove ou autre forĂȘt engloutie OK

Le moment : La grasse-nuit [Note : j'ai changé la table des moments] OK

Le climat : vent OK

Ce qui me tiraille : l’insĂ©curitĂ© OK


Inspirations

Symboles : héraldique, chardon OK

élément de Millevaux : L'égrégore ou la superstition OK

Historiette : Je suis un nomade, je ne laisse pas de trace. Je vis au jour le jour. Demain, je serai
peut-ĂȘtre mort. Nul ne se souviendra de mon passage. OK

Détail forestier : Champignon / Mycose / Spores / Mycélium OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album :
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The Black Flux, par Virus, entre black metal à chant clair sous zéro absolu, post-punk solidifié et jazz martial, une longue incantation nihiliste et raffinée qui traverse la moelle.

Ce qui m'attend :

Quand ma maßtresse d'armes est parue, devenue une mort vivante, comme extirpée de la fange originelle, j'ai ordonné à toute la troupe de prendre la fuite. "Roncevaux, je te les confie." Alors ils se sont enfuis en pataugeant, deux écuyers portant celui à la jambe cassée, deux autres portant la noble dame pour qu'elle ne salisse point ses habits dans le marécage.

Seul l'ermite est restĂ©. Je lui ai ordonnĂ© de fuir, mais voici ce qu'il a rĂ©pondu : "Demain, je serai peut-ĂȘtre mort, ici ou lĂ -bas, nul ne s'en souciera, ni mes frĂšres humains ni moi-mĂȘme. Alors je reste lĂ  oĂč Dieu me dit de rester." [Historiette : Je suis un nomade, je ne laisse pas de trace. Je vis au jour le jour. Demain, je serai peut-ĂȘtre mort. Nul ne se souviendra de mon passage.]

La maĂźtresse d'armes s'est avancĂ©e, Ă©pĂ©e dĂ©goulinante d'algues Ă  la main, pour me dĂ©fier. Elle n'Ă©tait plus elle-mĂȘme, elle Ă©tait ma nĂ©mĂ©sis. Alors j'ai croisĂ© le fer avec elle, mais j'ai pris garde Ă  ne faire que parer ses coups. Hors de question de blesser celle qui m'a tout inculquĂ©.

Ce combat absurde a durĂ© des heures, et des heures, et des heures, et la grasse-nuit s'est installĂ©e dans le marĂ©cage, et le niveau d'eau montait au fur et Ă  mesure que des forts courants charriaient le flot venu d'une mer inconnue ou de riviĂšres en crue. [Climat : le vent. Lieu : Une mangrove ou autre forĂȘt engloutie]

De l'eau jusqu'Ă  la taille, toujours nous combattions, et je me sentais totalement Ă  bout de force.

Pour la premiÚre fois, l'épée de mon ennemie rencontra ma chair. Elle me lacéra le ventre, et seule mon opulence m'épargna qu'un organe vital fut touché. Mais je saignais abondamment et la douleur était atroce.

Je sentais qu'il suffisait d'un instant oĂč mon coeur dĂ©faille pour que je passe de vie Ă  trĂ©pas. [Ce qui me tiraille : l’insĂ©curitĂ©]

"Je suis beau et je sais me défendre !", hurlai-je, faisant mienne la devise de mon aimé à défaut d'avoir souvenance de la mienne. [Symbole : héraldique]

Alors que les vagues menaçaient de nous engloutir, un vent glacial s'engouffra, faisant craquer le bois pourri des palĂ©tuviers et claquer nos vĂȘtements trempĂ©s. [climat : le vent]

Mon aventure :

[Une péripétie : Je découvre un passage mais il est gardé]

"Tu ne comprends donc pas !", hurla l'ermite, s'accrochant Ă  un tronc flottant pour ne pas ĂȘtre emportĂ©.

"Elle ne veut pas te tuer ! Elle garde un accĂšs ! Cherche en ton coeur, tu sauras quel passage elle t'interdit !"

Ces lieux maudits reflÚtent les tourments de mon ùme [élément de Millevaux : l'égrégore ou la supersition] Alors tout s'éclaira : elle gardait le moment de sa mort, ce noir souvenir qui me hante et qui pourtant est flou.

"Je t'en conjure, maßtresse d'armes, laisse-moi voir ! Quel que soit le rÎle que j'ai pu jouer dans ta mort, j'en suis profondément marri et une vie entiÚre de repentance ne suffira pas à laver ce péché ! Mais je t'en supplie, sois clémente ! Laisse-moi voir ! Laisse-moi voir comment tu es morte, et je vengerai ta mort, dussÚ-je pour cela retourner ma propre lame contre moi !"

Au moment oĂč je criai ses paroles, je frĂ©mis Ă  la simple idĂ©e qu'elle accĂ©dĂąt Ă  ma requĂȘte. Autant la vĂ©ritĂ© pourrait combler le vide en moi qui s'ouvre chaque jour plus grand, autant elle pourrait bien briser mon Ăąme et ma vie. Car les ignorants sont bĂ©nis. [J'envisage les consĂ©quences positives et nĂ©gatives de l'Ă©chec.]

"Tu n'es pas réelle. Tu représentes juste ma peur de connaßtre la vérité. Mais la peur est indigne d'un vrai chevalier."

J'Ă©carte les bras. "Je suis prĂȘt."

[Je lance le dé pour obtenir mon souhait, avec un bonus de 1 car j'ai impliqué ma vertu chevaleresque. J'obtiens 2+1 = 3. J'atteins mon but uniquement si j'accepte d'en payer le prix. Je lance sur la table des prix à payer, et j'obtiens 33 : je ressens un amour passionné pour l'ennemi.]

"Ne fais pas ça !"

Alors que ma maĂźtresse d'armes allait planter son Ă©pĂ©e dans mon coeur, une lame l'arrĂȘta net. Celle de Roncevaux.

"Tu ne devais pas revenir ! Et les Ă©cuyers ? Et la noble dame ?
- Ne te soucie plus d'eux. Tu ne veux pas savoir ce qui s'est passé. Cela te ferait trop mal... Cela nous ferait trop de mal.
- Il le faut !"

D'un grand revers de mon épée Durandal, je chassai la lame de Roncevaux, laissant ma maßtresse d'armes me porter le coup fatidique.

Nous sommes dans le passé. Dans la cité de notre seigneur, le Magnanime.

Avec ma maĂźtresse d'armes, nous faisons une ronde dans la plus grasse des nuits. Elle me transmet ses enseignements. Mais voilĂ  que nous surprenons la noble dame et Roncevaux, en train de dĂ©verser dans le puits principal de la citĂ© le contenu d'un vase... plein d'une mycose Ă©cƓurante. [DĂ©tail forestier : Champignon / Mycose / Spores / MycĂ©lium]

AussitÎt le combat s'engage. Roncevaux pare nos coups à deux épées.

"Il le fallait, dit Roncevaux ! Le projet du Magnanime, restaurer la civilisation humaine, est une folie ! La nature doit reprendre ses droits, les hommes doivent payer pour les destructions du passé ! Cette mycose va apporter l'oubli et la ruine, ainsi le monde sera guéri. Guéri de l'humanité !
- Tu as perdu la raison, crie ma maßtresse d'armes. Tu as succombé aux maléfices de cette sorciÚre !"

Ma lame est bloquée par celle de mon aimé :
"Roland, je suis désolé. Je connais les sentiments que tu as pour moi, et je sais qu'à présent tu vas me haïr.
- Comment peux-tu faire aussi peu de cas de mon amour ! Ma passion est inconditionnelle. Je t'aimerai toujours, mĂȘme si tu Ă©tais mon pire ennemi !"
Moi qui plaçais l'amour courtois par dessus tout, voilà que je brise mon voeu de retenue dans le plus incongru des moments !

Les yeux de la maßtresse d'armes s'écarquillent. La noble dame lui a planté une dague empoisonnée dans le dos. Elle tombe dans le puits déjà envahi par la mycose.

"Je ne puis souffrir d'avoir à implorer ton pardon, Roland. Tu as inhalé les spores de la mycose, alors tu vas oublier ce qui s'est passé, et ainsi nous pourrons rester frÚres d'armes.
- Je... Je..."

Je tombe au sol, suffoqué.

Une vague me fouette le visage et me réveille. Je suis de retour dans le présent. Roncevaux me tient pour que je ne sombre point. L'ermite est emporté au loin sur son tronc flottant. Je sens l'épée de ma maßtresse plantée en moi, mais elle et l'épée se transforment rapidement en mycose et s'effondrent.

Le réconfort :

Roncevaux me traßne dans les branches d'un palétuvier.

"Alors, maintenant tu sais, alors nous sommes ennemis.
- Tu ne sera jamais mon ennemi, Roncevaux, mon aimé."

Alors il baise ma bouche Ă  pleins poumons. Battus par les vagues, nous nous embrassons, je le prends dans mes bras. Roncevaux, mon Ăąme soeur. Pourquoi le destin nous fait-il une chose pareille ?

La fin de la journée :

AprĂšs cette Ă©treinte, mon aimĂ© et moi avons le mĂȘme rĂ©flexe :

Porter notre main au fourreau.

[la journĂ©e s'arrĂȘte en plein milieu de l'action ou mĂȘme d'une phrase]


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#6 12 Mar 2019 11:00

Thomas Munier
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Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

DOUZE DE MARCHE

[AprĂšs un hiatus de dix jours oĂč j'Ă©tais trop occupĂ©, je reprends mon roleplay]


Le contexte

Le lieu : des ruines OK

Le moment : le crépuscule OK

Le climat : silence OK

Ce qui me tiraille aujourd'hui : la maladie physique OK


Inspirations

Mes symboles : chardon, héraldique OK

L'élément de Millevaux : L'égrégore ou la superstition OK

L'historiette : Il arrĂȘtait pas de tousser. Disait qu'il avait mal aux poumons. SimagrĂ©es ?
On l'a pris au sérieux quand il a recraché une branche d'arbre ! OK

Le détail forestier : Scolopendre / Mille-pattes / Serpent OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album :
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Black Cascade, par Wolves in the Throne Room, black metal amĂ©ricain spatial, ambient, symphonique, pour une plongĂ©e Ă©pique et nostalgique dans les forĂȘts du nord.

Ce qui m'attend :

Ce qui s'est passé ensuite a été trÚs flou. J'ai combattu mon aimé, lame contre lame. Mais ma force faiblissait à mesure que le sang s'échappait de mon ventre, alors j'ai défailli et Roncevaux m'a laissé pour mort. Il est parti sans me porter le coup fatal. Par amour, par négligence ou par lùcheté ?

C'est cet ermite maigre comme du bois mort qui m'a empĂȘchĂ© de sombrer. Qui m'a attrappĂ© par le col avec la derniĂšre force de ses os.

Ensemble, nous avons marchĂ© pendant dix jours, Ă  travers les profondeurs marĂ©cageuses et les forĂȘts d'arbres pourris du sous-sol, suivant la trace du dragon-horla. L'ermite ne parlait pas et moi non plus. A un moment, nous passĂąmes devant un tas de cadavres dĂ©jĂ  pourrissants. Ainsi, Roncevaux ou la noble dame avaient occis nos Ă©cuyers. Sans doute avaient-ils le coeur trop pur pour ĂȘtre corrompus, aussi devaient-il passer de vie Ă  trĂ©pas.

Et enfin nous sommes arrivĂ©s au fond d'un grand cul-de-basse fosse que nous avons gravi de notre mieux. C'est Ă  bout de forces que nous sommes arrivĂ©s Ă  la surface. C'Ă©tait le champ de ruines d'une ancienne citĂ© prospĂšre. [le lieu = les ruines]. La lumiĂšre rasante du crĂ©puscule embrasait les murailles et les tours effondrĂ©es. [le moment = le crĂ©puscule]. La mycose recouvrait tout et il rĂ©gnait un silence de mort. [Le climat = le silence]. Ainsi, c'Ă©tait donc lĂ  le repĂšre du dragon-horla : la citĂ© mĂȘme de notre seigneur, corrompue par la noble dame et mon aimĂ©, et que nous avions dĂ» abandonner.

Je souffrais le martyre. Je me sentais au bord de la mort. L'ermite avait pansé ma plaie, mais il aurait fallu un miracle pour qu'elle guérisse. Je me sentais au bout du chemin. [Ce qui me tiraille aujourd'hui : la maladie physique]

Et du sommet du donjon nous vĂźmes alors paraĂźtre le grand ver, l'objet de notre quĂȘte, la monstrueuse bĂȘte serpentine : le dragon-horla. [DĂ©tail forestier = Scolopendre / Mille-pattes / Serpent]

Ainsi donc l'heure Ă©tait venue.

Mon aventure :

[Exploration]

La chose glissait sur les murs de la cité déchue, ver aux milliers de pattes, scolopendre à l'immense bouche garnie de crochets venimaux, son corps visqueux parés d'yeux serpentins, sa gueule vomissant de la mycose.

J'allais sortir Durandal du fourreau quand l'ermite m'a mis en garde : "Ta vaillance ne suffira pas cette fois-ci et tu es presque-mort. Si tu peux souffrir de te cacher un moment, explorons ces ruines à la recherche d'un moyen de vaincre le dragon." Ce n'est qu'à contrecoeur que je laisse l'ermite me porter à moitié dans les décombres crépis de moisissure toxique.

La seule idĂ©e prĂ©conçue que j'avais sur la maniĂšre de terrasser la bĂȘte, c'Ă©tait que la vaillance, l'amour et le don de soi triompheraient au final. Mais j'ignorais comment un tel amas de dĂ©solation pourrait confirmer une pareille intuition. [je fais une spĂ©culation, ce qui me permet de faire deux lancers et de choisir mon prĂ©fĂ©rĂ©. J'obtiens "La rĂ©vĂ©lation est si bouleversante que tu l'oublies aussitĂŽt" et "Ce que tu dĂ©couvres est profondĂ©ment liĂ© Ă  ton vice (cf feuille de personnage)". Je choisis la deuxiĂšme option.]

Nous errùmes dans ce qui fut jadis la cité chÚre à mon coeur.

Et ceci nous conduisit Ă  la salle du trĂŽne, dont il manquait deux pans de murs. La mycose rongeait les tapisseries, le lustre et la grande table. Et sur le trĂŽne, Ă  la place du Magnanime, se tenait la noble dame. Elle avait rejetĂ© ses atours pour y prĂ©fĂ©rer des peaux de bĂȘtes sous lesquelles elle Ă©tait nue, et la mycose recouvrait sa peau nue, et les brigands de ma vision l'entouraient. Je me ruai vers eux. Ils Ă©taient fĂ©roces et moi j'Ă©tais presque mort, mais je pensai Ă  la mort de mes Ă©cuyers et la rage guida ma lame, dans le ventre du premier, puis dans celui du second, et enfin la tĂȘte du chef des brigands roula aux pieds de la dame.

Elle me fixa avec intĂ©rĂȘt, la beautĂ© de son visage Ă  jamais dĂ©formĂ©e par la mycose, et ses cheveux pourrissants sur le point de tomber.

Elle eut ce sourire de séduction.
"J'envie ta bravoure et ta force. Nous aurions pu ĂȘtre amants. Je t'aurais tout donnĂ©. D'ailleurs, je te l'ai proposĂ©, je t'ai offert une partie de moi Ă  manger, je t'ai offert ma force et tu l'as refusĂ©, pauvre idiot."

Elle Ă©tendit le bras et je sus qu'elle allait me lancer un mauvais sort. Alors je plantai Durandal dans son coeur si fort qu'il traversa le bois du trĂŽne derriĂšre !

Elle mourut avec un sourire d'extase, comme honorĂ©e d'ĂȘtre tuĂ©e par ma main.

Et moi je sentais que j'allais mourir dans ses bras.

L'ermite Ă©tait au sol, Ă  quatre pattes, il toussait. "Fol que tu es ! Tu n'as pas le choix ! Prends sa force si tu veux vivre assez pour accomplir ta quĂȘte !'

Je me tournai vers lui. "Ne t'occupe pas de moi, cracha-t-il ! Fais ce qui dois ĂȘtre fait !"

Quelque chose sortait de sa bouche. Il avait l'air trĂšs malade.

J'étais dans les bras de la dame. Sa gorge était duveteuse de mycose, elle battait encore. Je sentais monter en moi cette faim qui commande à mon ùme. J'éclatai en pleurs. Et je fis ce qu'on me demandais, je le fis en étant soulagé à l'idée que j'obéissais à un ordre, ou que je n'avais pas le choix, car alors je pouvais oublier que j'en avais en fait terriblement envie. Je plantai mes dents dans son ventre et je dévorai sa chair pourrie, elle avait le goût de la volupté et du vomi et j'en voulais encore, j'en voulais toujours de ce festin. Je la tenais comme une poularde, je démembrai ses bras et ses jambes, je me repus de la chair succulente et putride de son cou.

Oui, je mangeai la dame en entier, comme un glouton que je suis. Je le fis pour la cause.

L'ermite crachait des branchages et des racines. Il ne pouvait plus cacher le mal qui le rongeait depuis le dĂ©but de notre pĂ©riple ou mĂȘme avant. Il avait dĂ©cidĂ© de survivre juste assez pour me servir. Et il mourait au moment de me voir me comporter comme un monstre parmi les monstres. Un tronc d'arbre sortit de sa bouche et s'incrusta dans le dallage avec fracas. L'ermite ne bougea plus alors que le tronc, continuant Ă  pousser, soulevait son corps et lui dĂ©formait la tĂȘte. [L'historiette : L'historiette : Il arrĂȘtait pas de tousser. Disait qu'il avait mal aux poumons. SimagrĂ©es ? On l'a pris au sĂ©rieux quand il a recrachĂ© une branche d'arbre !]

Je m'écroulai au sol, au milieu des vestiges de mon festin. La mycose commençait à me couvrir le corps et j'acceptai son étreinte car je savais que la force y résidait. Ma panse enfla alors que la mycose réparait ma blessure, et je sentis un sang nouveau, putride et puissant, couler dans mes veines. [A la fin de l'exploration, j'accepte la tentante transformation qui m'est proposée, malgré ses conséquences néfastes]

Le réconfort :

Je m'endormis, repu, et cette sensation de satiĂ©tĂ© me rappela les festins de jadis dans cette mĂȘme salle du trĂŽne, et comment j'aimais la bonne chĂšre, et comment j'aurais voulu m'endormir aux cĂŽtĂ©s de mon aimĂ© si j'avais osĂ©.

La fin de la journée :

[Anticipation d'événements à venir]

Demain, j'aurais sûrement à affronter mon aimé. C'est logique que j'ai à le faire avant de confronter le dragon. C'est ainsi que le destin fonctionne. [L'élément de Millevaux : L'égrégore ou la superstition]
Et avant de sombrer tout à fait dans l'inconscience, je vis le blason au-dessus du trÎne, à moitié bouffé par la mycose : le chardon. [Symbole : le chardon]


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#7 13 Mar 2019 09:59

Thomas Munier
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Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

TREIZE DE MARCHE

Le contexte :

Le lieu : Un cauchemar OK

Le moment : L'aube OK

Le climat : pluie OK

Ce qui me tiraille : la maladie physique OK


Inspirations

Mes symboles : chardon, héraldique OK

L'élément de Millevaux : la ruine ou les ruines OK

L'historiette du jour : Little HÎ-Chi-Minh-Ville. Arbre-temple, poussées mortelles de bambous,
poupées-gingko. Veau aux orgones, horreur d'idéogrammes et de néons. OK

Le détail forestier : Asticot / Ver / Larve / Chenille OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album du jour :
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Subliminal Genocide, par Xasthur, black metal dépressif et shoegaze, une peinture des limbes entre ciel et enfer qui se complait dans la souffrance, y trouve son lit et sa catharsis.

Ce qui m'attend :

J'ai porté le corps de l'ermite dans l'ancienne cathédrale qui est aujourd'hui fusionnée avec un arbre géant. [L'élément de Millevaux : la ruine ou les ruines + historiette du jour : Little HÎ-Chi-Minh-Ville. Arbre-temple, poussées mortelles de bambous,
poupĂ©es-gingko. Veau aux orgones, horreur d'idĂ©ogrammes et de nĂ©ons.]. J'ai posĂ© son corps sur l'autel et je l'ai veillĂ© toute la nuit, sous les arcades bouffies par les branches et les lianes, alors que l'arbre continuait Ă  croĂźtre en lui. Moi-mĂȘme, je sentais la mycose progresser en moi, qui aurait tĂŽt ou tard raison de mon Ăąme ou de mon corps. [Ce qui me tiraille = la maladie physique]

Quand le soleil a fini par darder ses rayons sur les gravats à travers les vitraux, déformé par les striures des branches et du lierre, je me suis endormi [Le moment = l'aube]. La pluie qui s'est déversée à travers les trous et les fuites des arcs-boutants n'a pas suffi à me réveiller. [Climat = la pluie]

Et j'ai fait un terrible rĂȘve. [Lieu = un cauchemar]

Mon aventure :

[Introspection, au sujet de ma question ou de ma certitude. Je choisis de faire une introspection au sujet de ma certitude, qui est : Ma cause chevaleresque est digne]

Je suis dans la cathédrale. Elle semble avoir retrouvé son faste d'antan, elle est remplie de monde et les vitraux projettent une harmonie colorée sur les colonnes. Mais je ne suis pas tout à fait dupe. Je vois la mycose grimper sur les bancs et sur les fidÚles, j'entends la pluie tomber à travers les failles. Ce n'est ni la réalité, ni vraiment un souvenir.

Un autre dĂ©tail me fait douter de ce moment : je suis debout devant l'autel et je suis couvert de mycose. Je tiens Durandal et je m'apprĂȘte Ă  adouber... Roncevaux. Ceci n'a aucun sens !

"Tu commences à comprendre..., dit mon aimé.
Tu n'es pas le chevalier Roland, ça c'est juste ce que j'ai voulu te faire croire aprĂšs ton amnĂ©sie. Tu es le seigneur de la citĂ©, tu es le maĂźtre de toutes les terres et les forĂȘts jusqu'au delĂ  de l'horizon. Tu es Roland Le Magnanime, celui qui m'a adoubĂ© chevalier. Quand tu nous as surpris avec la noble dame, j'ai voulu t'Ă©pargner car je t'aimais, et je t'aime toujours. Alors, j'ai profitĂ© de ton oubli pour te faire accroire que tu n'Ă©tais pas le seigneur. Et j'ai espĂ©rĂ© te perdre dans un dĂ©dale de quĂȘtes absurdes. J'ai aussi espĂ©rĂ© avoir ton pardon, et peut-ĂȘtre mĂȘme la reconnaissance de mes actes. J'ai l'humanitĂ© et ses oeuvres en horreur, et c'est ça qui a motivĂ© mes actes, mais toi Roland je t'aimerai toujours, pour moi tu es hors l'humanitĂ©.
- Hors l'humanité, je le suis ! Regarde ce que je suis devenu !
- Cela ne change rien pour moi. Rejoins notre cause, je t'en conjure, et rejoins-moi."

[Je renonce au réconfort, et lance deux fois le dé d'émotion. J'obtiens la vigilance et l'ennui.]

Alors que j'Ă©tais en position de pouvoir lui trancher la tĂȘte, je renonçais Ă  ce privilĂšge et posai le genou Ă  son cĂŽtĂ©. Je le pris dans mes bras et il m'embrassa.

Puis nous nous dĂ©vĂȘtĂźmes mutuellement et je finis de briser mes voeux chevaleresques en connaissant avec lui ma premiĂšre Ă©treinte charnelle. Une vaste banniĂšre aux couleurs du chardon se dĂ©tacha et nous en fĂźmes notre lit. [Symbole : chardon]

Et pendant ce temps autour de nous des racines géantes crevaient la voûte et les colonnes s'effondraient. Et un arbre géant poussa d'un coup en crevant le corps de l'ermite. Et les fidÚles tombÚrent en charpie fongique.

Mais moi je n'avais fait tout ça que pour m'assurer la confiance de Roncevaux. En rĂ©alitĂ©, je poursuivais toujours ma quĂȘte et je ne m'Ă©tais dĂ©shonorĂ© que pour pouvoir le garder Ă  l'oeil et qu'il me conduise au plus prĂšs du dragon-horla.

La fin de la journée :

[Un coup de théùtre]

Je me réveillai et j'étais nu dans l'arbre-cathédrale. Roncevaux était à mes cÎtés. Il était nu aussi, mais il avait son épée et la mienne. Et devant nous se dressait une nuée d'asticots, de vers, de larves et de chenille amassées pour former un grand serpent : le dragon-horla. [Détail forestier : Asticot / Ver / Larve / Chenille]


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#8 14 Mar 2019 10:01

Thomas Munier
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Re : [Bois-Saule] Le chevalier au chardon

QUATORZE DE MARCHE

Le final de la campagne solo du chevalier au chardon !
Comme c'est le dernier jour, je peux faire tous les tirages en double, et choisir mon préféré.


Le contexte :

Le lieu : Un cauchemar / un marais OK

Le moment : la nuit brune / le crépuscule OK

Le climat : silence / tempĂȘte OK

Ce qui me tiraille : la soif (tiré deux fois) OK


Inspirations

Mes symboles : héraldique, chardon OK

L'Ă©lĂ©ment de Millevaux : La forĂȘt ou la nature / L'Ă©grĂ©gore ou la superstition OK

L'historiette : Une horloge à l'aiguille cassée. Une rose déchue. Un portrait en camé. Un animal
mort. Ils faisaient commerce d'objets chargés d'égrégore. OK

Le dĂ©tail forestier : [Arbre / Souche / Tronc / ChĂȘne / Bouleau / Sapin / Orme / Saule] ou [Champignon / Mycose / Spores / MycĂ©lium] OK


Le cƓur de la journĂ©e

L'album :
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Ausserwelt, par Year of No Light, départ pour l'ßle des morts à bord d'un post-hardcore sans parole.

Ce qui m'attend :

"Le dragon est repu. Nous n'attendions plus que toi pour retourner au marais et y déverser les spores"

Ainsi donc j'ai feint la collaboration avec Roncevaux et le dragon-horla. Ainsi donc j'ai cheminé aux cÎtés de cette engeance putride, et elle nous a porté sur son dos à travers les cavernes inondées remplies d'arbres moisis, et nous sommes retournés à l'entrée du marais. [lieu = marais]

On n'y voyait rien que de la mĂ©lasse brunĂątre qui constituait les tĂ©nĂšbres [le moment = la nuit brune]. Des bourrasques froides et huileuses s'engouffraient dans les cavitĂ©s et nous gelaient les os. La surface de l'eau, couverte de lentilles, Ă©tait agitĂ©es de spasmes sous l'impulsion des courants furieux. Des branches et des feuilles pourries volaient dans tous les sens et s'Ă©crasaient sur nos figures. [climat = tempĂȘte]

"J'ai soif", dis-je. [Ce qui me tiraille = la soif]

Roncevaux me tendit sa gourde que je vidai d'un trait. Mon corps se modifiait et la mycose en moi exigeait beaucoup d'eau.

"Tu seras de nouveau seigneur, mon aimé, dit Roncevaux.
Seigneur des marais et des forĂȘts, rĂ©gnant sur une humanitĂ© morte sacrifiĂ©e Ă  la mycose, et sur une nature renouvelĂ©e [Ă©lĂ©ment de Millevaux = la forĂȘt ou la nature]. Ton blason sera le chardon dardant du mycĂ©lium. [Symbole = chardon]. Et je servirai Ă  tes cĂŽtĂ©s, et nous nous aimerons comme seuls peuvent s'aimer les deux derniers hommes sur terre."

Dans un souffle, le dragon attendait la fin de son discours ainsi que mon approbation muette pour déverser le contenu fétide de son estomac dans l'eau, afin qu'elle contamine le monde entier.

J'étais là, presque incapable de faire un mouvement cohérent, crispé dans ma gangue de mycose, complice de la fin du monde.

Mon aventure :

[Je tire Introspection ou Péripétie : je choisis Péripétie. Je tire alors "Tu découvres un passage mais il est gardé" ou "Une récompense ou un trésor". Je choisis "Tu découvres un passage mais il est gardé"]

"Non, fis-je.
- Non ?
- Je t'aime, Roncevaux, mais je ne peux cautionner un tel projet. Aujourd'hui, je n'ai pas la force de vaincre le dragon-horla et je n'aurai jamais la volontĂ© de t'occire. Alors, tout ce que je peux faire, c'est fuir. Fuir vers le passĂ© comme je l'ai dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ© au cours de ma quĂȘte.
- Il n'y a pas de passage vers le passé ! Il n'y a pas de retour possible !
- Si il y en a un, si j'ai bien compris ce qui s'est passé avec ma maßtresse d'armes. Adieu, mon aimé."

Et je plantai Durandal dans mon coeur.

Il y avait de fortes chances que je meure mais cela restait préférable à ce qui nous attendait ici-bas. [J'envisage les conséquences négatives et positives de l'échec]

[Comme j'ai utilisé un de mes objets, en l'occurence mon épée, j'ai le droit de lancer deux fois le dé. Et comme c'est la derniÚre journée, j'ai également le droit à une relance, ce qui me donne trois lancers de dés, tous avec un bonus de 1 grùce à mon épée. J'obtiens 3+1, 4+1 et 6+1, soit 4,5 et 7, soit toute la gamme des résultats possibles (4 : Tu peux atteindre ton but seulement si tu acceptes le prix à payer ; 5 Tu atteinds ton but sans contrepartie ; 6-7 Tu obtiens un avantage supplémentaire inespéré.) Je me refuse à une victoire finale sans contrepartie, et donc je choisis 4 : un prix à payer. Je fais deux lancers sur la table des prix à payer et j'obtiens deux fois "tu vis un traumatisme")]

La douleur est insoutenable, mais au seul fait de la ressentir, je sais que j'ai survĂ©cu. Je tombe dans les bras de Roncevaux et il pleure ma mort, il passe sa main dans mes cheveux, il me mouille de ses larmes, ça j'ai un tout petit peu le temps de le ressentir avant d'ĂȘtre aspirĂ© dans un vortex limbique de mycĂ©lium et de racines, aspirĂ© dans le temps.

Je suis de nouveau au bord du puits de la citĂ©, avec ma maĂźtresse d'armes. La tempĂȘte bat son plein, charriant des feuilles mortes et des objets de la ville. Au coeur de la nuit brune, nous apercevons la noble dame et Roncevaux penchĂ©s sur le puits. Cette fois-ci, mes rĂ©flexes sont diffĂ©rents. Je transperce la dame de mon Ă©pĂ©e avant qu'elle n'ait pu dĂ©verser la mycose. Je me tourne vers Roncevaux. Mais la maĂźtresse d'armes lui tranche la tĂȘte !

Je hurle mon dĂ©sespoir, tenant la tĂȘte de mon aimĂ©, alors que la maĂźtresse d'armes me caresse les cheveux et murmure Ă  mon oreille, dans une veine tentative de me consoler.

La nuit nous avale.

Le réconfort :

Ainsi donc, égoïstement, j'ai choisi une vie alternative parce que mes principes étaient plus forts que mon amour, alors que Roncevaux avait tout fait pour me préserver.
Le monde autour s'éveille, ignorant qu'il a été sauvé.
Et moi, j'ignore si cette victoire a un goût de défaite ou si cette défaite a un goût de victoire.

La fin de la journée :

[Je lance deux fois et j'obtiens "un danger ou un problÚme s'annonce" ou "une révélation"]

Ma maßtresse d'armes me tend mon chardon alors que l'aube enflamme la scÚne de ses rayons. La plante dégage une énergie magique que j'aurais pourtant dû devenir dÚs le début. Elle murmure la devise de ma lignée : "Jamais je ne perds" [L'historiette : Une horloge à l'aiguille cassée. Une rose déchue. Un portrait en camé. Un animal mort. Ils faisaient commerce d'objets chargés d'égrégore.]


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie crĂ©ative. Univers artisanaux.
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