[BD] Hel T 1 - Renaud et Beaupuis - Delcourt
***************** SPOILERS *****************
Enfin ! Je dois bien avouer que la première fois que j'ai tenu L'éveil de la bête, le premier tome de Hel, entre mes mains, il a fallu que je me pince pour y croire. J'attendais ce moment depuis plus de cinq ans ! Depuis février 2002 pour être exact. C'était dans le numéro 10 de Pavillon Rouge, défunt magazine de bande dessinée des éditions Delcourt qui avait remplacé un temps Planète, leur gratuit de promo. À l'époque, j'étais lecteur assidu du Pav' (aucun mérite, je pigeais aussi dedans) mais je ne me rappelle aucun autre numéro qui m'ait mis une telle claque. La faute à la page 32, rubrique « L'Atelier ». Thierry Joor y présentait le troisième lauréat de son concours Jeunes auteurs, une scénariste/dessinatrice sortie de nulle part qui, en deux planches, reproduites en petit sur la page, m'a retourné la tronche. Il s'agissait d'Anne Renaud et ces planches, je me suis usé les yeux à force de les regarder. Au bout d'un moment, j'ai même sorti ma loupe pour pouvoir apprécier les petits détails (véridique). Par contre, le texte d'accompagnement de Joor, au-delà du « j'adoooore ce que vous faites mais franchement, faut revoir le lettrage », ne disait rien sur le projet, même pas son titre ! Frustration. Enfin, il annonçait au moins avoir d'ores et déjà signé Renaud, ce qui me laissait espérer une publication dans les deux, trois ans. Pour un premier album, dont j'imaginais bien qu'à l'époque, il ne devait pas être très avancé, le délai me paraissait raisonnable. Je me disais : Renaud a calé son scénar, elle a sans soute finalisé trois ou quatre planches pour constituer son dossier de présentation, mais le gros du boulot reste à faire. Je me préparais donc à deux ans d'attente, trois au grand maximum. Mais en 2004, rien. En 2005, rien non plus et, pire, je n'entendais parler nulle part de l'album, à croire que le projet était mort. En 2006, gros espoir : une double page de promo dans Planète, annonçant une sortie pour septembre, avec présentation de la couv et de deux planches, différentes de celles publiées dans le Pav' mais tout aussi réussies, si ce n'est plus. J'étais aux anges ! Mais j'ai vite déchanté : en septembre, rien. En octobre, rien. En décembre, toujours rien, et les vendeurs d'Album BD qui commençaient à me trouver franchement lourd avec mes questions sur ce produit fantôme. Ayant découpé et précieusement conservé la promo Planète, je la ressortais de temps à autre pour la relire, admirant les deux nouvelles planches et tentant de faire la part de l'informatif et de l'argumentaire de vente dans le texte qui les accompagnait. Et voici qu'un an plus tard, je tiens enfin le tome 1 de Hel entre mes petits doigts boudinés. « Soooo exciting » comme disent les Ricains, mais flippant aussi car après cinq ans d'un intense montage de bourrichon, j'avais un peu peur d'être déçu. Cela n'aurait pas été la première fois d'ailleurs. Been there, done that.
Fanboy meets fangirl. Mais qu'est-ce qui, à la base, m'a tant plu dans le projet de Renaud, me demandez-vous ? Qu'y avait-il dans ces deux malheureuses petites planches publiées par Pavillon Rouge qui m'ait à ce point retourné la cervelle ? Cela tient à plusieurs choses. Le dessin d'abord : précis, élégant, dynamique. De la rigueur dans l'architecture, du délié dans la représentation des corps, un découpage bien maîtrisé qui fluidifie l'action, des angles de vue judicieux et des couleurs (froides) très réussies. Le genre ensuite : grosso merdo, du super-héros dââârk et classieux. Ces deux planches racontent l'histoire d'une femme, Hel donc, qui se dessape au sommet d'un building d'une mégalopole néo-gothique, plonge vers l'immeuble d'en face, traverse la rue en volant et phase à travers une fenêtre pour se retrouver nez à nez avec une collection de spécimens d'anatomie pathologique. Voici qui a immédiatement parlé à ma culture comics, d'autant que la super-héroïne en question a plutôt la classe : le cul et les nichons à l'air, plus des tatouages tribaux un peu partout sur le corps, c'est autre chose que Wonder Woman ou Miss Marvel. Sans compter que la tératologie me fascine depuis toujours. Les monstres anatomiques, moi j'aime. Bref, j'étais conquis. Reste maintenant à savoir si Renaud a transformé l'essai, si son premier album est à la hauteur de ces deux planches. Je vous fais grâce du suspense : la réponse est oui. Mais ce n'est pas un oui sans nuances, certaines choses m'ont plus plu que d'autres dans L'éveil de la bête et je vais essayer de vous expliquer tout ça en détail.
Le vachement bien. Graphiquement, c'est la méga classe. Toutes les qualités que je vous énumérais à l'instant crèvent les yeux à chaque planche, et presque à chaque case. Rhaaaa bon sang, ça pète et ça pète grave ! Les décors intérieurs et extérieurs sont vraiment de toute beauté. Ils sont fouillés, très variés et construisent une cité imaginaire (Antès) très cohérente, qui allie le modernisme des villes américaines à un certain classicisme européen. Une sorte de Gotham city purgée de ses outrances gothiques les plus kitsch, en quelque sorte. J'adooore. Côté personnages, c'est la fête aussi : des looks hyper pointus, des postures très naturelles, des anatomies variées. Clairement, le boulot a été colossal et mené avec une grande rigueur. On sent que chaque case a été travaillée, retravaillée et re-retravaillée jusqu'à ce que le résultat soit parfaitement satisfaisant. Impressionnant. Pour ce qui est de l'histoire, ça dépote. Hel a les problèmes de toute super-héroïne qui se respecte : cambrioleuse de haut vol, elle pille les collections anatomiques de riches collectionneurs pour le compte d'artistes avant-gardistes qui ont le bon goût de bricoler des monstres qui feraient pâlir d'envie le Muséum d'Histoire Naturelle et la collection Fragonard réunis. SDF aux goûts de luxe, elle ne squatte que les appartements grand standing, s'installe dans l'intimité des gens le temps d'une nuit et se fait livrer son costume à domicile (elle en change souvent, rapport au fait qu'elle ne peut phaser que si elle est nue). Fashion victim qui s'assume, elle ne sacrifie jamais le style à la praticité et, dans la grande tradition des X-girls, n'aime le talon et la botte que s'ils sont bien hauts. Plutôt coriace, elle s'en mange bien comme il faut dans la tronche, façon John MacClane féminin. Et pour ce qui est des sparring-partners, elle a furieusement bon goût : il faut bien l'avouer, se faire agresser par un minotaure, c'est quand même pas tous les jours, même pour Miss Marvel. À côté de ça, elle est livrée avec la panoplie intégrale de la super-héroïne made in US : 1/ des pouvoirs qui décapent (passe muraille, tatouages létaux, empathie animale, vol planant, super force/résistance, etc. C'est la fête !), 2/ un archenemy catégorie mastermind qui, une escouade de goons à l'appui, travaille avec acharnement à sa perte, 3/ des origines hypra secrètes que même elle, elle ne les connaît pas, et 4/ un mal de vivre qui sied comme un gant à ce genre d'héroïne grim and gritty. En un mot, je suis fan.
Le un peu moins bien. Pour ce qui est du dessin, c'est donc un quasi sans faute. Je l'ai déjà dit mais je le répète : je suis impressionné. Je le suis d'autant plus qu'il s'agit d'un premier album. Chapeau bas. S'il fallait vraiment pinailler, je dirais que Renaud, qui se colorise elle-même, se laisse parfois un peu trop aller aux verts pétants, ce qui donne un côté doucement disco flashouille à certaines pages. Je n'aime pas trop non plus la combo éclat d'impact + lignes de mouvement, qui souvent souligne les coups violents. Il y a là un petit côté franco-belge old-school qui cadre mal avec l'univers de Hel. C'est pas le bon code graphique. Pour en finir avec le pinaillage, je n'accroche pas non plus aux sauts de lignes dans les phylactères : c'est pas super esthétique, ça ne sert pas à grand-chose et ça bouffe de la place (alors que dans le même temps, la taille du lettrage n'est pas toujours homogène, certains textes étant visiblement surdimensionnés pour leurs bulles). Dans la plupart des cas, elle aurait pu s'en passer, et si une pause dans le discours s'impose absolument, un phylactère double me paraît mieux adapté. Mais bon, c'est du micro-détail. D'autres choses m'ont plus gêné. La première, c'est l'ambiance goth-fetish-techno-indus-branchouille. Pour sûr que c'est hyper visuel (total black looks, fringues vinyle et modifications corporelles néo-primitives : implants, extensions, scarifications et autres joyeusetés) mais en même temps, ça manque cruellement de naturel, d'authenticité comme disent les rapeurs. À soigner son look comme elle le fait et à fréquenter des gens qui font de même (à ce niveau, Théa et Cyrrus, c'est du lourd), Hel donne, à l'insu du plein gré de sa créatrice dirait-on, dans le stéréotype, ce qui la dessert. À trop tirer vers l'archétype fictionnel, celui de la guerrière dark-fetish, elle perd en humanité. C'est d'autant plus rageant qu'on sent bien chez Renaud et Beaupuis, son co-scénariste qu'on imagine biclassé script doctor, une vraie volonté de nous faire partager les émotions et les sentiments de leur héroïne, de nous rendre son mal-être intelligible. Sauf que quelque part, la forme, mais aussi sans doute le concept même du personnage (j'y reviens au paragraphe suivant), dessert le fond. L'autre problème, c'est que L'éveil de la bête arrive après la trilogie Matrix. Avec leur parti pris « Let's go kick some ass, fetish style », genre on met tous des lunettes noires avant la baston et on se la raconte sévère, les Wachowski bros ont dilué la hype fetish/néo-primitive dans le mainstream hollywoodien, entraînant dans leur sillage une cascade d'ersatz bien pourraves (Underworld anyone ?), à commencer par leurs propres suites (j'ai vu Reloaded l'autre jour et mon Dieu, c'est vraiment une sombre merde. Du coup, je ne sais pas si je verrai jamais Revolutions. Mais je digresse). Tous ces films ont terriblement galvaudé l'esthétique dont se réclame Renaud. De ce point de vue, le development hell de Hel (no pun intended) – elle parle de « difficile gestation » dans sa dédicace à Joor – joue clairement contre l'album, par le simple fait que ce qui encore assez frais en 2002, l'est nettement moins en 2007. La mode est comme les non-morts de Stoker, elle va vite. En clair, Hel, qui arrive un peu après tout le monde, risque de passer pour une sous Trinity ou une sous Sélène, ce qui est franchement dommage car elle mérite bien mieux que cela. Heureusement que Renaud a d'autres références que Matrix, des influences plus, disons, académiques qui la sauvent du Wachowski-like et tirent clairement l'album vers le haut. À mon sens, cela se joue surtout au niveau des décors, la cathédrale gothique de la scène de fermeture, le palais vénitien en haut du building (très bon délire, qui m'a rappelé le repaire du comte Wampyr dans Photonik, un château médiéval perché en haut d'un gratte-ciel new-yorkais), ou encore la bibliothèque, absolument somptueuse avec ses dalles en damier, ses colonnades, sa verrière monumentale, ses rayonnages en bois sombre, ses bustes néo-classiques et même, si je ne m'abuse, sa Porte de l'Enfer.
Les vrais problèmes. Les super-héros sont par définition bigger than life. Pour que le lecteur éprouve ne serait-ce qu'un soupçon d'empathie pour eux, pour qu'il s'y attache, il faut qu'il retrouve en eux une (petite) part de ce qu'il est lui-même. Sous le Spandex, c'est à l'humain qu'on s'intéresse, c'est lui qui nous accroche. Qu'ai-je en commun avec Superman ? Rien. Qu'ai-je en commun avec Clark Kent ? Tout. Lorsqu'il crée Spider-man, Stan Lee décide que Peter Parker sera un pur geek, le genre d'ado mal dans sa peau qui constitue son lectorat cible. En gros, le héros du comic book est un lecteur de comics. Parker est un fanboy qui vit le fantasme ultime du fanboy, sortir de sa coquille de geek pour, enfin, devenir quelqu'un de spécial. Intuition scénaristique géniale. Le concept est si brillant que Marvel se fait des couilles en or dessus depuis plus de quarante ans. C'est quelque chose de cet ordre qui m'a manqué avec Hel. Pas que j'aurais voulu qu'elle ressemble à une geekette mais je l'ai trouvée trop apprêtée, pas suffisamment naturelle. Hypra dark mais un peu trop lisse, elle n'a pas suffisamment d'aspérités, ces petites particularités qui nous rappellent les nôtres et qui font qu'on s'y attache et qu'on s'implique dans ses aventures. Il faut dire aussi que le scénario, et c'est un autre problème, ne lui laisse guère le temps de se dévoiler autant qu'il le faudrait. Je vais être clair : je pense que la deuxième scène de combat est une erreur. Elle est trop longue (neuf planches), pas super enthousiasmante graphiquement (la colo abuse des verts et le découpage me cause du souci, j'y reviens bientôt), ne fait pas avancer l'histoire (ou si peu), et produit un effet de doublon avec le premier combat, celui contre le minotaure. Une grosse baston par album, c'est suffisant, moi je dis. J'aurais préféré que ce deuxième accrochage soit nettement plus court, juste le temps pour Hel d'utiliser ses tatouages de la mort, et que les planches ainsi gagnées soient consacrées à l'approfondissement de sa relation avec le minotaure. Car pour le coup, c'est quelque chose qui l'humanise beaucoup : je l'ai trouvée plus touchante dans ces deux scènes où elle cause avec la bête, même si la dite bête parle un français approximatif qui complique un peu leurs rapports, que dans tout le reste de l'album. Toutes considérations zoophiles mises à part, j'espère bien que le minotaure ne va pas y passer dans les premières planches du tome 2 – mais ça a l'air mal parti, il n'est pas au meilleur de sa forme à la fin du tome 1 – et que sa relation avec Hel va gagner en profondeur car elle apporte à l'héroïne ce petit supplément d'âme dont elle a cruellement besoin. Cela peut paraître absurde à qui ne connaît pas bien le genre mais le mélo est un constituant essentiel, crucial même, de toute histoire de super-héros un tant soit peu réussie. Sans le mélo, les super-héros ne sont que des catcheurs ridicules qui se balancent des buildings à la tronche.
Une question de format. À lire cet album, et en particulier les scènes où ça poutre sévère (notamment le second combat dont je parlais à l'instant), j'ai eu la sensation que le format choisi était inadapté. Peut-être que c'est ma fanboy attitude qui prend le dessus et que je suis depuis trop longtemps sous perfusion de comics, mais mon sentiment est que format comic book aurait mieux convenu au style et à l'histoire de Renaud que le format franco-belge. Quand je feuillette cet album, je vois un comic book : une ville américaine, une super-héroïne en costume, des super-vilains, de bonnes grosses bastons, une wrap-around cover (une seule et même illu pour les première et quatrième de couverture), tout ça. Pourquoi dans ce cas ne pas avoir poussé la démarche jusqu'au bout et choisi un format comics ? Delcourt, qui par ailleurs traduit des comics dans le respect de leur format d'origine, a déjà publié des albums de création française au format comics ou presque comics. M'est avis que ça l'aurait bien fait pour Hel, surtout en ce qui concerne ce fichu deuxième combat. J'ai l'impression qu'un format plus petit aurait permis un découpage plus adapté car en l'état, l'abus de petites cases nuit à la scène. Leur taille est inappropriée à l'action, qui demanderait à exploser dans de plus grandes cases. Or le format comics, plus petit, oblige à réduire le nombre de cases par planche, ce qui, sur l'ensemble de l'album, n'aurait sans doute pas été un mal. Ah, tant que je suis dans la mise en page et pour clore le sujet, je voudrais également comprendre pourquoi certaines planches sont sur fond noir et d'autres pas : ça se justifie pleinement pour le flashback pictural de la planche 13 (vachement réussi, soit dit en passant), mais je ne comprends pas très bien pourquoi les scènes d'ouverture et de fermeture bénéficient de ce traitement. Si c'est juste un gimmick, c'est un petit peu décevant. Si ça a une vraie signification, quelque chose m'échappe. Cela dit, ces planches sont superbes : les fonds noirs fonctionnent très bien avec les couleurs de Renaud, au point que je ne dirais pas non à un black album. Ce serait en tout cas pile poil raccord avec l'ambiance dââârk de la série.
Hel c'est bon, mangez-en ! Que ces derniers paragraphes ne vous enduisent pas d'erreur : cet album est excellent. Si cette critique pète les 17.000 signes, vous vous doutez bien que c'est parce que je l'ai adoré. Qui aime bien châtie bien, dit-on, et c'est exactement de cela dont il s'agit ici. Je ne suis pas masochiste, je n'aurais pas écrit une telle tartine sur une bande dessinée que j'aurais trouvée médiocre, ou même seulement moyenne. Elle est tout simplement exceptionnelle. L'éveil de la bête, qui se positionne très clairement comme un tome d'exposition, augure du meilleur pour la suite de la trilogie Hel, que je suivrai avec une attention soutenue. Par contre, mademoiselle Renaud, si votre tome 2 pouvait sortir avant 2012, ce serait quand même hyper-méga-vachement-super-cool-top-bien. Présentement, je brûle littéralement d'impatience de connaître la suite et je ne me vois pas attendre encore cinq longues années pour la lire.
Pour en savoir plus :
- La fiche du catalogue Delcourt
- Les cinq premières planches sur Superpouvoir.com
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Bonjour,
merci pour ce long, très long développement pour un livre dont l'encre est à peine sèche.
Non, je ne crois pas que le suivant sortira en 2012 ! Je dois confesser que je me suis arrêtée près de deux ans sur ce premier livre. Par contre, j'envisage une pagination supérieure à cet opus pour développer la psychologie des personnages sans nuire à des séquences d'actions longues.
Je suis interpellée par les références à la culture comics, ma connaissance de ce genre est proche du zéro absolu, se limitant juste à la base communément admise.
Mais je reviendrai ultérieurement pour faire suite à ce post en essayant d'apporter quelques éclairsissements sur certaines interrogations.
J'apporte quelques explications sur ma démarche dans l'émission "un monde bulles" sur Public sénat qui sera rediffusée demain mardi 11 sept à 14h et vendredi à 11h30.
Merci encore d'avoir apprécié le modeste résultat de mes efforts. Cela me touche.
Tout fut à apprendre.
Anne.
PS: merci de ne m'appeler seulement par mon nom de famille ! ;-)
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Bonjour Anne,
Grand merci à vous pour ce petit retour sur ma critique.
Si vous trouvez effectivement le temps de repasser sur notre forum, de plus amples explications sur votre démarche et vos influences seront les très bienvenues. Ici, nous aimons que les gens nous parlent de ce qu'ils font et de la manière dont ils le font.
Je brûle de mieux comprendre votre travail, surtout maintenant que vous me dites ne rien connaître aux comics. La manière dont la culture et les codes des bandes dessinées de super-héros se diffusent actuellement dans la culture populaire mainstream me passionne. Quand j'étais gamin et que je dévorais Strange, les comics étaient, surtout en France, une culture à part. Une petite bulle formatée pour les ados et les préados sur laquelle le reste du monde portait un regard où le mépris le disputait à la condescendance.
Mais voilà qu'aujourd'hui, les super-héros, devenus éminemment bankables, cartonnent à la télé et au ciné, que le genre se décline pour plaire au grand public et même au public familial, et que dans le même temps, des auteurs tels que vous, dont la démarche est clairement plus pointue, plus exigeante, font, comme monsieur Jourdain, du comics sans le savoir. Tout ça me passionne et j'espère pouvoir en discuter plus longuement avec vous ici même.
D'ici là, je vais essayer de jeter un œil à Public Sénat.
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