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#11 12 Nov 2017 03:43

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

MÉLOPÉE

Suite de la campagne yougoslave, centrée sur une seule scène d'action intense et rugueuse ! Un récit par Claude.

Jeu : Arbre, clochards magnifiques dans les forêts hantées de Millevaux
Joué le 11 novembre 2017 à Villers-Saint-Paul chez l'habitant.
Personnages : Sextadex / Siegfried ; Funke, (l’étincelle).

3217795116_c2edecfc6b_z.jpg
crédits : poilaumenton, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com

Contexte :
Nous jouons la suite de Fragments. Il s’agit d’une séance courte. 

L'histoire :

<un rêve comme un cauchemar in Dix petites histoires (1995) de Dominique Petigand>
puis enchaîné
<Biogenesis  in  Biogenesis (1974) d’Eliane Radigue>

Sextadex, indécis, se tourne vers Funke. Dans le mouvement qui l’éloigne de la conversation qui roule, sous des accents cosmopolites et inintelligibles, entre Kitty et Radovan, probablement le sabir local, son œil capte en contrebas des marches, un mouvement furtif et rapide.
Une maigre silhouette se coule entre les joncs s’éloignant, à pieds secs vers les profondeurs de la forêts de hêtres noyée dans la tourbière. D’abord, ils descendent tous deux pour se porter vers l’apparition, lorsque retentit une série de miaulement itératifs qui peuplent les alcôves des chroniqueurs. Au bas de l’escalier qui épouse l’une des faces de l’immeuble, le cintre de la porte cochère noyée sous les eaux fangeuses émerge encore un peu. Dans la pénombre, des petites diodes s’illuminent de petits arcs en ciel. Les trois autres ont gravis les marches et sont maintenant sur le toit de l’immeuble.

<Purgatory 1  in Ukiyo (1995)de Die Form et Massami Akita >
puis enchaîné
<Masturbatorium  in  Masturbatorium (1991) de  The Halfer Trio>

Sextadex, demande alors au ferrailleur d’aller y voir de plus près. De fait le bassin qui jouxte l’immeuble, n’est que le fruit d’une conduit.e rompue qui cascade quelque mètres au dessus de leurs têtes. Les marches qui s’enfoncent sous l’arcade. A cet endroit, loin des remous, l’eau se dissimule sous un tapis de lentilles d’eau. Une gangue sèche et grisâtre opacifie la surface dans les espaces interstitiels subsistants entre les feuilles. Des araignées d’eau dansent à la surface. Funke se glisse dans l’eau glaciale. Des remugles de pierres pourries remontent vers lui à mesure qu’il descend les marches. Le sol, sous ses pieds est fangeux et meuble, et très tôt, l’eau lui arrive jusqu’à la bouche.
Il se résout à plonger sous le regard anxieux de Sextadex. L’eau y est particulièrement turbide et grasse. Un amas de végétaux en décomposition l’environne. Plus que nager, il talonne le sol et remonte vers le fait de ce qui fut autrefois probablement un couloir. Il distingue une lueur dans la soupe putride. Un luminaire survivant qui papillonne au plafond au coté duquel se trouve des séries de boîtiers électroniques alimentés par une gaine électrique rivetée au plafond. Il l’utilise tel une ligne de survie et s’aventure vers une zone orangée au sein de la masse végétale en décomposition. De lui, tous attendent l’abnégation dont il fait preuve. Plonger dans une masse froide et visqueuse pour aboutir à une écoutille noyée sous les eaux. Un luminaire encastré jette une vague lumière. Dans son sillon, il constate que l’écoutille est verrouillée par une platine similaires à celles rencontrées précédemment. Par amusement et par dépit, il place sa main sur la platine et forme dans sa tête le mot Karakhan. Il y a pensé tellement intensément, qu’il commence à boire la tasse et mécontent reflue vers l’escalier et son commanditaire pour lui communiquer son rapport ruisselant d’eau fangeuse. Sans Kitty ou l’Oranger, aucun moyen d’ébranler la porte. Le logo de R.G a demi effacé ne laisse planer aucun doute. Il s’agit d’un accès à l’un de ces sanctuaires de l’âge d’or. Peut-être est-ce celui qui garde en son sein les dormeurs de la cascade 200 évoquée par l’hologramme.

Sans plus songer à la recommandation de silence de l’Oranger, Sextadex hèle ses camarades. Sans succès toutefois. Il râle et se dit que cette fois, les mystères des Anciens du Recombination Group ne lui échapperont pas.

Derrière les yeux de Siegfried, danse la pâle dépouille de l’ épi-généticienne, Emma Rottenberg, qu’il a abandonnée dans un lieu semblable. A toute le moins, la balle qu’il a logé dans son corps frêle doit tracer la voie qui lui permettra de progresser dans ses recherches, de trouver le chemin qui lui permettra de rejoindre Cathédrale. Mais Sextadex, est là qui veille. Le moment présent commande et les théories sur un future futile et farfelu sont à négliger. Qui peut bien être cette silhouette entre aperçue avant que les sirènes de l’avant ne lui vrillent les méninges ? Funke est d’accord. C’est pratique, il est toujours d’accord ou presque… A Emma...

Le jeune Funke, pose ses maigres possessions sur une marche et se glisse à nouveau dans l’eau.
Cette fois, il s’appuie sur le fond et court puis bondit. Mais un temps seulement… Le sol est à nouveau meuble et traître. Son pied droit se trouve coincé. Sa cheville est retenue. Il sent le froid raidir ses articulations. Sa cheville est prise dans un étau. Du pied gauche il tente de déplacer ce qui le retient. Il perd à demi pied sans parvenir à ses fins.

<Briefing oysters  in  Oystered (2003) de Oren Ambarchi>

Soudain, Funke disparaît, happé dans de grands remous vaseux. Vite des bulles remontent à la surface.
Sa jambe est aspirée par une force prodigieuse. Son dos heurte le fond de la mare. L’eau sale l’envahit. Sa vie souffle les bulles vers le jour. Deux noirs tentacules enserrent férocement sa cheville. Ses coups vigoureux de son pied gauche rebondissent sur la peau lisse, sans prise. L’étau de resserre et la douleur afflue. Ses poumons se vident. La frénésie le gagne. Non, il n’achèvera pas sa vie sans retrouver ses parents ! Avec toute la férocité de son maigre espoir, il mord à pleine dents un tentacule et seulement lorsqu’il sent un fluide visqueux emplir sa bouche, il lâche sa proie et d’un coup de pied au fond, remonte à la surface, la crève dans une gerbe mousseuse et noirâtre.
Vite, il se hâte vers la rive.
Mais un autre tentacule jaillit bientôt des eaux et lui assène un méchant coup. Sous le choc, il plonge dans la fange à nouveau.
Désemparé, hésitant, Sextadex, délaisse son bardas et se porte à la rencontre de son malheureux compagnon.
Voyant le tentacule plonger dans la direction ou se tenait Funke, Sextadex fait demi-tour et gravit frénétiquement les marches afin de se saisir de son gantelet électrique. Alors que sa main s’apprête à s’en saisir, un tentacule le devance et projette l’objet de son désir au loin, vers la forêt noyée de brume.
Funke, nage frénétiquement jusqu’au bas de l’escalier et s’agrippe au lierre pour se hisser vers les marches à mi-hauteur.
Sextadex, se porte vers lui tend la main et alors qu’il s’apprêtait d’un coup de rein à le hisser, un tentacule lui saisit la cheville.
Funke se rétablit sur la marche et le retient. Il retient ce père que la providence a placé sur la route avec tout son maigre espoir. La puissance du tentacule est immense. Sextades, lache les mains de son ami et alors qu’il se trouve tiré dans les airs se saisit du gantelet électrique de Raid.
Dans l’eau, à demi noyé, tâtonnant, il plaque la cellule sur le tentacule visqueux et libère la fée qui sommeille en sa main droite.
Une vague de douleur le submerge. Ses oreilles se bouchent. Il ne peut déglutir. Péniblement, chancelant, toussant, il émerge, tout vacillant, de la tourbe.
Alors, Funke sent ses oreilles bourdonner. Une vague déferle depuis son ventre, ses viscères se compriment, ses poumons chassent l’air brutalement. Sa joue gauche se contracte tant qu’il en compte ses dents. Son mandibule est gourd. Dans les larmes qui baignent sa vision, il voit son ami, victorieux, émerger, tituber sur la première marche.
Son gant est noirci et grésille. Du sang coule de son oreille jusque sur son menton.
Sa main droite est devenue glaciale. Elle pèse, l’attire vers le sol. Ses muscles se contractent, son épaule, se fige, en une vive douleur.
Entre temps, les objets sur le sol oscillent nimbés d’éclairs lumineux. Le sol tremble. Le boîte de l’apothécarium est ouverte sur la seringue hypodermique contant la dernière dose de nanites.
Les pierres oscillent sous eux. Leur vue se brouille. Funke veut gravir les marches précipitamment. Mais ses membres se refusent à lui délivrer la célérité requise.
Sextadex saisit la seringue et la plante vigoureusement dans sa jambe. Il ne ressent pas la douleur, peut-être la peur… de l’avoir plantée jusqu’à la garde et de na pas parvenir à pousser le piston. Sa main est sans vie. Il tend la seringue à Funke et tente de dire moitié, mais ses dents s’entrechoquent. Il ne parvient qu’à se mordre la langue. Toutefois Funke comprend et s’en saisit. D’abord pour son ami, puis pour lui-même.
<Fondu au noir>


Feuille de forêt :
E exploités dans Fragments, dans la séance en gras
HOMMES
Serdes E
Raid E
Féodor le Ferrailleur E
Mira
Zorica Stovanovic 
Karakhan E
Petro
Cymri mac de la nuée E
Yugo cherche Mara

BÊTES 
Vuk E 
chenapon 
Kaken E
HORLAS 
Rapha Usudi 
Soma
E Echo (Dushani)
NATURE 
E Vitosha 
E Pic Noir 
E SOFIA
BEOGRAD 
ISKAR
OUTILS 
E Témoignage audio 
AMSUMO
Le Livre des noms
EMPRISE 
E La faim
E renoncement
E secrets
ÉGRÉGORE 
E Amorce 

Commentaires sur le jeu :
Une petite précision liée aux relations qui lient les joueuses. Ce soir, la partie se situait strictement dans le cercle familial.
En tant que père, j’ai du admonester ces messieurs afin qu’ils consacrent toute l’attention nécessaire à leurs études. Nous devions donc initialement jouer une longue séance, et faute d’une grande ardeur et ou une grande efficacité à faire leurs devoirs, nous ne disposions plus que de peu de temps : deux heures trente.
(Je m’entends dire, je m’en fiche, nous ne jouerons que lorsque tu auras terminé ! 1) c’est pas vrai, je ne m’en fiche pas et 2) c’est moi le premier puni )
Initialement, j’envisageais d’explorer d’autres facettes des personnages en utilisant le pouvoir des mots et de la langue, en utilisant des poèmes comme trame.
En raison de la fenêtre de tir réduite, j’ai révisé mes prétentions et plutôt que d’orienter le jeu sur des situations temporelles complexes, je me suis laissé porter par ma préparation musicale et ma préparation non préparation. Pas de playlist, mais les indications au sein de la fiction des plages jouées. Elles ont conféré un ton et une saveur à la partie et ont grandement soutenu notre immersion. J’ai directement intégré certains aspects des compositions au rythme de mes descriptions et déduit des événements du sonore à venir.
La préparation non préparation c’est pour moi en jeu la possibilité de me référer à tout moment à des portions d’histoires qui forment un tout cohérent en raison de thématiques imbriquées, de symboliques fortes, etc. Ainsi, les Dushani ont émergé du cratère d’Usud avec de charmants compagnons aquatiques.
Devinez ce que nous avions mangé auparavant … Du poulpe évidemment...
Et Mathieu, l’aîné, a spontanément déclaré quand Funke, (Gabriel) s’engageait dans l’eau dans l’espoir de recueillir des informations sur ses parents disparus auprès de l’autochtone fugitif que « ça s’trouve y ‘aurait un poulpe baveux »
Alors, le poulpe est venu les chatouiller de ses tentacules…
Plus sérieusement, j’ai eu l’occasion de conjuguer des prix à payer intégrés dans la fiction avec l’utilisation d’un as pour chacun. Les goupils sont intervenus pour régenter certains prix à payer.
Enfin, j’ai eu le sentiment de diriger la fiction de façon cohérente dans le feu de l’action.
Et les mécanismes d’Arbre étaient là, présents, pour régler le rythme et conserver l’aspect tactique et la dimension de crainte de la perte de leurs personnages pour les joueuses.
Le déroulement de la séance était très linéaire, mais la puissance évocatrice a permis de renforcer l’atmosphère autour de la table.
L’immersion était forte, les émotions présentes (crainte, bleed sur la douleur des personnages et le sordide de la situation). Je dois concéder quelques attaques fulgurantes de méta hors du ton général, mais l’ensemble est demeuré d’un bloc.
En terme de fiction, le contenu est moins étoffé qu’au sein du prélude, mais tout aussi intéressant.
J’ai beaucoup apprécié et les deux autres joueuses également.

Mathieu (17 ans )(Sextadex / Siegfried)

Mon commentaire (initial) ne change pas. Cela dit, le rythme de jeu ne doit pas être trop soutenu, pour permettre de calmer les conflits. Car jouer le rôle de joueur / goupil à deux est l’occasion de prise de bec et donc il faut trouver son rythme, (ce qui assez difficile soit dit en passant) et la nécessité de modifier le mot clé devient alors transitoire afin de permettre de trouver l’ambiance adéquate.

Dernière modification par Claude (Hier 19:27)

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#12 12 Nov 2017 10:02

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

A. Un grand merci pour ce compte-rendu ! Je suis ta campagne yougoslave avec un grand intérêt.

B. Je te propose le sous-titre et l'image suivante :

Suite de la campagne yougoslave, centrée sur une seule scène d'action intense et rugueuse ! Un récit par Claude.

3217795116_c2edecfc6b_z.jpg
crédits : poilaumenton, licence cc-by-nc, galerie sur flickr.com

C. Quand je gère un combat à Arbre, c'est souvent bref, juste un prix à payer. Ici, on voit bien que tu as étendu la chose au maximum et c'est très intéressant. Comme tu le dis, on sent que tu as multiplié les prix à payer, les flashbacks, les discussions de goupil et les dépenses d'as de pique. As-tu également fait appel aux pouces pour réguler l'intensité ?

D. Bien que non-humains, les poulpes sont des êtres sentients, intelligents et capables de ressentir la souffrance. Évitons de les manger.


Auteur de Millevaux.
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#13 12 Nov 2017 11:17

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Thomas,
1)
Je te remercie de l’intérêt que tu portes à nos pérégrinations.
2)
Le sous titre me semble tout à fait adapté.
L’image d’illustration est réellement dans le ton. 
3 et 4)
J’ai probablement distordu le propos d’arbre. Dans la première version que j’ai lue, tu précisais combien les ellipses avaient toute leur place dans le dispositif et que la notion de campagne ne se conjuguait pas avec une observance dans la linéarité temporelle des personnages.
Jouer tactique avec des enjeux issus de l’affect des personnages m’a paru d’autant plus pertinent que Funke est un personnage faible et velléitaire, un jeune adolescent encore plein d’innocence, en devenir, (un personnage non combattant et faible selon les définitions de la plupart des jeux), tandis que celui de Sextadex est un espion froid et manipulateur dont les forces résident dans sa maîtrise de techniques de l’Age d’Or, désormais hors d’atteinte. Ce ne sont pas des combattants, mais les joueuses portent un intérêt certain pour le jeu d’aventures. Aussi, personnifier l’adversité sous forme d’un monstre contre lequel, ils ne disposent que de leur astuce et leurs traits de personnalité me semblait une dimension intéressante à explorer.
Ainsi, Gabriel a choisi de rédiger sa dernière feuille parmi les 20 en désignant Sextadex comme son père adoptif. La feuille est devenue un dépôt au bénéfice de celui-ci et la ressource de force morale qui lui a permis de surmonter l’adversité.

Je pas questionné l’état émotionnel des joueuses. J’ai poursuivi mon récit intégrant les réactions des joueuses, sous le coup des émotions qui se lisaient sur leurs visages ou qui rejaillissaient dans leurs discours. Je pense les connaître assez bien et toutefois, là, tu lèves un manquement dans ma pratique. Je suis resté sur le niveau fixé antérieurement, m’interdisant implicitement le cauchemar et considérant qu’ils avaient abandonné la dimension intime. 
Le règles ne sont pas un carcan dans Arbre. Elles nous protègent et nous guident.
Je pense donc que le rôle de la Garde Forestière est riche.
Très riche…
Le commentaire de Mathieu, à cet égard, qui à titre habituel s’appuie toujours sur la règle, quitte à la mieux contourner ou l’exploiter à son profit doit être méditée, dans cette optique.
Le jeu qu’offre Arbre est exigeant. Il offre une expérience d’une palette infinie et libère des énergies que d’ordinaire muselées autour d’une table. En contrepartie les joueuses observent les règles afin de préserver l’atmosphère, essence même de ce jeu.
Gabriel me disait, après l’échange de fin de session, en lisant les commentaires de Terres Étranges que l’ambiance était bien à la forêt de Millevaux.
C’est la troisième campagne qu’il joue de front. Dans l’une, en Franka, il joue avec le corpus de Degenisis, by the book, dans l’autre ils jouent une communauté d’enfants, campagne pour laquelle nous avons défini la communauté avec une partie d’  « Une année de répit » pour poursuivre avec les règles Mutant Année Zéro. Cette campagne se déroule dans la vallée voisine de celle d’Arbre. Il a identifié immédiatement les points communs, mais  reconnu également un ton propre à « Fragments ». Il m’a indiqué que l’atmosphère et les décors étaient plus présents et étaient plus soutenus par l’ambiance sonore que dans les autres campagnes. Il éprouve par ailleurs le sentiment, que l’histoire est réellement centrée autour de leurs personnages. Le récit en lui-même devient presque accessoire. Il ressent une atmosphère lourde et oppressante qui favorise l’émergence de la beauté des personnages.

En guise de pied de nez, je dirais que nous n’avons blessé aucun Kraken, même si nous devons reconnaître avoir mangé une portion de poulpe chacun...

Dernière modification par Claude (12 Nov 2017 11:59)

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#14 12 Nov 2017 13:33

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

C. Oui, en théorie, les règles te demandent de vérifier les pouces plusieurs fois par session, et non juste une fois au début de la campagne :) Tout simplement parce que les joueuses peuvent rechercher des variations d'intensité tout au long de la campagne et à l'intérieur d'une seule séance.

F. De fait, oui, comme tu dis, Arbre est complètement un jeu d'ambiance. La notion de gagner le scénario n'a guère d'importance par rapport à l'enjeu de contribuer à une atmosphère et de l'expérimenter. Comme tu le fais remarquer, on peut aussi dire en corollaire, que si on utilise Arbre dans un univers autre que Millevaux, certes on ne retrouve pas forcément l'univers de Millevaux (la forêt, l'oubli, l'emprise, l'égrégore...) mais on retrouve en revanche l'atmosphère d'Arbre.

G. Le CR de partie était très littéraire et c'est cool. Est-ce que tu étais aussi précis dans tes descriptions en jeu où est-ce ton CR qui est romancé ?


Auteur de Millevaux.
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#15 12 Nov 2017 14:38

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

F.)
Je m’autorise un commentaire supplémentaire sur ce point. :
Même si l’univers n’est pas estampillé Millevaux, la forêt est omniprésente. L’oubli, l’emprise et l’égrégore les sont à raison des Dushani (horlas issus du cratère d’Usud) et de l’Amorce, la force vive qui altère l’ensemble des formes de vies présentes sur Terre avant l’Eschaton, le désastre. Si les termes diffèrent et sont moins poétiques que ceux retenus par toi, ils recouvrent des enjeux similaires. En outre, contrairement à mes autres campagnes, je substitue à la terminologie canon de Degenesis toute la terminologie de Millevaux.
Je pense donc proposer une vision alternative de Millevaux et j’espère avoir l’occasion prochainement d’explorer des aspects plus manifestes de l’Atlas et de Civilisation.

Ainsi, au sein de ma préparation non préparation, leur esprit s’éveillera en des corps en partie étranger en raison de l’emprise grandissante qu’exerce la horla Echo sur ces voyageurs qui viennent troubler la belle ordonnance de son domaine. Se jouant d’eux elle implante des souvenirs d’autres personnes en leur mémoire, afin de mieux comprendre l’engeance humaine qui vient troubler son projet et s’amuser des effets obtenus.
436_echo14.jpg
copyright fraktal-endzeit (site de GN allemand Degenesis)
Ils seront donc sur la route, avec la horde des mutilés.

G)
Afin de ne pas répondre sur la base d’une impression, j’ai interrogé les deux joueuses d’hier.
L’une a lu le compte-rendu exhaustivement, l’autre l’a parcouru.
Leur réponse est : « Tu enjolives nos dialogues, mais pour le reste c’est identique à ce qui se passe en partie ».
J’ai toujours joué dans ce style et mon style à l’écrit est très proche de ma façon de m’exprimer à l’oral.
Autrefois, lorsque je jouais en club, ma table était réputée exigeante. Certaines personnes apprécient et considèrent que cela favorise leur immersion et d’autres, au contraire, considèrent que cela les éloigne de la dimension ludique qu’ils recherchent.
Je suis donc heureux que la forme de mes compte-rendus te plaise.
A cet égard, Gabriel a commencé la campagne d’Arbre en rédigeant deux poèmes. L’un exprime les contraintes dans lesquelles sont placées les joueuses pour leurs personnages, une manière à lui de s’approprier la règle. Le second résume les feuilles de son personnage.
Parfois, toutes deux s’expriment dans le style que l’on pourrait supposer à leurs personnages et à d’autres moments s’expriment naturellement, comme des adolescents de ZEP.
Je pense n’avoir enjolivé que ce dernier aspect.
En guise de boutade, Gabriel concluait tout à l’heure : « Papa, tu es un enjoliveur...de phrases pas de voiture hein ? »

Dernière modification par Claude (12 Nov 2017 15:14)

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#16 12 Nov 2017 16:14

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Merci pour ces précisions !


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#17 12 Nov 2017 16:35

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

H. Chose que j'ai oubliée : si les règles de sécurité sont là pour s'enquérir des émotions des joueuses, le rôle de la Garde Forestière est aussi de s'enquérir des émotions des personnages :) (et ce pour des raisons ludiques et narratives)


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#18 12 Nov 2017 19:47

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Cet aspect ne m'avait pas échappé. La Garde Forestière peut-elle s'immiscer dans un dialogue entre un clochard et son Goupil ?

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#19 13 Nov 2017 07:54

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

C'est une bonne question. Je suppose que c'est à faire avec modération.


Auteur de Millevaux.
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