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#1 04 Feb 2016 16:00

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

[Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Sujet dédié aux parties d'Arbre jouées sans l'auteur :

* : partie enregistrée

1. Les poupées rousses *
(Le remake millevalien de Des souris et des hommes par Simon « Angeldust », CR et enregistrement en musique à l'appui !)

2. Fragments
(Une plongée sourde, mentaliste et désabusée dans les Balkans post-apocalyptiques, inspirée de l'univers de Degenesis Rebirth. Un récit par Claude ! )

3. Mélopée.
(Suite de la campagne yougoslave, centrée sur une seule scène d'action intense et rugueuse ! Un récit par Claude. )


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#2 04 Feb 2016 16:04

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

LES POUPÉES ROUSSES

Le remake millevalien de Des souris et des hommes par Simon « Angeldust », CR et enregistrement en musique à l'appui !
CR par Simon "Angeldust"

image_bis-4e49add.png
photomontage par Simon "Angeldust"

Partie enregistrée sur la chaîne youtube de Simon.


Joué le 29/01/16.
Meneur: Simon
Nombre de joueurs: 3

1. Contexte de jeu
Nous avons donc joué à Arbre avec mon groupe habituel en ligne. Nous avons utilisé Roll20 comme support de table virtuelle et Teamspeak pour le vocal. La partie a été enregistrée et se trouve ici(c'est la partie brute, sans montage...).

Concernant les Joueurs, tous étaient très motivés et intéressés par la partie. L'un des joueurs néanmoins n'est par très à l'aise avec les univers horrifiques. Concernant le meneur, c'était la première fois que je maitrisais un jeu dans l'univers de Millevaux et donc à fortiori Arbre.

Vous le verrez en lisant ce CR mais je pense que nous n'avons pas vraiment joué à Arbre ou dans l'univers de Millevaux, mais plutôt à une vision collective que nous avions de l'univers et des règles. En tout cas, la partie nous a beaucoup plu !

2. Objectif du CR de partie
Ce CR n'est pas à but analytique. Je relate simplement notre expérience de jeu et nos ressentis à postériori. En espérant que cela sera utile :)

3. Points de règles
Concernant les règles de Arbre, j'ai effectué quelques entorses/omissions:
- Je n'ai pas joué la règles de l'As de pique: je n'ai simplement pas voulu alourdir les règles. C'est la première fois qu'on jouait à un jeu "freeform", je ne voulais pas perdre les joueurs. Au final, cela ne nous a pas fait défaut.
- Je n'ai pas joué la règle des tours de jeu: ce n'est pas une habitude de jeu dans notre groupe. Je n'applique jamais ce genre de règle avec ce groupe car la parloe est très bien distribuée naturellement. Je n'ai pas ressenti le besoin de la structurer plus.
- Je n'ai pas joué le vote des goupils: nous avons joué dans l'optique d'un one shot avec un dénouement acceptable en fin de partie. Il n'y avait pas de nécessité à jouer ce vote.

4. Les Personnages
Jack: Jack est un jeune homme frêle mais courageux dont la mémoire fait clairement défaut. Il sait qu’il est parti de son village pour accomplir une mission, mais laquelle ? Il sait qu’il doit amener Brrr quelque part, mais où ? Pourquoi ? Et pour faire quoi exactement ?

Brrr: Brrr est un une force de la nature, un homme immense mais simple d’esprit. Il ne sait pas parler et ne communique qu’avec de petits bruits, d’où son surnom. Brrr a été banni du village, mais aucun autre de ses compagnons ne s’en souvient. Quant à lui, s’il s’en souvient, il serait bien incapable de l'exprimer.

Bob: Bob est aussi un membre du village. Il sait qu’il est parti de son propre gré lorsque Jack et Brrr ont quitté la tribu mais il ne se souvient pas de pourquoi exactement. Il sait simplement que son destin est lié à celui de Brrr.


5. La fiction

La marche fut longue. Terriblement longue. Au coeur de cette forêt hostile, trois ombres se déplaçaient avec peine, sans autre but que la certitude du devoir. Oui, ils devaient accomplir quelque chose. Mais quoi ?

Bientôt, ils atteignirent une longue bande d’asphalte. La Voie Déchue. Enfin un moyen rapide d’atteindre leur but. Sur le bas côté gisait un pick up sur lequel dormaient quelques cadavres. Très vite, les morts furent déchargés du véhicule et le contenu de ce dernier fut pris comme un trophée: une mallette noire contenant, à la surprise de tous, un missile. Des inscriptions cyrilliques couvraient l’ogive et des symboles étranges pouvaient attirer l’oeil de leurs couleurs fluorescentes.

Et alors ? Cela ferait de toute façon une bonne monnaie d’échange. Tandis que Bob démarraient le pick up, des bruits de moteur se firent entendre. Le gang des quads ! Vite, il fallait déguapir sans tarder. Bob, au volant, tenta quelques manoeuvres pour réduire le nombre de poursuivants, avec succès. Sous le choc de l’impact, un nom revint alors à la surface de sa mémoire. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait ce nom en tête: Sarah. Il répéta cet étrange nom encore et encore alors que le groupe filait sur la Voie.

Après un long trajet, alors que le jour se couchait, le groupe arriva à l’auberge de Briochon et Croutelle. En échange de l’ogive, ces derniers fourniraient gite et couvert. Sans hésiter, nos voyageurs acceptèrent. Ce n’est qu’en voyant Croutelle que Jack sut au fond de lui que les choses allaient mal tourner. En effet, Brrr ne pouvait pas vraiment se retenir, malgré les croquettes pour chiens que Jack trimbalait avec lui pour apaiser son ami simple d’esprit. L’aubergiste était rousse. C’était une raison suffisante pour que Brrr fusse excité comme une puce. Il glapissait...

Bob demanda le menu mais les taverniers insistèrent pour faire le plat que les invités souhaitaient, malgré les ingrédients saugrenus proposés. Dans la tête de Bob, le doute ne fut plus permis: le menu, ce serait eux en fait. Il fallait réagir. Il se faufilla dans la cuisine et égorgea les tenanciers de l’auberge sans autre forme de procès. Brrr, intrigué par l’odeur de grillades qui régnait en cuisine, fut témoin de la scène. Une vieille pulsion le pris aux entrailles. Il fonça sur le cadavre de Croutelle, lui arracha la tête et se réfugia dans un placard en caressant la chevelure rouge de la pauvre femme. Jack prit les croquettes pour chien et essaya de faire sortir Brrr de sa cachette, en vain.

Les souvenirs de Jack revinrent petit à petit. Pourquoi cette engouement pour les croquettes ? Pourquoi aimait-t-il autant Brrr ? Les images fusèrent dans sa tête: un chenil, son enfance avec les chiens et Brrr, l’ordre d’emmener son ami quelque part, quitter la tribu… Jack effaça les images de son esprit et prépara les chambres après avoir aidé Bob à mettre le missile à l’abri et à nettoyer la scène du meurtre.

Le lendemain, les voyageurs reprirent la route. Le pick up, chargé de l’ogive, fila sur la Voie Déchu jusqu’à son terme. La route se stoppait nette, coupée par des arbres qui avaient repris leurs droits sur le lieu. Les compagnons d’infortune décidèrent de cacher le missile et de partir à pied dans la forêt qui s’étendait, terminant leur voyage comme ils l’avaient commencé. Pendant que Bob et Jack s’attelaient à la tache, Brrr tournait autour du pick up en riant. Bob entendit alors le son de la mer, un appel, très certainement de son ancienne vie. Il se ressaisit rapidement, tout en gardant à l’esprit ce son si particulier, qu’il associait au nom de Sarah.

La troupe repartit donc dans la forêt, marchant sans but. Ils tombèrent bientôt sur une tribu, un petit village, dont le chef semblait être un homme portant un masque de cerf. Très vite, les marcheurs furent repérés et le seigneur Cerf, le chef de la tribu, s’avança vers eux. Brrr, en voyant une fille rousse parmi les personnes qui s’avançaient, ne put s’empêcher de lui foncer dessus et de la décapiter sans autre forme de procès: il voulait une nouvelle poupée et ne put résister à la tentation.

Jack visa le chef de la tribu et retint un râle, le souffle court. Le seigneur Cerf n’était ni plus ni moins que le chef de sa tribu: ils avaient tourné en rond et étaient revenus irrémédiablement à leur point de départ. En voyant Brrr tuer la jeune rousse, le chef lança les chiens à la poursuite des clochards. Bob, Jack et Brrr prirent leurs jambes à leur cou.

Dans leur course effrénées, ils tombèrent sur une mare poisseuse. Bob s’arrêta net. Il entendait le son des vagues, le son de la mer. Il pensa à Sarah. Brrr et Jack arrivèrent à leur tour devant la mare. Les souvenirs refluèrent, comme une marée montante. Tout devint clair maintenant.

Brrr, simple d’esprit, tuait les femmes rousses du village pour s’en faire des poupées. C’était pour cela qu’il fut bannit. On confia à Jack, son frère de chenil, le soin de l’emmener loin de la tribu. Bob, en apprenant cela, ne put s’empêcher de suivre Brrr et Jack. Il devait se venger de Brrr qui lui avait enlevé la seule personne qu’il aimait: Sarah était mort et on l’avait jeté dans cette mare. Il devait se venger, coûte que coûte.

Les chiens aboyaient en s’approchant. Des larmes coulèrent sur les joues de Bob. Il sortit un pistolet de sa poche et le pointa sur Brrr qui roucoulait en riant. Sarah… La mer… Tout était clair pour Bob. Il regarda Brrr et pensa à Sarah. Il avait tout perdu. A quoi bon… D’un geste lent, il revira le pistolet vers sa bouche et appuya sur la détente comme un dernier baiser.

Jack ramassa l’arme de Bob et à son tour se retourna vers le visage ahuri et candide de Brrr. Allait-il avoir le courage d’exécuter l’ordre du chef ? Cela le sauverait, il serait récompensé, c’était sûr. Mais pouvait-il tuer son frère de chenil ? Le seul être humain qu’il ait aimé parmi les chiens ? Doucement, il lâcha son arme et prit Brrr dans ses bras.

Alors que les chiens se précipitaient sur eux, Brrr et Jack s’enlacèrent dans un dernier geste de tendresse.

Fondu au noir.

FIN

6. Retours sur la partie (Joueurs)
La partie fut très très sympa. Les joueurs ont adorés, en particulier la fin. Le dénouement de l'histoire était très satisfaisante, les Joueurs étaient à fond dedans. La musique a beaucoup aidé à l'immersion. Le Joueur le plus mal à l'aise avec l'univers horrifique a finalement bien aimé son personnage et s'est bien plongé dedans. Les deux autres Joueurs ont adoré aussi. Bref, en un mot, c'était cool !

7. Retours sur la partie (Meneur)
Je vais ĂŞtre du coup un peu plus extensif sur mes retours.
- Le rĂ´le du Groupil: Dans un premier temps, je crois que j'avais mal expliquer le rĂ´le du Goupil aux Joueurs. Très vite, on est parti dans du gore et du trash juste pour faire du trash, ce  qui n'Ă©tait pas satisfaisant. J'ai du recadrĂ© un petit peu pour faire comprendre aux Joueurs le concept de "vivre sur le fil". Après ce recadrage, la partie Ă©tait beaucoup plus satisfaisante: on allait quelque part avec la fiction, on ne faisait pas  du trash pour rien.
- Le Joueur mal à l'aise: Avant la partie, le Joueur m'a clairement dit: "Je n'aime pas ce genre d'univers. Pour un one shot, je suis intéressé d'essayer de voir ce que ça donne". Au final, il a joué un personnage muet et horrible, pour ne pas avoir à subir lui même l'horreur. Ca me fait penser au podcast sur "S'échapper des Faubourg", où Romaric disait qu'il préférait jouer le monstre pour ne pas subit les monstruosités...
- Le système de Arbre: Première fois que je jouait en freeform. Je suis étonné de l'efficacité de la manière de jouer. Au final, la fiche de personnage ne sert que de support et donne la couleur. La mécanique de dévoiler des feuilles fonctionne bien et peut même être étendue à d'autres univers de jeu en fait.
- L'univers de Millevaux: Soyons clair, je crois que je n'ai pas vraiment utilisĂ© l'univers que propose Arbre. Après avoir recadrĂ© les personnages Ă  propos des Goupils, ils sont partis en roue libre totale et ont plutĂ´t explorĂ© l'histoire de leur personnage, plutĂ´t que l'univers. Au final, tant pis pour ces histoires de branches mortes, branches communes, les Joueurs sont partis sur le trip de l'amnĂ©sie collective et de la recherche  du passĂ©. J'ai laissĂ© faire et ça plutĂ´t bien marchĂ©. C'est Ă  cet Ă©gard que je dis que je n'ai pas vraiment jouĂ© Ă  Arbre. Il n'empĂŞche que ça a très très bien roulĂ©.
- Le scénario: J'était parti au départ sur "Balade pour un pick up", proposé sur les Ateliers et sur le blog de Thomas. Au final, je me suis laissé porté par l'histoire des joueurs. C'est la force du jeu je pense, pour peu qu'on se laisse aller dans le flux de la fiction. J'étais tellement dedans que j'ai omis TELLEMENT de détails sur l'univers de Millevaux. C'est une des raisons pour lesquelles les Joueurs n'ont pas spécialement explorer l'univers mais plutôt leur histoire personnelle.

8. Conclusion
TLDR: Ce que je retiendrai de cette session de jeu:
- J'ai aimé le fait qu'on se laisse porté par les histoires des Joueurs
- Je n'ai pas vraiment joué dans l'univers de Millevaux, je ne l'ai pas exploité à son plein potentiel
- Il faut vraiment comprendre le principe du Goupil, sans quoi on fait du trash pour du trash et ça tourne très vite en rond
- J'ai réussi à faire joué un de mes Joueurs dans un univers horrifique et il a aimé. Et ça, c'est vraiment génial !

VoilĂ  pour ma part.

Merci de m'avoir lu.
Cordialement.

Simon "Angeldust"


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#3 06 Nov 2017 02:09

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

FRAGMENTS

Une plongée sourde, mentaliste et désabusée dans les Balkans post-apocalyptiques, inspirée de l'univers de Degenesis Rebirth. Un récit par Claude !
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(crédit : image sous copyright, auteur inconnu)

Jeu : Arbre, clochards magnifiques dans les forêts hantées de Millevaux
Joué les 24, 25, 29, 31 octobre et 3 et 4 novembre 2017 à Villers-Saint-Paul chez l'habitant.
Personnages : Sextadex / Siegfried ; Funke, (l’étincelle) ; l’Oranger ; Léo / Radovan.



Contexte :
Nous jouons le prélude d’une série. La démarche correspond à une tentative d’appropriation des propositions du jeu Arbre aux pratiques de notre tablée, une variante en somme.
A cet égard, le contexte de départ était ouvert et non connoté.
Toutefois, les joueuses qui les premières ont développés leurs vagabonds, ont clairement indiqué, par leurs dépôts à la Garde Forestière ou leurs échanges préliminaires, que la forêt s’inscrivait dans le cadre de Degenesis Rebirth, exploré en d’autres circonstances par la tablée
Les joueuses sont ne sont pas novices, mais il s’agit de leur première incursion au sein de Millevaux.

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crédits : Claude, par courtoisie

L'histoire :
Les contreforts du massif du Mont Vitosha, (Balkans). Une brume persistante noie les massifs. Dans le printemps hésitant, trois vagabonds errent au sein de cet océan de verdure luxuriante. Ils ont depuis longtemps délaissé la voie des déchus qui lie la voïvodie de Sofia aux côtes Dalmates. Elle serpente en contrebas, épousant le cours tumultueux d’un affluent de l’Iskar. Féodor, ouvre la marche. Régulièrement il lance un boulon rutilant noué d’un tissu blanc. Il observe attentivement le résultat. Observant comment le panache blanc rejoint le sol, prudent. Il écoute aussi attentivement le dit de la Montagne. Funke, la souris, l’observe et parfois se risque à se glisser sur une coulée existante. Il apprend vite. Peu de paroles échangées entre les voyageurs.
Sextadex, les suit toujours. Avec effort, sous son ample robe de bure qui dissimule son regard, il peine Ă  suivre leur rythme.
Au prix de multiples dĂ©tours, leurs pas les portent loin des communautĂ©s Ă©parses qui parsèment hauteurs boisĂ©es des restes de la ville de Sofia. Pour l’essentiel des bĂ»cherons et des Ă©leveurs isolĂ©s, qui Ă©changent le fruit de leur pĂ©nible labeur contre les denrĂ©es indispensables au long hiver qui ensevelit tout. La ville endormie sous son manteau vert purulent nimbĂ© de brume est bien trop agitĂ©e pour ces âmes simples et farouches qui subsistent dans les combes du Pic Noir. Au sein de l’Archipel des Cimes, aux milles vaux embrumĂ©s, la vie est rude. Le vacarme des souks de la ville ne rejaillit nullement sur le quotidien prosaĂŻque de ces montagnards taiseux. La vie est rude et prĂ©caire. Les fondrières qui essaiment de leurs rus la haute vallĂ©e de Sofia, sont le domaine des VodianoĂŻ, (horlas), prompts Ă  engloutir l’âme des imprudents. Leurs enfants, les âmes vides, les Usudi, (les fils d’Usud, le cratère qui rĂ©pand les spores de la dĂ©chĂ©ance), parcourent les vaux et les sentes, traquent inlassablement les voyageurs et les caravanes itinĂ©rantes afin d’assouvir leur inextinguible faim. Les vuks, ces loups gorgĂ©s de la souillure hantent aussi ces montagnes. Tous savent ici qu’ils sont le fruit de l’union, contre nature, des âmes tourmentĂ©es des morts abandonnĂ©s Ă  leur triste sort et celle de chiens dĂ©laissĂ©s par leurs maĂ®tres inconstants. Mais ce que tous redoutent, c’est le Murmure. Le chant diffus et entĂŞtant des Mokoks, ces Dushanis, (horlas), qui sculptent La Montagne. Leur chant baigne tout. Il corrode les rĂ©miniscences  d’un âge d’or rĂ©volu, ou l’Homme s’enorgueillissait de dominer le monde. Chaque jour, il Ă©loigne un peu plus le fĂ©tu d’Homme de sa condition.
Ce premier jour, est celui ou l’humble voyageur et ses guides s’immergent en la Montagne, loin des hommes. Déjà, leurs souvenirs les quittent. Au soir, les vagabonds, s’embusquent sur un promontoire envahi de fougères arborescentes, et guettent, avec envie, le grenier d’une ferme isolée. Ils attendent la faveur de la nuit. Le fraîcheur du jour finissant et l’effort de leur marche pèsent sur leurs corps et leurs esprits. Ceux-ci vagabondent entre la promesse d’une bonne chaire et le doux souvenir d’un abri sûr.
Sextadex songe alors aux circonstances dans lesquelles, à Sofia, dans un bouge où il accompagnait ses guides dans le cadre de préparatifs ésotériques, (acheter des boulons rutilants et une pièce de lin blanchi), il délaissa la seule communauté qu’il l’eut jamais accueilli, celle des chroniqueurs.
Émergeant, dans une série de miaulements itératifs inquiétants, une silhouette bardée d’artefacts de l’âge d’or, apostrophe le boutiquier dans une langue absconse aux sonorités métalliques.
Malgré le grillage, le boutiquier en sueurs, se tient à distance. Dans la pénombre du magasin, le masque fait son apparition : de nombreuses diodes scintillent sur le corps du chroniqueur dans une lueur rouge, apparemment comme une réaction involontaire à la vue de tel ou tel objet. Le vocodeur bourdonne. Finalement, l’encapuchonné sort une boîte de l'étagère. Il penche la tête, regarde un à un les clous soigneusement rangées. Successivement tel un automate. Une rangée, de droite à gauche, puis sa tête se rétracte, et se consacre au rang suivant. Le marchand tâtonne pour s’assurer de son arme, sous le comptoir. L'homme se méfie. Et la fille blond platine qui se tient juste là, à côté de la silhouette, ne contribue pas à le rassurer. Immobile. Le regard absent. Peut-être n’a-t-elle plus toute sa tête ?
Le chroniqueur se dirige vers le comptoir. Les chiffres rouges se sont calmés, clignotent lentement. Provenant du vocodeur, un sifflement s’échappe, alors que le chroniqueur ajuste ses vêtements. Puis un mot: "échange".
-"Que veux-tu?"
Le masque n'a pas bougé.-"Répéter> échange"
-"Garçon, si cela..."
" échange Sélectionnez 10 quantité (x), échange, stock final reste (x)."
Le vendeur transpire un peu plus. Il tripote nerveusement son arme, mais l'homme masqué ne semble pas y prêter attention. Il regarde autour de lui, fataliste. Soudainement, la fille tressaille comme si elle avait reçu une décharge, puis s'avance. Sextadex intervient et dit nonchalamment, transcrivant la logorrhée de la ruche : "Il veut acheter dix clous seulement, le reste il n’en veut pas." 
-"Requête: valeur (10 quantité (x))."
-"Il veut savoir combien ils coûtent."
Le commerçant soupire, quelle journée !
L’affaire conclue, le chroniqueur s’éclipse accompagnée de sa garde du corps, une apocalyptique, qui lâche  :
-"Merci et salut, les ploucs !"
Sextadex n’a pas tenté d’établir le contact direct avec le chroniqueur. C’est la un précieux souvenir qu’il se doit de polir en sa mémoire, d’entretenir. Le communicateur coincé derrière son oreille droite est froid et mort. Désormais, le flux des ondes radio s’est tari. Il est seul avec ces deux êtres frustres, perdu au sein d’une .désolation parcourue d’aberrations. Il a quitté la chaleur de sa communauté électronique. Ne subsiste en lui que ce dernier lien ténu, pour se sentir appartenir aux hommes.
Une partie de lui-même s’interroge. En quoi consiste une communauté ? Qu’est-ce qui lui conférerait plus d’importance que ce que la nature a déployé ? En quoi, le savoir glanés par glanés par les hommes permettrait-il de lutter contre les abérations qui sévissent loin des villes ? Sextadex fait taire ce défaitiste qui s’éveille en lui. Il coupe court à ses élucubrations oiseuses.
Funke songe quant Ă  lui Ă  la douceur de parcourir ces terres vierges de la mesquineries des hommes, avec son ami, Freiluft, le chat. Il se love contre lui et ronronne de contentement. Funke ronronne en retour.
Ils se sont presque assoupis lorsque, enfin, Féodor, délaisse l’escarpement et le couvert des fougères et se glisser dans la nuit humide.
Sans bruit, ils franchissent le fossé. Funke se poste à l’entrée du poulailler. Sextadex est demeuré en retrait dans l’ombre dense d’une bâtisse à demi effondrée. Féodor le hèle bientôt. Il doit prendre sa part. Sextadex replis sa tunique, et dans la panière improvisée Féodor dépose les œufs. Puis après s’être assuré que son commanditaire était « un viandard », il tord le cou d’une poule.
Sans bruit, précautionneusement les trois sortent du poulailler et se hâtent vers le portail.
Deux dogues impressionnants les y attendent, grondants, la bave dégoulinante entre leurs crocs effilés.
Sextadex n’en mène pas large. Tandis, que dans un déluge de brutalité soudaine, Féodor, fracasse le crane du premier molosse d’un vigoureux coup de poule, le second tente de se saisir du jeune Funke. Désemparé, son seul petit canif en main, lui assène un vigoureux cou de coude et lui brise le crane. Sextadex, contourne la scène confuse en s’efforçant de ne pas briser son précieux butin.
Les trois vagabonds, abandonnent le cadavre de l’un des dogues et celui de la poule, puis Féodor, lesté du chien qu’il a occis, part en tête. Ils s’élancent dans la forêt enténébrée, dans une course folle et confuse.
Plus tard, désorientés et essoufflés, il le laissent tomber à terre.
Féodor, bat son briquet à amadou. Bientôt, un feu ronfle à leurs côtés et le chien rôtit sur une broche improvisée.
Sextadex, n’avait jamais volé sa nourriture. Mais, la viande est plus savoureuse que les fruits secs et les mures picorés sur le chemin.
Funke, le coude encore tout endolori de son exploit, a le mot juste : « on ne fait d’omelette sans casser des œufs ».
Féodor, jette de la terre dans le foyer, sitôt leur repas achevé. Freiluft y a aussi participé et dévoré goulûment les viscères de son ennemi tutélaire.
Repus, ils s’installent le plus confortablement possible et s’abîment dans un profond sommeil.
Ils sont trop vite éveillés par le chat, transformé en une boule de poils hérissée et feulante, crachant toute sa détresse à l’endroit de deux paires d’yeux injectées de sang qui les contemplent en grondant tout auréolés d’une aura ne nuit malfaisante.
Les vuks bavent leur faim sur leurs crocs immenses et grognent leur haine des hommes. Et trop vite, se ruent sur leurs proies. Funke, irradié par la détresse de son ami chat, se rue sur la bête fauve, s’interpose, sa lame à peine plus longue que les crocs de l’infâme créature. De son manche, il fracasse le crane de l’ignoble canidé.
Sextadex, quitte précipitamment la clairière et sans l’arrivée providentielle d’un carreau qui s’est fiché dans la tête de l’énorme vuk embusqué derrière lui il se serait précipité dans ses crocs. Ils sont encerclés. D’autres vuks se glissent vers eux dans la clairière. Le tireur se rapproche d’eux, hésite, épaule à nouveau son arbalète, mais déjà une autre créature se jette sur lui. Alors, une silhouette massive et athlétique s’interpose et décharge son pistolet dans un vacarme assourdissant, à bout touchant. La créature n’est plus. Alors que Féodor achève la sienne de ses prodigieuses mains d’ogre, les survivantes qui refluent en désordre vers les profondes noirceurs qui les ont vu naître, bondissent dans les airs dans une gerbe électrique crépitante. Une odeur à vomir se répand. Un mélange de chairs brûlées et d’entrailles épandues dans l’humus, dont émerge une silhouette encapuchonnée de noir. Celle-là même croisée à Sofia par les trois vagabonds.
Deux autres vagabonds les rejoignent : un chasseur Serde vêtu de vêtements amples et élimés, vestiges probablement de son appartenance à la garde de la voïvodie et un jeune homme maigre, aux vêtements élimés. Des chasseurs de vuk, ou plutôt un chasseur de vuks, sur la piste de ses proies qui venaient d’en écarter trois menaçant un voyageur égaré, l’Oranger.
Le chroniqueur, tout en raideur, avec l’aide de sa suivante, leur indique qu’ils n’ont eu qu’à suivre le fumet de leur repas pour les trouver. Celle-ci, n’est autre que Kitty, l’une des tapins, qui un hiver, hébergèrent le gamin et son maître ferrailleur au sein de leur nuée à Sofia. Ils s’embrassent goulûment.
Sextadex en profite pour s’entretenir avec ce membre de sa communauté perdue. Il s’enquièrent de leurs statuts respectifs et concluent qu’ils sont tous deux en mission en qualité d’occulteur, habilités à user de tous les moyens afin de parvenir à leurs fins. Bien vite, Léo, le vieux chasseur, rappelle à la bande de vagabonds, que le feu est la source de tous leurs maux et qu’il convient de quitter les lieux au plus vite avant que leur chance ne tourne.

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crédits : Claude, par courtoisie

La bande s’éloigne de la clairière et gravit la pente en direction du col. Féodor, avise une grotte.
La troupe s’installe.
La jambe de l’Oranger le fait souffrir et il s’en ouvre à Kitty et son compagnon. Afin de se soigner, qui sait mais aussi de rapprocher de Kitty.
Son mollet a été mordu par un vuk et la chair présente des traces de nécrose.
Selon les rapports compulsés à l’abri du palais des fumées de Sofia, le risque est grand que la Sepsie, l’engeance de l’Amorce, (l’emprise), envenime cette vilaine plaie et qu’il devienne une âme vide.
En toute confiance en la compagnie, qui fort récemment lui a évité d’être dévoré par les vuks, l’Oranger fait part de son érudition. Kitty lui confie qu’elle et Raid, le chroniqueur, recherchent un sanctuaire de l’âge d’or, en lien avec une étrange obédience RG, achetée pour celle-ci par un certain Nikita Karminov. Or, lors de son séjour à Sofia, il advint qu’il a parcouru d’anciens rapports spitaliers, mentionnant un sanctuaire qui aurait été ensevelis de crainte de voir les démons du passé ressurgir. Ce sanctuaire, selon son souvenir devrait se situer dans la vallée voisine.
L’Oranger est lui même être curieux de comprendre la puissance qui émane du Montagnard. Cet homme est descendu des hauteurs gagnées aux Dushani, sans nom, sans lignage et flanqué de son indéfectible Afrikane, il a gagné l’oreille attentive du Voïvode. Le Karakhan dirige une troupe de soudards qui s’est installée dans le palais des fumées et vit grand train. Des heures sombres se profilent.
Le chroniqueur consent à soulager sa douleur au moyen d’une seringue hypodermique contenant un liquide bleu iridescent.
Les effets sont prodigieux et sa peau gangrenée devient aussi lisse que celle d’un nouveau né.
Le chroniqueur, par le truchement de Kitty, lui demande en échange de lui servir de guide jusqu’à ce lieu d’avant le désastre.
Kitty engage le chasseur comme escorte et enjoint les imprudents à les suivre afin de bénéficier de leur protection.
Les plus vaillants, assurent la garde. D’abord, la vive Kitty et son étrange compagnon, puis le vieux Léo et enfin Féodor les relaie.
En s’endormant, Funke, se souvient combien, il fut heureux au sein de la nuée. Un bordel, ou après avoir dépensé une bonne part des lettres de changes gagnées à la vente d’armes anciennes, Féodor s’établit auprès d’une magnifique tapin, Hatchepsout. Une femme indépendante et impétueuse, qui recueillit sous son aile les deux éclopés. Hatch fit de Funke, un jeune frère ou un fils adoptif . Féodor était lui son souteneur, son garde du corps. Toutefois, il n’eut jamais à faire montre de ses talents. Kitty, une autre fille de la nuée, ne boudait pas le coup de poing et Funke se souvient encore, comment de ses poings elle inculqua à un ferrailleur éméché le décompte juste des dinars et le sens du mot non. Le gaillard, Igor, plus robuste qu’elle, repartit avec le nez cassé, quelques dents de moins et la conviction chevillée au corps qu’il fallait éviter ce bordel.
Un foyer certes bruyant, mais rassurant. Quoiqu’il fut aussi fréquenté par d’inquiétantes personnes, telle que Herr professor Vasco Reisigger. Un spitalier, qui dans le salon quittait son masque à gaz et sa combinaison de néoprène pour s’abandonner aux bons soins de Hatch. Féodor en vint à concevoir de la jalousie du rapport particulier entretenu avec ce dignitaire. Hatch se lassa vite des craintes de Féodor et du ferrailleur tout court. Elle l’éconduit vertement et ce fut la fin d’une période ô combien agréable pour le jeune Funke. Un souvenir chéri entre tous et probablement l’une des raisons de son ressentiment éprouvé à l’égard de son maître.

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crédits : Claude, par courtoisie

La nuit évanouie, ce n’est que lorsque le soleil a entrepris de dominer enfin de sa lueur pâle les hauteurs qu’ils s’éveillent. Ils ont mal au crane. Leurs membres sont gourds et ils sont pris d’une vague nausée. Les esprits sont confus, mais d’évidence, Féodor a disparu.
Léo est prompt à envisager quelque perfidie qu’aurait ourdi le ferrailleur, mais Kitty est tout aussi rapide à dissiper tout malentendu. Elle est catégorique et assène ses arguments d’une voix forte. Féodor n’a pas l’once du début d’une idée qui lui permettrait d’envisager quoique que soit. Son esprit est trop étroit pour cela.
Inquiète la compagnie s’ébranle afin de retrouver le disparu. Ils cheminent à la lisière de la forêt, en évitant soigneusement, le chemin de crête, pour ne pas éveiller l’attention des prédateurs.
Leur cheminement est malaisé, mais la perspective de retrouver au plus tôt leur compagnon d’infortune les galvanise.
Alors, qu’il franchissent avec peine une coulée de pierres, qui se dérobent sous leurs pas, ils aperçoivent en contrebas, dans une trouée de la forêt, un plan d’eau putride au bord duquel végète une masure de pierre abandonnée.
Le sol vibre sous leurs pas. Devant eux, la poussière de roche s’élève en fin tourbillon. Une vibration sourde monte de la vallée : Le Murmure. Les vagabonds se précipitent en direction des hauteurs et .de la ligne de crête salvatrice qui émerge à l’horizon brumeux.
Les vibrations palpitent alentour. Ils sentent la pression s’accroître sur leur ventre. Leur bouche est sèche. Leurs dents claquent. Leurs oreilles se bouchent. Ils ne peuvent plus déglutir. Dans un fracas d’étincelle, Raid la main encore sur son bâton de foudre s’écroule comme une masse. Une odeur d’ozone monte.
Alors, retentit un hurlement suraigu. Et, surgissant du chemin de crête en surplomb, les yeux exorbités, la bouche béante telle la gueule affamée d’une créature revenue du tréfonds des âges, surgit Féodor. Il charge sur eux.
Sans l’once d’une hésitation, Léo place un carreau sur son arbalète. Fort d’années de service au sein de la garde, il fiche son trait en pleine poitrine. Sa victime s’effondre sur le dos dans un grand vacarme. Kitty bondit dans sa direction et lui tire une balle dans la tête afin de s’assurer d’une mort définitive. Le corps tressaute sous l’impact.
La compagnie est maintenant à flanc de coteau. Kitty se tourne vers eux. Du sang s’épanche de son nez, de ses oreilles. Elle est blême. Les vagues pulsatives et vibratiles croissent en puissance. Elles gagnent en démesure. Le sol tremble franchement.
Elle s’effondre.
LĂ©o Ă©galement.
Puis, il se tourne vers son compagnon et dit « faites de même, faites les morts »
Un à un les errants s’exécutent.
Sextadex rampe précautionneusement vers les corps inanimé de Raid. Il envoi un boulon en direction de la dépouille. Une gerbe d’étincelles accueille le boulon et le corps tressaute. Une odeur de brûlé sature leurs narines.
Le chant du Dushsani, reflux, s’éloigne.
Sextadex projette un nouveau boulon sur l’armure du chroniqueur. Le corps crépite, nimbé d’arcs électriques qui s’étiolent pour disparaître tout à fait.
Sextadex s’empare de la seringue de Raid et la tend à l’Oranger.
-« Ce sont des nanites. Cela devrait faire l’affaire pour Kitty. Occupe t’en. »
l’Oranger injecte le produit à kitty.
Elle émerge, graduellement. La main vagabonde de l’Oranger s’attarde sur les formes plantureuses de la jeune femme. Elle lui assène une vigoureuse claque et lui dit :
« Petit profiteur on verra alors si tu l’as mérité »
Le rouge aux joues, penaud, l’Oranger porte gauchement son attention vers Sextadex.
« Son armure est morte. Elle a saturé. Il me faudrait une pile. T’aurait pas ça le gamin ? » reprend Sextadex.
Funke lui confie une pile d’alimentation pour l’amure ainsi qu’un apothécarium portant la signalétique spitalière.
-« Heureusement que j’ai dégoté ça dans les désolations, hein ? »
Sextadex tente de redémarrer l’armure. En vain, tous les modules ont grillés. Cependant, lors de la phase d’amorçage, il perçoit un signal rémanant sur le réseau d’ondes courtes de l’Alcôve.
C’est un signal crypté. 44,15,34,14,15,34,44,24,15,41,43,35,12,1534,22,14,11,34,44,31
Les corps mis au supplice par le chant du Dushani, les esprits des compagnons plonge avec délectation dans l’effort de décrypter le message reçu par Raid avant son trépas.
La compagnie, à l’aide des souvenirs confus de lecture de l’Oranger et des contributions de Sextadex parvient à déchiffrer le message : « senden sie proben Gdansk », (envoyez les échantillons à Gdansk).
Sextadex, affecté entreprend d’ensevelir Raid, sous les cailloux, après l’avoir délesté de son armure. Son corps est blafard ainsi exposé au soleil blanc de Sofia.
Aussitôt, Kitty l’en dissuade. Les Duschanis sculptent la montagne pour porter leurs chants.
Résignés, les vagabonds abandonnes les dépouilles de Raid et Féodor aux Vuks. Non sans avoir scrupuleusement replacé, dans la mesure du possible les cailloux ou ils les avaient trouvés.
Sans regret, le jeune Funke abandonne celui qui fut un maître, mais jamais ne su être un ami.
La dépouille a ébranlé les certitudes du vieux soldat. Il était convaincu qu’il s’agissait d’un homme machine tout puissant. Cela dit, la contemplation de cette chair blafarde le rassure pas plus. Un être se promenant ainsi avec ces nanites ne serait-il pas l’un de ces maraudeurs ?
Tous s’empressent de gagner la ligne de crête et quitter ce vallon voué à la mort.
Suivant les indications de l’Oranger, la bande erre un peu plus en direction de ce qu’ils supposent être un sanctuaire du renouveau, l’un de ces lieux regorgeant d’artefact antérieurs au grand désastre.
Ils marchent suffisamment pour ignorer le murmure incessant qui baigne la combe dans laquelle ils viennent de pénétrer.
En contrebas, sur un replis rocheux se dresse, trois silos massifs qui émergent de la forêt baignée de brume. Ils coiffent un complexe de brique et de béton craquelé par les ans.
Funke, Léo et l’Oranger se portent en éclaireur.
Kitty semble dans d’étrange disposition. Elle est confuse, distante.
Derrière les silos se profile un immense hangar éventré.
,Dès qu’il se trouve contre les murs intérieurs de ce que furent les bureaux, la où la brique affleure et s’effrite, Léo, perçoit une odeur familière. Par celle caractéristique des vieilles pierres rances et moisies, non une autre odeur camphrée…
Il demande aux autres de patienter à l’extérieur d’un geste autoritaire et éloquent. Il pénètre plus avant dans l’immeuble, et sur le mur observe une marque qu’il a déjà vue dans un autre lieu.
Un soleil noir stylisé. Ce symbole on l’attribue aux blafards, ces pauvres parmi les pauvres qui se terrent dans le décombres, qui grouillent dans les catacombes des villes ruinées.
Autrefois, quand il était soldat, il a contemplé ce même tag sur les murs d’un immeuble.
Il marchait sous les ordres du Montagnard, le plus proche conseiller du VoĂŻvod Viktor, le Karakhan, Le Seigneur Noir.
Toujours accompagné de sa suivante, Nikit, une afrikane sans âge. Un être glaçant, dont la joue gauche est toute nécrosée et le joue droite blanche comme la craie.
Son unité spéciale était déployée pour épauler les forces régulières. Dotés de grenades à fragmentation, ils ont parcouru l’immeuble, pièce par pièce, ouvert chaque porte, et derrière eux laissé un déluge de feu.
Dans un immeuble similaire il a procédé à une opération d’éradication. Oui, éradication.
Funke est chargé de rallier les autres
L’Oranger se souvient alors d’un détail au sein du rapport de terrain des spitaliers : la proximité d’une cascade.
Et de l’eau il y en a ! En suivant un immense escalier qui épouse l’un des flancs de l’immeuble, celui caché à leur vue lorsqu’ils sont entrée dans la vallée, on domine le flanc de celui-ci et le panorama offert sur une forêt noyée. Une tourbe fangeuse apparaît, de ci de là, entre les arbres.
Prudemment, le garde corps rouillé ne pouvant d’évidence plus remplir son office, Funke descend vers le bruit d’écoulement d’eau.
Mais au bas des marches, le grand vantail qui s’ouvrait jadis sur cette portion de l’immeuble est noyée sous les eaux. L’eau alentours est souillée et dégage une odeur nauséabonde.
Il remonte pour rejoindre ses camarades et ceux-ci repèrent sur la façade une platine métallique. Kitty y appose sa main. Une lueur verte cours sur la platine. Une voix synthétique déclare : « identification requise ».
La jeune femme dit, hésitante : « Kitty ».
-«Mais non ! Se récrie Léo. Qu’elle est conne ! C’est certainement pas toi que machin connaît. Donne le nom du Karakhan. » 
-« karakhan »rien ne se produit sinon la réitération du message.
« Essaie Nikita Karminov » lui dit alors l’Oranger, plein d’espoir.
« Nikita Karminov » répète-t-elle avec difficultés.
Une série de sonorités flûtées suit son intervention, puis des bruits de vérins et un porte se dessine sur mur. Une volée de marche s’ouvre sur un couloir de brique faiblement éclairé.
Sextadex place la main sur la platine. La porte se referme après l’émission d’un message mentionnant une tentative d’intrusion en cours à laquelle suit une procédure de sécurisation.
Chacun tente, et seuls Kitty et l’Oranger parviennent à activer la platine.
La troupe s’engage
Funke descend prudemment l’escalier qui mène à une seconde porte, muni d’un système identique.
Sur le mur de briques, à hauteur du regard figure le logotype « RG ».
La porte ouverte, les vagabond se trouvent alors dans une salle aux vaste proportions.
Le sol est jonché de débris, mais suspendu au plafond d’un noir moiré, un assemblage de cabochons de vert les domine. Au bas des marches gît la dépouille empoussiérée d’un homme.
Ses serres squelettiques Ă©treignent un dictaphone.
Sextadex déclenche la lecture. Tous écoutent attentivement. Incrédules
C’est un enregistrement surgit du fond des âges. Il date des années qui
suivirent le grand désastre.
Kitty se tient en retrait, absente.
Léo s’en émeut. « Eh toi, d’où tu viens. Comment s’appelait le tas de boulon qui te servait de pote. Eh c’est quoi ton nom ?
Elle hésite, bafouille, danse d’un pied sur l’autre
-« Prouve moi que tu n’es devenue une Usudi, le jouet du Dushani, t’aurais pas un chakra sur le bide maintenant comme dans l’enregistrement ? »
-« Ah c’est ça, rince toi l’œil mon vieux. Mate moi ça, vieux cochon ! » dit-elle en écartant brusquement les pans de son corsage.
Effectivement sur sa poitrine son apparues des marques rosâtres, dessinant les formes du chakra des balkans, le cratère d’Usud ou l’amorce se répandit après la chute du météore.
Sextadex commente que les nanites doivent faire effet, ce qui explique qu’elle ne soit devenue comme Féodor.
L’Oranger, passe la main sur l’un des cabochons de verre. L’artefact est parcouru de signaux lumineux. Un clavier déporté descend pour se placer à hauteur d’homme. Les touches sont identifiées par ce que Sextadex identifie comme des caractères cunéiformes, en usage en des temps très reculés.
Il retranscrit à l’aide du clavier ce qui leur a jusqu’alors servi de sésame.
Un hologramme tremblotant est alors projeté sur le mur. Il n’a pas de son, ou grésillant et par intermittence. Une femme en tenue de soirée, tenant à la main une flûte de champagne la tend vers le spectateur en déclarant bienvenue à la cascade 200.
Sextadex manipule le clavier afin d’améliorer la diffusion, sans succès
Puis apparaît, après une brève interruption un homme d’une quarantaine d’année, au sourire carnassier, à la mise impeccable et au regard pénétrant.
Ce regard, c’est celui du Karakhan, Léo et l’Oranger en sont intimement convaincus.
Sextadex saisi 200 sur le clavier. Une sonorité sifflante froisse les membranes des hauts parleurs, un message audio retentit :
« procédure de sécurisation en cours, je répète, procédure de sécurisation en cours... »
L’ensemble des vagabonds se rue hors du bunker, gravissant quatre à quatre l’escalier métalliques et se glissant au dehors, à l’air libre avant que les portes ne se ferment.
Une fois celles-ci fermées l’Oranger s’échine à activer la patine, en vain, le lieu a perdu son énergie.
Sur le seuil, ils échangent des propos décousus sur leurs découvertes. Ils échafaudent moult théories. De ces propos confus, il ressort que :
- l’enregistrement daterait de peu de temps après le désastre et témoigne des première affections autour du cratère de Souffrance en Franka
- le patient 2 est potentiellement un marauder encore vivant, probablement le Karakhan
- le karakhan est un marauder, probablement le Nikita Karminov qui a acquis les bunker pour le compte de R G, soit le Recombination Group.
- les bunkers sont dispositifs établis avant le désastre afin que des personnes désignés, puissent grâce au nanites développer un certain programme. Ils devaient se réveiller selon un certain calendrier
- les maraudeurs chassent les dormeurs qui constituent ces générations préparées en bunker pour leurs nanites et se maintenir en vie.
- les maraudeurs ont plus de cinq cent ans.
-kitty et l’Oranger ont absorbé des nanites et sont, du point de vue des maraudeurs assimilables aux dormeurs des cascades
- quelque chose a foiré le plan bien organisé mais qui mais quoi
- l’amorce était elle prévue ? Les cascades constituent-elles une réponse à l’amorce ?
Sonnés, ils se tiennent sur l’escalier dominant la tourbière issue des eaux vomies par la centrale qui abritait des dormeurs.
Alors Sextadex entend soudain kitty, plus haut sur les marches que le reste de la compagnie s’exclamer en direction de Léo
« Radovan, Nu skariei Bistra Idi Ciuda ! »
Celui-ci réplique, d’un ton uni : « da, da,... »
Alors l’Oranger, siffle : « Ruhe, bitte »
disctent des informations esprits melés
Oui, cette voix, Sextadex s’en souvient.
Alors, occulteur en mission, il avait rejoint le Palais des Fumées pour participer à une réunion d’état major organisé par le Voïvode Viktor, mais ourdi par celui-la même qu’il était chargé de surveiller : le karakhan.
Prétextant une épidémie de Typhus à juguler, le Voïvode charge le Spital en délicatesse avec les autorités, de diligenter une opération d’éradication de la vermine dans une vieille usine électrique désaffectée à la périphérie de la ville.
C’est donc en tenue de spitalier, sa couverture, officier Siegfried, que Sextadex, se rend dans l’immeuble avec le commando et quelques troupes d’élites du Voïvode iou plutôt de Karakhan. Tous sont dotés de grenades à fragmentation afin de détruire les caves de l’immeuble, tandis que l’équipe scientifique doit répandre un gaz de combat.
La vermine ce ne sont nullement les poux et les puces, mais biens les hommes qui peuplent le complexe. Funke est à ses cotés, c’est lui, qui régulièrement l’a renseigné sur les liens troubles du Spital en raison de sa position privilégiée auprès de Hatch.
C’est lui Sextadex qui alimenté en fonds la nuée du bordel et le renseigner sur les faits et gestes des soudard du karakhan.
Il se trouve lĂ , dans cette usine perdue au milieu de la forĂŞt qui gangrène la ville, quand Ă  deux minutes de l’opĂ©ration  un gamin de huit ans, apeurĂ©.
Ses yeux lui mangent le visage. S’il l’élimine, il grillera sa couverture, car dans la pièce, alors qu’il s’apprêtait à enjoindre l’enfant à mieux se cacher, se tient la prometteuse chercheuse, Emma Rottenberg. Elle se porte vers l’enfant veut lui offrir son masque. Ils sont deux autres planqués et un bébé qui menace de vagir.
Une minute avant le déclenchement.
Sextadex gagne l’armoire électrique la plus proche et s’apprête à diffuser un message d’alerte sur le réseau électrique de l’immeuble à destination des locaux. C’est alors que surgit derrière, le fusil d’assaut à l’épaule le soldat Radovan
«Qu’est que vous foutez là. Faut éliminer la vermine. »
Sur ce, la balle fuse et étoile le front du jeune garçon noir médusé qui s’effondre.
Il ajuste sa visée sur le deuxième tir, la femme et son enfant.
Sextadex brandit son gantelet électrique et projette sa décharge sur le mercenaire.

Son corps sous le coup de la décharge s’agite en tous sens. Le coup dévie et frappe la jeune spitalière près de l’épaule, elle s’effondre également.
Retentissent alors les premières explosions. Sextadex n’a que peu de temps. Il ôte son masque à gaz, enregistre le message, le transmet, puis utilisant son vocodeur, imite la voix de l’officier et donne l’ordre du replis général. Ainsi, sa couverture est sauve et il aura le temps de fouiller tout à loisir les lieux pour s’assurer de ce que voulait faire disparaître Karakhan.
Radovan gît à ses pieds, estourbis par la décharge délivrée.
Sextadex s’approche de Emma, sort son pistolet d’ordonnance et dit « rien de personnel, il ne faut pas qu’ils sachent »
Funke bondit vers lui et maladroitement tente de lui arracher son pistolet sans succès.
Non cela doit ĂŞtre fait, Ă©carte toi.
Sextadex achève la jeune chercheuse. La est mort son coeur.
Puis tous deux placent le corps dans la cache où s’étaient réfugiés l’enfant et les jeunes femmes.
Funke n’a pas su convaincre Sextadex. Il porte en lui le remord de ne pas avoir su imposer sa décision. De préserver la vie d’Emma. Elle aurait pu être dissimulée dans la carcasse de voiture envahie par la végétation qui marque l’entrée du complexe.
Ils auraient pu fuir ensemble et adopter une autre voie

Playlist :
Stalker de Bernard Lustmord et Robert Rich
Biogenesis de Eliane Radigue
rythme cardiaque en lente montée mêlée à la friche industrielle, idéal pour les scènes de réminisences
Oystered de Oren Ambiachi
magnifique sonorisation pour les dushani, effet garanti !
Clair Obscur
morceaux Tiresias, Blume,


Feuille de forĂŞt :

E exploité
HOMMES
Serdes E
Raid E
FĂ©odor le Ferrailleur E
Mira
Zorica Stovanovic 
Karakhan E
Petro
Cymri mac de la nuée E
Yugo cherche Mara
Le Banni (aventurier loser)
BÊTES 
Vuk E 
chenapon 

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crédits : Claude, par courtoisie

HORLAS 
Rapha Usudi 
Soma
E Echo (Dushani)

NATURE 
E Vitosha 
E Pic Noir 
E SOFIA
BEOGRAD 
ISKAR
OUTILS 
E Témoignage audio 
AMSUMO
Le Livre des noms

EMPRISE 
E La faim
E renoncement
E secrets

ÉGRÉGORE 
E Amorce 

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crédits : Claude, par courtoisie

Goupils :
Joueur de / Goupil de 
L'Oranger     /  Léo 
Léo     / Sextadex 
Sextadex / Funke 


Commentaires sur le jeu :
Nous avons consacré une heure sur le briefing dans les deux phases
Phase 1 Funke et Sextadex
Phase 2 arrivée de Léo et l’Oranger
Nous avons consacré quarante cinq minutes à la création de personnages.
Ce retour concerne ce que nous considérons comme le pilote de la série, joué en plusieurs séquences avec de plus un effectif variable.
Tout le monde Ă©tait assez content de la partie, et moi de mĂŞme.
Nous avons estimé que les règles d'Arbre nous ont permis de développer une histoire riche et poignante.
Les prix à payer, ont, dans la plupart des cas, été intégrés dans la fiction, sauf à ce qu’ils soient suggérés par les goupils.
Le fait que le jeu soit initialement conçu en jeu par tour ne s’est pas ressenti.
Ce fut une découverte en fin de session, au moment du bilan.
La première partie de l’histoire, à deux joueuses était en intime pour passer un cran au dessus à l’arrivée des vuks
D’évidence, ce retour est atypique puisque Millevaux n’y est qu’effleuré. Toutefois, Degenesis, présente d’évidentes similitudes, et j’ai pris le parti de tordre ma présentation de son univers vers Millevaux. Les puristes de Degenesis seraient probablement chagrins.
Lorsque j’ai sollicité l’avis des joueuses de l’Oranger et Léo, le retour était plus qu’enthousiaste. Leur participation était imprévue et a été totalement improvisée. Nous jouions lorsqu’ils ont frappé à la porte afin de souhaiter l’anniversaire de Mathieu avec retard, vers 18 heures, et finalement sont repartis le lendemain vers 6 heures 30.
Je suis ravi de mon expérience avec Arbre. La campagne n’est pas achevée et c’est pourquoi je n’ai pas communiqué les feuilles des personnages.

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crédits : Claude, par courtoisie

Mathieu (17 ans )(Sextadex / Siegfried)
Le système d’Arbre est intéressant, mais cependant utilisé par deux joueurs et la garde forestière celui-ci ne semble pas tout à fait viable. En effet le système doit être modifié par les trois personnes autour de la table pour éviter des conflits longs et inutiles autour du goupil. La modification que nous avons apporté est de substituer au mot clé « tais toit goupil » « tes mots ne m’atteignent pas » après une intense réflexion. Malgré cela, ce nouveau mot clé ne fonctionnera pas pour toutes les tables de trois personnes, cela dépend de la sensibilité de celles-ci.
Le système de feuilles limite le personnage dans sa globalité et peut forcer à créer un anti héro en raison des branches mortes et cela change des jeux de rôle plus traditionnels ou l’on créé son héro qui ne pourra que progresser. Ce jeu pour moi est uniquement basé sur l’ambiance autour de la table, d’où la modification mentionnée plus haut, même si celle-ci n’a plus d’intérêt lorsque l’on dépasse trois personnes autour de la table.
Gabriel (13 ans) (Funke):
Le système de jeu Arbre me semble adapté aux parties que je fais avec mon père et mon frère, car on laisse planer le doute sur des pans entiers des personnages. On a une dimension qui ne se trouve que dans très peu de jeux de rôles, celle d’incarner une gueule cassée qui erre entre l’abandon et l’oubli. Selon moi, le nombre de joueurs n’impacte pas tant le jeu, sauf dans le cas ou il n’y aurait que deux joueurs, une garde forestière et un errant, auquel cas on se priverait de la mécanique, fort intéressante du goupil. Ce qui fait ce jeu, c’est son ton qui est loin d’être conventionnel. Ce qui permet à des joueurs de tous horizons d’incarner des héros magnifiques et pitoyables dans un univers libre. En effet, même si à notre table, nous avons émulé l’univers de Degenis Rebirth et pas exploré l’univers des forêts de Millevaux, l’expérience a pour moi été un franc succès.

Dernière modification par Claude (12 Nov 2017 03:47)

Hors ligne

#4 06 Nov 2017 10:21

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Salut Claude,

A. Un grand merci pour ce compte-rendu ! C'est vraiment très évocateur ! ça avait l'air d'être super chouette. Une complète ambiance post-apocalyptique comme on les aime.

B. J'ai essayé de repérer dans la fiction les moments où tu as utilisé les prix à payer, je n'ai pas toujours deviné, mais j'ai supposé que la mort de certains personnages y était liée. J'ai cru comprendre aussi que tu avais beaucoup utilisé les flashbacks, et ça c'est super !

C. Content aussi que vous ayez utilisé les goupils et créé des persos vraiment marginaux, c'est le coeur du jeu.

D. Je ne connais pas vraiment l'univers de Degenesis Rebirth, ça a l'air d'être très fouillé. Il y avait une ambiance Volodine dans votre CR, et même aussi un peu de Horde du Contrevent je dirais. Je pense que ça se marie bien avec l'univers de Millevaux, la preuve tu as réussi à relier des menaces de Degenesis à l'égrégore ou aux horlas.

E. Si jamais ça t'intéresse, tu peux retrouver la description des Balkans dans Millevaux dans l'Atlas.

F. Pour la suite de ta campagne, je peux te suggérer cette playlist.

G. Je te propose de compléter ton récit de partie par ce sous-titre et cette image, qu'en penses-tu ?
Une plongée sourde, mentaliste et désabusée dans les Balkans post-apocalyptiques, inspirée de l'univers de Degenesis Rebirth. Un récit par Claude !
20131122225104.jpg
(crédit : image sous copyright, auteur inconnu)


Auteur de Millevaux.
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#5 06 Nov 2017 13:46

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Thomas,
Tu as vu juste. J'ai intégré le plus possible les liens qui se tissent entre joueuses et figurants et placé le domaine de cruauté de la Garde Forestière. En dehors des scènes d'exposition, je suis demeuré en retrait et les goupils ont beaucoup parlé. Parfois, je demeurais spectaculairement des échanges et attendais le tais toi Goupil qui me permettrait de revenir en scène.
J'ai structuré la partie autour des réminiscences des vagabonds, et je suis allé jusqu'à en jouer deux imbriquées avec un flashforward dans la partie consacrée aux dilemmes de Sextavex, Emma et Funke.
La joueuse de Funke a renoncĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment  Ă  sauver Emma pour Ă©coper de la feuille remords correspondante et disposer d'une palette plus large Ă  jouer.
Je vais lire attentivement Atlas pour la suite de la campagne.
Dans playlist je n'ai citĂ© que ce que j rĂ©ellement utilisĂ© en jeu. Ma playlist fait  6 heures et j'ai pas mal de rĂ©fĂ©rences communes avec la tienne. Mais je vais explorer celle que je connais pas, merci beaucoup.
Quant au chapeau et à la photographie, oui sans réserve.
J'ai posté sur mon fil Google+ des photos de la table
J utilise des photographies 13x18 en guise de feuilles pour la forĂŞt
Claude

Hors ligne

#6 06 Nov 2017 16:37

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

H. En fait, je me demandais justement dans quelle temporalité se passait le moment où Sextavex tue Emma. C'est dans le futur ou dans le passé ?

I. J'ai vu sur G+ que tu évoquais la richesse et la complexité du jeu. Est-ce que c'était une difficulté ou une opportunité ?

J. Les photos de ta table sur G+ sont super ! On voit que tu as fait un gros boulot de mise en ambiance ! Tu m'autoriserais Ă  les reproduire dans ton message de CR ?


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#7 06 Nov 2017 19:21

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Nous nous sommes immergés dans le passé de Sextadex afin de répondre à la question : comment ton coeur a cessé de s'émouvoir au contact des autres ? Afin de résoudre les dilemmes du personnage, nous avons envisagé plusieurs possibilités, plusieurs issues et nous étions alors dans les futurs de son passé, communs avec celui de deux autres joueuses. Ces mouvements dans la ligne temporelle répondent au titre de la campagne : Fragments.
Un hommage à l'album éponyme d'Andreas, ma surtout l'ambition d'évoquer l'érosion des ancrages temporels des personnages, noyés dans le chant des Dushani. Ceux-ci sculptent les sons mais aussi les souvenirs.
Mathieu apprécie la psychohistoire d'Asimov mais aussi Doctor who. Je m'efforce de proposer un passé en perpétuelle recomposition aux joueuses. Des phases syncopées et contemplatives alternent. Ces dernières offrent l'opportunité d'ajouter à l'horreur, au sordide du monde une proposition esthétique forte.
ARBRE, par la complexité de ses mécanismes offre l'opportunité de défricher des sentiers inconnus de notre pratique. C'est la richesse indéniable de ce jeu.
Naturellement tu es libre d'utiliser mes photographies.

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#8 06 Nov 2017 19:43

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

J'ai omis de mentionner l'un de tes conseils qui s'est rĂ©vĂ©lĂ© prĂ©cieux :  mĂŞler l'expĂ©rience de diverses parties passĂ©es. La sĂ©quence du dĂ©cryptage du message selon le carrĂ© de Polybe a ouvert de belles perspectives, au delĂ  du fait de leur offrir une Ă©nigme Ă  rĂ©soudre. Un prĂ©cieux conseil.

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#9 07 Nov 2017 08:47

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
Site Web

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

OK. Donc en terme de gestion temporelle ça a été labyrinthique. Très cool !
A ce titre, je recommande la lecture des comptes-rendus Pompéi et La Photographie. Si cela t'intéresse, je peux aussi t'envoyer mon essai sur le Vertige Logique, ou sinon, en plus synthétique, il y a la conférence dédiée (audio, vidéo)

J'ai intégré tes photos au compte-rendu !


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

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#10 07 Nov 2017 10:11

Claude
membre
Inscription : 14 Oct 2017

Re : [Arbre] Comptes-rendus de partie sans Thomas Munier

Merci !
J'avais lu avec intérêt la photographie, je lirai Pompei.
Je suis très intéressé par ton essai sur le vertige logique.

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