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#1 05 May 2018 11:45

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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[Écorce] Comptes-rendus de partie

Viscéral. Survivaliste. A l’ancienne.

Une tentative de jeu total pour Millevaux, motorisé par Donjons & Dragons première édition, et personnalisé avec tout un tas de règles purement narratives.

Page du jeu

* : partie enregistrée
** : partie enregistrée, sans compte-rendu écrit
(V) : Campagne vosgienne

Comptes-rendus de partie par l'auteur :

1. Le col du Grabougnat ** (V)
Une escapade tragi-comique dans les Hautes Vosges sauvages et redoutables !

2. Maléfices à Fossemer * (V)
(Suite de la campagne vosgienne dans un village de mécréants où le diable se cache dans tous les détails ! Compte-rendu rédigé par Brisecous. )

3. La Roche du Diable ** (V)
Deux Corax prisonniers dans une boucle temporelle et motivés par la vengeance !


Comptes-rendus de partie sans l'auteur :

1. Chasse Ă  l'auroch
Premier playtest extérieur à partir d’une version brouillon, dans cette escapade picarde et rurale. Un récit par Claude.

2. ParanoĂŻa
Suite de la campagne-test d’Écorce par Claude. Le groupe est agité par des tensions surnaturelles qui font tourner les choses au désastre.

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crédits : CIFOR, Jeremy Board, licence cc-by-nc, galeries sur flickr.com


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
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#2 05 May 2018 11:45

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Écorce] Comptes-rendus de partie

[Partie de jeu de rôle enregistrée] Écorce : Le col du Grabougnat.

Une escapade tragi-comique dans les Hautes Vosges sauvages et redoutables !

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#3 01 Jun 2018 12:19

Thomas Munier
auteur de Millevaux
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Re : [Écorce] Comptes-rendus de partie

CHASSE À L'AUROCH

Premier playtest extérieur à partir d’une version brouillon, dans cette escapade picarde et rurale. Un récit par Claude.

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crédits : Adibu456, cc-by-nc, sur flickr.com

Écorce : tentative première
Nous avons joué cet après-midi, avec Gabriel.
Nous avons créé un personnage pour Gabriel.
Nous avons défini son entourage (servant qui avait lui-même deux servants) puis le reste de la communauté.
J’ai proposé à Gabriel de définir deux personnages au sein de cette communauté afin qu’il dispose d’attaches particulières avec ces personnages.
Au moment de débuter la partie, alors que je présentais la compagnie, je me suis rendu compte un peu tard, je l’avoue, que Gabriel envisageait son personnage comme un meurtrier nihiliste.
Gabriel éprouve une certaine difficulté à ce que les dés le dépossèdent de ses choix de joueuse pour la conception du personnage, et notamment que la classe de personnage lui soit imposée ou que les caractéristiques soient déterminées aléatoirement sans qu’il ait la possibilité d’exercer des choix sur la répartition.
Nous avons longuement discuté et avons convenu de reprendre au début, sans s’attacher à ce qui avait été préalablement élaboré.
Cette fois-ci, nous avons suivi la création de personnage de façon mécanique puis après Gabriel s’est interroger pour transcrire les attributs du personnage en une ébauche de personnalité.
Gabriel joue La Taupe
Un surnom La Taupe, mais elle ne se souvient pas de son nom véritable.
Plutôt petit avec des traits androgynes. Il est mince. Assez mauvaise vue, doté en revanche d’un excellent odorat. Il sait lire dans le cœur des gens. C’est un coureur de fond.
Viande 9 Os 11 Nerfs 9 Tripes 11 Crâne 10 Gueule 13 (+1) PV 6, penchant : ordre , malédiction : la tuerie ;
1 objet mémoriel : statuette de calcaire [Vénus de Willendorf]
2 relique : lampe torche
3 dix caps
4 arme : une hache de pierre polie dégât 1D6
état : au supplice
Son handicap ne lui est pas connu, Ă  son choix. Il contamine son entourage.
Nous jouons en forêt de Compiègne, aux abords de Saint Jean aux Bois, à trente kilomètres de chez nous.

J’ai présenté une carte IGN de grande randonnée découpée pour ne pas laisser apparaître la mention de la ville de Compiègne, qu’il connaît fort bien. A l’issue de la partie, il m’a dit que nous devions être en Alsace.

La compagnie a essuyé des pluies diluviennes qui chassent le gibier qu’ils ont coutume de charogner loin de leurs territoires habituels.
Introduction : Le Passeur, les guide en barque depuis plusieurs jours, dans un paysage méconnaissable de forêts noyées sous les eaux turbides de l’Isara (Oise), qui a quitté son lit. La Fouine une jeune fille gracile que l’on repère à sa lance au milieu des hautes herbes a fini par repérer un groupe d’Auroch égarés.
Alban, le beau ténébreux qui fait office de capitaine, a lancé la chasse. En pointe, avec La Fouine ils se sont approchés d’un jeune impavide qui broutait loin du troupeau et surtout loin du mâle dominant. Las ce dernier a fondu sur eux et embroché la pauvre Taupe.
En dehors des figurants déjà évoqués ce groupe de charognards opportunistes comprend Aleko, un gars efflanqué, bordé par deux primitifs Gaïus et Cernos que la troupe a recueilli depuis peu, La Tige, un géant taciturne, maigre comme les ajoncs qui ont poussés alentours sous les pluies diluviennes, toujours attaché au pas de Roussotte, une fille à la peau cuivrée et la chevelure de feux, couverte d’un entrelacs de fougères et de lierres savamment tressés.
Depuis, la compagnie a erré sur sa barque au milieu du décor désolé cherchant une berge pour accoster à pied sec et trouver à manger.

[Alban est un jeune homme à la beauté ténébreuse, à chevelure d’un noir intense qui cache à tous sa nature de Corax. Il est épris de Roussotte, une maletraite qui cache sous le lierre de sa robe champêtre des ailes diaphanes. Elle est possédée par l’esprit de KIERDIUS, le plus vieux chêne que compte la forêt et nantie d’un souvenir trompeur d’un havre de paix, sous forme d’une demeure paisible au bord de l’eau que domine un arbre à mémoire centenaire. Elle n’est pas insensible au charme du Corax, mais son esprit est accaparé par sa quête que s’emploie à satisfaire son soupirant.

La Tige est simple et droit. Et il ne plie pas comme le roseau mais ne saurait se résoudre à avouer l’amour qui le consume. Il est éperdument amoureux de Roussotte et fera tout pour la préserver et paver son chemin de roses. Aleko le tueur a pour serviteurs Gaïus, un primitif qui attire les spectres et Cernos, un dévot, qui sent une ombre se profiler sur eux, mais sans pouvoir en identifier la source.

La Fouine est très jeune, elle est mal entendante. Le Passeur est un maletrait qui dissimule sa difformité (un troisième bras replié sur son ventre) aux autres et s’attache à les protéger]

Notre aventure débute à presque aube. Alban presse La Fouine de trouver la trace du troupeau de les mener vers la prairie, où selon la carte du Passeur se trouve la demeure que cherche son aimée. Ils caracolent loin devant. Bien vite La Taupe se laisse distancer. Aleko et les siens poursuivent leur chemin et rattrapent leurs devanciers tandis que Le Passeur rebrousse chemin et s’enfonce au cœur des bois. La Taupe s’adosse à un arbre et se trouve entouré de La Tige et de Roussotte. Il souffre et peine à respirer, en raison de ses côtes enfoncées. D’une main leste, La Tige lui applique le cataplasme qu’à préparé Roussotte et masse la plaie puis lui interdit tout mouvement. De sa grosse voix il le somme de dormir maintenant. La Taupe navigue entre conscience et inconscience. A un moment Roussotte congédie, manifestement alarmée leur ami et s’allonge contre La Taupe que la fièvre taraude. Il grelotte. Il a froid. Elle se love contre lui et le réchauffe. Il sent à son réveil, à l’aube, une odeur qui flotte contre son corps. Une fragrance entêtante que les suées de sa souffrance dissipent trop tôt. C’est le parfum qui flotte après le mois de Péril qu’ils traversent, lorsque les fleurs sont toutes épanouies et que les insectes butinent avidement.
Roussote plus loin accroupie observe quelque chose dans les ronciers en contrebas du fossé.
Après s’être assuré que son compagnon a recouvré sa lucidité elle ouvre la marche et lui demande de semer les cornouilles qu’elle lui a confié, une tous les trente pas.
Elle file devant lui et bientôt se fond dans la masse buissonnante. Seule son pas rapide, l’éclair de sa chevelure rousse lui donne la direction à suivre. Et il sème ses cornouilles. Elle lui a dit avec un regard malicieux que cela saurait le décider à les suivre.
Bientôt, alors que l’aube étend ses couleurs sur le sous bois, même le raffut de Roussotte s’éloigne de lui. Il est à nouveau à la peine, lorsqu’il entend un craquement sinistre sur sa gauche.
Dans les buissons deux gaillards se dissimulent, armés qui d’une javeline qui d’une épée.
Ils se jettent sur lui en hurlant. L’homme jette son javelot que La Taupe esquive lestement, tandis que le second se rue dans sa direction avec la ferme intention de l’étêter.
La Taupe évite la frappe cinglante, le second s’empare de son poignard et se fend sur sa droite.
La Taupe l’esquive et jette sa hache sur le bretteur. Hélas, dans la précipitation elle se fiche au sol, la lame de l’épée lui fouaille les chairs et tinte sur son crâne.
Il choit, mais demeure conscient, se redresse et s’empare de sa hache pour fracasser le menton de son assaillant qui le toise. Celui lui assène un nouveau revers de sa lame d’un bruissement de fer et de sang, puis s’effondre dans un râle, la tête la première à ses côtés.
Le Passeur essuie sa lame acérée sur le cou de l’assaillant.
Bientôt, La Roussotte le rejoint et suture à vif sa plaie béante au torse.
La douleur le transperce mais il tient bon et la surmonte, songeant au fil de la lame fondant sur lui, qui aurait du lui ôter toute vie. Il forge ce souvenir au son qu’à produit la perfide créature de fer en ouvrant ses chairs, il enchâsse cette horreur au coeur de son crâne, pour que jamais il ne souffre à nouveau pareillement.

La Taupe a perdu 1 point de tripe et se trouve à nouveau aux abois avec 1 PV à l’issue de ce second quart.

Nous avons joué une heure, deux quarts et deux péripéties.
Gabriel était très réceptif et très enthousiaste
J’étais Au supplice, loin de tout confort (mon pc m’a lâché et nous avons joué à l’ancienne avec une copie qualité brouillon de tes notes, sans ambiance sonore, sans support iconographique).
J’ai joué les mouvements (bruité). J’ai rudoyé Gabriel pendant la passe d’armes. J’ai par contraste posé ma main sur la sienne, dans le quart d’offrande / récompense ou Roussotte lui tenait chaud.
Je pense que les réserves de Gabriel quant à l’OSR sont levées et que les émotions étaient au rendez-vous.
Nous devrions jouer la suite demain soir.


Commentaires de Thomas :

A. Un grand merci d’avoir playtesté Ecorce avec les moyens du bord ! Je retrouve les règles et l’ambiance que je voulais, du moins dans ce que je peux voir, puisqu’en une seule séance vous n’avez pas tout déployé.

B. La création aléatoire de personnage peut être frustrante, j’en conviens. Elle sert plusieurs buts :
- prolonger le principe de D&D1 où on tire ses caractéristiques au hasard
- rendre la création plus rapide
- limiter l’optimisation
- rappeler le fait que le personnage est amnésique et se découvre lui-même.
Est-ce qu’à l’issue du test, Gabriel s’est réconcilié avec la création aléatoire ?

C. Petite entorse aux règles des créations : La Taupe démarre avec quatre items tirés au hasard, ça c’est tout à fait correct. Mais tu adjoins un servant. En théorie, un personnage ne peut démarrer avec un servant que s’il en a tiré un ou plusieurs parmi ses items tirés au hasard.

D. Je trouve que mentionner le nom des quarts de journée dans le récit rajoute à l’ambiance:)

E. Très sympa que tu aies repris le concept des cartes IGN pour jouer ! A moins que tu tiennes à cette carte, vous pouvez gribouiller dessus au fur et à mesure de vos explorations.

F. Autre customisation possible : celle de la feuille de personnage (voir exemples en pièces jointes).

G. Est-ce que c’est Gabriel qui a défini le type d’aventure désiré comme le prévoit le jeu ? (en gros, la quête de son personnage ; l’aventure désignant une quête commune quand il y a plusieurs personnages)

H. Quand je crée une communauté pour Ecorce (ce que tu as fait), en général, je laisse chaque joueuse décrire un figurant, et j’en rajoute pour arriver jusqu’à 6. Là, je note que vous avez décrit 8 figurants dans la communauté. Qui les a décrits ?

I. Est-ce que tu as tiré des péripéties pour déterminer ce qui se passait durant ces deux quarts de jeu ?

J. Les brigands tendent une embuscade à La Taupe. Si j’avais dû gérer cette scène, j’aurais décrit la zone en indiquant un petit indice de la présence des brigands (par exemple : les arbres sont en fleurs et dégagent les mille effluves du printemps. Quelque chose brille dans les feuillages) et si le joueur omet de relever le détail et d’enquêter dessus, alors je réussis mon embuscade (sauf si le personnage est au abois, dans ces cas-là on tire l’initiative au d6 comme un combat classique). Comment as-tu procédé ?

K. Tu omets de préciser si les personnages ont récolté du butin sur les brigands. En théorie, le figurant qui a tué un brigand aurait dû récupérer un souvenir de celui-ci (et dans ces cas-là, je tire au d6 : sur 1-3 c’est un souvenir qui apporte un renseignement directement utile, sur 4-6 c’est un souvenir non lié à la scène, mais qui peut apprendre autre chose et peut dans tous les cas être revendu) et aussi se prendre un choc mental et perdre des PV (0 pour un tueur, 1 pour un sorcier ou un figurant sans classe, 2 pour un idolâtre). Je permets aussi aux personnages de récupérer le matériel qui a été précédemment décrit sur les victimes (ici, les armes de brigands) et une fouille permet de trouver un item supplémentaire tiré au d20 sur la même table que celle de création de personnage. Comment as-tu géré de ton côté ?


Réponse de Claude :

B. Gabriel a accepté la contrainte et commence à en voir le fruit au travers de la fiction que nous avons déployé. Sa frustration majeure résidait dans la détermination de la malédiction. Après explication, cela lui convient.
C. Il n'a pas de serviteur, c'est Aleko, un figurant qui en a. Dans le cas du premier personnage, Alessandar, il avait un serviteur parmi les 4 matériels déterminés. Nous l'avons créé ensemble et il avait lui même deux serviteurs (que j'ai créé sans rien lui communiquer), c'est la pièce rapportée au groupe que nous avons conservée.
E. C'est déjà fait et elle a été vieillie au café au préalable. J'ai prévu une carte des Vosges de GR pour un autre setting.
G. Il a opté pour du bac à sable, avec la simple volonté de recouvrer ses souvenirs que l'adversité lui a dérobé (ce qui est déjà ambitieux)
H. Gabriel en a défini trois Aleko, Le Passeur et La Tige
I. Oui Récompense puis embuscade la compagnie est attaquée par un groupe qui protège une déité horla
J. Il était alors aux abois et les a repéré avant qu'ils ne le comprennent, mais n'en n'a pas tiré avantage
k. Il a récupéré un souvenir immédiat. Ce ne sont pas des brigands, mais des dévots qui protège l'arbre mémoire des impies qui viennent souiller le sol. Le Passeur a récupéré l'information, mais nous avons a finir le quart et déterminer ce qu'il communique à La Taupe. Je n'ai pas joué cela au hasard, je considère que le gaillard qu'il a trucidé sournoisement était tout entier à sa fureur assouvie d'avoir éliminé un mécréant. Quant au second je ferai le test selon ton indication. Et désormais, le Passeur est dans un sale état. Ce n'est plus de son âge dira t il à La Taupe


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#4 08 Jun 2018 07:34

Thomas Munier
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Re : [Écorce] Comptes-rendus de partie

MALÉFICES À FOSSEMER

Suite de la campagne vosgienne dans un village de mécréants où le diable se cache dans tous les détails ! Compte-rendu rédigé par Brisecous. Un grand merci à lui !

Jeu : Écorce. Aventures extrêmes dans les forêts maudites de Millevaux. Viscéral. Survivaliste. A l'ancienne.

Joué le 18/05/18 sur google hangout

Personnages : Toussaine la tueuse maletraite, Fleurance le sorcier humain-animal

Partie enregistrée sur ma chaîne youtube

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crédits : Tim Ellis, licence cc-by-nc, sur flickr.com


Episode 2 de la campagne vosgienne

voir Episode 1 : Le Col du Grabougnat


Les personnages :

Penchants possibles : Ordre, Ambivalent et Sauvage. pas d'XP dans le jeu : On joue des niv 1 et on progresse en jeu.

Toussaine
Maletraite (mutante)
(Inapte au corps-Ă -corps)
Yeux d'oiseau
Penchant : Ambivalent (lien un peu complexe avec la nature)
Malédication : Tuerie (pas de choc mental quand elle tue)
Description : Femme d'un âge moyen, rides sur son visage mais elle le cache un peu car ses deux yeux sont noirs et ronds comme un oiseau des bois. Régulièrement couverte de boue et de crasse. Habitante des régions sauvages. Vêtue d'oripaux en grande partie déchirés récupérés à droite à gauche. Bras noueux. Ses vêtements transportent toutes les saletés. D'attitude, toujours aux aguets, grimpe sur branche basse pour mieux voir le village. Sur son épaule, petite grive tâchetée musicienne. L'oiseau a des yeux humains > Ripaille.

Fleurance
Prétiré n°1
Humain
Penchant : Sauvage (en lien avec la nature)
Malédiction : Sorcier (parchemin de sorts)
Description : Regard halluciné, yeux exorbités, barbe taillée en pointe, cheveux mi-longs emmêlés cachés sous un bonnet, cheveux et barbes poivre-et-sel, corps légèrement empâté par l'âge et marqué de diverses cicatrices, unijambiste environ 50 ans, probablement plus jeune. Long manteau grisâtre et rapiécé en "cuir" (?). Deux branches fourchues pour servir de béquilles.


Histoire
Ça se passe dans les Hautes-Vosges. On est amnésiques mais on se souvient de notre objectif de groupe. On n'a aucun souvenir sur l'univers. Vu qu'on est amnésiques.
But : On cherche le Horchêne, mutant légendaire hyper adapté à Millevaux et qui pourrait être la clé de notre survie dans ce nouveau monde.
DĂ©but de la partie
[Note de Thomas : Le compte-rendu est rédigé du point de vue de Fleurance]

Ca commence à l'Aube. Aube pas claire, il fait jour mais tout est en noir et blanc. Impression renforcée par les montagnes couvertes d'un blanc manteau. le ciel est un amas de nuages vraiment noirâtres comme du pétrole, d'où s'écoulent des coulées blanches comme des percées. L'astre solaire daigne parfois traverser deux arbres : melon blafard sans chaleur. On suppose à l'issue d'un périple à travers la forêt, on arrive au village de Fossemer. Il est au pied d'un lac gelé, des gamins font de la luge. dessus. 20aine de maisons alignées le long d'une avenue principale, toits couverts de 30 cm de neige, des gens en sabots, costume traditionnel vosgien (gilet noir), grosse moustache, chapeaux noirs, ils pelletent la neige, ils font une galerie au milieu de la grande avenue (1m de neige). Le village ressemble à un lieu troglodyte. Jappement d'un chien ou meuglement d'une vache. On est au mois de merdier. La pénurie du moment pour notre groupe, c'est le matériel. On manque de tout. Source principale de stress. Cette pénurie pèse sur moi : Mais ça va je survis. Etat de paranoïa.

Depuis la hauteur, une maison à l'écart du village, mène à une maison un peu plus loin. Depuis le toit, la cheminée est pétée en deux. Le chemin qui y mène dans la neige est en partie comblé.
Clocher de Fossemer : endommagé, toit en vrac, cloche tombée faisant une grosse flaque dans la neige. Ces dégâts ont l'air en partie vieux, et en partie récents. La chute de la cloche est récente. Cheminée de la maison cassée : son malheur est sans doute dû à la chute de la cloche.

On avance dans la rue principale, il y a trois-quatre paysans, certains font une mine dégoûtée, le 4e s'avance vers nous. Grosse moustache noire, un pif rouge, il boit de la mirabelle plus souvent qu'à son tour. Il fait : "Bonjour étrangers, je m'appelle Fournier". Fournier nous invite chez lui. "Il fait froid comme dans le giron de la vierge Marie qu'a jamais connu d'homme. On trouvera bien un moyen de s'arranger". Il nous amène dans sa maison, une des plus grosses maisons du village. A l'intérieur, la cheminée est éteinte car on économise le bois et dangereux d'allumer du feu. 2 magnifiques vaches vosgiennes, vaches noires avec plein de petites taches blanches. Grenier, gros sacs de toiles remplis de coquilles d'escargots, toute une collection d'herboristerie. Sa femme fait une tête de plus que lui, mains comme des bâtoirs, visage rougeaud, pas l'air commode. La jacqueline nous écrase la main en nous la serrant.
"- Vous connaissez peut-ĂŞtre des simples ?"
- "Oui, Nous pourrons échanger à ce sujet, sans problème"
On a volé du boudin à la Jacqueline. Ils se gueulent dessus. Le Fournier nous sert de la mirabelle. C'est chaud, fort et en même temps très fruité. Il nous en ressert direct. Et lui en boit aussi, mais à se demander si tout ne part pas dans sa moustache. Je feins un peu l'ivresse. Il nous sert une 4e mirabelle, une 5e, une 6e. Ils nous servent à manger en même temps. Il arrête de nous servir à boire. Il considère qu'on est saoûls.
"Bon allez, on va pas se mentir, vous connaissez bien de la magie noire ? Si vous me donnez un secret, ça paye votre séjour." Je lui propose un secret qui immunise contre l'alcool. Il me file une bombonne de jus de pomme, bombonne en verre entourée d'osier. Le jus de pomme sent la merde. Y'a juste un fond, mais si je mélange ça avec de l'eau ou une boisson, tu peux contaminer toute une famille avec la chienlit, tu perds tes entrailles par l'anus.
Il nous file un briquet Ă  amadou, du boudin pour tenir 2 jours et 4 rations de jus de pomme pour tenir 2 jours + une bombonne de chienlit.
Dehors on commence à retrouver les couleurs du jour, le soleil perce un peu et dépasse les arbres. On entend les croassements des corbeaux qui s'ébrouent dans le ciel.
Ils ont toute une pharmacopée sur eux. C'est ultra-craignos. On ne sait pas ce qu'il y a dans la cave ou dans le grenier. La Jacqueline c'est elle qui porte le pantalon. Elle ne se mouille pas mais elle décide. Il cherche toujours Jacqueline du regard pour avoir une validation.

Qu'est-ce qui est arrivé à votre clocher ? "Ca m'embête que la cloche soit tombée, c'est pas que les gens d'ici soient pas croyants, c'est juste qu'ils sont paresseux. Ils ne font pas leur devoir envers l'église. Normalement un nouveau curé devrait arriver. Le précédent il lui est arrivé malheur. Mais nous pour sûr on est croyants, on a des rameaux d'olivier à l'entrée (en vrai c'est du laurier-sauce). Ils utilisent du laurier-sauce, de l'ail des ours, plein d'autres trucs, des épices particulières. La sauge du diable, la girolle des corneilles et le champignon pied-de-bouc. Ca se mange mais y'a des petits effets spéciaux. Je vous en parlerai à votre prochaine cuite.
On sort prendre l'air, on croise une paysanne en sabots. Elle se présente, Mandine. Jolie fille avec tâches de rousseur et tout et accent vosgien à couper au couteau. Plutôt charmante et sent la vache. Elle s'adresse à Fleurance. Elle est empressée à me rendre service. Là c'est les deux maisons où y'a des vaches, les plus riches. Maison du Fournier/Jacqueline et l'autre, le Pierron et la Dédette qui habitent là, ils ont 3 vaches et un cochon, je vous dis pas comment il est gras. On va bientôt le saigner et faire du boudin. Elle nous montre l'église, vraiment abandonnée, racines, branches, ronces, bénitiers remplis d'eau noirâtre. Mandine : C'est fort tragique, un nouveau curé doit arriver. Depuis que le curé a disparu, y'a des maléfices. Une fois que le curé sera revenu, il pourra me marier. Moi je suis une catherinette, je suis en âge d'être mariée. Il me manque plus d'un beau fiancé qui viendrait d'un lointain pays et qui aurait de la culture. Toussaine reste en arrière, Mandine assez dévote, toute petite maison. Je vais avec Mandine. Elle a fait des tableaux de l'Angelus de Millet au crochet. "Tous les jours je prie Dieu". Elle me fait une tisane de mauve et elle m'offre un bouquet de fleurs séchées. Je lui offre un hand spinner. Je parviens à m'en sortir en lui disant que je dois poursuivre mon chemin. Le zénith est passé.

La trajectoire de la cloche n'a pas été naturelle. Elle a fait trois rebonds avant de péter la cheminée. La maison abandonnée à la cheminée cassée, c'est la maison de l'Etienne. On l'aime pas trop. Son fils c'est un voleur de boudin. Leur fils a disparu. Ils ont pas la forme. Et comme on les aime pas, on déblaie pas la neige pour eux ! Ils se démerdent ! Ca fait deux jours qu'il a disparu. Y'en a qu'ont dit qu'une silhouette rôdait dans les parages. Peut-être qu'il a peur de rentrer.
Le villageois file sa pelle à Toussaine en échange de la pire insulte qu'elle connait. Toussaine répète une insulte entendue chez les Fournier et reliable à la pratique de la sorcellerie. Le villageois veut dénoncer le couple au curé.
Le crépuscule arrive : le jour devient tout rouge. Les corbeaux sont rassemblés par masse.
Jet de sauvegarde contre l'emprise : 4. Je sens qu'il faudrait pas grand-chose pour qu'on fasse la bête à deux dos avec Mandine. Il fait hyper chaud. J'ai obtenu d'elle qu'elle me suive dans la forêt. Et c'est rodéo. Ca m'occupe tout le crépuscule.
Toussaine frappe à la porte de la maison qu'elle a déblayée. Quelqu'un ouvre très vite très fort. C'est l'Etienne. Il a une pipe en terre. Il sent fort la crotte de poule : 4-5 poules dans la ferme. Toussaine se présente, elle a déblayé. Il présente sa femme : La mère Palette. Son passe-temps c'est réparer des palettes. Son fils a disparu : Il l'engueule mais en fait il est très triste. Le Darou, il a deux pattes plus courtes que l'autre, il court à flanc de colline. Il a déjà mangé des gens. Le Fournier, probablement un sorcier. Si je pouvais leur nuire ! Je sais qu'ils font des choses pas bien. A cause d'eux que mon petit a disparu. Je vais leur sortir les tripes par le trou du cul. Le curé il a fourré son nez là où il fallait pas. Saint-Guétin il a le remède contre la chienlit, il habite près de Gérardmer. Il rencontre Jésus-Cuit et l'Esprit-Chou tous les jours.

Toussaine frappe à la porte. Certains d'entre nous continuent à chercher, mais... J'ai été voir les gens qui ont perdu leur fils, il a disparu il y a plusieurs jours. Etienne et Palette pensent que c'est parce qu'il volait du boudin qu'il lui est arrivé quelque chose. Il avait disparu. Etienne pense que c'est parce qu'il s'est attiré les foudres de Fournier qu'il n'est pas revenu du col du Grabougnat chercher des braises magiques qui brûlent toujours. Il y a une grosse demi-journée de marche.
C'est la presque nuit, noir et blanc mais plus noir que blanc. On entend les hiboux et tout un tas de grincements bizarres. Mandine : Il arrive par un col qui s'appelle la Roche du diable. On se dirige vers la Roche du Diable pendant la nuit. En chemin on croise un gamin transi de froid qui a dû tomber dans le lac. Ce gamin : tombé le cul de le lac. Il s'appelle Beaugeotte. Mes parents c'est le Pierron.

Toussaine arrive comme une furie : "Vous êtes dans les ennuis ! Y'a des gens qui savent des choses sur vous ! Il faut que tu me promettes quelque chose en échange. Tout ce que tu sais toi et la Jacqueline sur le Horchêne". "Ok". "Le père Etienne pense que son fils qui a disparu et la cloche tombée et le curé disparu, c'est ta faute, le curé parce qu'il pensait que t'es un sorcier et la cloche parce que le gamin il vole du boudin. Et le Bébert aussi il a des soupçons, il veut te dénoncer au curé quand le curé sera là".
"Vindieu de Vindieu de Vindieu ! Y'a pas 36 solutions..." La Jacqueline se lève : "Bon, je prends les choses en main. Toi Fournier tu surveilles la maison, et toi la gringalette tu vas m'accompagner, on va aller choper le curé." Elle prend des racines, des fioles, plein de saloperies. "Dis-moi sur les Horchêne !" "Je sais pas grand chose sur lui, on a croisé un gars Athanase, chasseur de horlas, il avait un bouquin sur les Horlas. Le Horchêne a un rapport avec un minéral venu d'un autre monde, c'est tout ce que je sais. Je sais même pas ce que ça veut dire, minéral. Athanase, il devait venir au village, parce qu'il voulait rencontrer le curé, lui causer et tout. Athanase, c'est un bouffeur de bible. Mais il y est pas arrivé. Il devait venir par le col du Grabougnat."

Jacqueline fait suivre Toussaine et en route. Ils vont en direction de la Roche du diable. On remonte des rails de Schlucht : énorme luge qui glisse sur des rondins, qui transporte des grumes de bois. Mieux denneigé que le sentier du col. Je passe devant et je me presse un peu mais pas trop. Jacqueline pousse à la marche forcée, je vais à marche normale. Ecorce de certains sapins : tâches et visages de hiboux. Les deux cortèges se rattrapent. Jacqueline me prend sur son dos pour aller plus vite.
Je tente de l'assommer avec ma machine à écrire. Je frappe mal mais je l'assomme quand même, elle s'écroule sur moi de toute sa masse. Elle me blesse : 3 PV. Je la tue. On va prévenir le curé de ce qui se passe et partir.

On récupère un presse-viande et un hachoir de boucher, une herbe noire comme une algue et une herbe jaune avec des feuilles en croix et qui sent le souffre. Emballées dans du papier journal de l'ancien temps. + 1 lampe à huile.
Souvenir : Elle est jeune et innocente, c'est l'été, il fait chaud, elle est partie loin avec son galant Pierrot cueillir des brimbelles (myrtilles). Surpris par le soir, ils se sont mis sur le bord du sentier qui mène à la roche du diable. Un carbonnier descend le sentier, elle lève le pouce pour qu'il les prenne dans sa chariotte. Plein de charbon. Il commence à peloter le Pierrot. Il fait à Jacqueline : Dis-voir gamine, tu aimes la vie ? Oui, oui... Ok, ben écoute, tu feras l'effort d'oublier ce qui va se passer. Il arrête le chariot et entraîne le Pierrot dans le tas de charbon, et le souvenir s'arrête.

Avec Mandine, je m'éloigne des rails de schlucht et je brûle le cadavre de la Jacqueline. Un des hiboux sur les écorces des sapins fixe Toussaine. Ce hibou lui donne une impression déprimante, noire, crépusculaire. Toussaine s'éloigne. L'arbre en forme d'écorce de hibou la fixe, c'est déprimant. Sa vie n'a aucun sens. Il y a une liane pendue dans une branche haute du sapin, elle est en forme de noeud coulant. L'arbre l'invite au suicide. Toussaine lance le hachoir de boucher à la face du hibou de l'arbre. Le hibou étend son emprise. Elle touche le hibou : le piège hypnotique est détruit. Avec Mandine on est toujours auprès du corps qui brûle. Grasse nuit. Il fait très sombre, les flammes consument le corps de Jacqueline forment les seules trouées visibles. Toussaine revient de l'arbre à hibou. Un truc court vers elle avec un bruit de pattes très étrange et désynchronisé.

Toussaine attaquée par le Darou. On fait deux torches et on va voir. Le Darou n'est pas un animal. Il n'aime pas le feu. Il charge Toussaine et je m'interpose en trébuchant. Il essaie de me contourner et il m'inflige des dégâts. Je suis blessé, je perds le souvenir de Jacqueline.
Je presse-viande la patte du Darou et il fuit en couinant, avec le presse-viandes accroché à sa patte.


Commentaires :

Durée du jeu :
10 mn briefing + 2h40 de jeu + 20  mn de debriefing

Profil de l'Ă©quipe :
Eric Nieudan, joueur très familier de l'OSR (lui-meme auteur de plusieurs jeux du genre) + Brisecous, qui n'avait jamais pratiqué le genre.

Etat des règles :
Tous les personnages démarrent le jeu aux abois (pour avoir l'occasion de bien tester cet état)
J'introduis des jets de sauvegarde pour un personnage aux abois à chaque début de quart. (également prévu : un jet de sauvegarde pour un personnage au supplice à chaque début de quart, mais je n'ai pas eu l'occasion d'en demander)

Mise en jeu :
Comme l'aventure a démarré dans un village et que l'équipe a été très prudente, tout le monde est resté aux abois, sauf Fleurance qui est tombé à 0 PV à la toute fin du jeu.

Commentaires Ă  chaud :
Le joueur de Toussaine a trouvé que les marqueurs de l'OSR étaient là. Brisecous (le joueur de Fleurance) a eu quelques difficultés sur le genre OSR d'une part et sur son adaptation dans Ecorce d'autre part : en terme de narration ça lui a plu mais en terme de mécanique ça lui a posé problème : il trouvait que ça manquait de choix et d'explication (surtout dans les phases de danger et au niveau des jets de sauvegarde). Il a en revanche trouvé que la partie enquete, gérée en narratif, était intéressante, fluide, les indices étaient donnés généreusement mais pour autant il restait de la place pour la réflexion personnelle. Il trouve aussi que le système est assez punitif (impression corroborée par le joueur de Toussaine : ils n'avaient pas envie d'avoir à faire de jets de survie), à cela je réponds que c'est logique vu que c'est la première partie, l'équivalent du niveau 1 : il va falloir que les personnages s'entrainent pour s'endurcir, par exemple pour avoir plus de PV.

Retour personnel :
Comme l'a fait remarquer le joueur de Toussaine, les jets de sauvegarde en début de quart amènent de l'histoire. J'en suis assez content. Ça permet de faire des suggestions de RP mais en effet aussi ça fait progresser l'histoire : c'était assez notable quand Toussaine, sur un jet de sauvegarde raté, est allé tout déballer au Fournier sous l'effet du stress.

Retour Ă  froid de Brisecous (joueur de Fleurance) :
Un petit complément de réflexion suite à la partie (ça me travaille ^^). Si j'ai bien compris, l'objectif est d'instaurer des choix tactiques à travers le système de jeu, en plus des choix esthétiques déjà présents dans Millevaux. Voici quelques réflexions supplémentaires :
- La fiche de perso contient beaucoup d'informations. Ma méconnaissance du système de jeu m'a empêché de percevoir les choix tactiques qu'elle pouvait peut-être m'apporter.
- L'amnésie est une solution pratique pour expliquer l'univers au fur et à mesure. En revanche, dans le cadre de ce oneshot, j'ai le sentiment qu'elle fermait un certain nombre d'options tactiques notamment par rapport au contenu de la fiche de personnage.
- Je pense que le système gagnerait à intégrer plus d'interactions entre les divers éléments de ton système de jeu. Peut-être avec des choix multiples, ou une manière d'influencer les différents jets de dés. Peut-être que ces choix existent et que je ne les ai pas perçus.
- J'ai rarement joué à deux joueurs, et le début de partie, c'est chaud ! Chaque joueur a beaucoup de place, ce qui oblige à beaucoup réagir, à avoir des idées "tout de suite" pour faire avancer l'histoire. Une fois qu'on est lancés et qu'on a un peu plus de matière, par contre, ça tourne bien.

Voilà, merci pour la partie, j'ai passé un chouette moment. :)

RĂ©ponse de Thomas :

Merci beaucoup pour ce retour à froid, c'est toujours très utile.
Possible que la feuille de personnage puisse encore être un peu mieux aménagée entre compétences passives (les carac, les jets de sauvegarde) et d'autres choses un peu plus actives (les carac de combat, les jokers accordés par les états aux abois/au supplice, les traits distinctifs). Mais j'ignore s'il y a encore une grande marge de manoeuvre, si je veux garder une feuille lisible et ouverte à la personnalisation (un autre aspect du jeu, intranscriptible en ligne).
Je crois surtout que la première partie sert de tutoriel pour découvrir cette feuille de personnage. Ecorce est vraiment un jeu à campagne, et c'est un jeu où on découvre tout par le jeu. J'avais minuté mon briefing pour qu'il reste dans une plage de 10 minutes et j'aimerais qu'il évite de grossir.
Du coup, ceci répond aussi à ta question sur l'amnésie : la première partie est un tutoriel.
Le jeu est axé sur les choix du personnage et non les choix de la joueuse. C'est pour cela que j'évite de collectionner les options qui donnent des bonus et des malus, car cela revient souvent à se référer à des règles, et donc tu fais des choix de joueur et non des choix de personnage. Les choix du personnage en revanche impactent totalement la fiction, non pas en conférant des bonus/malus (ou très rarement, quand l'arbitre n'a pas l'idée de comment faire autrement), mais rendent possibles des situations : ainsi quand je t'ai accordé de tendre une embuscade à Jacqueline parce que tu la frappais alors qu'elle te portait sur son dos. Les choix du personnage lui ouvrent aussi des options, comme par exemple le fait que tu as pu assomer. Sache que dans des versions ultérieures de Donjons & Dragons et dans pas mal d'autres jeux modernes, assomer est carrément considéré comme une hérésie, c'est quelque chose qui est rendu très difficile parce que ça shunte le combat. Dans D&D1, c'est beaucoup plus toléré car on récompense la débrouille des personnages.
Ceci dit, je cogite quand même à une micro-adaptation : récompenser d'un gain de 1 PV quand on accepte un craquage, plutôt que d'en sanctionner seulement le refus par la perte d'1 PV. [Eric : j'aime assez l'idée !]
Peut-être que cela était rendu invisible parce qu'on ne voit que les conséquences de ses choix, et non les conséquences de ses non-choix, mais clairement ce que vous décidiez avait un impact. Pour prendre un exemple qui me vient à l'esprit, si tu n'avais pas cédé aux avances de Mandine, elle aurait attenté à ta vie. En revanche, le fait que tu lui aies demandé de vous suivre t'a fait gagner une suivante. Il y a plein de décisions comme ça dans la partie qui ont eu un impact, même si ça ne se voyait pas de prime abord. Tout est joué en impro pour que vos choix aient un maximum de poids : je n'ai aucune intrigue pré-faite que je chercherais à valoriser à tout prix, tout au plus une galerie de personnages et de péripéties en tête, qui seront adaptés en cours de jeu.
Pour le début de partie "chaud", je te refais ma même réponse : la première partie est un tutoriel. Ceci dit, c'est plus confortable avec plus de PJ, c'est certain. on aurait dû être trois s'il n'y avait eu une défection de dernière minute.

Brisecous :

- Pour la première partie tutoriel et l'aspect campagne, c'est justement ce que je voulais exprimer: cette première partie remplit très bien sa fonction de tutoriel. En revanche, elle ne me semble pas adaptée pour tester les aspects tactiques. Je pense que tes joueurs gagneront à mieux maîtriser les mécaniques de jeu* dès le départ. Peut-être tout simplement en présentant la fiche de perso et ses différents constituants ?

- J'ai bien perçu ta volonté d'axer la partie sur les choix du personnage. On a un véritable impact sur la narration et cela se ressent. En revanche, je comprends moins l'apport des mécaniques de jeu* dans ces choix. Selon moi, si c'est invisible aux yeux des joueurs, alors ça n'existe pas. C'est ma vision des mécaniques de jeu.

* PS : Avec le recul, je distingue les mécaniques de jeu et le système de jeu. Ce sont donc les mécaniques de jeu qui ne m'ont pas convaincu, en revanche les autres parties du système de jeu, ta manière d'articuler les éléments de ton système et de les gérer pour créer l'histoire, tout cela a créé une histoire intéressante et pleine de rebondissements.

Thomas :

Je crois que justement les mécaniques de résolution n'ont pas vraiment leur place dans ce qui constitue la partie du jeu qui donne matière à choix. Choisir de céder aux avances de Mandine ou affronter les conséquences de lui dire non, c'est ce genre de choses qui est au coeur du système de choix. Les mécaniques de résolution sont là pour arbitrer les situations où il est trop tard. Quand par exemple, par tes choix tu te retrouves dans une situation de combat, et bien les mécaniques de résolution ne vont en effet pas te donner de choix qui te permettent d'avoir les résultats qui t'arrangent. On n'est pas comme dans Dragon de Poche ou les Secrets de la Septième Mer, ou même Inflorenza ou Inflorenza Minima ou au moment du combat, il te reste encore plein d'options. Encore que ça soit en partie faux. A Ecorce, tu peux largement optimiser en combat, mais sur une base assez narrative : tu as droit à deux actions + 1 déplacement dans ton tour, alors tout dépend de ce que tu choisis de faire. Le fait que tu aies choisi de faire mal au Darou plutôt que de le tuer, par exemple ça a été un choix impactant : ça a occasionné des jets de moral au Darou et du coup il a fui alors qu'il lui restait des PV. Sinon il serait resté au combat, et aurait eu l'occasion de vous infliger plus de dommages avant de mourir. Mais tout ça, c'est finalement très subtil et je me refuse à exposer tout ça au court d'un briefing parce que ça me prendrait facile un quart d'heure de plus, et je préfère rester sur mon approche immersive / tutoriel, quitte à ce que les premiers combats soient ratés parce que justement les joueuses (et leurs personnages) ont encore besoin d'apprendre comment se battre, sachant qu'ici on parle d'apprendre à se battre en narratif, pas vraiment apprendre à maîtriser des règles de combat (qui elles sont assez simples et que l'arbitre garde un peu secrètes, même si elles sont en fait assez juridiques, pas trop de marge de manoeuvre pour l'arbitre, mais ce côté règles mécaniques secrètes est favorable à l'immersion et aussi à la réflexion tactique par la narration plutôt que par la mécanique - c'est comme ça que fonctionnaient les premières parties de Donjons et Dragons 1).


Petit commentaire d'Eric :

le côté tuto de la première partie est fort présent dans les jeux old school; comme tu le dis Thomas. Les joueuses apprennent à gérer le système, mais aussi à se comporter tactiquement en fonction de la composition de leur équipe. Il n'est dit nulle part dans les règles qu'il faut surveiller les arrières du groupe quand celui-ci se remet d'un combat ou fouille une pièce, mais c'est un réflexe qu'on prend très vite après avoir perdu son perso suite à un monstre errant malvenu. Le meneur n'est pas censé expliquer qu'il y a une chance sur six toutes les vingt minutes qu'une telle rencontre se produise, mais les joueuses comprennent vite que le temps est une ressource importante quand on explore un lieu hostile.
Personnellement, j'ai apprécié de découvrir les règles à l'aveugle, et je ne suis pas contre l'idée de perdre un ou deux persos le temps de maîtriser le système. Ceci dit pour le combat j'aurais vu un peu plus de transparence : en savoir plus sur les deux actions m'aurait aidé à réfléchir en mode tactique plus qu'en mode JdR d'horreur. (Ce qui ne me gêne pas en soi, mais je ne sais pas si c'est le but d'Ecorce.)


Auteur de Millevaux.
Outsider. Énergie créative. Univers artisanaux.
Ma page Tipee.

En ligne

#5 26 Jun 2018 07:55

Thomas Munier
auteur de Millevaux
Inscription : 05 Feb 2008
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Re : [Écorce] Comptes-rendus de partie

PARANOĂŹA

Suite de la campagne-test d'Écorce par Claude. Le groupe est agité par des tensions surnaturelles qui font tourner les choses au désastre.

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crédits : www78, cc-by-nc, sur flickr.com

Nous avons joué un peu plus d'une heure et demi ce soir

(toutes les photos suivantes sont de Claude, par courtoisie)

L'histoire :
 
Le Passeur s'est adossé à l'arbre aux cotés de La Taupe. Il est fébrile. Il est livide. Il a alors lâché que tout cela n'était plus de son âge puis a soliloqué, dans un état second, parlant à Roussotte qui était partie.Isolés tout deux se sont reposé contre l'arbre, loin de tous. Le Passeur a évoqué que les deux assaillants étaient des dévots qui cherchaient à leur faire payer leur profanation d'un lieu sacré. Que d'autres viendraient ensuite. Qu'ils devaient partir, mais que pour l'instant il était trop faible et qu'il devait se reposer. Après avoir vainement chercher à se remémorer un souvenir plaisant en dehors de la récente intimité partagée avec Roussotte, peinant même à placer un visage, une odeur sur les noms des membres de la compagnie La Taupe s'est endormi, en songeant combien le chemin vers maison des hommes sains était dangereux. [quête de Gabriel]

Des conversations échangées à mi voix l'ont éveillé. Le soleil à son zénith éclaire maintenant le vallon boueux. Les noirs nuages qui ont lâché leurs torrents de pluie se sont dissipés et des halos lumineux éclairent la forêt et ses compagnons. Les cadavres ont disparu. Toute la compagnie est présente.  Le Passeur évoque la présence d'une entité hostile aux tréfonds des bois. Aleko, précise qu'il a jeté les cadavres au fond d'un trou d'eau et recouvert le tout de broussailles pour qu'on les découvre pas de suite. Cernos les invite à prier Voynich à expier leur faute dans le repentir. La Fouine de sa voix contrefaite dit qu'il ne faut pas dire ces mots, ils risquent d'attirer de mauvaises choses. Il faut y aller simplement. Alban, cassant somme Cernos de la fermer s'il veut rester parmi eux. Presque tous s'accordent alors pour filer au plus vite loin d'ici, vers le havre qu'à vu en songe Roussotte. Seul, le vieux Passeur émet un avis différent. Le chemin est dangereux, mais bien vite sa voix est étouffée par celle décidée de Alban.Son teint est cireux, de large poches violacées se alourdissent son regard. Ses rares cheveux sont plaqués par la sueur sur son crane. Il semble vieux et faible. Alban tranche : ils doivent y aller le plus directement possible, et les blessés doivent presser le pas pour éviter d'autre mésaventures.

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La Tige s'est emparé du javelot et ferme la marche, précédé de se précieuse Roussotte. Devant lui, le raton laveur et son maître épaulent La Taupe, puis le trio formé par Aleko, bravache, lançant des moulinets de son épée prélevée sur le cadavre occis par le passeur, entouré de Gaïus et Genkos. En tête, loin devant La Fouine et Alban. La colonne s'étire. Les membres sont tendus. Sans cesse Le Passeur s'inquiète des bruits produits sur leur passage, s'inquiète de visions fugitives.
Parvenus à un point d'eau, La Taupe, qui observe la truie qui s'abreuve à la marre, la voit s'enfoncer pesamment dans les profondeurs obscures de la forêt accompagnée d'une ombre qui lui semble menaçante. Il garde cela pour lui et ne s'en ouvre pas aux autres. Le temps file, la douleur croit. 

Ils filent nord nord ouest vers le lac qui borde la maison abandonnée vue en songe.
Leur pas est rapide.

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Alors qu'il reprend son souffle, il observe du coin de l'oeil Aleko qui prend des poses et fend l'air bruyamment de son épée fraîchement acquise. La Taupe le raille, Aleko le menace sans fard.
Il se met en garde et curieusement dans la lueur de l'astre faiblissant, sous le jeu des feuilles agitées par un vent timide, le manchot Aleko tend sa main gauche vers lui, indemne, sa main droite plaçant sa lame dans le prolongement de son bras, dans l'axe de l'oeil myope de La Taupe. Il gonfle son torse tatoué et rejette son abondante chevelure rousse en arrière d'un air de défi. L'instant d'après il s'éloigne, indolent et soutient son épée lourde dans sa main droite de son moignon gauche.
Le vent se lève au Crépuscule. Un vent mauvais qui gémit dans les branches. Les feuilles bruissent comme pendant la saison des cendres alors même qu'elle n'ont cessé de ruisseler d'eau sur leur passage, dans la moiteur étouffante de cette journée de malheurs.

Ils quittent le vallon noyée de marres qu'ils ont tant de mal à traverser. Le vent s'affirme, siffle, murmure à leurs oreilles.
Le Passeur et Gaïus discutent à mots couverts. 
Alban rejoint une sente et fixe le lieu du bivouac en contrebas, dans le fossé boueux qui borde la ligne de crète.
Adossé aux arbres, ils n'auront qu'une ligne à surveiller.
Aleko et les siens se proposent pour le premier quart.
Le Passeur est toujours fébrile et inquiet. Bientôt il s'endort et La Taupe s'endort sur son épaule, Roussotte et La Tige non loin.

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Non pitié !
Ils sont réveillés brusquement par un hurlement désespérés et des bruits de lutte en contrebas.
La Taupe se précipite pour y voir.
En contrebas, dans les fougères noyées par l'obscurité, Cernos se protège de ses bras en croix ruisselants de sang d'une ombre menaçante qui brandit une lame qui accroche, elle, les premières lueurs de la Lune.
La lame tombe, Cernos s'effondre tandis que La Taupe parvient en bout course au bas du talus, la hache brandie. Il la lance sur la créature qui se tient dans l'ombre et la manque. La créature achève dans une gerbe de sang et de cervelle le pauvre Cernos. Le visage maculé de la sève de son compagnon et de morceau de cervelle, La Taupe se rut sur la créature d'ombre et la plaque au sol dans la boue. Sous le choc, la lame est projetée dans les leurs de la nuit naissante tournoie puis se fiche dans le sol non loin. Ne laissant aucun répit à l'assassin, La Taupe lui assène de vigoureux coups de poings dans le ventre. La créature expire son air et sa salive. Gaïus s'approche, son bâton à fouir, cinglant la nuit en disant laisse le malheureux, non
La Taupe ne l'écoute pas et avant que la créature ne se ressaisisse frappe au coeur de toutes ses forces. Il sent alors et entend la cage thoracique céder, craquer sous la vigueur et la rage contenue dans son poing.

Le bras gauche sous l'impact vient heurter sa joue, ou plutĂ´t le moignon d'Aleko.
Gaïus vocifère entre ses dents les yeux étrécis par la haine, son teint blême sous la lune, là ou la peau se dessine sous la boue craquelée qui le macule : tu vas payer assassin ... Tu vas payer
La taupe file, remonte vers la sente laissant lĂ  Gaius, alors que La Tige bondit lestement ou il se trouvait l'instant d'avant et projette son javelot en beuglant de sa voix grave
La Taupe remonte et se faufile vers l'arbre ou il a laissé Le Passeur et Roussotte

Alors une déflagration lui déchire les tympans venant du creux de la combe et un gémissement, des pleurs arrachés par la douleur trouent la nuit.
Au pied de l'arbre, Roussotte est agenouillée, étreignant en pleurant son épaule droite, du sang s'écoulant de la noir blessure.

fin de la session.


Commentaires :

Gabriel était enthousiaste. Il apprécie le ton, la fiction les personnages.
Il ne ressent pas la mécanique à l'ancienne comme un frein, même si son rapport à la fiction est quelque peu différent.

De mon côté :
J'ai tiré Gardien qui est le gardien ? L'Arbre ou celui qui veut protéger le groupe des manifestations du pouvoir de l'arbre séculaire ? des spectres qui les poursuivent, l'esprit des guerriers qu'ils ont  abandonné à la tourbe ...
Puis antagoniste, un horla attaché à l'air (le vent les murmures de Shub Niggurath qui s'empare de l'esprit faible d'Aleko et des croyances du dévot.)
Le Corax profitait de la nuit pour reprendre sa vie à lui et lorsqu'il revient ce n'est que tuerie Il s'empare de son fidèle lueger et tire sur le dément qui menace ses amis, le rate et blesse son aimée.
En contrepartie, il reçoit le trait de son rival qui le cloue à l'arbre contre lequel le recul l'avait repoussé.

On s'arrête là parce que nous apprécions d'achever nos sessions sur un moment fort (point confirmé après coup par Gabriel)
Nous finirons le quart en cours demain soir.
A améliorer : je suis encore un peu trop tendu sur les mécaniques pour avoir été suffisamment dans le dialogue avec Gabriel
Demain batterie de question réponses au travers des figurants et des décors.
Nous aimons ce que nous avons brièvement joué et souhaitons poursuivre en intensifiant nos efforts.
VoilĂ , le bilan rapide de cette seconde session

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RĂ©actions de Thomas :

A. Un grand merci pour ce retour ! C’est très intéressant pour mon développement d’observer comment le jeu se déploie à une autre table.

B. Dans le combat contre Aleko-possédé, tu dis que la Taupe manque son lancer de hache. Comment est-ce possible ? Je suppose que la Taupe a raté son jet de dé, mais dans ce cas-là, un de ses deux actions aurait dû passer. Je considère que se rendre sur les yeux est un déplacement, pas une action, donc réussite automatique. Il lance sa hache, première action. Quelle était la deuxième action ?
A supposer que l’échec du jet de la Taupe implique qu’il ne passe qu’une action, et que cette action soit le lancer de hache, alors si le lancer est raté c’est que le possédé a contré avec une parade. J’ai le sentiment que les actions de réaction du possédé, c’était achever Cernos et, je suppose que sa parade était la deuxième action. Mais en lisant le CR, j’ai le sentiment que le possédé n’a rien paré du tout.
Est-ce que la Taupe a fait un échec critique ? Mais dans le cas d’un échec critique, l’attaque serait passée (si c’était la première action) mais la hache aurait été ensuite détruite ou perdue.
Ou alors tu as joué le combat à la classique (donc pas comme dans Ecorce), c’est-à-dire que tu n’as accordé qu’une action à la Taupe, et donc l’action échoue en cas d’échec au jet de dé.

C. La journée est passée, et à moins que ce soit omis dans le compte-rendu, la Taupe n’a ni bu ni mangé. Il devrait perdre un souvenir.

D. La nuit est commencée. Il me semble que la Taupe a des PV a récupérer. Il faut qu’il parvienne à dormir au chaud, au calme, au sec pour récupérer un PV par quart. S’il ne dort aucun quart de la nuit, il va perdre un souvenir.

E. J’ai le sentiment, confirmé par ton aveu que les règles te prenaient du temps de cerveau à manipuler, que tu as fait faire jouer beaucoup de choses entre figurants (à l’insu de la Taupe) et que tu les as fait jouer en lançant les dés. Tu peux recentrer l’action sur la Taupe, ou au minimum gérer les interactions entre figurants (notamment les combats) en narratif pur.

F. Je vois avec les photos que tu as créé les figurants comme si c’était des personnages (tirages de carac, de force/handicap, d’équipement…) : en réalité les figurants sont aussi simples que des monstres. Pour être encore plus précis, je t’avouerai que je ne crée jamais les stats des figurants, ni même des monstres, de prime abord. Je les crée seulement au moment où j’en ai besoin (par exemple, je ne tire les DV d’un monstre qu’à partir du moment où il est blessé).

G. C’est là où on atteint la difficulté inhérente à ta configuration de jeu : un personnage pour huit figurants (qui sont tous riches et ont leur personnalité et leur agenda). Je crois que cela reste habituel de tes pratiques, mais cela présente un risque de polariser les enjeux sur les figurants et moins sur la Taupe. On voit notamment que ce sont les figurants qui organisent le bivouac et non la Taupe. Ceci dit, si tu appliques scrupuleusement les contraintes d’attrition (il faut manger et boire dans la journée pour sauvegarder sa mémoire, dormir au chaud/au calme/ au sec dans la nuit pour récupérer des PV et sauvegarder sa mémoire), La Taupe aura de nouveau fort à faire ne serait-ce que pour assurer sa survie propre. De surcroît, on dirait bien qu’à l’issue de cette partie, les enjeux se sont forcément recentrés sur la Taupe.

H. Je vois d’après les photos que vous avez utilisé les marelles et c’est très cool. Est-ce que ça t’a paru clair d’usage ?

I. Je vois d’après les photos que la Taupe est un coureur de fond. Cela pourra lui épargner des pertes de PV lors de quarts passés à courir (cf section Voyage)

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Réponse de Claude :

B. Au réveil, La Tige, La Taupe, Roussotte, Le Passeur étaient dans la même marelle, la marelle 1, au pied d'un aulne majestueux qui pousse dans le creux du fossé. Les cris les réveillent. La Taupe est le premier à réagir. Il dévale la pente vers la marelle 2 pour se placer à portée et lancer sa hache pierre polie au prochain tour. Toutefois, je considère que la situation lui procure un net avantage. Son élan, sa position dominante. Il lance sa hache et vise précisément la gorge de son adversaire. Il dispose d'un avantage sur son adversaire pour le test et donc de deux dés pour lequel il retient le meilleur. Il obtient 3 et 2. Il échoue. Dans cette phase, Aleko le possédé n'a qu'une préoccupation, occire ses anciens compagnons. Il décolle la tête de Cernos et se tourne vers Gaius qui est passé alors de la marelle 3 au creux de la combe à la marelle 2 sur la pente de celle-ci. Il agite son bâton à fouir pour tenir en respect le possédé.
Je considère que la hache ne peut être récupérée dans l'immédiat compte tenu de la très faible luminosité et la vue basse de La Taupe.

C. J'ai omis de préciser que lors d'une halte au creux du vallon envahit par les eaux ils ont mangé et bu. Avant de bivouaquer pour la soirée, La Fouine a remplis les outres de la compagnie pour le groupe, là ou ils ont vu la truie étancher sa soif.

D. Au milieu du quart, alors qu'il se reposait avec son ami Le Passeur, il est réveillé. A ce stade, il n'a pas dormi un quart plein et donc regagné aucun PV. Ses souvenirs sont menacés. Nous avons joué qu'il tentait désespérément de se remémorer des souvenirs. Les cartes sont dans les mains de Gabriel.

E. F. J'ai joué les relations des figurants en narratif pur. Le temps de cerveau fut utilisé à des vérifications sur le déroulé des opérations, m'assurer que je n'avais pas omis un aspect. J'ai déterminé les caractéristiques des figurants de la compagnie, pour être des personnages alternatifs éventuels pour Gabriel, je n'ai rien déterminé au hasard les concernant, mais la création m'a permis d'étoffer leurs agendas respectifs en questionnant leur matériel, leur(s) handicap(s), leurs caractéristiques. Cela été plus une source de fiction. J'étais sur de la non préparation pure, la seule préparation fut le choix de la carte et la création de la compagnie, ce qui pour moi relève de l'exploit !
Les zélateurs ont été créés à volée au moment ou j'ai tiré la rencontre en ne déterminant que leur DV

H. Les marelles ont été pratiques d'usage et m'ont permis de déployer un lien entre la fiction et les avantages tactiques déployés dans la phase de résolution.

G. J'ai bien cette intention et le décompte des morts, les accusations, les responsabilités me permettront de développer ce qui me manquait : susciter la participation active de Gabriel par l'entremise des figurants, après exposé une partie des liens qui les attachent confrontent déchirent.

Réponse de Thomas :

B. Je crois que tu as joué le combat à ta façon et non selon les règles d'Ecorce. Si tu joues pour votre amusement, c'est tout à fait légitime, si tu joues pour playtester, c'est bien sûr préférable d'utiliser les règles spécifiques à Ecorce, quitte à constater que ça ne fonctionne pas comme tu aimerais.
J'explique comment j'aurais géré les choses. Un combat est divisé en deux tours, celui des personnages et de leurs alliés, et celui des antagonistes des personnages (en l'occurence, un seul : Aleko le possédé). On jette 1d6 d'initiative. Sur 1-3 ce sont les antagonistes qui commencent (dans l'ordre qui convient à l'arbitre), et sur 4-6 ce sont les personnages et leurs alliés qui commencent (eux jouent dans l'ordre qui convient aux joueuses). Je suppose que c'est ici le cas où ce sont les personnages et leurs alliés qui commencent (il y a eu un tour précédent, sans personnage, ou Cernos s'est fait attaquer et a poussé un cri, qui a réveillé la Taupe et consorts et entraîné le jet du dé d'init).
La taupe se déplace d'une marelle (le déplacement est gratuit). Il jette sa hache : action 1. Sa position dominante ne lui accorde ni double dé à lancer, ni bonus. Elle rend juste possible des choses qui ne le seraient pas autrement. C'est ça ma vision du player skill. J'accorde jamais de bonus ou d'avantage, éventuellement je peux accorder une réussite automatique. La Taupe vise la gorge, pas de souci, c'est une attaque spéciale : s'il obtient un succès critique, il touche la gorge (je considère qu'Aleko serait alors tué sur le coup : on zappe le jet de dommages). La Taupe a droit de déclarer une deuxième action. Visiblement, il n'en a pas déclaré. S'il avait attaqué au corps, j'aurais considéré qu'il attaquait deux fois. Pour un combat à distance, j'aurais demandé à La Taupe ce qu'il tentait une fois sa hache lancée (éventuellement un deuxième déplacement, ou une défense, ou ramasser quelque chose...).
Supposons qu'à ce stade on suive les règles d'Ecorce, la Taupe n'a pu lancer qu'un seul dé. Il obtient 3. Je suppose que c'est bien en-dessous de la couenne d'Aleko (que j'estime à 10, comme le pékin moyen sans armure), donc c'est raté. J'accorde donc sa première action (la hache touche Aleko et lui fait 1d6 dommage) mais je lui interdis sa deuxième action (pas le temps, ou il trébuche, ou quoi).
Tu avais l'air de considérer que ce 3 était un échec critique. J'en déduis que la Taupe était au supplice (échec critique sur 1-5). Donc en effet, si la premiere attaque est bien passée, il faut une conséquence désastreuse sur l'objet : perdu ou cassé. Tu as choisi perdu. On peut considérer que retrouver la hache constituerait une péripétie en soi (elle est rendue dans la forêt dangereuse ou un dans un cours d'eau).
Est-ce que je suis clair ?

C. Qu'ont-ils mangé ? Si c'est de la chair d'auroch, un jet de nuisibilité s'impose. De surcroît, manger un animal présente le risque de générer un horla à cause de la souffrance (j'ai pas encore déterminé si c'était sur un jet de oui-non-bizarre ou un jet plus facile ou au contraire qq chose d'automatique). Concernant l'eau, ils ont été malins, comme ils ont observé la truie et bu au même endroit, j'aurais aussi accordé le fait que l'eau était saine. S'ils avaient bu au ruisseau à n'importe quel endroit, j'aurais fait un jet de nuisibilité. S'ils font des provisions de bouffe et d'eau pour les jours suivants, il y a une chance sur 6 que la provision soit gâtée le jour suivant.

D E F H. OK

G. Très bien. ça s'oriente sur du drama, ce qui est une direction possible à Écorce. pas forcément celle que j'ai le plus expérimentée jusqu'alors, mais c'est intéressant.

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#6 02 Aug 2018 09:07

Thomas Munier
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Re : [Écorce] Comptes-rendus de partie

LA ROCHE DU DIABLE

Deux Corax prisonniers dans une boucle temporelle et motivés par la vengeance !

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Épisodes précédents :

1. Le col du Grabougnat ** (V)
Une escapade tragi-comique dans les Hautes Vosges sauvages et redoutables !

2. Maléfices à Fossemer * (V)
(Suite de la campagne vosgienne dans un village de mécréants où le diable se cache dans tous les détails ! Compte-rendu rédigé par Brisecous. )


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